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MANDRAY, Dominique (1747-1816)
État civil
NOM : MANDRAY     Prénom(s) : Dominique     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : MANDREY
MOUDREY
MANDRÉ
MANDREY
MONDRAY
VANDRIN
NANDRIN
Date(s) : 1747-12-9   / 1816-1-31 
Notes biographiques

Au commencement de la Révolution, Dominique MANDRAY chante la haute contre à la cathédrale Saint-Étienne de Dijon, et ce, depuis près de dix ans. On le localise auparavant à Saint-Dié – où il avait été formé –, à Nancy et à Beaune. Il sera ultérieurement musicien à nouveau à Nancy. Entre ces étapes actuellement documentées subsistent des zones d'ombre d'autant plus intrigantes que son acte de décès évoque une carrière militaire sur laquelle l'enquête reste à mener...

• Selon l'âge déclaré dans les sources des débuts de la Révolution, MANDRAY serait né vers 1747. Son acte de mariage en 1766 le dit "fils de défunts Dominique Mandray et de Marie-Anne Kemelin, de la cense de la Louvière, paroisse d'Hurbache".
Son acte de baptême confirme ces diverses informations rassemblées au fil de l'enquête, sauf le prénom de son père (qui est Nicolas et non Dominique, prénom de son parrain). C'est en effet à La Louvière, paroisse de Hurbache, à 9 km au nord de Saint-Dié, que Dominique MANDRAY est né, le 9 décembre 1747. Il est baptisé le lendemain. Aucun métier n'est indiqué dans l'acte de baptême. Le contexte – notamment la naissance hors du bourg, dans un hameau –, pousse à envisager un milieu agricole. Néanmoins tout le monde sait bien signer, y compris la marraine, quoique plus laborieusement que le parrain.

• [1753], Saint-Dié [Vosges] : Dominique MANDRAY devient enfant de chœur à Saint-Dié, très probablement à la collégiale. La reconstitution de sa carrière en janvier 1792 indique sobrement : "9 ans enfant de chœur à St-Diez"

• [1762], Saint-Dié : Il quitte la maîtrise, après y avoir été élevé "pendant neuf ans", selon les dossiers ultérieurement établis au début de la Révolution, qui confirment tous cette durée de formation. Il aurait à peine quinze ans, ce qui paraît jeune pour sortir de maîtrise.

• Entre 1762 et 1781 : "Pendant 19 ans", MANDRAY est musicien "en différents lieux". Un autre document de début 1791 dit qu'il a passé 28 ans au service de l'Église, ce qui confirme un début de carrière vers 1762. Parmi ces "différents lieux", l'enquête Muséfrem a identifié la collégiale Saint-Dié, Nancy, puis la collégiale Notre-Dame de Beaune.

• [De 1762 à 1775 environ], Saint-Dié : Après sa sortie de la maîtrise, il est alors "musicien audit lieu 13 ans" indique sa reconstitution de carrière en janvier 1792.

• 27 novembre 1766, Saint-Dié [Vosges] : Dans l'église paroissiale Sainte-Croix est célébré le mariage de Dominique MANDRAY – dont le métier n'est pas donné – et d'Anne Gegout, "fille d'honnête Louis Gégout, échevin de cette paroisse". Le père de la mariée est présent, ainsi que le curateur du jeune homme dont les deux parents sont décédés. Peut-être les formalités pour nommer ce curateur ont-elles été longues ? Toujours est-il que la future mariée avait accouché quinze jours plus tôt d'un garçon, baptisé Dominique, que les deux époux "déclarent reconnoitre pour leur enfant commun". Assistent et signent aussi à ce mariage Nicolas Deguerre, Nicolas Demengeon et Nicolas Aubry, dont rien n'est dit (ils pourraient être musiciens ?).

• 12 août 1769 et 7 octobre 1770, Saint-Dié : Deux filles, Anne et Marie-Élisabeth, sont baptisées paroisse Sainte-Croix. Leur père est dit "musicien, bourgeois de St-Diez". Le parrain d'octobre 1770 est Joseph MENGIN "aussi musicien en cette insigne église", ce qui confirme que Dominique MANDRAY chante alors à la collégiale Saint-Dié (qui deviendra ultérieurement cathédrale, en 1777).

• 5 février 1772 et 26 juin 1773, Saint-Dié : Deux fils Mandray viennent au monde, Charles-Nicolas puis Nicolas. Dans leurs actes de baptême, leur père est dit nettement "musicien du chapitre" et "musicien des Mrs du chapitre". Les parrains et marraines n'appartiennent pas au monde de la musique.
Aucun autre baptême Mandray n'a été retrouvé ensuite paroisse Sainte-Croix de Saint-Dié. La famille a probablement quitté la ville autour de 1774, ce qui correspond à ce qu'indique son résumé de carrière de 1792.

