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TISSIER, Joseph Pierre (1733-1794 ap.)
État civil
NOM : TISSIER     Prénom(s) : Joseph Pierre     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : TIXIER
Date(s) : 1733-2-23   / 1794-12 ap.
Notes biographiques

Après y avoir été enfant de chœur, Joseph-Pierre TISSIER reste toute sa vie attaché à la cathédrale de Bourges. Pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le chapitre fait appel à ce "chanoine de résidence" à chaque fois que la place de maître de musique se trouve vacante. En 1757, au moment de la suppression de la Sainte-Chapelle, alors qu'il est occupe cette fonction, le maître Pierre-Étienne CANNEAUX lui est finalement préféré, l'obligeant, une fois encore, à céder la place.

• 24 février 1733, La Chapelle-d'Angillon [Cher] : Né la veille, Joseph-Pierre TISSIER, fils d'Estienne Tissier, maître charpentier, et de Marie Guillaume sa femme, est baptisé dans ce village situé à une trentaine de km au nord de Bourges. Son parrain, Pierre GUILLAUME, chantre de l'église cathédrale de Bourges et sa marraine, damoiselle Jeanne Deschamps, ont tous deux signé l'acte. La famille de ce garçon est très lié à celle de son parrain. Sa tante Jeanne Tissier est l'épouse de son parrain et son oncle Jean Tissier est l'époux de la sœur du même.

• [De 1740 à 1752 environ], Joseph-Pierre TISSIER est enfant de chœur à la cathédrale de Bourges.

• 29 août 1754, Bourges : Honorat MALYVERT, suppléant du maître de musique, écrit dans son journal : "TISSIER a été reçu maître de musique [de la cathédrale] et j'ai fini ledit jour d'aller à la maîtrise". Marie-Reine Renon estime qu'avant cette réception officielle, TISSIER avait assuré l'intérim depuis le décès, en août 1753, de Pierre SAMSON.
• 30 août 1754 : Le chapitre de la cathédrale paie "au Sieur TISSIER, que nous avons commis par intherime pour administrer la maîtrise et gouverner les enfans de chœur, la somme de 50 livres 10 sols pour chaque mois, à commencer du 1er du mois prochain [1er septembre 1754]".

• Dans les comptes de 1756-1757, TISSIER figure seul comme maître de musique de la cathédrale de Bourges.

• Après la suppression du chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges (1757), CANNEAUX, jusqu'alors maître de musique de la Sainte-Chapelle, remplace TISSIER qui faisait les fonctions de maître de musique intérimaire à la cathédrale. Au moment de la fermeture de la Sainte-Chapelle, on a d'abord pensé que les maîtres de musique de chaque chapitre pourraient exercer leurs fonctions "alternativement et par semaine, celuy de la Sainte-Chapelle se placera du côté droit au chœur". En fait, après d'interminables délibérations, en 1757, le cardinal en avise autrement et désigne "le Sieur CANOT ci-devant Me de musique de la Sainte-Chapelle pour remplir la place et qu'il aurait soin dud. Sr TISSIER". C'est le sieur CANNEAUX qui reçoit les gages de maître de musique alors que le nom de TISSIER est suivi de la mention "ci-devant maître de musique".

• 1er avril 1757, Bourges : TISSIER se retire. Le chapitre "pour donner des preuves au Sr TISSIER de [son] amitié et [sa] satisfaction pendant le temps qu'il a été le Me de musique des enfants de l'église, [lui accorde] outre la semi-prébende dont il est pourvu et l'annexe qui y est attachée, et la place de grand sous-diacre, la somme de 10 livres de gages par an".

• 6 juin 1758, Bourges : TISSIER, prêtre semi-prébendé, célèbre le mariage de Pierre Denis VAUCORET, en présence d'Étienne CANNEAUX, "maître de musique de la cathédrale".

• 2 juillet 1759, Bourges : "La maison où demeurait autrefois M. Aubert le Jeune a été adjugé à TISSIER pour la somme de 694 [livres] avec une rente de 6 livres tous les ans [...] M. l'abbé de Genvroux lui a prêté ladite somme de 694 livres.

• 1760, Bourges : Le nom de TISSIER réapparaît dans les comptes aux côtés de celui de CANNEAUX dont on mesure mal s'il continue à exercer effectivement sa charge de maître de musique.

• 1760-1768, Bourges : TISSIER exerce à nouveau les fonctions de maître de musique en pointillés. Par exemple CANNEAUX est en congé à partir du 13 août 1766 pour deux mois "pour aller vendre quelques affaires de famille [...] pour la mort de sa mère". C'est TISSIER qui s'occupe des enfants. Cette situation se reproduit souvent : le 30 juin 1767, TISSIER fait encore l'intérim. Durant toute la décennie 1760, la répartition des tâches entre les deux hommes reste peu claire.

• 31 août 1769, Bourges : Étienne Michel DELAPLACE maître de musique de la cathédrale, a succédé à M. TISSIER, "le traité fait avec ce dernier ne s’est pas trouvé". DELAPLACE reste en poste jusqu'en 1771.

