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PAILLOT, Jacques (1738-1799 ap.)
État civil
NOM : PAILLOT     Prénom(s) : Jacques     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : PAYOT
PALLIOT
Date(s) : 1738-1-30   / 1799 ap.
Notes biographiques

Longtemps musicien à la Sainte-Chapelle du Roi à Dijon, Jacques PAILLOT ne fait plus partie de l'effectif musical régulier, semble-t-il, lors de la suppression du chapitre, même s'il continue à y assurer de petites prestations (il reçoit pour cela une petite somme dans les comptes de 1790). Il est toujours musicien à Dijon, aux côtés de sa fille Anne, elle aussi musicienne.

• 30 janvier 1738, Messigny [Côte-d’Or] : Jacques PAILLOT naît et est baptisé dans ce village situé à dix kilomètres au nord-ouest de Dijon. Son père est vigneron, ce qui suggère qu'il possède des terres et un savoir faire spécifique le distinguant du simple manouvrier. En revanche, il semble qu'il soit analphabète puisqu'il ne signe pas.
• Le 4 décembre 1739, à Messigny, est inhumé Bernard Paillot, 41 ans, le père du futur musicien qui n'a alors pas encore deux ans.

• [vers 1745], Dijon :  Jacques PAILLOT arrive à Dijon. Le recensement de l'an IV indique qu'il est "depuis 50 ans à Dijon". Cela laisse très vraisemblablement supposer une entrée dans une maîtrise d'enfants de chœur dijonnaise vers l'âge de 7 ans.

À partir de mars 1751, son maître de musique est Pierre-Louis POLLIO. Parmi ses camarades de maîtrise, il côtoie Edme ROSEROT, qui deviendra ensuite maître de musique à Saulieu puis à Avallon, et Claude-François PETITPAIN, qui exercera à Noyon.

• Au printemps 1753, une maladie – dont la nature n'est pas donnée – s'abat sur la maîtrise de la Sainte-Chapelle de Dijon. Atteint le premier, ROSEROT entre le 25 avril à l'hôpital des sœurs de Saint-Fiacre et y reste 53 jours. PAILLOT y entre à son tour le 3 mai et y reste jusqu'au 9 juillet. Moins gravement atteint, PETITPAIN n'est hospitalisé qu'une semaine, du 6 au 13 juin. Les trois garçons sont nourris de viande, de pâtisserie, de pain blanc et de cerises. Ils boivent du vin et "diferante tisannes". Tout cela coute 114 livres au chapitre.

• [années 1754-1756], Dijon : PAILLOT (ou PALLIOT), enfant de chœur de la Sainte-Chapelle est souvent malade et "prend médecine" sur médecine...
• En avril 1755, le jeune garçon est à nouveau hospitalisé à l'hôpital Saint-Fiacre. Un mémoire de frais le concernant dépasse les 450 livres : il lui a été donné à manger de grandes quantités de viande – y compris durant le carême –, et à boire du vin et du ratafiat "le dit ratafiat luy a servy dans ces foiblesses".
 Le médecin Chaussier certifie qu'il l'a visité 160 fois "depuis le commencement de mars 1755 jusqu’au 20 janvier 1756". Il le décrit comme "attaqué d’un flux hysatique qui dure depuis plusieurs années, qui a occasionné deux ou trois fois un épanchement aqueux dans la cavité du ventre, & qui a donné lieu aux gonflements œdémateux du visage des cuisses et des jambes qu’il a essuyé en différentes fois"...

• 23 décembre 1768, à Messigny, sa mère, Claudine Fagot, qui entre temps s'est remariée à Denis Vita, manouvrier, donne devant le notaire du village son accord pour le mariage de son fils "garçon, musicien de la sainte chapelle de Dijon, y demeurant".
• 17 janvier 1769, Dijon : Jacques PAILLOT épouse Françoise Mathey, qui est née à Dijon vers 1741, fille d’un maître cordonnier. Le contrat de mariage a été signé le 26 décembre 1768. Il prévoit un apport de 100 livres de chacune des parties, et la mise en commun de 20 livres chacun seulement. Le futur précise que "n'aiant rien de ses père et mère", ses 100 livres proviennent "de ses gains et épargnes", et qu'ils consistent "tant en habits, linges, hardes que nippes et autres bons effects servant à son usage".  Une clause spécifique requiert du futur de payer des "des bagues et joyaux" pour la cérémonie, d'une valeur de 12 livres seulement. Les moyens sont à l'évidence très limités. Les témoins du côté de la mariée sont tous des artisans urbains, tranchant avec les manouvriers et les vignerons venus de Messigny du côté du marié, dont son parrain et son frère, tous deux manouvriers.

• 10 novembre 1769, Dijon : Le premier enfant du couple Paillot - Mathey est baptisé paroisse Saint-Jean. Il s'agit d'Anne, future musicienne. Son parrain est Lazare Marillier, peintre.

