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FLANCHÉE, Pierre (1760-1814)
État civil
NOM : FLANCHÉE     Prénom(s) : Pierre     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : FLANCHET
FLANCHÉ
PLANCHÉ
FLANCHER
Date(s) : 1760-1-24   / 1814-5-5 
Notes biographiques

Le début du parcours professionnel de Pierre FLANCHÉE est significatif de la mobilité des jeunes musiciens d'église. Il enchaîne en effet les postes de basse-taille dans une dizaine d'institutions de Bretagne, de Normandie et du Centre-Ouest de la France en l'espace d'une décennie. Cette itinérance s'explique sans doute par son fort caractère qui lui vaut parfois d'entrer en conflit avec les compagnies qui l'emploient. Âgé tout juste de trente ans en 1790, il continue sa carrière dans la capitale en intégrant les chœurs du Théâtre des Arts, avant de disparaître en 1814 à Montpellier, visiblement seul, son épouse et ses enfants n'ayant à cette époque plus aucunes nouvelles de lui.

• 24 janvier 1760, Auray [Morbihan] : Pierre FLANCHÉE est baptisé en l'église Saint-Gildas de cette localité, voisine de Vannes à 20 kilomètres à l'ouest. Il est le fils d'Anne Le Goff et de François Flanché qui signe "flanchect".

• [Vers 1766-vers 1776], Saint-Pol-de-Léon [Finistère] : Pierre FLANCHÉE est éduqué à la psallette du chapitre cathédral de Léon en Bretagne où il est enfant de chœur.

• [Vers 1778], St-Pol de-Léon : Il quitte le chapitre cathédral de Léon, à l’âge de 18 ans, après avoir servi comme basse taille pendant deux ans et demi. 

• 17 novembre 1778, Caen  : Pierre FLANCHÉE, "de Saint-Gildas, diocèse de Vannes" est reçu chapelain à la collégiale du Saint-Sépulcre. Le terme de chapelain désigne dans cette église les choristes du chapitre. Lors de son court séjour, il est autorisé à s'absenter pour des raisons de famille et il reçoit 24 livres pour son voyage.

• 24 décembre 1779, Bourges : Pierre FLANCHER est reçu basse taille à la cathédrale St-Étienne, à commencer d'aujourd'hui, aux gages de 9 lt par semaine. Il est dit "du diocèse de Vannes en Bretagne".
• 11 janvier 1780, Bourges : Pierre FLANCHER figure dans la liste des "vicaires accordati" dressée lors du chapitre général de la cathédrale.
• 28 février 1780, Bourges : Le chapitre décide que Pierre FLANCHER, "gagiste cy devant de cette église, ne sera plus tiré sur la feuille", c'est-à-dire ne sera plus payé et n'appartient plus désormais au corps de musique.
• 31 juillet 1780, Bourges : Il figure pourtant toujours dans la liste des vicaires de la cathédrale St-Étienne.

• 1780, Coutances [Manche] : Dans les comptes du chapitre de cathédrale Notre-Dame, on relève la présence d'un Maitre FLANCHÉE musicien qui reçoit 75 livres de gages. S'agit-il de Pierre FLANCHÉE, qui serait alors revenu en Normandie après son passage à Bourges ?

• 3 février 1781, Saint-Malo [Ille-et-Vilaine] : Pierre FLANCHÉE "d’Auray" est reçu bachelier du chœur (c'est-à-dire musicien) à la place de GUYOT, qui a été congédié le 15 septembre précédent. Le chapitre avait alors décidé que  la place serait donnée "au premier sujet qui se présentera". Le 12 février, FLANCHÉE demande une avance de 30 livres, qui lui est accordée. Il ne réapparaît plus ensuite dans le registre capitulaire.

• [Dates incertaines, vers 1781-1782 ?], La Rochelle : Pierre FLANCHÉE est employé à la cathédrale Saint-Louis pendant 15 mois, probablement en qualité de chantre. Il présente en mars 1790 à ce sujet un certificat non daté de Marc-Antoine CROUZET, maître de musique de cette église. La fourchette 1781 - 1782 constitue un trou dans sa carrière et semble donc pouvoir correspondre à son passage dans cette ville.

• 30 novembre 1782, Poitiers : Pierre FLANCHER est recruté comme musicien basse taille à St-Hilaire-le-Grand. Il est dit "du diocèse de Vannes en Bretagne". Ses gages seront de 10 livres par semaine. Il reçoit également 36 livres pour ses frais de voyage.

• 25 février 1783, Poitiers : Le chapitre de Saint-Hilaire assemblé lit son extrait de baptême, il est dit "musicien de cette église". On n'en rencontre plus aucune trace ensuite dans le registre capitulaire : il a probablement quitté St-Hilaire au cours du printemps 1783, car il est remplacé le 28 juin par Jean HOUDRY.