• 25 septembre 1770, Bourges : M. AUROY, Pierre TISSIER et FAUQUEUX, "bénéficiers de la métropole", signent comme témoins dans un acte de la paroisse Saint-Pierre-le-Puellier.

• 10 avril 1771, Bourges : "Aujourd’hui M le Doyen a représenté que le Sr DELAPLACE ci-devant maître de musique s’étoit retiré pour ne plus revenir, et a ajouté que M. TISSIER chanoine de résidence en cette église se chargeroit volontiers du soin de la maîtrise". TISSIER assure encore le remplacement. On a conservé le projet de bail de cette période et, explique Marie-Reine Renon, durant les années suivantes nous n'avons trouvé aucun fait marquant, sinon des demandes de congé consignées dans les registres capitulaires. TISSIER est toujours maître de musique en 1776, 1778 et 1779.

• 3 juillet 1772, Bourges : TISSIER, maître de musique, reçoit 12 lt "pour avoir fait racommoder le clavecin dont feu Mr Heurtault a fait présent pour la maîtrise".
• 17 juillet 1772 : Le chapitre délivre 16 livres à TISSIER, maître de musique, à titre de remboursement de dépenses faites pour la maîtrise.
• 7 août 1772 : Il perçoit ainsi régulièrement des remboursements de dépenses faites pour la maîtrise, notamment 72 lt de gratification "pour le motet du jour de l'invention de Saint-Étienne".
• 7 septembre 1772 : Il est autorisé à prendre quinze jours de congés en plusieurs fois.
• 11 novembre 1772 : TISSIER, maître de musique de la cathédrale, fait venir de Paris trois messes et des cordes pour les instruments et le chapitre lui rembourse 23 lt 19 s.

• 1er mars 1776, Bourges : "Payé 62 lt 10 sols au Sr TISSIER maître de musique, pour trois mois de la pension du sieur DE NEUVILLE sous-maître des enfants de chœur". En août 1776, le chapitre général le mentionne encore comme maître de musique.
• 8 mai 1776 : Jeanne Maillet, âgée de 26 ans, demeurant depuis quatre ans à Bourges, déclare qu'elle est enceinte d'environ quatre mois, des œuvres du sieur DESLAURIÈRES, musicien de la cathédrale, et pensionnaire chez le sieur 'TIXIER', maître de musique, chez qui elle est demeurée environ cinq mois, comme le sieur DESLAURIÈRES.
• 17 septembre 1776, La Chapelle-d'Angillon : M. l'abbé TISSIER chanoine de la cathédrale de Bourges et maître de musique des enfants de chœur de la même église célèbre le jubilé des 50 ans du mariage de ses parents, âgés l'un de 78 ans et l'autre de 75 ans par une grande messe solennelle. 

• Juillet 1778, Bourges : TISSIER est encore mentionné comme maître de musique de la cathédrale.
• 7 décembre 1778, Bourges : TISSIER fait part au chapitre de son intention d'abandonner la maîtrise. "Le Sr TISSIER ayant averti la compagnie qu'il vouloit quitter la maîtrise pour les festes de Noël de l'année 1779, nous avons prié MM. les directeurs de la maîtrise de prendre les mesures convenables pour avoir un Me de musique pour led. temps et d'acheter du linge et autres ustensiles nécessaires pour la maîtrise dont on épargnera le maître qui entrera".

• Janvier 1780, Bourges : Innocent DEMAHY, le nouveau maître recruté par le chapitre, est arrivé soit pour noël 1779 comme l'avait souhaité TISSIER, soit, au plus tard, vers mi-janvier 1780. À partir de là, TISSIER n'est plus mentionné comme maître de musique mais l'est toujours comme "chanoine de résidence" (les canonicats de résidence sont affectés à des musiciens).

• 29 juillet 1782, Bourges : Dans son journal, le chanoine Malyvert relate la sépulture du dernier maître de la Sainte-Chapelle. "Du 29e juillet 1782, M. CANNEAUX est décédé à quatre heures et demie du matin, et fut enterré le lendemain, après matines. M. Berthier a officié. MM. des Beaupleins et de Saint-Maur ont fait diacre et sous-diacre ; les chapiers MM. SOUMARD et NEUVILLE, MM. TISSIER, NEUVILLE major, CHANFRAUD et DEMAHY ont porté le coin du drap ; il a été chanté la messe de Gilles".

• 18 février 1783, Bourges : Jean François BARANTON épouse Jeanne d'Apremont, en présence de Joseph-Pierre TISSIER, "chanoine de résidence" de la cathédrale, et d'Innocent DEMAHY, "bénéficier" de la même église.

• Janvier 1789, Bourges : TISSIER figure encore dans la liste des chanoines de résidence dressée à l'occasion du chapitre général.
• 20 février 1789 : Le chapitre de Saint-Étienne se réunit pour nommer ses délégués. Les chanoines choisissent TISSIER pour représentant (d'après Brimont).

