Login
Menu et informations
LEGRAND, Furcy François (ca 1737-1781)
État civil
NOM : LEGRAND     Prénom(s) : Furcy François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : Furcie
Furci
LE GRAND
Date(s) : 1737 ca  / 1781-7-6 
Notes biographiques

Furcy-François LEGRAND doit de figurer dans la base Muséfrem essentiellement au poste de maître de musique de la cathédrale d'Autun qu'il a occupé durant cinq ans. En dehors de cela et, peut-être, d'un poste d'organiste à Rouen (mais s'agit-il bien de lui ?), il semble avoir été essentiellement un musicien profane, directeur du concert de Rouen en 1772 et "musicien compositeur" à son décès à Paris en 1781.

• [1737] : Au vu de son premier prénom, Furcy-François LEGRAND, fils de Jean Legrand et de Marguerite Choque, est très certainement né en Picardie, probablement à Péronne où se trouve la collégiale Saint-Furcy et où son père était marchand paroisse Saint-Sauveur (selon ce qu'indique le mariage de sa sœur Pétronille-Pélagie en 1767). Selon l'âge indiqué dans son acte de sépulture, Furcy-François serait né en ou vers 1737.

• 16 octobre 1765, Paris : En l'église Saint-Étienne-du-Mont, est célébré le mariage de Furcy-François LEGRAND, fils de Jean Legrand et de Marguerite Choque, avec Marie-Marguerite Lopin [parfois Loppin], fille d’Antoine Lopin et de Marie-Marguerite Duparc. Ce mariage n'étant actuellement connu que par le fichier Andriveau (relevés sommaires des mariages parisiens), aucun autre détail n'est disponible.

• 15 juillet 1766, Rouen : Neuf mois exactement après le mariage naît sur la paroisse Saint-Vincent de Rouen, et le même jour est baptisée, Marie-Françoise, fille de Furcy-François LEGRAND – qui est présent à la cérémonie et signe l'acte de baptême ("Legrand") – et de Marie-Marguerite Lopin. Le curé n'indique aucun métier pour les protagonistes.

• 11 mars 1768, Rouen : L'organiste de la paroisse Saint-Éloi, mademoiselle Agathe DUPHLY, ayant donné sa démission, M. LEGRAND est nommé organiste, aux appointements de 200 livres. S'agit-il de Furcy-François ?

• 1771-1772, Rouen : Les comptes de la Fabrique de Saint-Éloi pour l'année 1771-1772 comportent le versement "à M. LEGRAND, organiste, de 200 livres pour une année de ses appointements".

• 21 août 1772, Autun [Saône-et-Loire] : Un chanoine de la cathédrale vante à ses confrères les "talents, mérite et capacité du sieur LEGRAND, Directeur du Concert de Rouen", dont il a fait connaissance pendant un séjour à Rouen. Or le chapitre d'Autun est à la recherche d'un maître pour remplacer Augustin GUIGNET au poste de maître de musique de la cathédrale. Ce dernier a en effet annoncé sa démission à la mi-juin précédente, et son préavis de trois mois va bientôt se terminer. Deux autres candidats se sont fait connaître : FOY de Senlis et un certain GAY.
• 11 septembre 1772, Autun : Le chapitre a manifestement reçu une lettre de Rouen dans laquelle LEGRAND réclame un meilleur salaire pour venir à Autun. La Compagnie capitulaire décide de lui répondre que "le Chapitre persiste à ne vouloir luy accorder pour honoraires de la place de Maître de Musique qu’il sollicite en leur église que la somme de 900 livres par an, payables en douze payements égaux savoir 75 livres à l’échéance de chaque mois, et le logement destiné aux maîtres de musique, le tout aux clauses, charges et conditions dont le prospectus luy a été cy devant envoyé". Malgré cette réponse négative, le musicien accepte tout de même le poste autunois.
• 29 septembre 1772, Rouen : M. LE BUGLE, prêtre, est nommé organiste de Saint-Éloi de Rouen, aux appointements de 300 livres. Cette concomitance de date semble confirmer que le LEGRAND qui y était organiste jusque là est bien celui qui s'apprête à quitter la Normandie pour la Bourgogne.
• 24 octobre 1772, Autun : Le traité entre le nouveau maître de musique (dont le double prénom, Furcy-François, est ici mentionné) et le chapitre est établi. Il est précisé qu'il commence à courir à compter du 14 octobre, date à laquelle, peut-on supposer, le sieur LEGRAND est arrivé à Autun et a commencé à exercer comme maître de musique. Ce traité est validé au chapitre du 13 novembre 1772. Il prévoit, comme annoncé, des honoraires de 900 livres par an, "outre la jouissance de la maison attenante à leur maîtrise". Le maître de musique, laïc, n'est donc pas logé à la maîtrise avec les enfants de chœur dont le maître est alors Étienne TARTRA.