• Avant octobre 1783, Luçon [Vendée] : Il est attesté que Pierre FLANCHÉE est basse taille, très certainement à la cathédrale. Il est dit "basse taille à Luçon" lors de son engagement à la cathédrale Saint-Pierre de Saintes.
• Octobre 1783, Saintes : Le Sieur FLANCHÉE, "basse taille à Luçon" offre ses services à la cathédrale Saint-Pierre. Le 18 octobre, par l'intermédiaire de "Mr de St Legier", le chapitre lui écrit "qu'il peut venir se présenter et qu'il aura la somme de 12 livres pour son voyage, qu'il soit reçu ou non". Le 27 octobre, Pierre FLANCHÉE "musicien basse taille natif de la paroisse d'Auray diocèse de Vannes" est reçu comme basse-taille "aux appointements de 600 livres par chacun an, non compris les gains du chœur; et luy a accordé la somme de 12 livres pour luy tenir lieu des frais de son voyage". De plus, le chapitre indique "quil portera la chappe jusqu'à ce qu'il y ait une basse contre pour le remplacer".
• Le 21 novembre 1783, Saintes : Le chapitre verse une avance de "30 livres" au Sieur FLANCHÉE, "laquelle somme luy sera retenüe sur ses appointements, a raison de 6 livres par chacque mois".
• Fin 1783, Angoulême : Pierre FLANCHÉE intègre le corps de musique de la cathédrale Saint-Pierre. Sa date de réception n'est pas enregistrée dans les délibérations capitulaires. On retrouve en revanche le nom d'un sieur LEFACHÉ, musicien basse-taille, à qui le chapitre avance quarante huit livres le 6 décembre 1783, car il se trouve dans un "pressent besoin". Il s'agit sans doute du même homme.

• 3 mars 1785, Angoulême : Il obtient une nouvelle avance de 120 livres sur ses gages.
• 5 avril 1785, Angoulême : Il épouse Louise Duremere [ou Duremerre, Durmer], la fille d'un marchand. Parmi les témoins qu'il sollicite on relève la présence de Martial GARAUD.

• 7 février 1786, Angoulême : Il devient père d'un premier fils. Il est musicien de la cathédrale tandis que sa femme est présentée comme "modeuse"

• 3 août 1787, Angoulême : Son épouse donne naissance à une fille qui reçoit pour parrain Antoine LEGRAND, organiste à la cathédrale.

• 29 novembre 1788, Angoulême : Le couple perd un enfant né le jour même.

• 3 mars 1789, Angoulême : À la suite d'une altercation avec son collègue Henri BARDY, Pierre FLANCHÉE et ce dernier sont sanctionnés par le chapitre. Ils se voient privés tous les deux pendant six mois d'un jour par semaine aux offices et on leur impose de verser à l’hôpital de la ville la somme de 3 (ou 13) livres. Le motif de la dispute n'est pas précisé dans la délibération capitulaire mais les deux hommes en sont sans doute venus aux mains car Henri BARDY doit également raccommoder à ses frais le surplis de Pierre FLANCHÉE.

• [Jusqu'en 1790], Angoulême : Pierre FLANCHÉE est toujours basse-taille à la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême et reçoit 800 livres de gages annuels. En mars 1790, il prétend y exercer depuis 8 ans et 8 mois, soit depuis août 1781, ce qui ne correspond pas à ce qu'on sait par ailleurs de lui.
• 6 mai 1790, Angoulême : Un nouveau fils voit le jour.  
• 16 mai 1790, Angoulême : Les musiciens de la cathédrale adressent une supplique collective à l'Assemblée Nationale. Elle est signée par Pierre RENARD maître de musique, LEGRAND organiste, René-Gabriel LHUILLIER basson et serpent, François DOUVILLÉE basse-contre, Louis BOUQUET, basse-contre, Pierre FLANCHÉE basse-taille, et Henry BARDY haute-contre. Antoine CAUVILLET et Pierre REZÉ se joignent à leurs anciens collègues et apposent leur signature au bas du document sans mentionner la fonction qu'ils occupaient, sans doute parce qu'ils sont désormais des vétérans de ce corps de musique.
• 6 juillet 1790, Angoulême : Pierre FLANCHÉE se montre très agressif envers le chapitre qui admoneste ses employés selon la tradition. Il interrompt ce jour-là le secrétaire qui procède à la lecture des statuts qui les concernent. Pierre FLANCHÉE déclare alors “supprimez moi le mot admonesté il est indécent et indigne" et "On n'est plus dans l'ancien temps rien ne vous fâche plus que d'entendre donner des raisons”. Cette insolence semble faire suite à plusieurs griefs qu'il n'a cessé depuis six mois de manifester et traduit son état d'esprit à l'approche de la perte de son emploi. Les chanoines établissent alors un procès-verbal de cet incident qui est envoyé aux officiers municipaux et au comité militaire d'Angoulême et le suspendent de ses fonctions.
• 10 juillet 1790, Angoulême : Trois membres du comité militaire viennent au chapitre et les chanoines sollicitent leur indulgence pour leur choriste
• 6 août 1790, Angoulême : Pierre FLANCHÉE, après avoir présenté ses excuses, est réhabilité. Il est rétabli aux pointes du chœur à partir du 1er septembre suivant, mais se voit privé de ses gains des mois de juillet et d'août.