• [Vers la fin de 1774 ou le tout début de 1775], Nancy : C'est sans doute alors que Dominique MANDRAY commence à chanter à Nancy, probablement à la primatiale.

• [Jusque durant l'été 1779], Nancy : MANDRAY chante à Nancy durant "quatre ans et demi".

• 25 août 1779, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame reçoit "un musicien faisant la partie de haute contre" dont le nom n'est pas alors mentionné dans le registre capitulaire. Il est admis "aux appointements ordinaires, l’exemptant de l’assistance à matines excepté les jours qu’il y a musique". Il n'y a pas d'autre réception de haute-contre avant la mention du nom de "MANDREY" en mai suivant.

• 12 mai 1780, Beaune : Lors du chapitre général, MANDREY, ainsi que ESCARD et  PERRIER, sont tancés pour deux fautes entremêlées : "sous divers prétextes ils se dispensoient de porter l’habit du chœur et s’absentoient des offices où il n’y a point de musique". Le chapitre décide de leur faire faire des surplis, et leur impose "de ne paroitre au chœur… qu’en habit du chœur", et d'assister aux petites heures et à tous les offices dont ils n'ont pas été dispensés.
• 6 septembre 1780 : À la prière de MANDREY et CHATILLON, musiciens et gagistes, les chanoines de Notre-Dame leur accordent la liberté de pouvoir s’absenter un jour par semaine d’ici à la Toussaint – sauf bien sûr les jours de dimanche ou de fête –, "et les dits jours d’absence leur tiendront lieu de vacances".
• 4 novembre 1780, Dijon : Telle est la date indiquée dans son résumé de carrière de janvier 1792 pour la réception du sieur MANDRAY à la cathédrale Saint-Étienne.
• 26 novembre 1780 : Le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne verse 24 livres de gratification au sieur MANDRAY haute contre. Le même jour, Nicolas ARNAULD, qui habituellement joue du violoncelle à la cathédrale, reçoit 18 livres de gratification de la part du chapitre "pour avoir chanté la partie de la haute contre pendant la maladie du sr MIELLE", lequel est mort le 1er novembre 1780. On constate donc que MANDRAY a été reçu comme haute-contre très peu de temps après le décès de François MIELLE.

• Décembre 1781, Dijon : Dans les pièces comptables du chapitre de Saint-Étienne est conservé un "état des gages et gratifications dues aux musiciens de la cathédrale". Chacun d'eux doit recevoir ce mois-là la somme de 41 livres 13 sols 4 deniers. En ordre alphabétique on trouve BAILLY, BORGET, BRICARD, DELILLEMAGNY, MALLOGÉMANDRAY et SAGOT.

• 2 septembre 1782 : Le chanoine commis au suivi du chœur de Saint-Étienne verse au sieur MANDRAY, "musicien de cette église", la somme de 48 livres "que le chapitre luy a accordée en considération de la maladie d'un de ses enfants qui a exigé un traitement couteux".

• Décembre 1787, Dijon : Un autre état comptable est conservé. Il donne la liste suivante de musiciens : BAILLY, BORGET, BRICARD, MAGNY, MALLOGÉ, MANDRAY, SAGOT et VERPAULT, auxquels s'ajoutent ARNAULD, violoncelle, LECLERC, organiste, et LEFRANC, serpent.

• 29 novembre 1788, Dijon : MANDRAY fait partie des musiciens qui, coordonnés par François COUET, jouent et chantent en l'église St-Jean-Baptiste, au mariage en grandes pompes d'une jeune "rosière" vertueuse avec un laboureur. L'orchestre est composé de plus de trente musiciens, amateurs, musiciens d'église et musiciens de la Comédie, tous venus bénévolement.

1790, Dijon : Dominique "MOUDREY", musicien, est taillé à 2 livres 4 sols rue Portelle, paroisse Saint-Médard.
MANDRAY chante toujours la haute-contre à la cathédrale Saint-Étienne. Il reçoit pour cela "600 livres, 2 pintes de sel et 15 livres de casuel". Il déclare y exercer depuis dix ans et deux mois. Sous l'autorité de François COUET, on entend au chœur de Saint-Étienne quatre basse-contre (André BAILLY, Jean-Baptiste BRICARD, UTINET, Henri VERPAULT), une basse-taille (Joseph BORGET), une haute-taille (Sébastien MALLOGÉ), une haute-contre (MANDRAY) deux serpents (Jacques LEFRANC et Claude MAGNY), un basson (Louis-François SAGOT), un joueur de basse ou de violoncelle (Nicolas-Joseph ARNAULD) et bien sûr l'organiste, François LECLERC.

