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PLATEL, Charles Eustache (1744-1826)
État civil
NOM : PLATEL     Prénom(s) : Charles Eustache     Sexe : M
Date(s) : 1744-3-12  / 1826-9-8
Notes biographiques

Fils d'un boulanger de Lillers, Charles Eustache PLATEL est probablement formé à la maîtrise de la collégiale de sa ville natale, comme son frère aîné. Il est recruté à 22 ans parmi les musiciens de la cathédrale Notre-Dame de Paris, puis rejoint, moins de cinq ans plus tard, la Musique du roi à Versailles. La qualité de sa voix lui permet d'accéder au poste de première basse-taille, qu'il occupe jusqu'en 1792. Deux de ses fils, qui deviendront musiciens, le rejoignent durant les quelques années où ils chantent parmi les pages. Reconverti dans la direction musicale d'un théâtre parisien durant une partie de la période révolutionnaire, Charles Eustache PLATEL retrouve une place de basse-taille à la Chapelle du roi restaurée en 1815. La mort vient le cueillir alors qu'il y exerce encore, à plus de 80 ans.

• 12 mars 1744, Lillers [Pas-de-Calais] : Charles Eustache PLATEL naît. Il reçoit le baptême le lendemain en la paroisse Saint-Jules et Saint-Victor. Il est le fils d'un boulanger, Charles Platel, et de Marie Josèphe Hulman (dans son contrat de mariage, il indique que son père est marchand laboureur). Il a pour frère Nicolas François PLATEL, haute-contre à la collégiale de Lillers.

• 26 avril 1766, Paris : Charles Eustache PLATEL, laïc du diocèse de Saint-Omer, est reçu parmi les machicots [musiciens] de la cathédrale Notre-Dame, mais on lui retirera 5 sols par jour sur ses gages tant qu'il n'aura pas été jugé suffisamment instruit du "chant sur le livre".

• 9 décembre 1767, Paris : Charles Eustache PLATEL, machicot, est autorisé à recevoir la première tonsure cléricale à la prochaine ordination.
• 27 décembre 1767, Paris : Il est tonsuré dans la chapelle du palais épiscopal par Mgr Henri Hachette des Portes, évêque in partibus de Cydon.

• 20 juin 1770, Paris : Charles Eustache PLATEL est reçu clerc à la Sainte-Chapelle du Palais.
• 4 avril 1772, Paris : Charles Eustache PLATEL quitte la Sainte-Chapelle pour entrer à la Chapelle du roi, où il a été reçu depuis plus d'un an ! A-t-il réellement servi dans les deux fonctions pendant aussi longtemps ?

• 1771-1792, Versailles : Charles Eustache PLATEL est basse-taille à la Chapelle royale. En 1790, il touche 3 000 livres de traitement. Ses états de service (1825) portent qu'il "est entré au service du roi louis XV au mois de janvier 1771 aux appointements de 3 000 francs en qualité de première Basse taille récitante de la chapelle et de la chambre du roi, avec la promesse de les avoir en retraite au bout de vingt ans de service, tel que le comporte[nt] trois edits de louis XV et louis XVI ; jusqu’au dix aoust 1792 il n’a pas cessé son service".

• 31 janvier 1774, Paris : Charles Eustache PLATEL, ordinaire de la musique du roi, signe son contrat de mariage. Il apporte la somme de 2 400 livres tant en deniers comptants qu’en meubles meublants, habits, linges et hardes "provenant de ses gains et épargnes". La future, Marie Louise Amaury, reçoit en avancement d’hoirie la somme de 10 000 livres dont 2 000 en un trousseau d’habits, linges et hardes à son usage ; le reste sera remis à l’époux par les beaux-parents la veille du mariage sous forme d’une rente constituée annuelle et perpétuelle de 400 livres, payable de six mois en six mois (la totalité de ma dot sera versée le 10 mai 1774).
• 7 février 1774, Versailles : [Charles] Eustache PLATEL, ordinaire de la musique du roi, épouse Marie Louise Amaury, marchande limonadière, fille mineure de Jean Louis Amaury, marchand limonadier, et de Catherine Bauché, tous deux de la paroisse Notre-Dame où le mariage est célébré. L’époux est assisté de Julien Amable MATHIEU, maître de musique de la Chapelle du roi, et de Marc François BÊCHE, ordinaire de ladite musique.

• 10 mai 1775, Versailles : Le premier enfant du couple, Louis Charles, voit le jour. Huit ans plus tard, il rejoint sur père à la Musique du roi pour chanter parmi les pages, de 1783 à 1790. Une fille, Sophie Alexandrine, suit le 1er septembre 1776, puis un deuxième garçon, Nicolas Joseph, le 7 décembre 1777, qui devient violoncelliste par la suite. Il semble n'avoir exercé son art que dans un cadre profane et s'acquiert une réputation de pédagogue à Bruxelles, où il s'installe en 1820 et demeure jusqu'à sa mort en 1835.
• 9 février 1779, Versailles : Naissance d'Alexandre Marie, qui, comme Louis Charles, sert comme page de la Musique du roi, de 1787 à 1792, sous le nom de Platel cadet.

• 26 novembre 1782, Versailles : Marie Louise Amaury décède, laissant Charles Eustache PLATEL veuf et chargé de quatre enfants. Le fonds de commerce de mercerie que tenait la défunte est vendu près de 11 000 livres le 31 janvier 1783. Les PLATEL sont alors domiciliés rue de la Pompe, paroisse Notre-Dame, mais ne tardent pas à déménager avenue de Saint-Cloud, dans un appartement délaissé au profit de Luc MARCHAND en juin 1788.

