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ROUX, Antoine, à Eymoutiers (1763-1824)
État civil
NOM : ROUX     Prénom(s) : Antoine     Sexe : M
Complément de nom : à Eymoutiers
Date(s) : 1763-9-17   / 1824-9-16 
Notes biographiques

Originaire d'Eymoutiers en Limousin, Antoine ROUX, est organiste dans sa ville natale. À la Révolution il se fait adjudant de la Garde nationale pour ensuite devenir marchand aubergiste et commissaire de police.

• 17 septembre 1763, Eymoutiers [Haute-Vienne] : Antoine ROUX est le fils de Joseph Roux, maréchal-ferrant, et de Marie Riffatere. Il est baptisé le lendemain de sa naissance, sa marraine signe l'acte de baptême avec davantage d'adresse que son parrain, un oncle maternel.  

• [1769-1771] : Si l'on se réfère à l'âge communément requis pour intégrer une maîtrise en tant qu'enfant de chœur (entre 6 et 8 ans), il se pourrait que le jeune Antoine ROUX ait entamé sa formation autour des années indiquées. Le futur organiste s'est-il formé au chapitre d'Eymoutiers ? Au vu de ce que l'on sait par ailleurs sur lui, c'est très probable, mais aucun élément ne permet pour le moment d'en avoir la certitude, les archives de la collégiale étant réduites à des épaves. 

• 17 juin 1774, Eymoutiers : L'inhumation de Philippe-André VINCENT, clerc tonsuré et organiste de la collégiale, a lieu dans le même édifice. Parmi les témoins, l'on trouve "Étienne Bonaventure LAURIER dit Freisseix, musicien et serpent dudit chapitre". Il se peut que de son vivant, VINCENT ait commencé à enseigner la pratique de l'orgue au jeune Antoine ROUX, qui, toutefois, n'a pas encore onze ans lors de son décès.

• 1778 : Le chapitre fait appel à un nouveau maître de musique, Léonard ROY de LAGRANGE.
Celui-ci reste à Eymoutiers jusqu’à l’été 1783, où il part pour Angoulême, puis pour La Rochefoucauld en Angoumois. Il aurait donc contribué à la fin de la formation musicale d'Antoine ROUX.
• 25 avril 1778 : En compagnie de François MARCELLIN, tous les deux étant dits "musiciens habitants de cette ville", Antoine ROUX est témoin de l'inhumation "dans le chœur de cette église [Notre-Dame] près l'aigle du côté droit" d'un défunt notable. Il s'agit de Maitre Léonard Daniel de la Gagnerie, prêtre, directeur du séminaire de la Mission de Limoges, décédé la veille alors qu'il était en séjour "chez Mr l'abbé de Nauvialle, seigneur marquis de Chamberet". Le jeune homme n'a encore que quinze ans.

• [1779-1781] : Sans doute est-ce au cours des ces années que le jeune homme achève sa formation et devient réellement musicien.

• 13 novembre 1783, Eymoutiers : Dans l'église paroissiale Notre-Dame, Antoine ROUX, "musicien de cette église", est témoin du mariage entre Jean Jacques Pierre SAUTEREAU, musicien, et Marie Negriniac. À cette date, ROUX est donc attesté comme musicien de la paroisse Notre-Dame, ce qui ne veut pas dire qu'il n'exerce pas aussi déjà à la collégiale. En effet, sans que l'on sache actuellement quel autre organiste a exercé entre VINCENT et lui, le jeune homme remplit les fonctions d'organiste à la collégiale à partir d'une date indéterminée.

• 21 septembre 1784, Eymoutiers : Mort la veille, François MARCELLIN, musicien du chapitre, est inhumé près de la grande porte de l'église Saint-Étienne, en présence des sieurs Jacques 'SAUTRAUX' et Antoine ROUX respectivement "serpent et organiste du dit chapitre". À partir de cette date, donc le doute n'est plus permis : Antoine ROUX exerce bien comme organiste à la collégiale Saint-Étienne.

• 19 février 1787, Eymoutiers : C'est également en l'église paroissiale Notre-Dame qu'Antoine ROUX prend pour épouse Marianne Bataille. L'acte de mariage précise clairement qu'il officie pour deux structures différentes. D'une part, il est "musicien" à l'église paroissiale Notre-Dame (on ne sait pas précisément quel y est son emploi réel, peut-être y chante-t-il), et d'autre part il est "organiste" du chapitre de la collégiale St-Étienne. Parmi les nombreux témoins de la noce, l'on trouve un buraliste, deux tailleurs d'habits, un brigadier ainsi que Jacques SAUTEREAU qui se déclare fièrement "aufficier du chapitre" où il occupe la fonction de serpent et basson. Le père du marié a apporté son consentement à l'union par procuration, sa mère n'est quant à elle plus de ce monde.