• 14 juin 1791, Angoulême : Il figure parmi les témoins présents au baptême du fils d'un cartier de la ville. Il signe "Pierre flanchée musicien de la Paroisse".
• 16 novembre 1791, Angoulême : La famille s'agrandit encore d'un fils.

• 5 août 1793, Angoulême : Parce qu'il a prouvé avoir plus de dix ans de service et qu'il répond donc aux conditions définies par la loi du 1er juillet 1792 "relative aux Chantres, Musiciens, Officiers & Employés ecclésiastiques & laïcs des chapitres supprimés", Pierre FLANCHÉE reçoit une gratification de 1200 livres, somme qui correspond à une année et demie de ses anciens gages.
• Septembre 1793 : Son pécule en poche, Pierre FLANCHÉE quitte Angoulême et monte à Paris.
• 20 octobre 1793, Paris : Pierre FLANCHÉE, musicien, reçoit une carte de sureté. Il réside au numéro 23 de la rue Cléry depuis le mois précédent.
Il intègre la même année la troupe du Théâtre des Arts dans le corps des basses-tailles de seconde classe, pour 1 400 livres d’appointements annuels. Cette somme sera revue plus tard à la baisse à 1 120 livres, car il se montre «peu exacte [sic], mauvaise tete», selon la mention qui apparaît dans un état comptable du personnel de cette compagnie.

• 6 août 1794, Paris : Une nouvelle carte de sureté est établie à son nom. Il occupe désormais le numéro 355 de la rue du cloître Benoît, après avoir vécu dans la rue Bonne Nouvelle. Ces déménagements successifs laissent supposer que sa famille est peut-être venue le rejoindre dans la capitale à cette époque.

• 11 pluviôse an IX (31 janvier 1801), Paris : Il rédige une lettre dans laquelle il demande à être réengagé parmi les chanteurs des chœurs du Théâtre des Arts, où il exerce depuis huit ans. Il souligne notamment qu'après avoir perdu son poste,  sa famille a été contrainte de se retirer en province.

• 24 octobre 1810, Angoulême : Sa fille Françoise épouse un peintre en faïence. L'acte de mariage indique que son père Pierre FLANCHÉE est "absent depuis plusieurs années, sans avoir donner de nouvelles [...] ce qui fait présumer qu'il est décédé". On relève parmi les témoins de ce mariage la présence de François LAFAS professeur de musique et d'Antoine BALOTHE, qui furent tous deux enfants de chœur à la cathédrale Saint-Pierre juste avant la Révolution à la psallette de la cathédrale Saint-Pierre.

• 5 mai 1814, Montpellier [Hérault] : Devenu artiste dramatique, il s'éteint à l'hospice des pauvres malades de la commune. Son acte de décès indique qu'il était veuf, sans mentionner le nom de son épouse.

Mise à jour : 14 février 2019

Sources
F-Ad16/ 3 E 16/19 ; F-Ad16/ BMS Angoulême ; F-Ad16/ G 337/ 21 ; F-Ad16/ G 337/ 21  ; F-Ad16/ G 337/22 ; F-Ad16/ L 778 ; F-Ad16/ L 785 - F-Ad86/ G 570 ; F-Ad17/ G 251 ; F-Ad18/ 8 G 207 ; F-Ad18/ 8 G 208 ; F-Ad34/ 5MI/ 1/ 115 ; F-Ad35/ 1 G 267 ; F-Ad56/ BMS Auray ; F-Ad86/ G 569 ; F-Am Angoulême/ BMS Notre-Dame-de-Beaulieu ; F-Am Angoulême/ NMD  ; F-An/ AJ/13/51 ; F-An/ AJ/13/57 ; F-An/ DXIX/055/177 bis/06 ; F-An/ DXIX/091/771/07-08,12 ; F-Coutances A dioc./ Comptes du chapitre/1780 ; Tolmer, "La collégiale du Saint-Sépulcre de Caen (1777-1790)" ; [F-An/ F7/4791] ; [F-An/ F7/4807]  ; Émile Biais, Les artistes angoumoisins...., 1890

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