• 1790-1792, Versailles : Présents rue de Vergennes, n°15, au Petit Montreuil, en 1790, PLATEL et ses enfants sont partis en janvier 1792, sans doute pour Paris. PLATEL facilite ainsi son service à la chapelle des Tuileries, ainsi que celui de son fils cadet.

• messidor-nivôse an II (juin 1794-janvier 1795), Paris : PLATEL apparaît sur les listes de paiement des artistes attachés au Théâtre de l'Égalité, avec 200 francs par mois.
• mars 1796, Paris : PLATEL est désormais artiste pensionnaire du même théâtre, avec une pension de 2 400 francs par an.

• Pendant la Révolution et "sous Bonaparte", Paris : Charles Eustache PLATEL "a occupé la place de maitre de musique au theatre de Faideau aux appointements de 3 000 lt pendant 6 ans" (états de service, 1825). Fétis avance dans sa Biographie universelle des musiciens (t.7, p. 263) que PLATEL a dirigé les chœurs du théâtre Feydeau jusqu'en 1806.

• 10 février 1808, Pontoise [Val-d'Oise] : Charles Eustache PLATEL s'unit par contrat de mariage à Angélique Nicole Colson, veuve en premières noces d’Antoine Chevry, décédé docteur en droit à Paris.
• 26 novembre 1811, Pontoise : Angélique Nicole Colson meurt à l'âge de 60 ans. Elle résidait avec son mari, qualifié de propriétaire, rue de la Coutellerie.

• 1814-1826, Paris : Charles Eustache PLATEL est à nouveau basse-taille à la Chapelle du roi, désormais au sein du chœur. Une liste générale affirme qu'il a été reçu le 24 septembre 1814. Cependant, le même document écrit que PLATEL a servi à la Chapelle consulaire à partir de 1802, mais son nom est absent des listes de musiciens conservées pour l'Empire.
• 25 juillet 1815, Paris : Charles Eustache PLATEL reçoit du duc de Rohan, premier gentilhomme de la chambre du roi, un brevet de basse-taille à la Chapelle royale, avec 1 500 francs d'appointements. Dans un almanach de 1816, il est domicilié rue de l’Université, n° 34, où il demeure encore en 1825.

• 17 mars 1819, Paris : Charles Eustache PLATEL, domicilié au n°22 rue du Bac, demande et obtient un secours pour son fils Alexandre Marie, frappé de maladie mentale depuis quelques années et tombé dans la misère.

• 10 août 1824, Paris : Charles Eustache PLATEL rédige un testament dans lequel il institue son fils Alexandre Marie PLATEL, musicien, son légataire universel. Ses deux autres fils Louis Charles et Nicolas Joseph sont alors à Bruxelles où ils exercent également le métier de musicien (le second au Théâtre royal).

• 8 septembre 1826, Paris : Charles Eustache PLATEL, basse-taille de la Chapelle du roi, décède de maladie dans un appartement de location au n° 7, rue du Petit Bourbon Saint-Sulpice.
• 30 octobre 1826, Paris : La prisée de son mobilier s'élève à 1 462,69 francs. Il vivait dans un cadre confortable, servi par une domestique gagée 300 francs par an. En dehors de son salaire de musicien lui rapportant 121,25 francs par mois, il tirait plus de 700 francs de ses rentes à l'année.

Mise à jour : 21 décembre 2020

Sources
Almanach de 25000 adresses de Paris ; Almanach de Versailles, 1789 ; C. Pierre, Histoire du Concert spirituel, 2000 ; Constant Pierre, Histoire du Concert spirituel ; F-Ac Versailles/ 1 F 361 ; F-Ac Versailles/ 1 F 362-364 ; F-Ac Versailles/ EE 7 ; F-Ad62/ 5 MIR 516/4 ; F-Ad75/ 5 Mi 1 1217 ; F-Ad78/ 1081445 ; F-Ad78/ 1112508 ; F-Ad78/ 1112510 ; F-Ad78/ 1112631 ; F-Ad78/ 3E45/177 ; F-Ad78/ 3E45/193 ; F-Ad78/ B 4121 ; F-AmPontoise/ 1 E 98 ; F-An/ ET/LXVI/619 ; F-An/ ET/XCII/1144 ; F-An/ F21/1077 ; F-An/ LL 232/31/2 ; F-An/ LL 232/31/3 ; F-An/ O/1/3073, n°226 ; F-An/ O/1/842 ; F-An/ O/1/842 n°104-105 ; F-An/ O/1/842, n°155 ; F-An/ O/1/842, n°65 ; F-An/ O/3/1616 ; F-An/ O/3/1648 ; F-An/ O/3/290 ; F-An/ O/3/354 ; F-An/ O/3/375 ; F-An/ O/3/375  ; F-An/ O/3/375, n°1 ; F-BMOP/ Arch. Div 14[1 ; F-BMOP/ Arch. Div 14[7 ; F-Bm Versailles/ Ms P 153 ; F-Bm Versailles/ Ms. F 87 ; F-BnF/ Fichier Bossu 253 ; Indicateur de la Cour de France ; J. Eby, François Giroust, 2018 ; Les spectacles de Paris, 1770 ; M. Brenet, Les Musiciens de la Sainte-Chapelle..., 1910 ; Mercure de France, avril 1779 ; R. Machard, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville..., 1980

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