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BÉRARD, Jean François Joseph (1755-1807)

BÉRARD, Jean François Joseph (1755-1807)

État civil
NOM : BÉRARD     Prénom(s) : Jean François Joseph     Sexe : M
Date(s) : 1755-4-26   / 1807-10-4 
Notes biographiques

Jean François Joseph BÉRARD est un bon exemple de musicien d'Église qui, après une formation en tant qu'enfant de chœur dans une psallette – celle de la cathédrale de Vannes en Bretagne – passe d'abord de longues années à l'armée avant d'intégrer un corps de musique ecclésial, celui de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers. Il y est chargé du serpent et du basson au moment où commence la Révolution et deviendra un intime du maître de musique Pierre VOILLEMONT.

• 26 avril 1755, Hennebont [Morbihan] : Jean François Joseph BÉRARD naît et est baptisé le même jour paroisse Notre-Dame du Paradis. Ses parents se nomment Jean Louis Bérard et de Barbe Dennemat. Son parrain est procureur et notaire de la juridiction royale. De ses trois prénoms il fera un usage fluctuant et diversement combiné.

• 26 juin 1772, Vannes [Morbihan] : Grand enfant de chœur de la psallette de la cathédrale, BÉRARD est puni par le chapitre pour une cause qui pourrait être une fugue. En guise de pénitence, le chapitre décide qu'il sera "d’ici à l’Assomption en robe rouge sans aube ni calotte au chœur, qu'il se tiendra à genou sous la lampe pendant tout ce tems depuis le Sanctus jusqu’au pater". Le 8 juillet, les chanoines décident de lever sa sanction au chœur : il pourra à nouveau assister au chœur en aube et sera dispensé de se tenir à genou pendant la messe. Mais les fonctions de premier enfant de chœur (dont celle de porte-croix) ainsi que les appointements liés ne lui seront réattribuées qu'à partir de l'Assomption.
Selon toute vraisemblance – les registres des délibérations capitulaires de la période 1755-1764 ne sont pas conservés – il a dû être recruté vers 1761-1762.

• [Vers 1773] il s'engage dans l'armée. Il a 18 ans, et sans doute sort-il tout juste de la maîtrise de Vannes.

• 26 juin 1781, Les Sables d'Olonne [Vendée] : François-Joseph BÉRARD épouse Rose Roy, veuve de Constant Durand, capitaine de navire. Musicien au régiment Conty - infanterie, Bérard a obtenu son congé militaire le 16 mai 1781 après 8 ans de service. Au moment de son mariage, il est domicilié paroisse de Saint-Hilaire de la Celle, à Poitiers, ville où il a peut-être trouvé un poste dans une église au sortir de son engagement militaire. De Poitiers aux Sables d'Olonne, en droite ligne, il y a 180 kilomètres.

• 28 décembre 1781, Angers : Présenté comme "soldat licencié après 8 années de service dans le régiment d’infanterie de Conti", François Joseph BÉRARD entre à l'essai pour trois mois à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers comme serpent basson. Pendant ces trois mois, il sera chargé d'"assister en habit laïque à tous les offices qui se célèbreront en cette église, d’y jouer du serpent et du basson, et de chanter dans les occasions où le serpent ou basson ne sont pas nécessaires". Il reçoit 40 sols par jour, jusqu'à ce que le chapitre décide de le recevoir définitivement ou pas. Le chapitre salarie déjà deux autres joueurs de serpent et de basson, Gabriel POCHARD et Louis LE BLANC DORIGNY.

• 25 janvier 1782, Angers : BÉRARD propose des leçons de divers instruments, basson, clarinette, cor et violon. Il publie une annonce en ce sens dans Les Affiches d'Angers, où il se présente comme "ancien musicien du Prince de Conti", abusant ainsi du nom de son ancien régiment...
• 18 mars 1782, Angers : Il est admis définitivement à la cathédrale pour y être psalteur, basson, serpent et clarinette, et "tous les autres instruments" dont il sait jouer, pour un salaire de 50 livres par mois.
• 1782-1788, Angers : François Joseph BÉRARD  et Rose Roy voient leur famille accueillir six enfants dont au moins un décède prématurément. L'aînée Cécile le 19 juin 1782, suivie de Rose Marie le 20 août 1783 qui vivra moins de deux ans. Ensuite se succèdent Adélaïde le 18 juillet 1774, Pierre Marie le 16 août 1786 (qui a pour parrain le maître de musique VOILLEMONT), François Frédéric le 26 août 1787 (avec pour parrain Pierre Frédéric PAINPARÉ musicien de la cathédrale), et enfin la petite Rose le 2 octobre 1788. Exceptée cette dernière enfant, tous se sont mariés.

