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Histoire de l'enquête Muséfrem

Plus de dix ans d'enquête de terrain

L’enquête MUSÉFREM (Musiques d’Église en France à l’époque moderne) est le prolongement inattendu d’un colloque qui, fin 2001, avait réuni historiens et musicologues au Puy-en-Velay à l’invitation du Centre d’Histoire «Espaces et Cultures» (CHEC) de l’Université Blaise-Pascal (Clermont-Ferrand). Ce colloque donna lieu à la publication d’un ouvrage de référence, dirigé par Bernard Dompnier : Maîtrises & Chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles… (voir bibliographie). L’une des communications, consacrée à l’itinérance des musiciens, était déjà une sorte de prototype artisanal de l’aventure scientifique à venir (Sylvie Granger, « Tours et détours des musiciens d’Église dans la France du centre-ouest aux XVIIe et XVIIIe siècles », p. 291-314).

L’idée d’une grande enquête collective dans les sources des débuts de la Révolution a mûri rapidement ensuite, et a pris corps en 2002-2003 : dès le 11 janvier 2002, une « réunion inaugurale » eut lieu à la Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand, à l’invitation de Bernard Dompnier. Y étaient présents notamment Jean Duron et Corinne Daveluy, du Centre de musique baroque de Versailles, Isabelle Langlois, du CHEC, Sylvie Granger, du CERHIO (Centre de Recherches Historiques de l’Ouest).

L’objectif scientifique était de rassembler les données utiles à une étude des professions musicales dans les institutions dont la vocation première était le chant de l’office. Les corps de musique des cathédrales et des collégiales, au premier chef, employaient la plupart des professionnels de la musique en France et servaient de pépinières pour la formation des musiciens de toutes catégories. L’étude des modalités de leur formation, du déroulement de leurs carrières, de leur place dans la société, ainsi que l’établissement d’une typologie des lieux de musique anciens, constituent un projet scientifique et intellectuel large et novateur.

La base de données prosopographiques est l’outil indispensable au service de ce projet.
La 1ère notice a été saisie dans l’ancêtre de la base actuelle le 11 mars 2003 (par Isabelle Langlois).
Cette première notice est consacrée à Charles CONAIN, chantre de la collégiale Notre-Dame de Clermont [aujourd'hui dans l’Oise] : elle concerne donc l’un de ces innombrables artisans obscurs qui partout en Europe faisaient vivre la musique religieuse et en vivaient. En ce sens, cette notice pionnière est donc bien représentative d’une large partie du corpus réuni : ce sont ces milliers de musiciens inconnus des provinces – ou des paroisses parisiennes –  qui font le sel de ce dictionnaire nouveau.

Toutefois, à côté des bataillons de Charles Conain, le corpus réuni dans la base Muséfrem comportera aussi quelques GIROUST, LESUEUR, BALBASTRE, COUPERIN, PLEYEL, JUMENTIER ou … le neveu de RAMEAU, bien sûr.

2004-2008 : les travaux se développent, présentant l’originalité de mener de front les dépouillements en archives et la construction de l’outil base de données, assumée au CMBV par Jérémy Crublet et Benoît Michel, les deux aspects influant sans cesse l’un sur l’autre, en synergie et évolution permanentes.

  • À l’origine portée essentiellement par le CHEC, avec l’appui irremplaçable du CMBV pour le développement informatique, l’enquête a d’abord démarré grâce à l’implication d’étudiants et de jeunes chercheurs de l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, autour de Bernard Dompnier. Dès 2005 elle donne lieu à une première publication scientifique (dans les Annales Historiques de la révolution Française).
  • L'enquête a peu à peu élargi son assise en fédérant des chercheurs dispersés, avec ou sans ancrage institutionnel (professeurs de lycées, de collèges, de conservatoires, actifs ou retraités). Ces divers contributeurs et contributrices, dont le nombre total sur la durée de l'enquête dépasse 80, étudiants, chercheurs bénévoles ou vacataires, ont permis des dépouillements d’une ampleur inégalée et l’aboutissement d’une enquête d’échelle véritablement nationale.
  • Au fil de ce processus, les participants ont été reliés par un actif forum internet (3 500 messages de 2005 à 2012) et par des rencontres régulières, formations techniques à la base de données, journées d’étude, colloques, indispensables pour ne pas perdre de vue les objectifs scientifiques du travail en cours.
  • En parallèle, plusieurs ouvrages, divers articles et des communications de colloques ont commencé à divulguer des premiers résultats, portant sur des corpus partiels : villes ou régions, femmes … Au fil des ans, l’enquête Muséfrem a déjà donné lieu à de nombreuses publications scientifiques [voir bibliographie].

2009-2013 : intégrée au sein du plus vaste programme MUSÉFREM, l’enquête a été soutenue de 2009 à 2013 par l’Agence Nationale de la Recherche, ce qui lui a permis de mener à bien le dépouillement méthodique des fonds de tous les dépôts départementaux, de faire évoluer la base de données vers un outil performant de notre temps et d’y commencer activement les saisies.

Au cours des années 2010 et 2011 ont été saisies en moyenne 220 notices document par mois, soit plus de 5 000 documents traités en deux ans.

Depuis 2013, l’équipe de la base de données continue à travailler activement en réseau pour terminer les saisies de documents et la rédaction des notices biographiques, afin d’aboutir à la mise en ligne de l’ensemble des biographies des musiciens d’Église actifs en France à la fin de l’Ancien Régime. Fondé largement sur l’engagement bénévole de quelques chercheurs, ce réseau a été renforcé ponctuellement par des étudiants des Universités de Clermont-Ferrand, du Maine et de Poitiers, un semestre de chercheuse à temps plein (Université du Maine) et l’appui durable du CHEC (travail d’Isabelle Langlois) et du CMBV (engagement de vacataires), ainsi que l’aide ponctuelle du CERHIO.
Des contributeurs nouveaux nous rejoignent régulièrement, ils sont les bienvenus : si vous souhaitez participer à cette grande aventure scientifique, contactez-nous à l'adresse : musefrem@cmbv.com

Pour l'équipe MUSÉFREM,
Sylvie GRANGER (mai 2014)

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