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LEBRETON, Jean (1758-1811)
État civil
NOM : LEBRETON     Prénom(s) : Jean     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LE BRETON
BRETON
BERTON
Date(s) : 1758-11-24   / 1811-1-2 
Notes biographiques

Jean BRETON, dit LEBRETON ou LE BRETON, originaire de Plouzévédé [Finistère] - paroisse du diocèse de Léon - a fait carrière à Nantes [Loire-Atlantique] en tant que musicien. Son parcours est significatif d'un enfant de chœur devenu musicien de théâtre où il exerce avant 1790 et pendant les années post-révolutionnaires.

• 24 novembre 1758, Plouzévédé [Finistère] : Jean BRETON voit le jour du mariage d'entre Fiacre Breton et Marie Person. La famille demeure au lieu-dit Kervinigan. L'enfant est baptisé le même jour et a pour parrain Jean Derien et pour marraine Catherine Person. Seul le parrain et le curé [vicaire] signent l'acte.

• [1765-1775] , Plouzévédé : Selon Cyril Triolaire ("Les Musiciens d'Église à la fête et au théâtre entre Révolution et Empire", 2008) Jean LEBRETON affirme avoir été enfant de chœur en sa paroisse natale. Les enfants de chœur étant reçus aux environs de sept ans et formés pendant une dizaine d'années, la période  1765-1775 est probable.

• 31 octobre 1780, Nantes [Loire-Atlantique] : Jean BERTON dit LEBRETON], 22 ans, musicien, épouse Claude Plessis [Claudine Plecis], tapissière de 24 ans en l'église Saint-Nicolas qui restera leur paroisse. L'un et l'autre ont perdu leur mère et habitent "rue du Chapeau-Rouge", la rue de la Comédie. Le mariage a fait l'objet d'une dispense de deux bans légitimée par une naissance imminente. La mariée signe ainsi que BRETON assistés de parents et amis.

• 13 février 1781, Nantes : Le premier enfant du couple, Jean François, est baptisé le 13 février et inhumé le même jour selon la mention d'usage en marge "obit die".
• 10 décembre 1781 : Jean Pierre, né de la veille, est baptisé en présence de son père Jean LEBRETON musicien qui demeure rue du Bignon-Lestard. Le parrain est un Pierre Escudier, la marraine ne signe. L'enfant mis en nourrice à Joué-sur-Erdre, village natal de Claude Plessis à quelques kilomètres de Nantes, meurt dans les langes. Il est inhumé le 28 décembre.

• 5 novembre 1782, Nantes :Anne Françoise, née du jour, est portée sur les fonts. Les musiciens sont représentés par le père mais aussi le parrain, Jean François Simon THÉNARD et la marraine, A. Marie Barbe Grasler, épouse du sieur François GOYER. Tous signent.

• 1789, Nantes : Les rôles de capitation relèvent que le sieur LE BRETON, copiste de la comédie, demeurant Paroisse Saint-Nicolas, "autre côté à gauche en descendant", est redevable de 20 sols, portées à 1 lt.

• 1791-1792, Nantes : Selon L'Alamanch général de tous les spectacles... M. LE BRETON est le maître de musique de l'Opéra constitué de seize musiciens. Opéras et théâtres se donnent au Théâtre de la République (Graslin). On y croise le nom de JULIEN, ex-musicien d'église qui y chante depuis de nombreuses années.

• vers 1793-1797, Nantes : Ami de l'organiste Pierre DUCLOS, musicien de la Garde nationale, Jean LEBRETON cumule les fonctions de chanteur du Théâtre de la République ainsi que de musicien de la garde nationale.

• 1795, Nantes : Karine Large dans son mémoire de maîtrise (Les Théâtres de Nantes et du Mans..., 2001) recense 44 musiciens présents en 1795. Certains patronymes croisent les chemins muséfrémiens, à savoir outre LE BRETON, Denis JOUBERT, Vincent JULIEN, Louis Joseph DESCOUVREMONT, Jacques BARRÉ ou encore Antoine GIRAULT père et fils.

• 7 Fructidor an IV [24 août 1796], Nantes : La date marque l'incendie ravageur du Théâtre de la République (Graslin), qui coûte la vie à sept personnes et détruit l'édifice monumental. Une enquête s'ensuit où Jean LEBRETON, chef d'orchestre des Artistes, apporte son témoignage. Le feu s'est déclaré pendant le second acte de Zémire et Azor, une bougie ayant enflammé un transparent du décor. Le directeur du spectacle est alors DANGLAS. Les archives municipales conservent une partition de LE BRETON sauvée des flammes. Ce sont des Symphonies dont les parties de premier, deuxième violon et basses ont été brûlées. 

