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CAILLOT, André (1756-1809)
État civil
NOM : CAILLOT     Prénom(s) : André     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : CAILLEAU
CAILLAU

Date(s) : 1756-5-9   / 1809-6-8 
Notes biographiques

Son cursus était tout tracé : après avoir été enfant de chœur de la collégiale de Beaune, André CAILLOT se prépare à entrer dans les ordres, avec le soutien financier (et sans aucun doute moral) du chapitre beaunois. Mais la musique est la plus forte : à 23 ans, le jeune homme claque la porte de la collégiale de Beaune et "monte" à Dijon où il a obtenu un poste de basse-taille à la Sainte-Chapelle. Il y chante toujours en 1790. Resté clerc tonsuré et célibataire à travers toute la période révolutionnaire, il se marie sur le tard, en 1809, à un moment où il est devenu employé à la Préfecture.

• 9 mai 1756, Corberon [Côte-d'Or] : Dans ce village situé à 13 km en droite ligne à l'est de Beaune, est baptisé André CAILLOT, né le jour même. Son père, lui aussi prénommé André, est laboureur. Son parrain, fils d'un charron du village, sait signer, mais pas sa marraine, fille d'un vigneron.

• 7 septembre 1763, Beaune : CAILLOT, "natif de Corberon", est reçu enfant de chœur à la collégiale Notre-Dame. Il l'a emporté sur quatre autres candidats, auxquels l'aîné des enfants de choeur, JOLY, a donné le ton. Le maître de musique de la maîtrise est alors Lazare GOOSSENS. Selon ses déclarations de 1790-1791, c'était [approximativement] vers 1761 qu'André CAILLOT disait être entré "au service des autels", légère extension destinée à franchir le palier des trente ans de carrière.

• À la fin de mars 1767, Beaune : Rétrogradé au rang de gagiste à cause de son mariage, GOOSSENS est remplacé à la tête de la maîtrise par Nicolas SAVART, puis, en février 1768, par Nicolas ROZE, jusqu'en mai 1770. Après un intérim assuré par GOOSSENS, ALOTTE arrive d'Annecy début septembre 1770. La fin de la formation musicale du jeune CAILLOT est donc marquée par une certaine instabilité mais aussi, peut-on penser, par une grande richesse issue de la diversité de ces influences successives. Durant ses années de maîtrise, il a côtoyé plusieurs condisciples qui seront de futurs musiciens, tels Joseph JOLY, Jacques DROUHIN

• 6 septembre 1771 : Le chapitre décide que CAILLOT, aîné des enfants de chœur, dont la voix est en mutation, sortira de la maîtrise à la Saint-Martin, c'est-à-dire au 11 novembre.

• Avril 1773, Beaune : Le chapitre collégial de Notre-Dame donne 10 livres à CAILLOT et SAUSSET choriaux qui ont été très utiles lors des célébrations pascales "tant en chantant les leçons de Jérémie qu’en faisant aujourd’huy les parties d’haute taille et de premier dessus aux musiques qui ont été exécutées".

• 8 octobre 1774 : Son père, André Caillot, meurt à Gerland, à une douzaine de km au nord de Corberon, où il était laboureur. Le jeune musicien a un peu plus de 18 ans.

• 14 mai 1777, Beaune : Le chapitre général attribue la petite allocation d'étude dite "pension Pomier" à "André CAILLOT, étant actuellement au séminaire", c'est-à-dire à Autun, où se trouve le séminaire diocésain. Il en va de même lors du chapitre général du 1er juin 1778, et à nouveau le 17 mai 1779. Le jeune homme se prépare à devenir prêtre.

• 23 décembre 1778, Beaune : André CAILLOT, chorial et habitué, est choisi pour porter la chape et faire fonction de sous-chantre à la place de maître Gérard LARBALÉTRIER. Il touchera pour ce faire les appointements ordinaires de 36 livres.

• 15 avril 1779, Beaune : Le chapitre de la collégiale accorde 64 livres pour lui servir de titre clérical à André CAILLOT, "qui est sur le point de se retirer au séminaire où il est rappelé pour le sous diaconat". Le soutien du chapitre beaunois à certains de ses anciens enfants de chœur est réel et s'inscrit dans la durée (voir aussi Nicolas ROZE, par exemple).
• 6 août 1779 : André CAILLOT "chorial en cette église" se rend chez le Doyen du chapitre pour l'informer qu'il s'est "depuis quelque temps secrètement engagé au service de la Sainte Chapelle de Dijon" et remercier la compagnie "des bontés qu’elle luy a témoigné". Le chapitre, sans doute passablement ulcéré, décide que désormais CAILLOT ne pourra plus "se présenter au chœur et y assister en habit d’église".

• 30 avril et 1er mai 1783, Dijon : André CAILLOT, musicien de la Sainte-Chapelle, demeurant rue du cloitre, paroisse Saint-Médard, représente les parents de Pierre JARLOT, lui aussi musicien de la Sainte-Chapelle, lors de la signature du contrat puis le lendemain lors de la célébration du mariage entre leur fils et Anne Fleury, fille d'un ancien perruquier. Maitre François RICHET prêtre chapelain de la cathédrale, est également présent le 30 avril. Tous trois sont d'anciens enfants de chœur de la collégiale de Beaune.

