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NOBLET, Charles (1715-1769)
Date(s) : 1715-4-26 / 1769-10-26
Charles NOBLET (1715-1769), d'Abbeville [Somme], fut l'un des organistes parisiens les plus en vue sous le règne de Louis XV. Titulaire des orgues de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine-en-la-Cité, de la collégiale Sainte-Opportune, du couvent des Mathurins et des dominicains de la rue Saint-Honoré, il a aussi été claveciniste à l'Opéra, ce qui lui a valu des critiques de la part de Jean-Jacques Rousseau. Compositeur prolifique d'airs légers et de cantatilles, il fut un pédagogue apprécié par l'aristocratie parisienne. Il forma à l'orgue Guillaume LASCEUX et fut l'ami de différents organistes et facteurs de la capitale. Associé aux plaignants dans le procès contre la direction du Bureau de l'Abonnement musical (1765-1768), il a lutté pour une meilleure prise en compte du droit des auteurs. Plusieurs de ses œuvres ont été jouées au Concert spirituel. Il résidait à Paris avec sa sœur aînée Marie Geneviève Nicole NOBLET, qui lui succéda dans deux de ses postes.
• 26 avril 1715, Abbeville [Somme] : Charles NOBLET naît. Il est le fils de Jacques NOBLET, organiste de l'église paroissiale Saint-Gilles, et d'Anne Marguerite Vasseur. Il est baptisé le 28 à Saint-Gilles. Il a pour parrain Charles Danquin, un des prêtres de l'église, ami du père ; et pour marraine Austreberthe Lescouvette, sa grand-mère paternelle.
• 31 août 1725, Abbeville : son père meurt à l'âge de 41 ans. C’est avec lui qu'il avait débuté sa formation.
• 1er avril 1728, Abbeville : Charles NOBLET devient vers cette date organiste titulaire de la paroisse Sainte-Catherine à la place de Charles HÉLUIN, auprès duquel il a poursuivi sa formation. Ses émoluments sont de 14 livres par an. L'orgue est un huit pieds en montre à deux claviers manuels.
• 1737, Abbeville : Charles NOBLET est encore organiste de l'église paroissiale Sainte-Catherine.
• Juillet 1737 : Il s’établit à Paris, rue des Vieilles Étuves.
• 1er septembre 1737, Paris : Il débute comme accompagnateur à l'École de chant de l'Opéra, avec 200 livres d'appointements annuels.
• 1737, Paris : Il publie sa première cantatille, l'Étrenne d'Iris, chez Le Clerc.
• Avril 1738, Paris : Le Mercure de France publie un Air de basse intitulé "Dans un réduit silencieux", composé par Charles NOBLET.
• 1er octobre 1738, Paris : Il succède à Louis Antoine DORNEL à la tribune de l'église conventuelle des Mathurins.
• 2 mars 1739, Paris : Il est reçu organiste par les marguilliers de Sainte-Marie-Madeleine-en-la-Cité en lieu et la place de Jean-Baptiste NIEL, après un concours organisé la veille. Il jure d'abandonner ses autres postes, ce qu'il ne fera pas. Il touche 110 livres de gages. Sa sœur aînée Marie Geneviève Nicole NOBLET le supplée souvent à cette tribune.
• 1er avril 1739, Paris : Charles NOBLET devient claveciniste à l'Opéra à la place d'André CHÉRON. Ses appointements sont de 200 livres.
• 1er novembre 1739, Paris : Il fait une première apparition au Concert spirituel avec un Carillon pour orchestre, joué en ouverture.
• Pâques 1741, Paris : Son salaire d'accompagnateur à l'Opéra est multiplié par deux (400 livres).
• 19 septembre 1742, Paris : Charles NOBLET obtient une nouvelle tribune, celle de Sainte-Opportune, avec 130 livres d'émoluments par an, versés non par le chapitre, mais par la fabrique.
• 11 février 1743, Paris : Le chapitre de Sainte-Opportune décide de lui verser une gratification annuelle de 30 livres.
• Pâques 1746, Paris : Son salaire d'accompagnateur à l'Opéra passe à 500 livres.
• 14 août 1747, Paris : Une vingtaine d'organistes et de clavecinistes, dont NOBLET, déposent au greffe du Parlement une opposition à l'enregistrement de toutes lettres patentes obtenues par Pierre GUIGNON, roi des violons.
• Pâques 1748, Paris : Son salaire d'accompagnateur à l'Opéra passe à 600 livres.
• 1er octobre 1748, Paris : Le poste d'organiste de La Madeleine est suspendu à cause de travaux d'agrandissement de l'église nécessitant le démontage des orgues. Son salaire d'organiste des Mathurins est augmenté de 20 livres.
• Août 1749, Paris : Il publie une deuxième cantatille, L'Illustre Alliance, chez l'éditeur Le Clerc.
