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BOURDAIS, Jean Bonaventure (1702-1781 av.)
État civil
NOM : BOURDAIS     Prénom(s) : Jean Bonaventure     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LE BOURDAIS
LEBOURDAIS
BOURDET
Date(s) : 1702-9-7   / 1781 av.
Notes biographiques

Dans quelles conditions se fit l'apprentissage musical de Jean Bonaventure BOURDAIS à Laval, dans le Bas Maine ? Jusqu'à quel point les parents du jeune homme orientent-ils son avenir ? Cette famille lavalloise semble avoir été proche des clercs de La Trinité et de la collégiale voisine de Saint-Tugal. Il est, en tous les cas, certain qu'elle se souciait d'établir ses enfants. Deux fils deviennent  organistes, Jean Bonaventure et Guillaume Joseph BOURDAIS. Si le père Jean BOURDAIS tient bien la tribune de Saint-Tugal, nous avons une famille de musiciens.
Jean Bonaventure LE BOURDAIS quitte un jour sa tribune nantaise pour prendre la mer vers Saint-Domingue où il s'établit.

• 7 septembre 1702 , Laval [Mayenne] : Jean Bonaventure BOURDAIS est baptisé paroisse de La Trinité le jour de sa naissance. Il est le fils de Jean Bourdais et de Marie Picot. Le nom du parrain attire l'attention car il s'agit de Jean Picot dont on ignore ici s'il est organiste à la cathédrale de Nantes où un Jean PICOT exerce. La marraine ne signe. La famille Bourdais / Le Bourdais jouit manifestement d'une certaine aisance. Elle est propriétaire d'une vaste maison avec dépendances, sise au bas de la rue Reneuze [actuelle rue Renaise], au cœur de la paroisse de la Trinité. Les clercs de La Trinité et de Saint-Tugal semblent bien faire partie du réseau relationnel des Le Bourdais... Serait-il possible que le père de famille – que les actes paroissiaux disent "maître menuisier" ou "marchand" – soit ce Jean BOURDAIS qui, selon Jean-Marie Poirier, qui s'appuie sur A. Angot, touchait l'orgue de Saint-Tugal au début du XVIIIe siècle ?

• Jean Bonaventure a-t-il été enfant de chœur dans l'une des maîtrises de Laval ?  Il fut vraisemblablement l'un des enfants de Saint-Tugal (on ne possède plus de registre pour cette collégiale, qui entretenait une psallette et le plus important chœur de musique de la ville). Aurait-il pu apprendre la musique auprès de l'oncle putatif Jean PICOT ? Jean-Bonaventure a un frère cadet musicien : Guillaume LE BOURDAIS, né en 1708, qui deviendra prêtre et organiste à la cathédrale Saint-Julien du Mans.

• 23 janvier 1730-1748, Nantes [LA] : Jean BOURDAIS  remplace à l'orgue de la cathédrale Saint-Pierre Jacques COLESSE tombé gravement malade (RC A55). Ce dernier avait été reçu le 13 octobre 1721 consécutivement au décès de Jean PICOT organiste natif de Laval.

• Mars 1739, Nantes : Le chapitre alloue 50 livres à l'organiste de la cathédrale BOURDAIS "pour avoir montré le jeu de l'orgue à Michel GUICHARD, cy-devant enfant de choeur", et cela pendant six mois. BOURDAIS est certainement bon pédagogue car son élève est reçu comme organiste de la collégiale Notre-Dame de Clisson où il exerce avant son mariage et jusqu'à son décès en 1765.

• 29 février 1740, Le Mans [Sarthe] : L'organiste et prêtre de la cathédrale Saint-Julien, Guillaume LE BOURDAIS, demande et obtient l'autorisation "d'aller passer un mois à Nantes pour s'y former auprès de son frère".

• 26 août 1748, Nantes : Noble homme Jean Bonaventure BOURDAIS, originaire de Laval, fils de Jean Bourdais et de Marie Picot épouse Dame Marguerite Guillemot, veuve de feu noble homme François Ballan négociant. Elle vient de la Petite Anse au Cap, île de Saint-Domingue et demeure paroisse Sainte-Croix où se déroule la cérémonie. Un fils, François Ballan, est né de sa première union. Sont présents un frère, Marie Jean Bourdais, un notaire royal Alain Lelou ainsi que le fermier Jacques Nauliau. Ce mariage marque un point de rupture dans la vie de LE BOURDAIS. Il quitte Nantes, prend le large vers Saint-Domingue où il va s'établir avec sa femme.

• 1748-1749, Nantes [LA] : Selon les recherches de Lionel de La Laurencie (La vie musicale en province au XVIIIe siècle, 1727-1767, 1906), Jean DU ROCHER succède un court temps à Jean LE BOURDAIS avant l'arrivée de Mathieu DESFORATZ (RC du 21 février 1749). Il a donc quitté Nantes peu après son mariage.

• 1749-av. 1781, Saint Domingue : Les informations concernant la vie de Jean LE BOURDAIS sont sporadiques, connues par l'intermédiaire de l'état-civil de son fils Jean-Baptiste André né aux Antilles et des recherches sur les colons de Saint-Domingue qui indemnisent les deux enfants Ballan et Le Bourdais.

• [1754], Saint-Domingue : Selon les actes de mariage et de décès afférents, Jean-Baptiste André Le Bourdais a été baptisé à Petite Anse paroisse de l'Immaculée Conception vers 1754.

• Avant 1781, Saint-Domingue : Jean LE BOURDAIS, ex-organiste de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, meurt après avoir vraisemblablement eu une plantation et/ou sucrerie car deux enfants perçoivent une indemnité attribuée aux anciens colons de Saint-Domingue : François Ballan -dont le père était négociant nantais et la mère Marguerite Guillemot- possédait une sucrerie ainsi que des plantations de café et coton. Jean-Baptiste Le Bourdais uni à la famille Dupé, perd sa sucrerie dans un incendie en 1791.

• 27 novembre 1781, Ancenis [LA] : Le mariage de Jean-Baptiste Le Bourdais avec Marguerite Dupé est riche d'enseignements. LE BOURDAIS, "n.h." est décédé, sa femme est une Guillemot de Kergouet,  une famille originaire de la région de Pontivy [Morbihan], et le fils a été baptisé paroisse Notre-Dame de la Conception à Petite Anse au nord de l'île.  Le Bourdais est revenu au pays pour se marier, comme le fera son fils Pierre le 2 septembre 1821 (il est né à Saint-Domingue le 3 décembre 1784).

• 16 floréal an II [5 mai 1794], Nantes : Jean-Baptiste Bourdais, fils de Bonaventure BOURDAIS et Marguerite Guilmot veuve Ballan, né à la Petite Anse en Saint-Domingue, marié à Ancenis à Marguerite Dupé, meurt à l'hôpital à l'âge d'environ 40 ans. Marguerite Dupé s'éteindra quelques années plus tard à Nantes, le 24 février 1812.

La biographie de Jean Bonaventure LE BOURDAIS illustre un aspect de Nantes avec sa façade maritime, son activité portuaire qui sont appel au départ. TACET a fait sa carrière en Angleterre, le musicien protestant THEURER/TAYER part également pour Saint-Domingue...

Mise à jour : 10 octobre 2021

Sources
F-Ad44/ 3E 109/28 ; F-Ad44/ BMS Ancenis, St-Pierre ; F-Ad44/ BMS Nantes, Ste-Croix ; F-Ad53/ BMS Laval, La Trinité ; F-Ad72/ G 938 ; La Laurencie, La vie musicale...,1906 ; Site internet Domingino-Verlag

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