• 25 Ventôse an V [19 mars 1797], Nantes : Le mariage célébré entre Dominique Henry HERMENT, musicien de 30 ans, fils de Henry HERMENT, musicien messin, avec Reine Joseph Gallicier, rentière, de 34 ans, veuve, "domiciliée même adresse que le futur" réunit plusieurs autres musiciens dont les noms sont récurrents à Nantes. Louis Michel BIGOT dit LA RIVIERE, Jean LEBRETON, Jean-Baptiste Joseph Casimir DUTRIEUX, sont présents pour assister leur ami et confrère.

• 20 Prairial an VII [7juin 1799], Nantes : LE BRETON participe à une cérémonie funéraire patriotique où il exerce ses talents de compositeur. Deux citoyens, Bonnier et Roberjot, plénipotentiaires français, ont été fusillés par ordre du cabinet de Vienne. Un procès-verbal décrivant avec détail les œuvres musicales jouées est rapporté ci-après :
"Le cortège se rassemble à la Maison-Commune, et , avant de se rendre à l'édifice, ci-devant Saint-Pierre, servant de temple décadaire, il entend l'éloge des deux victimes, éloge précédé et suivi des airs : Allons, enfants de la patrie, et Mourir pour la patrie, exécutés par la musique militaire en tête du cortège qui se rend au temple décadaire. Alors, un orchestre, composé de plus de 80 musiciens, fait entendre l'ouverture d'Iphigénie en Tauride, de Gluck ; un chœur nombreux continue, en chantant, avec accompagnement du même orchestre, une Invocation et le Serment de Vengeance, musiques du citoyen Gossec. -[...] Mais des voix plus douces répondent à cette redoutable imprécation, en chantant, en chœur, une complainte, sur des morceaux de Gluck et de Piccini, arrangés par le citoyen LE BRETON, chef de musique de l'orchestre du spectacle. Enfin, après une nouvelle invocation, accompagnée d'un sourd roulement des tambours voilés de serge noire, l'orchestre joue la Marche funèbre composé par le citoyen ROZINE, pendant que les canonniers, placés près de leurs pièces et dans le temple même, exécutent des évolutions guerrières. Le chœur répond par une autre marche sur un air de Piccini, et la cérémonie se termine par la strophe : Amour sacré de la patrie, dite par le chœur, auquel s'unit toute la population."

• 14 novembre 1802, Nantes : Anne Françoise, seul enfant survivant, âgée de 20 ans, épouse Pierre François Monteix, commis négociant fils d'un défunt marchand. LE BRETON père, consentant assiste à la cérémonie. Il est devenu Professeur de musique. Les témoins sont quant à eux des négociants de la ville.

• 1809, Nantes : A la suite de la fondation du Conservatoire, la ville de Nantes obtient la faveur "d'y représenter chaque année de jeunes candidats à places gratuites" sur proposition d'une commission composée de MM. Sylvain, Pâris, Ogée, Poirrier, Cajon, LE BRETON et SCHEYERMANN.

• 3 janvier 1811, Nantes : Sieurs Pierre François Monteix, commis négociant, gendre du défunt, ainsi que Julien Claude Soret, commis de la Mairie, déclarent le décès de Sieur Jean LEBRETON professeur de musique, âgé de 50 ans, né à Plouzévédé [Finistère]. Il est décédé dans sa demeure rue Jean Jacques n°14.

• 2 septembre 1814, Nantes : Le même Sieur Pierre François Monteix, commis négociant et gendre, demeurant rue du Chapeau-Rouge, vient déclarer le décès de sa belle-mère Claudine Plecis/Plessis, native de Joué, veuve du sieur Jean LEBRETON, professeur de musique. Il est assisté d'un commis de la Mairie.

Mise à jour : 29 septembre 2020

Sources
C. Mellinet, De la musique à Nantes..., 1837 ; C. Triolaire, Les musiciens d'Église à la fête..., 2008 ; F-Ad29/ BMS Plouzévédé ; F-Ad44/ BMS Nantes, St-Nicolas ; F-Ad44/ NMD Nantes ; F-Ad44/ Rôles de capitation de Nantes ; F-Am Nantes/ 1E 136 ; K. Large, Les Théâtres de Nantes..., 2001 ; Le théâtre à Nantes..., 1893 ; Les Étrennes nantaises ; Mellinet, De la musique à Nantes... 1837.

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