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DARNAULT, Jacques Regnault, le fils (1707-1774)

DARNAULT, Jacques Regnault, le fils (1707-1774)

État civil
NOM : DARNAULT     Prénom(s) : Jacques Regnault     Sexe : M
Complément de nom : le fils
Autre(s) forme(s) du nom : DARNAUT
DARNAUD
Date(s) : 1707-7-8   / 1774-1-30
Notes biographiques

À Orléans, Jacques-Regnault DARNAULT est dit, selon les sources, maître de danse, maître de musique ou symphoniste. Fils d'un ménétrier, il fréquente le milieu musical orléanais, y compris les musiciens des églises, et il épouse en premières noces la sœur de l'organiste Christophe MOYREAU. Durant les vingt dernières années de sa vie – au moins – il joue de la basse ou du "violon de chelles" à la cathédrale Sainte-Croix.

• 8 juillet 1707, Orléans : Sur les fonts de l'église paroissiale Saint-Donatien est baptisé Regnault-Jacques DARNAULT, fils de Jacques DARNAULT et de Julienne Trincard. Son premier prénom (souvent mentionné en second ultérieurement) lui vient de son parrain, Maître Regnault Chicoisneau. Mais il est probable que "Jacques" fut ensuite son prénom d'usage.
• Durant les années suivantes, de 1708 à 1728, Jacques-Regnault voit naître 15 petits frères et sœurs, tous baptisés paroisse Saint-Donatien, sauf un qui est baptisé paroisse Saint-Maclou, où la famille a résidé en 1714-1715 avant de revenir à Saint-Donatien.
Si lors de son propre baptême puis lors des deux suivants, son père est donné comme "boutonnier" ou "maître boutonnier", dès 1712 le boutonnier s'efface pour intégrer le monde de la musique et de la danse. Jacques-Regnault a alors 5 ans. Il ne connaîtra pas d'autre métier à son père que ceux de faiseur de violon, maître à danser et ménétrier. Parmi les nombreux parrains et marraines requis par ses parents, on note le père du futur musicien et maître à danser François MAUBAN, la femme de Marcou CRESPION et un "maître en fait d’arme" qui se dit "ecuier du Roy" et se fait appeler "Monsieur Nicolas Fremont de la Pierre"

• 7 octobre 1723, Orléans : Jacques "René" DARNAULT de la paroisse de Saint-Donatien tient sur les fonts baptismaux de la paroisse Notre-Dame du Chemin le douzième enfant du couple Mauban / Bourdin. Il a seize ans. Les deux familles sont liées : dix ans plus tôt son père avait été le parrain du 5ème enfant des Mauban, François. On peut imaginer les deux adolescents progressant ensemble dans l'apprentissage du violon et de la danse sous la conduite de Jacques DARNAULT père.

• 16 décembre 1736 : Le vicaire de Sainte-Catherine baptise une fille de l'organiste de Saint-Aignan, Christophe MOYREAU. Sa marraine est sa tante maternelle, Jeanne-Françoise Moyreau, et son parrain est... "Jacques René Darnaud", qui signe – assez maladroitement – "jaque renos darnault".
Le parrain et la marraine se marieront deux mois plus tard.

• 25 février 1737, Orléans : Dans l'église de Saint-Sulpice, paroisse où la famille réside désormais, Jacques-Regnault DARNAULT épouse Jeanne-Françoise Moyreau, sœur de l'organiste Christophe MOYREAU. L'acte de mariage n'indique aucun métier pour aucun des protagonistes, mais la signature "Christophe Moyreau org" vient rappeler l'état d'organiste du frère de la mariée... Quant au jeune marié, sa signature est caractéristique : "jaCque Regnault Darnault", avec le c du milieu de "jacque" plus grand, comme si c’était une majuscule. Son parrain, le sieur Regnault Chicoisneau, est présent.
• 28 novembre 1737 : Dans l'église de Saint-Sulpice, sa sœur Françoise épouse Firmin Baudeduy, fils d'un "faiseur de bas au métier" de la paroisse de St-Donatien. Il est présent et signe "jaCque rené darnault", sans qu'aucune profession ne soit indiquée le concernant. Leur père, en revanche, est cette fois qualifié de "ménétrier" par le curé.

• 7 décembre 1737 et 20 novembre 1738 : Le couple Darnault/Moyreau donne naissance très rapidement à deux premiers enfants, Jeanne-Françoise et Jacques-Jean. Lors du baptême du second, paroisse Sainte-Catherine, le père est dit maître de danse.

