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CACHELIÈVRE, Adrien (1741-1793 ap.)
État civil
NOM : CACHELIÈVRE     Prénom(s) : Adrien     Sexe : M
Date(s) : 1741-1-25  / 1793-4-9 ap.
Notes biographiques

Natif d'un petit village picard [Somme actuelle] qui s'est révélé être une pépinière de basses-contre, Adrien CACHELIÈVRE suit l'exemple de son frère et de ses cousins et va tenter sa chance dans la capitale. Au bout de cinq années, il est reçu en 1764 chantre gagiste à la Sainte-Chapelle du Palais, sur l'île de la Cité, à Paris, où son frère s'est déjà distingué. Il restera en poste un quart de siècle et deviendra clerc ordinaire. Sa trace se perd très vite après la fermeture de l'établissement en 1790. Qu'est-il devenu alors qu'il n'était âgé que de 52 ans en 1793, toujours résidant à Paris, mais sans aucun état ?

• 25 janvier 1741, Bouchoir [Somme] : Adrien CACHELIÈVRE, fils légitime de Jean et de Catherine Le Roy, vient au monde. Il est baptisé le même jour en l'église paroissiale Saint-Pierre. Le village se situe sur le plateau du Santerre, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Roye. Ni son parrain ni sa marraine ne savent signer et on ignore la profession du père. Il est le frère cadet de sept ans de Pierre CACHELIÈVRE et cousin d'autres basses-contre natives de cette localité comme Pierre Médard BOSQUILLIONFrançois Marcel DOUVILLÉ et, plus tard, Louis François LE ROY, qui toutes entreront au service de la Chapelle du Roi. De quelle manière ont-ils été formés ?

• 7 mars 1760, Paris : Âgé de 19 ans à peine, il obtient une place d'aide de chœur en l'église paroissiale Saint-Pierre-le-Vieux. Le conseil de fabrique ordonne qu'avec le sieur CARTIER, aide de chœur, il devra être présent à tous les offices de l’année sans exception. Ils percevront chacun 120 livres par an d'appointements.

• 1er février 1764, Paris : Sont reçus à la Sainte-Chapelle en qualité de gagistes les sieurs VERDUN, CACHELIÈVRE et QUENTIN, auxquels il est permis de porter les draps au chœur. On leur assigne un logement et on ordonne qu'ils soient "mis sur le livre du point".
• 16 mai 1764, Paris : La compagnie accorde 18 livres chacun à VERDUN et CACHELIÈVRE par forme de gratification, et le 29 septembre, suivant, chacun reçoit encore la somme de 24 livres.

• 9 janvier 1765, Paris : VERDUN et CACHELIÈVRE, chantres gagistes, reçoivent chacun une gratification de 24 livres.
• 21 décembre 1765, Paris : Le sieur CACHELIÈVRE, chantre, désirant s'attacher plus particulièrement au service de la Sainte-Chapelle, a supplié la compagnie de lui permettre d'aller en retraite à Saint-Lazare pour se préparer à recevoir la tonsure, ce qui lui est accordé.

• 4 janvier  1766, Paris : Il demande et obtient une gratification de 36 livres.
• 12 février 1766, Paris : La compagnie accorde au sieur FOURNIER, clerc, le logement occupé par CACHELIÈVRE et à celui-ci le logement vacant par la retraite du sieur QUENTIN.
• 25 juin 1766, Versailles [Yvelines] : Il signe aux côtés de BOSQUILLION au bas de l'acte de mariage de son frère Pierre CACHELIÈVRE, "ordinaire de la musique du roi", paroisse Notre-Dame.

• 6 mai 1767, Paris : Il reçoit une gratification de 36 livres.

• 15 octobre 1768, Paris : Il perçoit 30 livres de gratification en raison de "ses bons et assidus services".

• 7 juin 1769, Paris : Les sieurs CACHELIÈVRE, DOUVILLÉ et BARBIER, clercs, reçoivent chacun la somme de 30 livres en forme de gratification.

