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CHAMPEAUX, Jacques François (1770-1858)
État civil
NOM : CHAMPEAUX     Prénom(s) : Jacques François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CHAMPEAU
CHAMPAUX
Date(s) : 1770-12-3   / 1858-3-1 
Notes biographiques

Tout le début de la 'carrière' musicale de Jacques-François CHAMPEAUX est facile à suivre grâce aux excellents registres capitulaires de la collégiale de Beaune, où il fait son apprentissage de musicien en tant qu'enfant de chœur pendant neuf ans, puis où il devient "chorial", chantant au chœur les dimanches et fêtes. À partir de 1790, on ne l'aperçoit plus qu'en pointillés dans les sources de l'état civil et son destin devient beaucoup plus flou. Il est cependant qualifié de "musicien" en 1811. Lorsqu'il meurt très âgé en 1858, il est dit "propriétaire".

• 3 décembre 1770, Beaune [Côte-d'Or] : L'acte de mariage de Jacques-François CHAMPEAUX (en 1801) indique sa date de naissance et le dit fils de Jean Baptiste Champeau, marchand à Beaune, et d'Antoinette Fouchard (ou Foucherot, beaucoup plus tard, dans son acte de décès). Selon son acte de réception à la maîtrise, il serait né à La Magdelaine (mais son baptême ne figure pas dans le registre de cette paroisse mis en ligne).

• 14 novembre 1777, Beaune : CHAMPEAUX, natif du faubourg de la Magdelaine, est reçu enfant de chœur de la collégiale Notre-Dame de Beaune, après un concours ayant fait entendre au chapitre des enfants au nombre de sept. Son prénom n'est pas indiqué.

• De novembre 1777 à novembre 1786 : Il est éduqué durant neuf ans à la maîtrise de la collégiale, sous la direction de Lazare GOOSSENS, maître de musique, secondé par Pierre FAVIER puis Jacques DROUHIN, maîtres des enfants de chœur (hors leçons de musique) et chargés du quotidien de la maîtrise. À la maîtrise, le jeune CHAMPEAUX a côtoyé les enfants de chœur  Jean-Louis MATROT (jusqu'en août 1779), François RICHET (jusqu'en août 1780), puis Claude TRUCHEUR, Jean DONGUY, Charles FOURTIER (alias Fourtier aîné) FOURTIER puiné, MASSON ...

• Novembre 1786, Beaune : Le chapitre orchestre la sortie de CHAMPEAUX. Le 10 novembre, sa mère étant venue expliquer qu'il "ne vouloit pas continuer ses classes" (c'est-à-dire aller au collège) mais plutôt "étudier en chirurgie", un chanoine est chargé de passer marché pour 150 livres avec le chirurgien Morelot. Le jeune homme est autorisé à "assister à l’église les jours de fêtes et de dimanches".
Quelques jours plus tard, une audition d'enfants est organisée pour le remplacer, et c'est Louis CUINIER qui est sélectionné.
 
• En 1790, Beaune : Jacques-François CHAMPEAUX est toujours au service de la collégiale Notre-Dame, en tant que "chorial", exerçant les dimanches et fêtes. Il ne figure pas dans la liste des musiciens employés à plein temps sous la direction du maître de musique ÉVRARD : Léonard BALONCHARD, Jean-Baptiste FOURCHOTTE, Philibert JOROTJean-Louis LEVESQUE, MÉRANDON et Gaspard SAUSSET. À cet effectif s'ajoutent l'organiste Jean-Nicolas MORISSET, l'ancien maître qui joue toujours de la basse Lazare GOOSSENS, un certain nombre "d'habitués" comme Pierre DESFORGES, Jacques DROUHIN et François DURAND, ainsi que d'anciens enfants de chœur ayant le statut de "chorial" et mobilisés les dimanches et fêtes comme lui-même et Claude TRUCHEUR.
Son dossier 1791 spécifie qu'il a été "attaché à l'église jusqu'au 31 décembre 1790". Le district de Beaune estime qu'il doit toucher une gratification de 600 livres "une fois payée".

• Son activité durant la décennie révolutionnaire demeure pour le moment dans l'ombre. A-t-il exercé comme chirurgien à Beaune ? Ailleurs ? A-t-il servi à l'armée ?

• 20 pluviôse an IX (9 février 1801), Beaune : Jacques-François CHAMPEAUX, "propriétaire à Beaune", épouse Jeanne Pallegoy, de treize ans sa cadette, fille d'un bourrelier de Beaune. Le marié signe "Jacques françois Champeaux", en mettant un "x" à la fin de son nom, contrairement à son frère Claude, 28 ans, marchand à Beaune, qui est témoin et signe "Champeau". Suivant le choix de Jacques-François, c'est donc la graphie CHAMPEAUX qui a été adoptée comme autorité.

Le qualificatif de "propriétaire" peut dissimuler toute sorte d'activités, ou, peut-être, un certain flou quant à son statut professionnel. Dans quelle mesure exerce-t-il la musique ?  Jacques-François CHAMPEAUX n'est pas cité parmi les musiciens actifs à Beaune au début de l'Empire par les érudits Ch. Bigarne ou Ch. Aubertin, qui mentionnent Pierre FAVIER, Philibert JOROT et son fils Émiland, l'ancien organiste alsacien Jacques BRICKER, Pierre DESFORGES, Émiland MOUGIN et Louis CUINIER (tous deux beaux-frères de Claude TRUCHEUR son ancien condisciple à la maîtrise)...  ainsi que trois violonistes, Denis CHAUVENET, Nicolas DAUNAS et le jeune Sébastien DIOT.
Pourtant, quelques années plus tard, Jacques-François CHAMPEAUX est mentionné comme "musicien".

• 8 juillet 1811, Beaune : Jacques-François CHAMPEAUX "musicien demeurant à Beaune, âgé de 40 ans" accompagne Emilland JOROT "maître de musique à Beaune âgé de 32 ans" venu à la mairie déclarer la naissance, la veille, d'un fils "auquel il a déclaré donner le prénom de Jacques François" – ce qui indique que CHAMPEAUX a dû être choisi pour en être le parrain. Parmi les présents, outre "jacques f champeaux" signe également "Jeanne pallegoix femme champeaux".

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• 1er mars 1858, Beaune : À 11 heures du matin, en son domicile, s'éteint Jacques-François CHAMPEAUX, "propriétaire, époux de Jeanne Pallegoix, natif de Beaune, âgé de 87 ans".
Quatre ans plus tard, sa veuve meurt à son tour le 18 février 1862, âgée de 78 ans. Son acte de décès répète les mêmes informations à propos de son défunt mari : "veuve de Jacques-François CHAMPEAUX, propriétaire demeurant à Beaune", sans rien dire de son trop ancien rôle musical, probablement oublié de tous.

Mise à jour : 8 mars 2018

Sources
F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ G 2554 ; F-Ad21/ L 1381 ; F-Ad21/ NMD Beaune en ligne

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