• 22 août 1738, Orléans : Sa mère Marie-Julienne Trincard, "femme de Jacques DARNAULT maître à danser", décède à l'âge d’environ 52 ans, paroisse Saint-Sulpice.

• 18 février 1741 : Décédée paroisse Sainte-Catherine à l'âge de 35 ans, Jeanne-Françoise Moyreau, "femme de Jacques René DARNAUT" est inhumée "dans le grand cimetière de cette ville" en présence de son beau-père, Jacques DARNAULT (dont la signature est déjà très tremblée) et de l'un de ses beaux-frères, Jean Darnault.

• 7 juillet 1741, Orléans : Dans l'église paroissiale Saint-Germain, Jacques Regnault DARNAULT se remarie, avec Marie-Marguerite Jousset, fille d'un "marchand". Le marié a quitté la paroisse Sainte-Catherine et habite maintenant paroisse de St-Pierre-Lentin. Son père est présent, avec sa seconde épouse, ainsi que Jeanne Patenotre, épouse du sieur MOYREAU, l'ancienne belle sœur de Jacques-Regnault.

• Quatre fils naissent successivement de cette nouvelle union : Jacques Louis le 28 mai 1742, Étienne-Renault le 15 septembre 1743, Aignan René le 11 février 1745 et Antoine le 24 septembre 1747, sur trois paroisses différentes, ce qui semble indiquer des changements de domicile fréquents et rapprochés.
 Lors du premier baptême, Jacques-Regnault DARNAULT est dit "maître à danser et musicien en cette ville", lors du troisième "maître à danser et musicien simphoniste", et "maître de danse" tout court lors du quatrième Pour marraine du troisième fils, il choisit sa belle-mère, "Dame Marie Guillot, femme de Jacques DARNAULT maistre à danser d’Orléans". Deux des parrains appartiennent au monde des petits officiers de justice ("procureur au Chastelet d’Orléans", "procureur au Consulat d’Orléans") : peut-être des pères d'écoliers du maître à danser ?

• 8 avril 1752, Orléans : Le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix rembourse 11 livres 16 sols au sieur DARNAUD "pour avances par luy faittes pour le violon de Chelles". Le maître de la cathédrale est alors André HATTON.

• 20 décembre 1757, Orléans : "Au cimetière commun de cette ville" est inhumé Jacques Darnault, 19 ans, fils de Jacques "Renaud" DARNAULT et de Jeanne-Françoise Moyreau, en présence de son grand-père Jacques DARNAULT. Est aussi présent l'oncle maternel du jeune défunt, Christophe MOYREAU, alors organiste de la cathédrale. Le jeune défunt était l'enfant baptisé Jacques-Jean, né le 20 novembre 1738.

• 29 octobre 1761 : Marie-Marguerite Jousset, "femme de Renault Jacques DARNAULT, âgée de 55 ans, décédée de la surveille", est inhumée dans le grand cimetière. Ce second mariage a donc duré vingt ans.

• Janvier 1762, Orléans : Parmi 21 autres personnes nommément désignées (2 femmes et 19 hommes), le nom de DARNAULT, 2ème violon, figure pour la somme de 120 livres dans un projet de budget de l'Académie d'Orléans pour l'année qui commence, seul document de ce type sauvegardé à Orléans. Cette académie relancée et dirigée par François GIROUST regroupe à la fois des musiciens d'Église (FOUCART, MOYREAU, GOURGOULIN, BUDON, LEVÊQUE, FRANÇOIS...) et des maîtres indépendants comme Darnault (Charles-Florent BRANCHE, MAUBAN)... Ce 2ème violon pourrait à la rigueur être son père, Jacques DARNAULT, toujours vivant alors, mais il a 80 ans. Il semble plus vraisemblable qu'il s'agisse de lui, Jacques-Regnault, alors âgé de 55 ans, ce qui correspond davantage aux autres tranches d'âges représentées à l'Académie.

• Jusqu'en 1762, Jacques Regnault DARNAULT compose et règle les ballets exécutés en intermède lors des représentations théâtrales au collège jésuite. Les Jésuites quittent Orléans en août 1762.

• 10 avril 1770, Orléans : Au cimetière de la paroisse St-Paul, Jacques Regnault DARNAULT assiste à l'inhumation de son père, Jacques DARNAULT, lequel malgré son grand âge (89 ans) est toujours qualifié de maître de danse. Est aussi présent le beau fils du défunt, Guillaume SAINSART [lui aussi devenu maître de danse].