• 2 janvier 1771, Paris : Le chapitre lui verse 48 livres de gratification.
• 17 février 1771, Versailles : Il signe comme parrain au bas de l'acte de baptême de son neveu Pierre Adrien Marie. Il est présenté comme "clerc chapelain de la Sainte-Chapelle de Paris".
• 26 juin 1771, Paris : Le chanoine Le Gros, seul présent au chapitre, voit comparaître le sieur CACHELIÈVRE, qui demande un congé de huit jours. Il lui demande de revenir vendredi, jour de chapitre. Le clerc répond qu'il ne le peut car il est "obligé de sortir ledit jour à 4 heures du matin pour affaire [...] indispensable". Le 28 juin, le chapitre lui accorde ses huit jours.

• 6 mai 1772, Paris : Huit jours de congé sont octroyés à CACHELIÈVRE "pour prendre le lait".
• 17 octobre 1772, Paris : La compagnie, "pour récompenser l’exactitude du sr Cachelièvre"lui accorde huit jours de congé extraordinaire.

• 1775, Paris : Adrien CACHELIÈVRE figure parmi les trois basses de la Sainte-Chapelle dans l'Almanach musical de cette année-là. La quatrième place est vacante. Il en est de même en 1776 et 1779.

• 1776, Versailles : On relève son nom parmi les six clercs ordinaires de la Sainte-Chapelle dans un "État des noms, surnoms de Messieurs les Trésorier, Chantre, Chanoines de la Sainte Chapelle Royalle de Paris, des chapellains perpétuels, chapellains ordinaires, clercs ordinaire, marguilliers, huissiers, appariteurs et autres officiers de ladite Sainte Chapelle que le Roy veut et entend jouir des privilèges de commensaux de sa Maison".
• 27 avril 1776, Paris  : La compagnie fait verser 10 livres à CACHELIÈVRE en raison de sa maladie.

• 4 novembre 1778, Paris  : Il reçoit une nouvelle gratification de 30 livres pour raison de maladie.

• 1er avril 1785, Paris : Dans son exhortation, le plus ancien chanoine, l'abbé de Montal critique les chapelains et les clercs, qui font mine de se retirer. Il leur représente qu'ils contreviennent aux règlements et que la coutume veut qu'un discours de piété soit tenu à la fin des assemblées générales. Le sieur BRALLE, au nom de ses confrères les chapelains et clercs, répond qu'ils ont ordre du trésorier de ne pas écouter ce discours. Sur quoi, la compagnie arrête que ceux qui partiront seront pointés d'un jour et qu'il sera écrit au ministre. Les sieurs FRÉCHONBRALLETORCYCHAVIALE, chapelains ordinaires, CACHELIÈVRE, DOUVILLÉSACHYDECOMBE, CHAUVET et LEPREUX, clercs ordinaires, font le choix de quitter les lieux. Le 9 avril suivant, suite à des réquisitions de plusieurs chapelains et clercs, la compagnie, faisant preuve d'indulgence, leur rétablit la journée muletée.

• 19 avril 1786, Paris : La compagnie, bien informée que les sieurs DORIOT, FRÉCHON, CACHELIÈVRE et LEPREUX, maître de musique, "avoient affectés [sic] d'assister à matines en surplis malgré une délibération du 15 qui ordonnoit d'y venir en camail jusqu'au 19 inclusivement et malgré l'exemple d'une conduite opposée au reste du clergé de la ste Chapelle", arrête, d'après le droit qu'elle a d'indiquer les habits à porter, "que ces quatre mess. perdroient la rétribution de l'office où ils ont parus dans un habit autre que celui qui avoit été fixé".

