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RENAUD, Jean, fils, à Saulieu (1726-1804)

RENAUD, Jean, fils, à Saulieu (1726-1804)

État civil
NOM : RENAUD     Prénom(s) : Jean     Sexe : M
Complément de nom : fils, à Saulieu
Autre(s) forme(s) du nom : REGNAUT
RENAULT
RENAUT
Date(s) : 1726-12-5   / 1804-11-9
Notes biographiques

Fils d'un chantre paroissial à la remarquable longévité, Jean RENAUD effectue lui aussi une très longue carrière de chantre au service de la même paroisse, Saint-Saturnin de Saulieu, dans le diocèse d'Autun, tout en exerçant le métier de "drapier", comme son père l'avait déjà fait avant lui.

• 5 décembre 1726, Saulieu [Côte-d'Or] : Le vicaire qui confère le baptême à Jean RENAUD écrit que son père, Jean REGNAUT [sic] est "drapier à Saulieu, chantre de St-Saturnin". La double identité professionnelle paternelle est d'emblée clairement proclamée. Il en ira de même plus tard pour le fils. Sa mère se nomme Marie Desjours. Son parrain, Jean Léger, et sa marraine, Jeanne Regnaut, une tante paternelle, ne savent pas signer.

• 8 novembre 1738, Saulieu : Lorsque sa grande sœur, Pierrette, se marie avec un charron dans l'église de St-Saturnin, Jean n'a encore que 12 ans et ne signe pas l'acte. Leur père Jean RENAUD, en revanche, est dit "chantre à St-Saturnin de Saulieu".
Le jeune garçon, dès ses premières années, est donc immergé dans le chant d'Église et le service de la paroisse. En plus de l'imitation du modèle paternel, aurait-il été enfant de chœur à Saint-Andoche sous l'autorité de Jean-Baptiste MIROLIN ? Ce dernier, en effet, est lié à la famille Renaud puisqu'il est présent et signe au mariage de Pierrette. En poste à Saulieu de 1732 au moins jusqu'au milieu de l'année 1746, MIROLIN a pu accompagner le jeune garçon et lui faire travailler sa voix durant son adolescence.
Par ailleurs, autour de 1740 et jusqu'en 1743 au moins, son frère aîné, Pierre RENAUD, qui a treize ans de plus que lui, est "habitué" à la collégiale, en compagnie de Claude BERTHIER.

• Son père est régulièrement présent aux cérémonies qui se déroulent à Saint-Saturnin, en tant que "chantre de Saint-Saturnin". Sa signature oscille entre les graphies "Renaud" et "Renaut", mais se caractérise par une majuscule élégante qui débute par un "J", initiale de son prénom, ce "J" venant s'intégrer au "R". La signature du fils se stabilise sur "Renaud" mais présente un R beaucoup moins élaboré, assez informe (proche d'un "M" négligé).

• 7 avril 1750, Saulieu : Jean RENAUD père, "chantre de St Saturnin", âgé d'environ 58 ans, est inhumé dans l'église de Saint-Saturnin où il chantait depuis si longtemps, par le chanoine Théologal de Saint-Andoche, en présence du clergé local.

À partir de là, en pointillés, Jean RENAUD fils prend le relais.

• À compter de 1751-1752, Saulieu : Les sépultures qui ont lieu "au cimetière de St-Saturnin" se déroulent fréquemment "en présence de Jean RENAUD chantre de la dite église", ou "chantre dans l'église de St-Saturnin", ou "chantre de la paroisse". En son absence, ce sont les deux bedeaux, Garnier et Girardin, qui assistent le célébrant. L'église Saint-Saturnin est légèrement excentrée par rapport au cœur de la ville de Saulieu. Aussi certaines cérémonies (mariages, baptêmes) ont-elles lieu dans l'église de Saint-Andoche.
Les sépultures du cimetière St-Nicolas, elles, ont lieu en présence des chantres René SENÉ durant les années 1750  et 1760, puis dans les années 1770 en présence de Émiland MEUGNIER, jusque vers le milieu de l'année 1786, où il est remplacé par François CAUZARD.