• 11 février 1783, Angers : BÉRARD est augmenté de 100 sols. Son salaire est donc de 55 livres par mois, soit 660 livres par an.

• 28 juin 1784, Angers : Il est titularisé à son poste de serpent "en considération de son talent et dans l'espérance qu'il se perfectionnera dans le jeu du serpent". Ses gages en titre s'élèvent à 300 livres.

1790, Angers : François Joseph BÉRARD est toujours serpent basson à la cathédrale d'Angers, sous la direction de Pierre VOILLEMONT maître de musique. Il y côtoie deux autres joueurs de serpent,  Gabriel POCHARD et Louis LEBLANC, l'organiste Pierre Joseph COLETTE, et les chanteurs et psalteurs Étienne BARDOU, Louis François GUILLET, Armand-Fidèle LEGAY, Pierre Frédéric PAIMPARÉAntoine PARMENTIER, Pierre-Antoine POIDEVIN, Guillaume François ROZÉ, Jean François SOUPLY, Jean-René POHU, ainsi que l'épistolier Louis Pierre Loir MONGAZON aîné, et le joueur de basse Charles PELLETIER.
BÉRARD déclare avoir une femme et 4 enfants, ses gages sont de 850 livres par an.

• Après 1790, Angers : Il continue son service à la cathédrale constitutionnelle. Son traitement se monte à 850 livres annuellement payable par trimestre.
• 5 février 1791, Angers : Le directoire du département adresse le tableau des traitements des officiers des chapitres d'Angers au Comité ecclésiastique. Le district et le département proposent de lui accorder un traitement de 850 lt sous la réserve qu'il continuera d'assister aux cérémonies religieuses. Il est âgé de 35 ans, a la charge d'une femme et quatre enfants ce qui signifierait par déduction que la petite Rose est décédée prématurément.

• 24 novembre 1793, Angers : BÉRARD assiste au mariage de sa belle sœur, Andrée-Marguerite Roy, avec Pierre VOILLEMONT, également musicien à la cathédrale constitutionnelle d'Angers. Sa fille Cécile fait partie des signataires de l'acte. Les liens entre les deux familles sont étroits.

• An III (1794-1795) : Sa pension a été fixée à 800 livres annuellement, payable en quatre fois. On est mal renseigné sur ses activités durant cette période. Sans doute exerce-t-il une activité de musicien profane (théâtre, fêtes civiques…) et d'enseignant de musique (basson, clarinette).

• Janvier 1803, Angers : Après le Concordat, BÉRARD est réembauché comme serpent à la cathédrale par la fabrique de Saint-Maurice.
• 11 janvier 1803, Angers : Il reçoit 48 livres pour constituer sa garde-robe de musicien.
• 20 août 1803, Angers : BÉRARD reçoit 9 livres de gratification pour ses bons services et sa bonne tenue dans le cadre de certaines solennités.
• 14 novembre 1803, Angers : Il est gratifié de 12 francs pour des morceaux de musique qu'il a fournis au chapitre.

• 1er avril 1805, Angers : Il semble que BÉRARD quitte son poste de serpent à cette date.

• 4 octobre 1807, Angers : François Joseph BÉRARD, musicien, décède en son domicile du quai Bonaparte, second arrondissement. La formulation de l'acte de décès laisse à penser qu'il était encore musicien au moment de son décès, sans qu'on sache dans quel cadre il exerçait alors.

• 10 octobre 1839, Angers : Rose Elisabeth Roy survit à son époux jusqu'à cette date. Son acte de décès la décrit comme sans profession et veuve de musicien.

Mise à jour : 9 novembre 2019

Sources
F-Ad49 / G 272  ; F-Ad49 / état civil Angers 2ème arr. ; F-Ad49/ 1 L 978 ; F-Ad49/ 1 L 986 ; F-Ad49/ Affiches d'Angers ; F-Ad49/ BMS Angers ; F-Ad49/ D Angers 1807 ; F-Ad49/ NMD Angers ; F-Ad56/ 47 G 7 ; F-Ad56/ BMS ND du Paradis ; F-Ad85/ BMS Notre-Dame des Sables ; F-Adio.Angers/ non coté ; F-An/ DXIX/055/177 bis/16 ; F-An/ DXIX/080/612/33-34 ; J. Poirier, La Maîtrise de la cathédrale d'Angers..., 1983

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