• 26 janvier 1788, Paris : Vulpian, sans doute l'avocat de CACHELIÈVRE, écrit au conseiller d'État Feydeau de Brou : "Le sieur Cachelièvre, chapelain clerc de la Ste Chapelle de Paris, ne pouvant obtenir de MM. les chanoines les honoraires qu'ils lui ont induement retenus pour trois mois de congé à lui accordé au décès de Son Père par Mgr le Baron de Breteuil le 9 aout 1786 ; pour Seize autres jours de congé accordé en 1785, 86 et 87 par M. le Trésorier qui en a le droit ; pour trois Semaines de congé qu'il a pris en 1785 suivant l'usage, et du consentement de M. le Trésorier ; et enfin pour quinze jours d'absence qu'il vient de faire en novembre 1787 lors du décès de sa mère, et toujours de l'agrément de M. le Trésorier, il se trouve forcé, Monseigneur, de recourir à vôtre judicieuse autorité afin qu'il soit enjoint au chanoine séquestre de lui restituer ces retenues qui montent ensemble à environ dix louis, et que Mrs les chanoines ne rougissent pas de vouloir obstinément faire tourner à leur profit particulier". La demande est rejetée par le ministre de la Maison du Roi, le baron de Breteuil. Dans sa réponse, le ministre estime qu'il faut faire payer à CACHELIÈVRE les retenues que le chapitre lui a infligées pour défaut d’assistance pendant le congé de trois mois qu'il lui a lui-même accordé ; à l'égard des congés accordés par le trésorier en 1785, 1786 et 1787, il pense que les retenues faites pour absence ne doivent pas lui être restituées. En mars, le ministre semble avoir changé d'avis et fait prévenir les chanoines qu'ils doivent restituer les sommes confisquées, au total 57 livres.
L'argumentation de l'abbé était la suivante, comme il le mentionne lui-même dans un courrier à Brou : "Disant que depuis l'année 1785 jusqu'à ce jour, il lui est dû par les srs chanoines la somme de 57# à raison de plusieurs congés à lui accordés par M. le Trésorier, seul supérieur de cette Église. Le suppliant, après avoir inutilement épuisé toutes les voies de douceur et d'honnêteté, se voïant dans l'alternative fâcheuse d'interpeller l'autorité des magistrats pour obtenir justice, a été conseillé de recourir à vous, Monsieur. Cette marche lui a paru d'autant plus agréable qu'elle le dispense de suivre une procédure, et qu'elle remet ses intérêts entre les mains d'un homme parfaitement instruit des droits de M. le trésorier, des constitutions de la Ste Chapelle et dont la justice et l'équité sont la base et le principe de toutes les actions". On voit par la tournure de cette lettre que CACHELIÈVRE a pris le parti du Trésorier de la Sainte-Chapelle dans le conflit qui l'oppose au chapitre. 

