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MÉTOYEN, Jean-Baptiste Jacques (1733-1822)

MÉTOYEN, Jean-Baptiste Jacques (1733-1822)

État civil
NOM : MÉTOYEN     Prénom(s) : Jean-Baptiste Jacques     Sexe : M
Date(s) : 1733-7-28  / 1822-8-14
Notes biographiques

Fils d'un cordonnier de Montmartre, Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN apprend le serpent (et sans doute le basson) auprès de l'abbé DULUC, à Notre-Dame de Paris, avant de se lancer dans une brillante carrière à la Musique du roi, en qualité de basson. Il s'y fait également remarquer par ses capacités d'ornemaniste (pour des frontispices d'œuvres musicales) ou de dessinateur de plans des différents lieux de musique de la Cour. Après 1792, bien qu'il n'exerce plus de fonction musicale, MÉTOYEN continue à composer et ses œuvres sont jouées à Saint-Eustache ou à Notre-Dame de Paris. Il rassemble ses œuvres dans une quinzaine de volumes vers la fin de sa vie. Il laisse en outre trois ouvrages, dont un Parallèle entre la peinture et la musique et une méthode de serpent qui ne fut jamais publiée.

• 28 juillet 1733, Montmartre (aujourd'hui quartier de Paris) : Naissance de Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN, fils de Jean-Baptiste Métoyen, cordonnier, et de Marie Jeanne Giroud.

• vers 1740-1748, Paris [?] : Où Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN fut-il initié à la musique ? Fut-il enfant de chœur ? Bien qu'il évoque son apprentissage auprès du serpent Thomas DULUC, de Notre-Dame, aucun enfant de chœur du nom de MÉTOYEN n'apparaît dans les registres de délibération capitulaires de ces années-là.

• 1748-1760, Paris ou Versailles : Selon son propre témoignage, Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est serpent "après l'éducation qu'il en avait reçu de M. l'abbé DULAC [DULUC], à N.D. de Paris". Probablement dans ces mêmes années, le jeune homme est "secrétaire des atours de Madame Sophie", peut-être à Fontevraud [Maine-et-Loire], puisqu'il écrit avoir exercé cette charge pendant sept ans, "sous Mme de Montmorin", qui y fut abbesse de 1742 à 1753.

• 10 mars 1754, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN, qualifié de musicien, est témoin aux funérailles du fils aîné d'Ignace MARLIER, basson de la Musique du roi.

• octobre 1757, Buc [Yvelines] : À l'occasion de la naissance du comte d'Artois, Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN fait exécuter un Te Deum "avec accompagnement de Bassons et Basses" de sa composition (perdu) par "une trentaine de musiciens de la Chapelle" du roi, en l'église paroissiale. Il est clair que le jeune homme dispose de relations suivies et solides avec les musiciens du roi.

• 1760-1792, Versailles, puis Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est basson à la Musique du roi. En 1790, il touche 2 200 livres par an.

• 22 février 1762, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN épouse Jeanne-Geneviève Auvray en l'église Notre-Dame de Versailles. Le couple donne naissance à 15 enfants entre 1763 et 1783, dont trois fils morts aux armées (deux étaient élèves de l'Académie de peinture) et Guy Joseph, futur violoncelle de la Musique du roi, né en 1768.

• 20 décembre 1765, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN obtient un privilège de 9 ans pour son ouvrage Démonstration des Principes de la Musique ou Méthode Nouvelle réduite en douze cartes, dédiée à Mademoiselle de Durfort, qu'il grave lui-même (BnF, Musique, Vm8 577 et L 7695). En 1768, la dédicataire est la marraine de son fils Guy Joseph.

• 1766, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN réalise la copie et les décors d'un office pour les fêtes solennelles en plain-chant pour la chapelle royale (BnF, Ms. lat. 8829).

• 1772, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN grave la page de titre des Solfèges d'Italie de ses collègues Pierre LEVESQUE et Jean-Louis BÊCHE, en charge de l'éducation des pages de la Musique du roi. Il réalise également le frontispice de l'édition de 1780 (3e édition, chez Cousineau).

• 1773, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN réalise les Plans des Tribunes & Orchestres de la Musique du Roy, avec les Noms des Sujets qui en occupent les Places (ces plans aquarellés concernent Versailles, Fontainebleau, Choisy et Compiègne. Le recueil est conservé à la Bibliothèque municipale de Versailles, ms F 87). Il y présente en particulier la nouvelle tribune de la chapelle de Fontainebleau, réalisée sur ses propres dessins, en 1772. MÉTOYEN fournit régulièrement des États des musiciens du roi, pour lesquels il touche des gratifications, dont il subsiste un bel exemplaire à la bibliothèque municipale de Versailles pour l'année 1785 (ms P 153).