• 29 novembre 1788, Dijon : CAILLOT fait partie des musiciens qui, sous la direction de François COUET, jouent et chantent en l'église St-Jean-Baptiste, au mariage en grandes pompes d'une jeune "rosière" vertueuse avec un laboureur. L'orchestre est composé de plus de trente musiciens, amateurs, musiciens d'église et musiciens de la Comédie, tous venus bénévolement. On relève la présence, notamment, de BORGET, BORNE, BRICARD, JARLOT, LEFRANC, MALLOGÉ, MANDRAY, REGNAUD, SAGOT, tous repérés en poste au même moment dans des églises dijonnaises, ainsi que AUDROUX, PAPIAS et PAQUIER qui restent à éclairer.

1790, Dijon : André CAILLOT fait toujours partie des musiciens de la Sainte-Chapelle. Basse-taille, il est taillé à 30 sols, "retour de la rue devant le Palais", paroisse Saint-Médard. En tant que musicien d'Église, il est classé parmi les "ci-devant privilégiés". Ses revenus sont de 600 livres par an.
Sous la direction de COLIN, les musiciens de la Sainte-Chapelle sont alors Antoine BERTHOT, Nicolas BORNE, André CAILLOT, François DELAURIÈRE, Jean FAIVRE, Pierre-Alexandre FEUVRIER, Pierre JARLOT, Jean-Baptiste MILLOT, François PARISOT, ainsi que l'organiste Pierre-Philibert LAUSSEROIS. On trouve aussi mention de SIRJEAN et de REGNAUD... sur lesquels on est moins bien renseignés. Quatre chapelains étoffent le chant, MICHELIN, Pierre BOUCHÉ, Pierre-François GIGAUD et le "sous-chantre" LEBRUN. Longtemps musicien en titre à la Sainte-Chapelle, Jacques PAILLOT semble en 1790 n'y intervenir que ponctuellement en renfort, de même que le violoniste François BARY.
• 10 novembre 1790, Beaune : Les chanoines de la collégiale Notre-Dame, ayant sans doute reçu un courrier de sa part, décident de délivrer "au sieur CAILLOT [ancien] enfant d’aube un certificat de ses services dans cette église pour lui servir et valoir ce que de raison". Le musicien est en train de constituer son dossier de carrière pour obtenir des secours.

• 1791 : Il fait une demande de pension au Comité ecclésiastique. Il est âgé de 35 ans. Le district de Dijon propose de lui accorder une pension de 400 livres.
• 8 mai 1791 : André CAILLOT n'est pas intégré dans le plan de réorganisation de sa musique présenté par Volfius, Évêque de la Côte-d'Or, sans aucun doute inspiré par François COUET, le maître de musique de la cathédrale. On peut l'interpréter comme un indice d'un niveau jugé inférieur à celui des musiciens sélectionnés, ou alors d'une spécialisation vocale moins utile (une seule basse-taille a été retenue, Joseph BORGET).

• 1794, Dijon : En compagnie de nombreux autres ci-devant musiciens d'Église tels BORNE, DELAURIÈRE, FREYHAMER, LEFRANC, MILLOT ou SAGOT, le citoyen CAILLOT est engagé comme instituteur de musique à l'Institut de Musique nouvellement créé par la Municipalité. Il est chargé d'y enseigner le chant.

• Fin 1795, Dijon : André CAILLOT, musicien, demeure rue de la Monnoye, section du Centre, dans la maison du maître de musique de la ci-devant Ste-Chapelle. Cela signifie peut-être qu'il a acquis cette maison vendue au titre des biens nationaux.

• 19 pluviôse an X (8 février 1802) : André CAILLOT, "propriétaire à Dijon", 45 ans, est l'un des deux témoins de la déclaration de naissance de Jeanne Marie Zoé, fille de Jacques LEFRANC, professeur de musique, qui, en 1790, jouait du serpent à la cathédrale.

• 25 janvier 1809, Dijon : André CAILLOT, 52 ans, "propriétaire", se marie avec une jeune veuve native de Dijon, Bernarde Folque, 30 ans, "veuve de Platibert Rozand militaire pensionné décédé à Dijon le 6 mars 1806". L'ancien musicien demeure maintenant "Porte au Fermerot".
À cette même adresse naissent deux enfants : un garçon, Jean-Baptiste-Auguste-Placide, le 23 octobre 1809, et une fille, Catherine-Adèle, le 22 juillet  1812. Dans leurs deux actes de naissance, André CAILLOT est "commis à la préfecture".

• 8 juin 1829, Dijon : À huit heures du matin survient le décès d'André CAILLOT, à son domicile, rue des Champs n°26. Il est dit "âgé de 73 ans, ex employé à la préfecture de la Côte d'Or", et est toujours marié à Bernarde Folque. Les deux déclarants étaient tous deux présents déjà au mariage, en 1809, le fripier Antoine Racine étant alors donné comme un cousin germain de l'épouse, il était également déclarant de la première naissance, fin 1809. Le quincailler Claude Hubert était alors donné comme ami des époux.

Mise à jour : 11 avril 2018

Sources
Ad21/ 4 E 7/460 ; Ad21/ G 2554/2 ; F-Ad 21/ L 514 ; F-Ad21/ BMS Corberon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Médard, Dijon ; F-Ad21/ G 2066 ; F-Ad21/ G 2551 ; F-Ad21/ G 2552 ; F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ L 1797 ; F-Ad21/ NMD Dijon en ligne ; F-Am Dijon/ L 329 bis ; F-AmDijon/ 2 R1/1 ; F-An/ DXIX/093/820-2/50 ; Journal de ce qui s’est passé à Dijon…, 1789

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