• 18 février 1790, Paris : Adrien CACHELIÈVRE est toujours en fonction comme clerc ordinaire à la Sainte-Chapelle du Palais. Il demeure rue Sainte-Anne, paroisse Saint-Barthélemy et se présente comme titulaire de la chapelle Saint-Jacques-le-Pèlerin, fondée en la chapelle Saint-Michel au Palais et transférée en la chapelle basse de la Sainte-Chapelle, dont les revenus consistent en 21 livres 10 sols et les charges en 3 livres pour acquit de messes. En qualité de clerc ordinaire, il jouit 1° d'un office de parcheminier donné par le trésorier de la Sainte-Chapelle du Palais rapportant 288 livres ; 2° de 456 livres 5 sols pour assistance à la Sainte-Chapelle ; 3° de 40 livres pour l'acquit des fondations ; 4° de 32 livres pour le gros ou subsistance ; 5° de 100 livres pour la distribution qui se fait au Carême ; 6° de 210 livres par un legs de M. de Champigny, ancien trésorier de la Sainte-Chapelle ; 7° de 500 livres pour le logement payé par le Domaine sur la capitation. Il déclare en outre qu'on lui a retenu une somme de 112 livres pour des congés qui lui avaient été accordés par les commissaires nommés par le roi pour les affaires de la Sainte-Chapelle et 150 livres qu'on doit lui payer en deux fois. Il ne possède ni autre bénéfice, ni pension ecclésiastique.
• 8 novembre 1790Paris : Il fournit une nouvelle déclaration sur un modèle proche des autres clercs et chapelains, dans laquelle il accuse les chanoines de ne pas avoir versé les véritables revenus prévus par les chartes de fondation des rois et dénonce leur arbitraire. Il menace de se pourvoir au moment de la fixation de son traitement. Il déclare percevoir 674 livres 7 sols (456 livres 5 sols pour assistances aux offices, 32 livres pour le gros représentatif de la nourriture, 100 livres pour sa part dans les distributions de carême, 50 livres 2 sols 3 deniers pour fondations et complies de carême et 36 livres "pour la chappe les jours de grandes fêtes et pendant l'année"). Il y ajoute 205 livres 6 sols et 8 deniers, somme "reçue des mains du Trésorier pour sa part du legs" de l'ancien Trésorier Champigny et enfin 500 livres pour indemnité de son logement payé par le Domaine, ainsi que 20 livres pour droits de bougies. Cela fait un total de 1 399 livres 13 sols 6 deniers.
Il mentionne encore 21 livres 10 sols de revenus tirés de la chapelle Saint-Jacques-aux-Pèlerins, montant payé par le Domaine et un office de parcheminier, créé par Charles V aux termes de la charte de ce roi, qui est à la nomination du Trésorier, comme l'a confirmé un arrêt du Conseil. "Cet office produisoit autrefois une somme de 400# mais depuis la démolition de la maison qui formais [sic] le revenu dudit office, il a été accordé pour indemnité seulement un logement dans l'aile du bâtiment neuf du Palais tenant à la Ste Chapelle, lequel produit annuellement suivant bail la somme de 288#". Pour lui, le montant total de ses revenus annuels s'élève à la somme de 1 709 livres 3 sols et 6 deniers. CACHELIÈVRE rappelle que jusqu'en 1783, il était accordé 150 livres de distributions le premier juillet et en octobre mais les chanoines ont supprimé cette distribution. Il ne jouit d'aucun autre revenu ecclésiastique.
• 27 novembre 1790, Paris : Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, 17 musiciens et chantres sont au service de cet établissement, sous la direction du maître de musique Jean Nicolas FRÉCHON, l'un des chapelains ordinaires. Il s'agit des six chapelains perpétuels, qui ont théoriquement des fonctions cantorales (François Robert DORIOTJoseph Honoré RAYMONDÉtienne Nicolas FANTIN DES ODOARDSClaude ASSELINArmand Henry DE LA BACHELERIE et Pierre TISSET), de cinq autres chapelains ordinaires (Guy Antoine BRALLEAnne François DUPREYJean François VAVASSEURSébastien François Marie Élisabeth TORCY et Antoine CHAVIALE) et de six clercs (Nicolas Charles BIDAULT DE GARDINVILLE, Adrien CACHELIÈVRE, Jacques CHAUVETLéger DOUVILLÉBenoît Furcy DE SACHY et Pierre POIRIER). En outre, Gervais François COUPERIN touche l'orgue de la Sainte-Chapelle et Jean-Baptiste DESSÉ vient jouer du violoncelle aux grandes occasions.

• 9 avril 1793, Paris : Il obtient une carte de sûreté dans laquelle il est précisé qu'il a 52 ans, sans état, et qu'il réside dans la capitale depuis 1759, domicilié rue Sainte-Anne, section du Pont Neuf.

Mise à jour : 27 juin 2025

Sources
Almanach musical pour 1775 ; Almanach musical pour 1776 ; Almanach musical pour 1779 ; Almanach musical pour 1783 ; Brenet, Les musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais ; F-Ad78/ 1112504 ; F-Ad78/ 1112506 ; F-Ad80/ 5MI_D643 ; F-An/ LL 616  ; F-An/ LL 617 ; F-An/ LL 617 & 618 ; F-An/ LL 618 ; F-An/ LL 739 ; F-An/ O/1/607 ; F-An/ O/1/607  ; F-An/ S 461 ; F-An/ S 7053 ; F-An/ S 7053  ; F-An/ S/ 943/ A ; [F-An/ F7/4803]

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