• 15 février 1791, Dijon : Le directoire du district de Dijon propose d'accorder au sieur MANDRAY une pension de 500 livres. Il est père de famille, l'un de ses enfants est "estropié pour sa vie" (voir au 2 septembre 1782 ?). Il est âgé de 44 ans.
• 25 mars 1791, Nancy : Son épouse, Anne Gégout, "paroissienne de St-Nicolas de cette ville" [de Nancy], meurt à l'hôpital de Nancy à l'âge de 39 ans. Son acte de sépulture la dit "épouse de Dominique 'MANDRÉ' musicien à la cathédrale de Dijon" et précise que son inhumation a été faite "en présence des soussignés à défaut de parens", ces soussignés étant les signataires habituels de la paroisse, sans doute bedeau et sonneur ou fossoyeur.
Cet acte ouvre beaucoup de questions. Il y a presque 200 km de Dijon à Nancy. Le couple avait-il décidé de retourner s'y installer, voyant les perspectives de carrière dijonnaise s'estomper ? Ou bien Anne Gégout s'y était-elle installée seule (ou avec ses enfants), peut-être en attendant que son mari termine ses démarches à Dijon ?
Au vu de ce qu'on devine de la suite [voir ci-dessous, 1815-1816], on pourrait faire l'hypothèse que Dominique MANDRAY était parti – ou sur le point de partir –, mais il peut aussi ne s'être engagé dans l'armée (laquelle ?) que, justement, après avoir perdu sa femme. Une enquête complémentaire serait nécessaire à ce sujet.
 • 8 mai 1791, Dijon : Dominique MANDRAY ne figure pas dans le plan de réorganisation de sa musique présenté par Volfius, Évêque de la Côte-d'Or, sans aucun doute inspiré par François COUET, le maître de musique de la cathédrale. C'est Nicolas BORNE, précédemment à la Sainte-Chapelle, qui a été retenu pour chanter la haute-contre. Peut-être MANDRAY était-il déjà parti pour Nancy.

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• 30 décembre 1806, Nancy : Dominique MANDRAY, "musicien", qui demeure alors à Nancy, se rend à l'étude du notaire Henri-Nicolas Bastien. Il y fait établir une procuration afin de transmettre son consentement au mariage de sa fille Anne, qui depuis trois ans habite à Strasbourg. Ce mariage est célébré un mois plus tard à Strasbourg, le 28 janvier 1807. Anne, 39 ans, épouse Joseph Colin, un veuf de 59 ans, saucissier, natif lui aussi des Vosges.

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• 22 novembre 1815 : Le grade de chevalier dans l'ordre de Saint-Louis est conféré à Dominique MANDRAY, ancien officier.

• 31 janvier 1816, Nancy : À sept heures et demie du soir, décède "le sieur Dominique MANDREY, âgé de 70 ans, natif de Lalouvière, commune de St-Dié, département des Vosges, ancien officier breveté de Capitaine et Chevalier de l'Ordre royal et militaire de St-Louis, demeurant en cette ville de Nancy, rue des Quatre églises, veuf d'Anne Gégout".
Cette carrière militaire interroge. Quand se place-t-elle au juste ? Dominique MANDRAY avait déjà plus de 40 ans au début de la Révolution. Par ailleurs l'ordre de St-Louis suggère une décoration attribuée par le régime monarchique, pouvant donc correspondre aux soubresauts de la fin de l'Empire, soit à un âge qui paraît avancé pour faire le coup de feu (68 ans). Pourtant son lieu de naissance, son âge, le nom de sa défunte épouse... tout confirme qu'il s'agit bien du même homme que celui qui en 1790 chantait la haute contre à la cathédrale de Dijon.

Mise à jour : 21 décembre 2018

Sources
F-Ad21/ G 192 ; F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ G 729 ; F-Ad21/ G 730 ; F-Ad21/ G 732 ; F-Ad21/ L 1522 ; F-Ad21/ L 1797 ; F-Ad21/ L 1798 ; F-Ad54/ BMS St-Sébastien de Nancy ; F-Ad54/ état civil Nancy ; F-Ad67/ état civil Strasbourg ; F-Ad88/ BMS Hurbache ; F-Ad88/ BMS Ste-Croix de St-Dié ; F-Am Dijon/ L 329 bis ; F-An/ DXIX/093/820-2/10 ; F-An/ F19/1128 ; Journal de ce qui s’est passé à Dijon…, 1789 ; http://www.saint-louis.info

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