Login
Menu et informations
DUBREUIL DELAÎTRE, Françoise (1776-1800 ap.)

DUBREUIL DELAÎTRE, Françoise (1776-1800 ap.)

État civil
NOM : DUBREUIL DELAÎTRE     Prénom(s) : Françoise     Sexe : F
Autre(s) forme(s) du nom : DELAISTRE
DELESTRE
DELAITRE
DUBRUEIL
Date(s) : 1776-2-6  / 1800 ap.
Notes biographiques

Françoise DELAÎTRE (ou DUBREUIL-DELAÎTRE) est une musicienne représentative à maints égards du profil des femmes organistes retrouvées au fil de l'enquête Muséfrem : fille d'un homme de la musique (son père est maître à danser en la ville de Saintes), sans doute en large partie initiée par lui à la musique, elle a débuté très jeune aux claviers de l'orgue de la cathédrale de Saintes. Toutefois, elle n'en était pas titulaire en 1790. Les premières années de sa vie d'adulte sont mal connues et on ignore dans quelles circonstances elle rencontre Victor LAPRADA, un musicien espagnol, avec qui elle convole en noces à Paris. Le jeune ménage s'installe ensuite à Bordeaux où Françoise DELAÎTRE met au monde une petite fille alors que son époux se trouve à cette époque pour affaires à Buenos Aires. Cette séparation nous échappe puisque que Victor LAPRADA ne reviendra pas en France et devient un musicien très reconnu en Argentine.  De son côté, Françoise DELAÎTRE se sépare de l'enfant qu'elle a mis au monde et refait quelques années plus tard sa vie avec un nouveau négociant Paul Estenave. Bientôt des dissensions naissent au sein du nouveau couple qui se règlent devant les tribunaux. La chronique judiciaire et la presse de l'époque s'en font un large écho et laissent de Françoise DELAÎTRE le portrait d'une femme cupide et d'une mère indigne.  

• 6 février 1776, Saintes [Charente-Maritime actuelle] : Françoise DELAÎTRE naît et est baptisée paroisse Saint-Pierre. Elle est fille de Jean-Baptiste DELAÎTRE ou "Dubreuil-Delaitre" et de Marie Périnaud / Perrineau / Perrineaud. Tous deux s'étaient mariés le 23 août 1773, paroisse Sainte-Colombe de Saintes.
Né à Bazas [Gironde], son père, maître à danser, est installé à Saintes depuis 1771. Son patronyme initial était Dubreuil, mais lui a été juxtaposé un second nom "Delaître", sans qu'on en comprenne actuellement la raison (nom de scène ?), second nom qui à la génération suivante tend à remplacer le patronyme officiel.
Françoise a un frère aîné, Étienne, né le 8 juillet 1774. Elle verra arriver au moins sept autres frères et sœurs dans les années suivantes. L'un de ses frères deviendra enfant de chœur.

• Les processus de sa formation à la musique restent inconnus, comme c'est souvent le cas pour les musiciennes. Sans doute son père qui, en tant que maître à danser jouait probablement du violon, y a-t-il joué un rôle. Mais auprès de qui a-t-elle appris à toucher l'orgue ? On peut faire l'hypothèse qu'elle a été formée par Jean-Baptiste GRAVIER, l'organiste en exercice à la veille de la Révolution à la cathédrale de Saintes, mais cela reste à prouver.

1790, Saintes : L’organiste de la cathédrale est alors le chanoine semi-prébendé Jean-Baptiste GRAVIER, âgé de 65 à 70 ans.

• [À partir du 10 avril 1791 au plus tard], Saintes : Françoise DELAÎTRE touche l'orgue de la cathédrale de Saintes. Elle a quinze ans. Avait-elle déjà exercé ponctuellement comme organiste suppléante auparavant ?
• [Courant avril 1791], Saintes : Son père, Jean-Baptiste DUBREUIL-DELAÎTRE, présente une requête au directoire du district de Saintes par laquelle il demande que sa fille soit officiellement nommée sur le poste d'organiste.
• 23 avril 1791 : Le directoire du district, désirant "que le culte [soit] réduit à la simplicité qui régnoit dans les premiers siècles de l’église" refuse d'accéder à cette demande "quant à présent". Françoise DELAÎTRE n'est donc pas officiellement nommée comme organiste de la paroisse épiscopale. Cependant, le district autorise "provisoirement la demoiselle sadite fille" à "continuer de toucher les orgues de l'église paroissiale de cette ville" et s'en remet à une concertation avec l'évêque pour fixer le niveau de gratification qui lui sera accordée.
•  23 septembre 1791 :  Françoise Delaitre, organiste de la cathédrale, ayant demandé le traitement qui lui est dû depuis le 10 avril, son traitement est fixé à 400 livres par an. Elle semble alors être officiellement considérée comme l'organiste de la cathédrale.
• 1er octobre 1791 : Son père, "âgé de 48 ans ou environ" meurt prématurément.
• 19 novembre 1791 : La demoiselle DELAITRE, organiste de la cathédrale, demande une augmentation de son traitement, au motif que la mort de son père prive sa famille d’une part importante de ses revenus. Le directoire refuse, considérant que ce sont là des raisons personnelles et familiales : "les obligations et les peines de la demoiselle Delaitre relativement à ses fonctions d'organiste n'ont point été augmentées par la perte qu'elle a fait…". Les pouvoirs publics s'en remettent explicitement à la charité privée, ces "secours particuliers que les âmes sensibles et bienfaisantes peuvent donner à la famille de cette jeune personne…"

• 1797 - 1798, Rochefort [Charente-Maritime] : Un tableau dressant la liste des écoles de cette ville mentionne qu'une "veuve Deletre" enseigne la lecture au n°199 de la rue de Fleurus à 8 garçons et 18 filles. On retrouve à nouveau une Delaître en 1801 qui continue à apprendre à lire à 30 élèves. Cette institutrice est sans doute Marie-Anne Perrineau qui décède le 7 nivôse an X (28 décembre 1801) à Rochefort quelques mois avant une autre de ses plus jeunes filles, Marguerite-Eugénie. Françoise DELAÎTRE a alors une vingtaine d'années. Peut-être aidait-elle sa mère dans cette école ?

• 30 prairial an VIII (19 juin 1800), Paris : Françoise DELAITRE épouse Victor Antoine DE LAPRADA, un musicien espagnol. Elle apporte en dot 30 000 francs et leur contrat de mariage prévoit que les époux se feront réciproquement donation des biens dont ils pourraient disposer au moment de leur décès.

• 17 brumaire an X (7 novembre 1801), Bordeaux : Françoise DELAITRE met au monde une petite fille. Elle réside alors au n°22 de la rue Guillaume Tell. Son mari, qualifié de négociant, est à cette époque à Buenos-Aires en Argentine où il fait commerce de cuirs de bovins. La petite Adélaïde est exposée quelques mois plus tard par sa mère à l'hospice des Enfants Trouvés, puis confiée ensuite par l'administration publique à un couple de cultivateurs habitant près de La Rochelle.

• Que devient-elle ensuite ?

Mise à jour : 4 janvier 2019

Sources
Bibliothèque Nationale de l'Australie ; F-Ad17/ BMS St-Pierre de Saintes ; F-Ad17/ L 320 ; F-Ad17/ L 423 ; F-Ad17/ L 424 ; F-Am Bordeaux/ NMD 1ère Section ; F-Am Bordeaux/ NMD Caudéran ; F-Am Bordeaux/ NMD Section 3 ; F-Am Bordeaux/ NMD Section Centre ; Filaé/ fichier Andriveau ; Journal des débats politiques et littéraire

<<<< retour <<<<