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Pour citer Muséfrem
TOULET, Jean François (1752-1793)
Autre(s) forme(s) du nom : TOULAY
TOUTEL
Date(s) : 1752-6-15 / 1793-9-10
À l'image de certains musiciens de l'enquête MUSEFREM, le parcours de Jean François TOULET est exceptionnel. En près de douze ans, on le rencontre dans les effectifs musicaux de sept établissements. Débutant à Saint-Florent de Roye [Somme], il achève sa carrière aux côtés des musiciens de la cathédrale d'Amiens [Somme] en 1791. Entre ces deux postes, il est passé par la collégiale de Béthune [Pas-de-Calais], la cathédrale de Châlons-en-Champagne [Marne] et deux collégiales du futur département du Nord. En 1790, il chante au chœur de la collégiale Notre-Dame de Nesle [Somme]. Outre ces changements rapides de postes, on le voit hésiter à plusieurs reprises entre la profession de musicien et d'autres plus artisanales.
• 15 juin 1752, Maucourt, près de Chaulnes [Somme] : Jean François TOULET, fils de Jean Louis, manouvrier, et Marie Madeleine Péchon, vient au monde. Il est baptisé le même jour en l'église paroissiale Notre-Dame.
• 27 juin 1774, Étalon [Somme] : Jean François TOULET, 21 ans, domestique, se marie dans ce petit village situé à une dizaine de kilomètres plus à l'est avec Marguerite Colmache, 28 ans, fille d'un manouvrier, en présence des parents de l'époux, de son frère Nicolas, domestique et de Jean-Baptiste Ployet, clerc séculier, son ami. Ses parents et son frère ne savent pas signer. Le marié signe "Jean François Toulet" (a-t-il appris à écrire dans une maîtrise ?). Leur fille Marguerite Pélagie est baptisé même paroisse le 14 mars 1775, TOULET est alors présenté comme manœuvre.
• 18 novembre 1777-vers décembre 1778, Roye [Somme] : Jean François TOULET est chantre basse-contre à la collégiale Saint-Florent. Cette ville est située 12 kilomètres au sud de son village natal.
• 4 juillet 1778, Roye : Son fils Pierre Jean Benoît voit le jour dans cette petite ville picarde et se fait baptiser paroisse Saint-Pierre. Jean François Fidel [sic] TOULET est présenté comme chantre à la collégiale Saint-Florent. Jean ROUSSEL, chantre la même collégiale, signe comme parrain de l'enfant.
• 6 janvier 1779, Béthune [Pas-de-Calais] : Il est chantre basse-contre à la collégiale Saint-Barthélemy. Un arrêté de 1794 indique qu'il serait resté sur place jusque vers la fin de l'année, mais en réalité il abandonne ce poste vers le mois de mai.
• 28 mai 1779, Châlons [-en-Champagne] [Marne] : TOULET est reçu musicien basse-contre par le chapitre de la cathédrale. Il est admis à l'essai avec des gages de 9 livres par semaine. Son dénuement est tel que les chanoines décident de lui fournir un habillement complet.
• 12 novembre 1779 : Le chapitre de Saint-Étienne décide de congédier TOULET à cause des dettes qu'il a contractées depuis qu'il est au service de l'Église champenoise. Il a "2 mois pour pour chercher à se placer ailleurs".
• 6 mars 1780, Châlons : Les chanoines, constatant que le musicien (qu'ils avaient déjà gratifié de 15 livres au mois de janvier) n'a plus rien pour vivre, acceptent de lui accorder un autre secours. Cette aide est destinée à "subvenir aux frais des couches prochaines" de l'épouse. Le 23 mars suivant, le chapitre fait état d'une requête présentée par cette femme qui sollicite une avance d'un mois sur les gages de son mari. On ne sait si les chanoines ont accepté, mais ils sont résolus à se séparer de TOULET dès que l'épouse aura accouché.
• 13 mai 1780 : Leur fils Jean-Baptiste vient au monde et se fait baptiser paroisse de la Trinité.