• 5 février 1773, Autun : Le nouveau maître de musique dépose une requête auprès du chapitre pour obtenir "une somme qu’il plaira à Messieurs arbitrer pour l’aider à supporter la dépense qu’il a faite dans son voyage de Rouen à Autun". Les chanoines reconnaissent qu'il a eu "des frais considérables" lors de son voyage de Rouen à Autun et lui accordent la somme (élevée) de 120 livres. Mais cette somme doit aussi lui servir "à acheter et à se fournir d’habits d’église" et ordre lui est intimé "de porter l’habit de chœur au plus tard à la fin du présent mois". Ce qui laisse supposer que depuis la mi-octobre LEGRAND avait officié en habit civil.
• 20 août 1773 : Outre la somme de 75 livres correspondant à un mois de ses honoraires, le maître de musique reçoit du chapitre 60 livres "pour toutte indemnité du loyer de maison qu’il a occupée pendant le tems des réparations et ouvrages faits en la maison qui luy a été donné pour son logement". Le maître a dû loger provisoirement dans une maison de location pendant que des travaux étaient effectués dans la maison à lui attribuée par le chapitre.
• 2 septembre 1773 : Au lendemain de la fête patronale – dite St-Ladre –, LEGRAND remet au chanoine sindic "une liste du nombre des musiciens étrangers qui ont chanté et joué des instruments en leur église les veille et jour de la feste St-Ladre dernière". Le chapitre renvoie à sa Chambre des comptes pour fixer la gratification qui doit être versée à chacun d'eux – ce qui suppose qu'ils sont toujours à Autun, en attendant – ainsi que ce qui doit être accordé au maître de musique "pour indemnité des frais qu’il a fait pour recevoir et faire les honneurs à tous les musiciens étrangers". On remarque l'expression "faire les honneurs". Il peut paraître étonnant, par ailleurs, qu'un chapitre tel que celui d'Autun n'ait pas fixé un budget et un nombre limite de musiciens en amont de la fête. Peut-être est-ce parce que c'est la première St-Ladre de LEGRAND ?
• 12 novembre 1773 : Les rapports sont toujours au beau fixe entre le chapitre et son nouveau maître. En effet, le chapitre engage de nouveaux frais pour ré-hausser le niveau de sa musique. Il charge le Doyen, qui part bientôt en séjour à Paris, d'y acheter "une rame de papier réglé pour les copies de musique et une demie rame d’autre papier réglé pour les partitions", "la quantité de messes imprimées tant anciennes que modernes qu’il jugera à propos et conformément au mémoire que le sr LEGRAND leur maître de musique en dressera" et enfin une contrebasse. Celle-ci "sera déposée à leur maîtrize pour que leur maître de musique en enseigne quelques uns de leurs enfants de chœur suivant la promesse qu’il en a faite". On apprend donc ici que François LEGRAND joue de cet instrument. L'un des enfants de chœur à qui il l'a enseigné a été identifié : après sa sortie de la maîtrise à Pâques 1775, Jean-Baptiste-Pierre LANGILIER doit venir jouer de la contrebasse à la cathédrale "touttefois qu’il y aura musique".

• 6 septembre 1776, Autun : Les rapports se sont tendus entre le chapitre et son maître de musique. Quelques jours après la grande fête patronale, à l'occasion de laquelle le chapitre a versé de petites sommes à trois musiciens venus de Dijon (9 livres a une basse-contre, 6 livres à une haute taille et "pareille somme de 6 livres à un serpent"), LEGRAND demande à être indemnisé "des dépenses qu’il se trouve obligé de faire en sa qualité de maître soit dans le cours de l’année soit à leur feste St-Ladre" concernant les musiciens passants. Le chapitre refuse "de délibérer sur la demande insolite du sieur LEGRAND". Peut-être la Compagnie a-t-elle eu le sentiment de se faire forcer la main pour rémunérer deux fois les musiciens "étrangers" venus pour la fête.