• 27 janvier 1789, Eymoutiers : Joseph, l'unique enfant issu de cette union, est baptisé dans l'église paroissiale Notre-Dame.
• 3 février 1789, Eymoutiers : L'épouse d'Antoine ROUX, Marianne Bataille, décède à l'âge de 22 ans, des suites de ses couches, elle est inhumée paroisse Notre-Dame, et laisse derrière elle son époux et un nourrisson d'une semaine.  

• Jusqu'en 1790Eymoutiers : ROUX est toujours organiste de la collégiale Saint-Étienne, il reçoit annuellement 30 setiers de seigle et 90 livres en argent. Outre les chanoines, les grands et petits vicaires, le chapitre de la collégiale est à ce moment composé d'un organiste, Antoine ROUX, d'un serpent, Jacques SAUTEREAU, et de deux enfants de chœur dont on ignore les noms. 

• 1791, Eymoutiers : Antoine ROUX et Jacques SAUTEREAU adressent une demande de pension au district du département. Celui-ci raisonne sur deux éléments, ''attendu le peu de fortune du chapitre qui ne pouvoit leur donner que des gages modiques et la jeunesse des exposants" et propose d'accorder à chacun 60 livres de traitement annuel. On ignore si l'avis du département a été suivi par le Comité ecclésiastique l'usage étant de n'accorder aux jeunes musiciens que des gratifications et non des pensions.
• Juin 1791: Avec Jacques SAUTEREAU, Antoine ROUX fait partie des fondateurs de la Société populaire "Les Amis de la Constitution". Dès cette date, son choix en faveur de la Révolution est nettement affirmé.

• 22 juillet 1792, Eymoutiers : "L'organiste" ROUX épouse en secondes noces Marie-Anne Tiquet, fille du notaire ci-devant royal d'Eymoutiers, Jacques-Joseph Tiquet. Le frère de celui-ci, l'abbé Jean Tiquet, dénoncé par des membres des "Amis de la Constitution" sera guillotiné à Limoges le 22 novembre 1793. Il est donc l'oncle par alliance d'Antoine ROUX.

• 1793, Eymoutiers : ROUX, devenu adjudant de la Garde nationale, dénonce entre autres le curé réfractaire de Notre-Dame, précédemment chanoine de la collégiale, l'abbé Esmoingt, qui sera guillotiné à Limoges le 14 novembre 1793. Le zèle de l'organiste pour mener à l'échafaud le clergé d'Eymoutiers est avéré : "Le citoyen Filloux payera au citoyen Antoine ROUX, adjudant de la garde nationale d'Eymoutiers, la somme de 95 livres, savoir celle de 75 livres pour avoir conduit d'Eymoutiers en cette ville [Limoges], accompagné de quatre gardes nationaux, deux prêtres réfractaires à la loi, celle de 15 livres pour la dépense des chevaux desdits réfractaires à la loi...'' relève l'abbé Leclerc (Le tribunal criminel de Limoges…, 1918).
ROUX a également pour mission de conduire d'autres prisonniers de la ville d'Eymoutiers à la maison d'arrêt de Limoges. Pour ce faire, il est accompagné de onze volontaires, et touche des frais de garde et de conduite.

• 27 juin 1816, Eymoutiers : Joseph, son fils, praticien, épouse Jeanne Tiquet, demi-sœur de sa belle-mère Marie-Anne Tiquet. Antoine ROUX est présent au mariage et signe le registre avec les nombreux témoins en tant que marchand
• 5 octobre 1816, Eymoutiers : Quatre mois après les épousailles, la jeune mariée met au monde un garçon prénommé Antoine comme son grand-père. Celui-ci, qualifié de marchand aubergiste, est présent aux côtés de Joseph à la mairie, et signe l'acte de naissance avec lui. 

• 16 septembre 1824, Eymoutiers : D'abord musicien et organiste, adjudant au service de la République puis marchand aubergiste, c'est sous la fonction de commissaire de police qu'Antoine ROUX achève ses jours à Eymoutiers. Il a 64 ans. 

Mise à jour : 30 août 2018

Sources
Abbé Lecler, Le tribunal criminel de Limoges…, 1918. ; F -Ad87/ BMS Eymoutiers ; F -Ad87/ BMS Notre-Dame d'Eymoutiers ; F -Ad87/ NMD Eymoutiers ; F-Ad87/ BMS Eymoutiers ; F-Ad87/ BMS Notre-Dame d'Eymoutiers ; F-Ad87/ NMD Eymoutiers ; F-An/ DXIX/091/776/04

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