• 30 juin 1780 : La compagnie augmente les gages de TOULET : ils passent à 10 livres par semaine. Elle décide de le garder quelques mois encore.
• 15 septembre 1780 : TOULET obtient une avance sur gages de 30 livres "pour luy aider à apprendre le métier de faiseur de bas". La somme sera versée directement au maître d'apprentissage.
• 22 octobre 1780 : Son fils Joseph, âgé de 5 ans, meurt. Il est inhumé le lendemain dans le cimetière de la paroisse de la Trinité.
• 3 novembre 1780, Châlons : L'encombrant musicien est finalement renvoyé.
• [1780]-1786, Seclin [Nord] : TOULET sert le chapitre de Saint-Piat en qualité de basse-contre. Les dates indiquées dans l'arrêté de 1794 (du 2 janvier 1780 au 3 mars 1785) sont de toute évidence erronées.
• 17 mai 1785, Seclin : Il signe comme témoin à un mariage mais sa profession n'est pas indiquée.
• 13 mars 1786, Seclin : Sa fille Sophie Joseph est baptisée. Jean François TOULET est qualifié de chantre gagiste de la collégiale Saint-Piat. Le couple a parcouru plus de 220 kilomètres vers le Nord et a dû passer par les villes de Laon et Saint-Quentin.
• 20 mars 1786, Lille [Nord] : Les chanoines de la collégiale Saint-Pierre "ont reçu vicaire [musicien] de leur Eglise le nommé François Toulet, natif de Chily-Maucourt, aux gages de 24 patars par jour, à commencer du 17 de ce mois, à condition qu'il produise un certificat de ses bonnes vie et mœurs".
• 27 avril 1787, Lille : "Messieurs ont accordé à François Toulet, vicaire de leur Eglise, trente six livres de France payables sur la partition ou mandé des pauvres".
• Novembre 1787, Nesle [Somme] : Jean François TOULET entre au service du chapitre de Notre-Dame.
• 1790, Nesle : Jean François TOULET, toujours employé à la collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption comme musicien, reçoit pour son travail 260 livres par an.
Dirigé par DAZAC (maître de musique), le corps de musique est composé de quatre chantres (MARTIN, OUDIN, FELON, DARACHE), de trois musiciens (MOREL, RICHARD, TOULET), d'un organiste (BOULOGNE) et de six enfants de chœur.
• 1791, Amiens [Somme] : Jean François TOULET est au nombre des musiciens de la cathédrale d'Amiens. Il reçoit à ce titre 475 livres de gages, perçus par plusieurs mandats édités par le directoire du District entre le 16 mai et le 5 novembre. Le nouveau corps de musique de la cathédrale Notre-Dame est composé de BOUFFET (sous-maître et ancien petit vicaire), COCU (enfant de chœur), GAULIER puis CORNETTE (organiste), CAVILLON, CACHELIEVRE, MANCHUETTE, MARTIN, VARRÉ, DAVELUY, CHARTREL et TOULET (chantres).
• 10 septembre 1793, Amiens : Jean François TOULET, ancien chantre de la cathédrale Notre-Dame, meurt en sa maison de la rue des Fossés Saint-Méry, à l'âge de 40 ans.
• 29 novembre 1795 : Jean François TOULET est mentionné par la veuve de Louis GRAUX comme ancien musicien décédé de la cathédrale d'Amiens. Madame GRAUX prend la veuve de ce dernier en exemple afin de recevoir, comme cette dernière, la pension de son défunt mari.
• 30 août 1802, Étalon : Dans l'acte de mariage de son fils Pierre Jean Benoît, on le présente comme "basse-contre à Amiens". Cet acte donne une année de naissance du marié erronée, le 3 juillet 1777.
• 19 avril 1803, Étalon : Sa veuve Marie Marguerite Colmache meurt à l'âge de 55 ans. Jean-François TOULET est présenté comme "en son vivant chantre de la cathédrale d'Amiens".
Mise à jour : 14 mai 2026