• Pâques 1750, Paris : Comme accompagnateur à l'Opéra, il touche désormais 500 livres, plus une gratification annuelle d'assiduité de 100 livres.
• Juin, juillet, août 1750, Paris : Il publie trois recueils de cantatillettes : I, La Musique et la Jeunesse, II, L'Aurore et la Rose, III, Le Ruisseau et les Fleurs ; dédiés à son élève Mlle Françoise du Guesclin (née en 1737).
• 7 juin 1751, Paris : Il signe le contrat de mariage de son ami Claude VERNADÉ, organiste de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, qui épouse la fille de l'éditeur Jean Pantaléon Le Clerc.
• 10 juillet 1751, Paris : Charles NOBLET contracte mariage avec Marie Nicole Fillieux, 21 ans, fille d'un marchand de vin, en présence de Pierre FÉVRIER, organiste des Jacobins de la rue Saint-Honoré, et de Claude VERNADÉ. Elle est dotée de 9 000 livres par ses parents (la dot ne sera jamais complètement payée). Les biens du mari sont estimés à 6 000 livres dont 3 000 en espèces. Il habite rue du Roule. Il l'épouse à Saint-Eustache le 21 juillet suivant.
• 1751, Paris : Il fait paraître les cantatilles Le Carnaval du Parnasse et Naïs.
• 1752, Paris : Il fait paraître chez Le Clerc quatre recueils d'Amusemens d'une heure, série d'airs, brunettes, vaudevilles, ariettes, rondes de table, musettes et duos. Avec Pierre Claude FOUCQUET, organiste de Saint-Eustache, il expertise les nouvelles cloches de Sainte-Opportune, qui sont bénies le 2 août.
• 1er octobre 1753, Paris : Sa mère, qui vivait chez lui, décède. La succession est partagée le 27 octobre entre Charles et ses deux sœurs, Marie Geneviève Nicole, l'aînée, et Marie Anne Nicole, la cadette, qui habitent avec lui. Charles et sa sœur aînée dotent le même jour Marie Anne Nicole de 1 000 livres en vue de son mariage avec un boulanger, Jean Petitot.
• Novembre 1753, Paris : Jean Jacques Rousseau, dans sa Lettre sur la musique françoise, critique Charles NOBLET sur sa manière d'accompagner à l'Opéra.
• 1754, Paris : Dans son Épître dédicatoire à Jean Jacques Rousseau, le violoniste de l'Opéra Louis TRAVENOL, ami de NOBLET, réfute sur un ton sarcastique la théorie échafaudée par Rousseau.
• 19 mai 1756 (lundi de Pâques), Paris : NOBLET fait jouer un grand motet au Concert spirituel, Laudate Dominum, Omnes Gentes.
• 3 janvier 1757, Paris : Les Affiches, Annonces et Avis divers avertissent leurs lecteurs que les Nouvelles Suittes de Pièces de Clavecin et Trois Sonates avec accompagnement de violon, dédiées au Comte de Saint-Florentin (Louis Phélypeaux III, marquis de La Vrillière) sont disponibles chez Charles NOBLET, l'auteur, chez l’éditeur Le Clerc et chez Bayard, "à la Règle d'Or".
• 30 mars 1757, Paris : Un Te Deum de la composition de NOBLET est exécuté en l'église de l'Oratoire du Louvre en actions de grâce de l'échec de l'attentat de Damiens contre Louis XV.
• Octobre 1757, Paris : Charles NOBLET est chargé d'auditionner les candidats pour le poste vacant d'organiste de Saint-Pierre de Bordeaux.
• Décembre 1757, Paris : Le Mercure de France publie un Air tendre de NOBLET, "Agréable séjour où mon âme fut charmée".
• 6 novembre 1760, Paris : Il signe l'avis de parents de la mineure Cécile Anne Février, fille de l'organiste Pierre FÉVRIER, son cousin. Il est nommé tuteur le 8 novembre conjointement avec la veuve de l'organiste. Le 13, il assiste à l'inventaire des effets du défunt.
• 1er juillet 1761, Paris : Charles NOBLET remplace Pierre FÉVRIER à la tribune des Jacobins de la rue Saint-Honoré, avec 200 livres de gages par an. Il le faisait sans doute déjà officieusement depuis sa mort le 5 novembre 1760.
• 29 novembre 1763, Paris : Il est nommé subrogé tuteur des enfants du facteur d'orgues Claude FERRAND, mort le 25. L'inventaire des biens meubles est dressé du 7 au 9 décembre.
• 22 novembre 1764, Paris : Une Messe de la Sainte Cécile de sa composition est exécutée dans l'église conventuelle des Mathurins.
• 11 avril 1765, Paris : Charles NOBLET et Marie Nicole Fillieux, sans enfants, se font une donation mutuelle.