Denis Grivot (Histoire de la musique à Autun, 1999) dit de LEGRAND qu'il était nanti d'une femme "charmante, pleine d'amabilité", mais dont "tout annonçait qu'elle avait été comédienne".
Grivot ajoute sans donner de date que LEGRAND fut "renvoyé quelques années plus tard". Heureusement les registres capitulaires aujourd'hui conservés par la Société Éduenne à Autun permettent de préciser le calendrier de ce renvoi et d'en deviner les causes, qui ne semblent pas liées à madame Legrand.

• 30 août 1777, Autun : LEGRAND, "leur maître de musique", est convoqué par les chanoines pour recevoir "les reproches et avis convenables sur le peu de soin et de tems qu’il donne à l’instruction de leurs enfants de chœur".
• 16 septembre 1777 : Le chapitre prend la décision de renvoyer son maître de musique. Le sr LEGRAND "sera averti dès aujourd’huy de se retirer de la maîtrize, que dans trois mois à compter de ce jour ses appointements cesseront et qu’il sera tenu dans le dit terme de laisser libre la maison qu’il occupe". Le maître bénéficie donc d'un préavis de trois mois durant lesquels il continue à être payé. Toutefois il semble tout de suite être remplacé (provisoirement) par le sr BOULIÈRE "l’un de leurs musiciens habitués de leur église pour enseigner et donner les leçons de musique aux enfants de chœur". C'est le rôle du maître auprès des enfants de chœur qui semble la principale pierre d'achoppement : les chanoines déplorent le "peu de progrès des enfants de chœur dans la musique", et disent l'avoir constaté "par l’examen qu’ils ont fait faire à différentes fois de leurs capacités".
Sans doute Furcy-François LEGRAND, ancien maître du concert de Rouen, était-il parfaitement capable de composer des pièces liturgiques et de diriger les musiciens au chœur. En revanche, son rôle pédagogique auprès des maîtrisiens lui convenait probablement moins.
• 26 décembre 1777 : C'est au lendemain des fêtes de noël que le chapitre cesse de rémunérer son "cy devant maître de musique". Il lui décerne un mandat de 255 livres "pour le payer de trois mois et douze jours de tous gages". LEGRAND reçoit aussi 96 livres "pour les partitions de la musique qu’il a laissée au Chapitre".

• Est-il alors parti directement pour Paris ?

• 6 juillet 1781, Paris : À dix heures et demie du soir, Furcy-François LEGRAND, "musicien compositeur", âgé de 44 ans, ou environ, époux de Marie-Marguerite Loppin, décède rue Jean Tison, paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois. Il est inhumé le lendemain au cimetière, en présence de Claude Jacques, bourgeois de Paris, et de Jean-Baptiste Nicolas, marbrier, amis, qui signent. L'emploi de cette locution "musicien compositeur" laisse entendre que le défunt exerçait dans la musique profane, peut-être de scène, plutôt que dans la musique d'Église.

• 1er juillet 1784, Paris : Feu Furcy-François LEGRAND est également dit "musicien compositeur" lorsque sa fille Marie-Françoise, âgée de 18 ans, effectue les démarches nécessaires pour pouvoir épouser le "secrétaire de la Comtesse d'Eaubonne" qui la recherche en mariage... et qui l'a, semble-t-il, enlevée deux ans et demi plus tôt !

Mise à jour : 27 décembre 2020

Sources
Courriel Fl. Martin-Breton, avril 2020 ; D.Grivot, Histoire de la musique à Autun, 1999 ; F-Ad76/ BMS Rouen, St-Vincent ; F-Ad76/ G 6453 ; F-Ad76/ G 6464 ; F-An/ Y5119A ; F-Filaé/ Fonds Andriveau ; F-Sté Éduenne Autun/ RC 1771-1778

<<<< retour <<<<