• 25 février 1783, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN reçoit une gratification de 240 livres pour "le prix d'un office de saint Louis à l'usage de ma chapelle, dont le chant a été par lui composé et noté pendant l'année 1782".

• 30 novembre 1789, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN apparaît sur le contrôle de la compagnie Geant de la Garde nationale, qui regroupe de nombreux musiciens du roi. Il est domicilié au 66 de l'avenue de Saint-Cloud, situation qui n'a pas changé lors du recensement de la population versaillaise en 1792.

• 17 octobre 1790, Versailles : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN participe au jury du concours de recrutement d'un serpent pour la paroisse Saint-Louis, remporté par Pierre Philippe BOURGEOIS, serpent de Meudon.

• 14 avril 1794, Paris : Une carte de sûreté est établie au nom de Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN, 60 ans, instituteur, domicilié rue de l’Observatoire.

• ap. septembre 1797 [?]-1801, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est économe des sourds-muets, ayant probablement remplacé son gendre Louis François Joseph Alhoy (il a épousé Marie Métoyen en 1794), nommé directeur de l'école nationale des sourds-muets en 1797 en remplacement de l'abbé Sicard, proscrit après le coup d'état de Fructidor.

• janvier 1801, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est nommé receveur-caissier à l'hospice des Quinze-Vingts, probablement grâce à son gendre, désormais membre de la commission administrative des hospices civils de Paris. Toujours bon dessinateur, MÉTOYEN réalise deux dessins à la plume avec rehauts d'aquarelle de son nouveau lieu de travail en 1807 et 1809 (BnF, Estampes, Rés. Ve 53(F) fol.).

• 18 février 1805, Paris : À l'occasion de la visite du pape Pie VII à l'hospice, Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN compose, "pour les musiciens aveugles des Quinze-Vingts", un Tu es Petrus à 4 parties et une cantate française avec symphonie et chœurs, qui ne furent finalement pas exécutés.

• vers 1802-1805, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN rédige une méthode de serpent "pour l'éducation d'un Enfant de Chœur de Notre-Dame à qui [il] enseignoi[t] cet Instrument et qui [...] fut depuis placé à S. Roch". Une version révisée est vendue à Étienne OZI, chargé du Magasin de musique du Conservatoire.

• 1802-1813, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN compose de nombreuses pièces religieuses, destinées à Notre-Dame et à Saint-Eustache, dont une partie est éditée sous forme de recueil vers 1806-1810. Il rédige également, sous le pseudonyme de Mélophile, un Parallele entre la peinture et la musique concernant les avantages de l'une sur l'autre, suivi des Moyens de réparer ce désavantage. Il y déplore la "perte réelle, celle de la Musique Chapelle, qui consiste dans la facture d'un beau motet, tel que ceux que l'on chantoit dans l'ancienne Chapelle du Roi, musique qui a toujours surpris les Italiens même, lorsqu'ils se trouvoient entendre une Messe dans cette Chapelle" [texte publié en annexe de l'article d'Hervé Audéon et Cécile Davy-Rigaux].

• 1807-1810, Paris : Jean-Baptiste MÉTOYEN conçoit une méthode de serpent, connue sous la forme de deux manuscrits différents. Jamais éditée, elle aurait pu figurer dans la collection des méthodes du Conservatoire de Paris.
Elle est rejetée par la Commission spéciale, composée de GOSSEC, ROZE, OZI et ROGAT, et c'est la méthode produite par les membres cette Commission qui est adoptée en 1812, GOSSEC et l'abbé ROZE proposant l'essentiel des pièces musicales. MÉTOYEN accuse explicitement ce dernier d'avoir été le principal censeur de sa méthode.

• 31 décembre 1810, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN prend sa retraite des Quinze-Vingts, avec une pension de 1 000 francs (400 francs par les sourds-muets et 600 francs par les Quinze-Vingts).

• 1er mai 1811, Chaillot (aujourd'hui quartier de Paris) : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est admis à l'Institution Sainte-Perrine, l'une des premières maisons de retraite payantes, moyennant 600 francs par an. Sa femme le rejoint à compter du 1er juillet 1816.

• 1814, Paris : En tant que "chargé des États, dont il est encore dépositaire des minutes", Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est actif dans la reconstitution de la Musique de la Chapelle du roi. Il dresse plusieurs listes des anciens musiciens du roi, destinées à aider leur réintégration ou l'obtention de pensions de retraite.