1790, Bourges : Joseph-Pierre TISSIER est un des 31 membres de la communauté des vicaires de la cathédrale Saint-Étienne, ce qui lui donne droit annuellement à une portion de 116 livres. Il reçoit également 1 498 livres en qualité de chanoine de résidence. Les trois autres chanoines de résidence, donc musiciens de la cathédrale Saint-Étienne, sont Pierre DENEUFVILLE, son neveu François DENEUFVILLE, ainsi qu'Antoine DAUNY.
• 2 octobre 1790 : Joseph-Pierre TISSIER, prêtre, chanoine de résidence, adresse au district de Saincoins [Cher] une demande de versement de 240 livres correspondant au "bénéficie simple des grands oiseaux fondé en l'église de Dun-le-Roi", qu'il n'a pas perçu. Il argumente que ses revenus de la cathédrale étant suspendus, il a besoin de la rétribution de ce bénéfice pour vivre. Le 18 novembre 1790, le district de Sancoins répond que le dossier doit être traité au niveau du directoire du département du Cher.
• 15 octobre 1790, Bourges : Le nom de TISSIER figure dans le "relevé des impositions ordinaires sur Messieurs de l'église de Bourges pour l'année 1790", à hauteur de 6 livres. Il réside paroisse Saint-Pierre-le-Puellier.
• 8 novembre 1790 : Le chapitre cathédral de Bourges déclare qu'il est âgé de 58 ans, qu'il est un des quatre chanoines de résidence et qu'il bénéficie d'une rente de 6 livres qu'il perçoit sur une maison canoniale que le chapitre cathédral lui a "vendue à vie".

• [Mars 1791] : L'administration procède à une estimation détaillée de ses revenus afin de fixer sa pension. Il est aussi prévu de réserver au réclamant la jouissance de la maison canoniale :

  • "1° Comme ci-devant chanoine de résidence de l’église de Bourges : 1 209 lt (ou 1 375 lt), y compris la portion dans les ammanons et fondations de ladite église
  • 2° comme titulaire du bénéfice simple des grands Oiseaux fondé dans le chapitre de Dun-le-Roi : 114 lt faisant moitié de 228 lt à quoi se montent les revenus du bénéfice, déduction faite du 20e des réparations d’entretien
  • 3° comme ayant rempli la fonction de diacre aux obits en rejetant néanmoins dudit les deux articles de messes et d’honoraires de célébrant attendu que ces deux objets sont partie du casuel non porté en charges dans la déclaration générale de MM. de l’église de Bourges : 7 lt faisant moitié de 14 lt comme diacre et sous-diacre aux obits
  • 4° comme hebdomadier en sa qualité de chanoine de résidence : 2 lt faisant moitié de 4 lt pour chaque portion des 12 qui avoient part à ce droit d’assistance".

Total : 1 333 lt (ou 1 498 lt)

• Juillet et octobre 1792 : Il touche pour chaque trimestre 374 puis 250 livres de traitement.

• 9 décembre 1794, Bourges : Le payeur général des dépenses publiques certifie "que le citoyen Joseph-Pierre TIXIER, ex-chanoine de la ci-devant métropole de Bourges n'a pas été payé de sa pension à ma caisse depuis le 1er juillet 1793 et que lad. pension lui est due depuis ce terme, sauf celui de la détention". Cela indique qu'il a été emprisonné durant quelque temps.

• Nous perdons sa trace après cette ultime mention. Son décès reste à découvrir.

Mise à jour : 23 juillet 2020

Sources
M.-R. Renon, La Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne…, 1982 ; F-Ad18/ 1 L 198 ; F-Ad18/ 1 L 633 ; F-Ad18/ 1 L 634 ; F-Ad18/ 1 L 635 ; F-Ad18/ 1 L 638 ; F-Ad18/ 3 E 0104 ; F-Ad18/ 8 G 143 ; F-Ad18/ 8 G 207 ; F-Ad18/ 8 G 208 ; F-Ad18/ 8 G 209 ; F-Ad18/ BMS Bourges, Saint-Pierre-le-Puellier ; F-Ad18/ BMS Bourges, St-Outrille-du-Château ; F-Ad18/ BMS Bourges, St-Ursin ; F-Ad18/ BMS La Chapelle d'Angillon ; F-Ad18/ BMS La Chapelle-d'Angillon ; F-Ad18/ GG 95 ; F-Ad18/ Q 279 ; F-Ad18/ Q 281 ; F. Lesure, Dictionnaire musical... 1999 ; M.-R. Renon, Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, 2007 ; M.-R. Renon, La Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne…, 1982 ; M.-R. Renon, La maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges..., 1982.  ; M.-R. Renon, La musique à la Sainte-Chapelle de Bourges [...], sd. ; Marcel R., L'abandon et la charité en Berry [...], p.73 ; Th. de Brimont, M. de Puységur et l'église de Bourges pendant la Révolution…,1896

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