• D'autres enfants naissent ensuite, toujours paroisse Saint-Jean : une fille, prénommée également Anne, le 21 juin 1771, un fils, Dominique le 4 avril 1774… Le 2 mars 1780, Anne est enterrée au cimetière de Saint-Jean, morte la veille à l'âge de 8 ans. Dans ces trois actes, le père est dit une fois seulement "musicien" et les deux autres fois "musicien à la Ste-Chapelle du Roy".

• 16 août 1771 : Une fille de Charles MATHIEU, musicien de la Ste-Chapelle, est baptisée paroisse Saint-Michel, Jacques PAILLOT, "aussi musicien de la dite église" en est le parrain. L'enfant meurt quelques jours plus tard.

La maison rue Portelle citée dans le recensement de l'an IV est peut-être déjà habitée par le couple Paillot, cette dernière se situant vraisemblablement sur la paroisse Saint-Jean. Durant les années suivantes, on aperçoit Jacques PAILLOT participant à diverses cérémonies familiales paroisse Saint-Jean. Ainsi, le 10 mai 1784 "Jacques PAILLOT musicien à la Ste-Chapelle du Roy à Dijon" est-il témoin au remariage d'un cordonnier, en compagnie de Dominique Mathey, un parent de son épouse.

1790, Dijon : Jacques PAILLOT est alors âgé de 58 ans. Il ne figure pas dans les listes disponibles des musiciens à temps plein de la Sainte-Chapelle. Depuis quelle date a-t-il cessé d'y exercer régulièrement ? Le 12 juin 1790 il reçoit toutefois du chapitre la somme de 16 livres 13 sols 4 deniers en tant que musicien. De la même façon, le violoniste François BARY est appelé ponctuellement en renfort et reçoit en juin 1790 6 livres 13 sols 4 deniers de la Sainte-Chapelle. Ces sommes semblent correspondre à des interventions lors de cérémonies extraordinaires.
Sous la direction de François COLIN, les musiciens de la Sainte-Chapelle sont alors Antoine BERTHOT, Nicolas BORNE, André CAILLOT, François DELAURIÈRE, Jean FAIVRE, Pierre-Alexandre FEUVRIER, Pierre JARLOT, Jean-Baptiste MILLOT, François PARISOT, ainsi que l'organiste Pierre-Philibert LAUSSEROIS. On trouve aussi mention de SIRJEAN et de REGNAUD... sur lesquels on est moins bien renseignés. Quatre chapelains viennent étoffer le chant, MICHELIN, Pierre BOUCHÉ, Pierre-François GIGAUD et le "sous-chantre" LEBRUN.

• 1794, Dijon : En compagnie de nombreux autres ci-devant musiciens d'Église tels BORNE, DELAURIÈRE, FREYHAMER, LEFRANC, MILLOT ou SAGOT, le citoyen PAILLOT est engagé comme instituteur de musique à l'Institut de Musique nouvellement créé par la Municipalité. Il est chargé d'y enseigner le chant, et le violoncelle. Sa fille Anne, la citoyenne PAILLOT, est également engagée comme institutrice pour le chant.

• Lors du recensement de l’an IV, fin 1795/début 1796, les époux Paillot et leurs filles habitent section du Centre, retour de la Rue Portelle. Le père et sa fille aînée, Anne, sont tous deux dits musiciens. Une fille de moins de 12 ans vit au foyer des Paillot.

• 23 ventôse an VII [13 mars 1799], Dijon : PAILLOT fait partie de la liste mise à jour des professeurs de musique proposés par Philippe Legras (1751-1824), Dijonnais installé à Paris, dans une lettre qu'il écrit au ministre de l'Intérieur François de Neufchâteau afin de relancer l'Institut de musique de la ville. PAILLOT y enseignerait le chant et la contrebasse. Cette ultime tentative semble ne pas avoir eu de suite.

Après quoi, curieusement, on perd la trace de Jacques PAILLOT. Son décès n’a pas été retrouvé dans les tables décennales dijonnaises (ni à Messigny).

Mise à jour : 28 novembre 2018

Sources
F-Ad 21/ L 514 ; F-Ad21/ 4E 2 / 2461 ; F-Ad21/ 4E 5 / 23 ; F-Ad21/ BMS Messigny en ligne ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame ; F-Ad21/ BMS St-Jean de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Michel de Dijon en ligne ; F-Ad21/ G 1141 ; F-Ad21/ G 2066 ; F-Ad70/ NMD Gray en ligne ; F-AmDijon/ 2 R1/1 ; J.-E. Doussot, Musique et Société à Dijon..., 1999 ; PM Guéritey, courriel 27 nov 2018 ; Revue de Bourgogne, 1912

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