• 1er juillet 1765, Paris : NOBLET reprend possession de l'orgue de l'église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine-en-la-Cité.
• 26 mars 1767, Paris : Le sieur NOBLET a adressé une lettre au conseil de fabrique de Sainte-Opportune par laquelle il le prie d'augmenter ses appointements à partir de janvier 1767, attendu "la multiplicité d'offices où il est obligé de toucher l'orgue". Le marguillier est d'accord, mais propose qu'on l'engage en même temps "à venir un peu plus souvent luy même, ou à son deffaut Mlle sa sœur, et ne pas envoyer des écoliers, qui par leur peu d'usage font peine à entendre". La compagnie lui accorde une augmentation de 30 livres.
• 30 mars 1767, Paris : Le conseil de fabrique de Sainte-Marie-Madeleine-en-la-Cité augmente ses gages, qui passent de 101 à 120 livres par an.
• 17 avril 1767, Paris : Guillaume LASCEUX, élève de Charles NOBLET, chez lequel il vivait depuis cinq ans, contracte mariage avec Marie Henriette Pigeon. NOBLET assiste au mariage le 17 mai.
• 5 août 1767, Paris : Un jugement condamne Johann Anton de Peters et Jean-Baptiste Miroglio, associés et fondateurs du Bureau d'Abonnement musical. Charles NOBLET s'était joint à une trentaine de musiciens ayant décidé de soutenir les compositeurs et éditeurs qui avaient porté plainte en 1765 contre les deux hommes. NOBLET a ici agi pour défendre ses droits d'auteur.
• 7 mars 1768, Paris : NOBLET passe un marché avec l'un de ses employeurs, le R. P. Noël Prônier, du couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré, pour la fourniture d'un orgue de neuf pieds de haut sur neuf de large destiné à la paroisse de Martinpuich en Artois, dont le religieux était originaire, pour 1 400 livres. Le constructeur fut probablement Denis Claude FERRAND.
• 1er avril 1768, Paris : Il est porté dans l'état des pensionnaires de l'Académie de Musique pour 350 livres par an. Il est remplacé par PARENT, accompagnateur de l'École de chant. Il reste organiste de Sainte-Opportune, Sainte-Madeleine-en-la-Cité, des Mathurins et des Jacobins de la rue Saint-Honoré. Comme maître de musique, il a eu pour élèves Mlle du Guesclin, le comte de Saint-Florentin, ministre de Louis XV, et la princesse Pignatelli (Alphonsine Louise Julie Félicité Pignatelli d'Egmond, née en 1751).
• 26 octobre 1769, Paris : Charles NOBLET décède dans son appartement de la rue Fromenteau, donnant sur la place du Vieux-Louvre. Il était situé au troisième étage d'une maison jouxtant l'Hôtel des Pages. Il est inhumé le 27 au cimetière de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois.
• 4-7 novembre 1769, Paris : L'inventaire de ses meubles est dressé. L'appartement comporte une chambre à coucher, une autre chambre habitée par Marie Geneviève Nicole NOBLET (contenu non inventorié), une cuisine et une salle de réception ou salon faisant aussi office de salle de musique et salle de cours. S'y trouvent notamment un clavecin à petit ravalement (4 octaves) fait par Ruckers, estimé 240 livres, et un clavecin à grand ravalement (5 octaves) fait par Denis, également estimé 240 livres, un violon et une basse de viole. La pièce est décorée de tableaux et d'une tapisserie verdure. La valeur totale des meubles contenus dans cette pièce est de 1 066 livres. Charles NOBLET détenait 1 578 livres en espèces (louis et écus), des bijoux, de l'argenterie et une bibliothèque de 100 volumes, "tant opéras que brochures et livres de dévotion et Mercure de France", 11 méthodes de musique, 40 livres de pièces de clavecin, 19 livres d'opéra, 26 cantates, un paquet de différentes ariettes, 30 sonates pour le violon, plusieurs paquets "d'autre musique", six motets, deux Te Deum, deux messes, quatre symphonies, 20 pièces de clavecins, cinq cantatilles (en tout : 162 livres).
• 28 décembre 1769, Paris : Marie Nicole Fillieux et Marie Geneviève Nicole NOBLET se partagent les 18 909 livres d'actif de la succession, le passif ne s'élevant qu'à 2 818 livres. La première se remaria en 1778 à Louis Desaunières, procureur au Châtelet de Paris et s'établit à La Rochefoucault. Elle mourut le 5 avril 1806.
Guillaume LASCEUX reprit le poste d'organiste des Mathurins, Claude Élie BOILEAU, autre élève du défunt, celui des Jacobins de la rue Saint-Honoré et Marie Geneviève Nicole NOBLET ceux de Sainte-Opportune et de Sainte-Madeleine-en-la-Cité.
Mise à jour : 27 avril 2025