• 1er janvier 1815, Paris : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN obtient le titre de bibliothécaire honoraire de la Musique du roi. En accord avec son Parallele, il compose ou remanie quelques motets à grand chœur, peut-être dans l'espoir de les faire jouer à la chapelle du roi.

• 21 octobre 1818, Chaillot : Ayant versé 2 380 francs, Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN est admis définitif à Sainte-Perrine et dispensé de payer la pension.

• 1819-1820, Chaillot ou Paris : "dans sa 87e année", Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN compose un motet "suivant le style de la Chapelle de nos Rois", sur le texte du psaume 71: Deus judicium tuum regi da, dédié à Louis XVIII et orné d'un frontispice dessiné à la plume de la main, toujours ferme, de Métoyen.

• 14 août 1822, Chaillot : Jean-Baptiste Jacques MÉTOYEN meurt à Sainte-Périne, sans avoir reçu la Légion d'honneur pour laquelle il avait été recommandé [F-An/ O/3/837, dossier 61].

Mise à jour : 4 août 2021

• • • Œuvres

- Jean-Baptiste MÉTOYEN, Méthode pour l’éducation du serpent, s.d. [1807-1810], éditée par Benny Sluchin, Paris, Éditions musicales européennes, cop. 2002.

• • • Bibliographie

- Hervé Audéon et Cécile Davy-Rigaux, "Jean-Baptiste Métoyen (1733-1822). Parcours et œuvre d'un musicien de la Chapelle royale, de l'Ancien Régime au début de la Restauration", Revue de musicologie, t. 94, 2008, no 2, p. 347-385.

- Cécile Davy-Rigaux, Florence Gétreau, "La méthode de serpent de Jean-Baptiste Métoyen : héritages et évolutions. Préface à Jean-Baptiste Métoyen, Ouvrage complet pour l'Éducation du serpent", dans Benny Sluchin, Ouvrage complet pour l'éducation du serpent, Éditions musicales européennes, p.VII-XII, [2002], Brass Urtext, [en ligne] ⟨halshs-00009447⟩

Sources
Almanach de Versailles, 1789 ; C. Davy-Rigaux et F. Gétreau, La méthode de serpent de J.-B. Métoyen..., 2005 ; Etat actuel de la Musique du roi, 1768 ; F-A15-20/ B 110 6773 ; F-Ac Versailles/ 1 F 361 ; F-Ac Versailles/ 1 F 362-364 ; F-Ac Versailles/ EE 7 ; F-Ad75/ 5Mi1/2019 ; F-Ad78/ 1080426 ; F-Ad78/ 1081444 ; F-Ad78/ 1081445 ; F-Ad78/ 1112503 ; F-Ad78/ 1112505 ; F-Ad78/ 1112506 ; F-Ad78/ 1112508 ; F-Ad78/ 1112513 ; F-Ad78/ 1112514 ; F-Ad78/ 3E 43/363 ; F-Ad78/ 67 J 1 ; F-Ad94/ 1MI 393 ; F-An/ ET/I/707 ; F-An/ O/1/3007 ; F-An/ O/1/3008 ; F-An/ O/1/3019 ; F-An/ O/1/3029/B ; F-An/ O/1/3030/B ; F-An/ O/1/3033 ; F-An/ O/1/3037, n°27 ; F-An/ O/1/3038, n°141 ; F-An/ O/1/3064/A, n°91-93 ; F-An/ O/1/3065/B, n°94 et 98 ; F-An/ O/1/3069, n°105 ; F-An/ O/1/3073, n°97 ; F-An/ O/1/3077, n°108 ; F-An/ O/1/677 n°269 ; F-An/ O/1/688/1 ; F-An/ O/1/842 n°112 ; F-An/ O/1/842 n°94 ; F-An/ O/1/842, n°65 ; F-An/ O/3/375 ; F-An/ O/3/375, n°1 ; F-BMOP/ Arch. Div 14[1 ; F-BMOP/ Arch. Div 14[7 ; F-Bm Versailles/ Ms P 153 ; F-Bm Versailles/ Ms. F 87 ; F-BnF/ Mus. Réserve, LA-MATHIEU JULIEN AMABLE-2 ; F-BnF/ Mus. Réserve, LA-MATHIEU JULIEN AMABLE-3 ; H. Audéon et C. Davy-Rigaux, Jean-Baptiste Métoyen, 2008 ; Liste générale des pensionnaires de l’ancienne liste civile ; M. Brenet, Librairie musicale..., 1906-1907 ; [F-An/ F7/4802]

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