• 30 juin 1756, Saulieu : En l'église Saint-Saturnin, Jean RENAUD qui est ici dit "drapier en cette ville", se marie avec Marguerite Donet, fille d'un marchand de Vrilly (village situé à une demi-lieue du centre de Saulieu, au sud-est).
Lors des naissances (les 4 novembre 1757, 31 août 1760…) et des décès infantiles (les 19 novembre 1759, 28 novembre 1760…) qui suivent, l'identité professionnelle de Jean RENAUD affichée par le registre paroissial est invariablement celle de "chantre de l'église de St-Saturnin".

• Devenu veuf de Marguerite Donet, Jean RENAUD se remarie, avec Jeanne Lambert.

• 30 juin 1770, Saulieu : Leur fille Jeanne Claudine est baptisée en l'église Saint-Saturnin. Elle meurt dès le 23 novembre 1772. Le 4 octobre 1773, c'est un fils, François-Dominique, qui voit le jour. Un an plus tard, le  30 octobre 1774, c'est à nouveau une fille, Marie-Jeanne. Les parrains et marraines choisis appartiennent au milieu agricole ("laboureur à la métairie de St-Jacques, plat pays de Saulieu", " laboureur à Colonchère") ou au petit commerce (femme d'un "marchand à Vrilly-le-Haut"), ou encore à la famille ("Marie Renaud sa sœur paternelle").
Dans tous ces actes, Jean RENAUD est dit "chantre de l'église paroissiale de St-Saturnin de Saulieu", "chantre de la dite église" ou encore "chantre laïque de cette église". Quoique forcément à temps très partiel, son activité de chantre semble être son identité dominante aux yeux du clergé local.

• 15 décembre 1776, Saulieu : "Sur les saints fonts de l'église St-Saturnin" est baptisé Nicolas, fils de Jean RENAUD, "chantre laïque de la dite église", et de Jeanne Lambert, son épouse.

• 18 avril 1789 : Un dernier baptême repéré sonne comme un signe de déchéance sociale. Lorsque Françoise est présentée sur les fonts baptismaux par François et Françoise ses frère et sœur, leur père est dit "manouvrier à Saulieu". On devine alors que le métier de "drapier" affiché de temps en temps ne signifiait certainement pas "marchand drapier", mais plutôt ouvrier. Et que le statut de chantre de paroisse présentait une alternative plus valorisante.

1790, Saulieu : Tandis que François CAUZARD est attesté très régulièrement en tant que chantre de Saint-Nicolas, Jean RENAUD à 64 ans signe toujours de loin en loin le registre paroissial en tant que chantre de Saint-Saturnin. On le devine actif au service de sa paroisse jusqu'à la laïcisation de l'état civil, à la fin de l'été 1792.

• 5 ventôse an X (24 février 1802), Saulieu : Son fils François-Dominique, devenu "musicien", épouse Marie Leblanc, une Berrichonne installée à Saulieu, fille d'un "propriétaire" de Lignières. Jean RENAUD (74 ans) et son épouse (57 ans), sont tous dits également "propriétaires à Saulieu".

• 18 brumaire an XIII (9 novembre 1804), Saulieu : À 7 heures du matin, le vieux chantre s'éteint. Son fils, François-Dominique RENAULT, "musicien à Saulieu", 31 ans, et son gendre, menuisier, vont à la mairie effectuer les démarches officielles. Ils disent le défunt "propriétaire, né à Saulieu il y a environ 78 ans" et époux de Jeanne Lambert.

Mise à jour : 8 janvier 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Saulieu  ; F-Ad21/ BMS Saulieu en ligne ; F-Ad21/ NMD Saulieu en ligne  ; F-Ad89/ G 2156

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