• 29 juillet 1772, Orléans : Sa fille Marie-Marguerite décède sur la paroisse Saint-Maclou, à l'âge de 24 ans, après avoir reçu les sacrements. Le surlendemain, elle est inhumée "dans le cimetière commun de cette ville…  après le service célébré dans cette église". Elle était "fille de Jacques Renaud DARNAUD maître de danse de cette ville et de défunte Marguerite Jousset". Parmi les présents au convoi, on reconnaît Guillaume SAINSARD.
• 3 août 1772, Orléans : Jacques-Regnault DARNAULT "muzicien et maitre à dancer demeurant à Orléans rue des Trois Maries parroisse Saint Maclou, étant au lit mallade de corps, néanmoins saint [sic] d’esprit, mémoire et entendement" dicte son testament. Le principal objet de ce testament est de désigner un exécuteur testamentaire, "monsieur Alix, chanoine de l’église de Saint-Aignan d’Orléans" : une trace de plus des liens entre ce maître de danse et les milieux capitulaires orléanais.

• Juin 1773 : Jacques-Regnault DARNAULT emménage dans un petit appartement de l’Hôpital, composé "d’une petite chambre à cheminée donnant sur la première cour dudit hôpital", d’une pièce à côté, avec notamment un secrétaire en acajou garni de tiroirs "dans lequel s’est trouvé un tas de papier de musique", et à l’étage d’une troisième chambre, où sont rangés une partie des vêtements, des livres, mais aussi un pupitre, "un dessus de violle démonté et trois violons d’enfans" ainsi que "plusieurs cahiers de musique tant reliés en carton que brochés et divisés". On trouve en effet dans les dettes passives acquittées par la succession "trois livres au nommé Breton pour avoir délogé les meubles dudit deffunt à la St-Jean 1773", ce qui permet de dater cet emménagement de la fin du mois de juin 1773.

• 1er février 1774, Orléans : "Décédé de la surveille", à l’hôpital général, sieur Jacques DARNAULT, maître de musique, âgé d’environ 66 ans, est inhumé dans le cimetière de la paroisse Saint-Laurent, en présence des sieurs Guillaume SAINSARD, son beau-frère, et Claude-Étienne Pisseau, huissier, son cousin. Parmi les signataires de l’acte, on remarque "Foucher, chanoine de l’église d’Orléans, prieur baron de St Laurent".
Le 25 mars, Les Affiches de l'Orléanois publient une annonce émanant du notaire Sonnier réclamant le paiement des leçons de danse restant dues : "Les personnes à qui le Sr DARNAUD, maître de danse à Orléans, montroit à danser, sont priées par ses héritiers de vouloir bien envoyer retirer leurs cachets chez M. Sonnier, notaire, rue des Pâtoureaux. Ils osent se flatter qu’on leur épargnera le désagrément d’aller les présenter dans les maisons". Cette notation éclaire utilement la place du crédit dans la société ancienne.

Son unique héritier est son fils Louis-Jacques (celui qui était né en 1742). En avril 1774 lors du règlement de la succession, il est perruquier pour dames et demeure à Rennes. Un autre de ses fils, Aignan, est mort soldat à Pavie le 12 avril 1771. Les autres sont probablement morts enfants.
Sa jeune sœur Marie-Thérèse (1723-1786), qui demeurait auparavant à Beaugency, s'installe à Orléans comme maîtresse de musique et de danse à une date indéterminée, au plus tard courant 1777 puisqu'elle figure dans le Calendrier historique de l'Orléanais pour l'année 1778 : "Mlle Darnaud, devant Ste. Catherine, pour la Danse, la Vielle & le Psaltérion".

• • • Bibliographie :
         Sylvie Granger, Danser dans la France des Lumières, Rennes, PUR, 2019, 442 pages.

Mise à jour : 17 août 2019

Sources
F-Ad45/ 51 J 4 ; F-Ad45/ BMS ND du Chemin ; F-Ad45/ BMS St-Donatien ; F-Ad45/ BMS St-Germain, Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Laurent ; F-Ad45/ BMS St-Maclou d'Orléans  ; F-Ad45/ BMS St-Maurice ; F-Ad45/ BMS St-Paterne ; F-Ad45/ BMS St-Paul ; F-Ad45/ BMS St-Pierre-Ensentelée ; F-Ad45/ BMS St-Sulpice ; F-Ad45/ BMS St-Vincent ; F-Ad45/ BMS Ste-Catherine ; F-BmOrléans/ Affiches de l'Orléanois ; FAd45/ BMS St-Sulpice ; FAd45/ BMS Ste-Catherine ; Herluison et Leroy, "Notes artistiques…", 1897  ; S.Granger, Danser dans la France des Lumières…, 2019

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