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LAKAIRIE, Jean-Baptiste (1765-1822)
État civil
NOM : LAKAIRIE     Prénom(s) : Jean-Baptiste     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LAKAYRIE
LAQUERIE
LAQUEYRIE
LAKEYRIE
LAKAIRY
Date(s) : 1765-2-17  / 1822-4-19
Notes biographiques

Jean-Baptiste LAKAIRIE est un musicien aurillacois, membre d'une famille de musiciens de cette ville. Surtout connu à partir de la Révolution, grâce au matériau qu'il a réuni pour la publication de ses mémoires et des annales de la ville (1787-1818), il a débuté sa carrière à l'Église, comme enfant de choeur puis comme choriste.

• Jean-Baptiste LAKAIRIE est né le 17 février 1765 à Aurillac, paroisse Saint-Géraud. Il est le fils de Géraud LAKAIRIE, choriste de l'église paroissiale Saint-Géraud d'Aurillac et de Marie Noël. Il est le petit-fils d'Antoine LAQUERIE, chantre laïc à la collégiale Saint-Géraud d'Aurillac, qui figure parmi les premiers musiciens recrutés lors de la fondation de la maîtrise en 1747.

• [1770 ca-1782 ca], Aurillac : Il a été enfant de chœur de 5 à 17 ans dans le chapitre Saint-Géraud. Dans ses notes, il désigne Guillaume LAGÉ comme ayant été son maître.

• 1777 : Jérôme Vernhes de Boussac lui donne l'argent nécessaire, 6 livres, afin qu'il puisse acheter son premier violon, sur lequel il apprend à jouer des danses. Cet ex-jésuite devenu membre de la collégiale, qui distribue son casuel aux enfants de choeur, sera son mentor.

• 1778-1784, Aurillac : Il étudie au collège tenu par les Frères des Écoles chrétiennes, sautant la classe de 5e.

• [1785 ca]-[1790], Aurillac : Il est employé comme choriste à la collégiale Saint-Géraud. Il décrit certaines cérémonies du chapitre : "En général, les offices se célébraient avec beaucoup de pompe et de décence. Les jours de fête, le choeur était assez bien monté : il y avait de bonnes voix parmi les prébendés. Les chanoines ne célébraient ordinairement que le dimanche... le dimanche il y avait une messe à midi, ou « messe des paresseux »".

• 1er mai 1787, Aurillac : il épouse Christine Gueudry, fille de Nicolas Jean GUEUDRY, originaire de Rouen et organiste à la collégiale Saint-Géraud depuis 1763, en présence d'[Antoine] Joseph CRÉMONT, son beau-frère, musicien dans cette même collégiale.

• Jean-Baptiste LAKAIRIE ne figure pas dans le tableau des charges du chapitre Saint-Géraud dressé en 1790. Est-il encore en poste à la fermeture du chapitre ? En décembre 1790, il écrit : "16 décembre 1790, clôture du chapitre de Saint-Géraud".

• Assisté de Crémont (sans doute l'aîné), il orchestre la fête de la Fédération de 1791 à Aurillac.

• Il est membre du Club des Jacobins d'Aurillac, qu'il a contribué à fonder. Il admire Camille Desmoulins et Loustalot.

• A partir de 1792, il obtient plusieurs postes successifs dans les nouvelles administrations aurillacoises (district, département).

• 4 janvier 1793, Aurillac : Il est élu commis du Conseil du département du Cantal.

• 1793 : Il détruit plusieurs volumes de ses notes concernant la Révolution (1789-1793), pour échapper aux suspicions révolutionnaires.

• 31 janvier 1794 [12 pluviôse an II], Aurillac : Il déclame une ôde en l'honneur du représentant en mission Jean-Baptiste Bô lors d'une séance de la société populaire, L'autre jour Lucas dans la prairie, ce qui occasionne son emprisonnement à l'issue du banquet "de bons républicains sans culottes ennemis des traîtres et des fripons le 12 pluviôse an II". Il est remis définitivement en liberté par un arrêté du Comité de Sûreté générale du 2e sans-culottide, le 19 septembre 1794. II figure pourtant sur la liste des gens suspects à faire arrêter que l'on trouve chez Carrier lors de la saisie de ses papiers ; au numéro 18 son nom figure en toutes lettres avec cette mention "émissaire dispendié par Roland pour distribuer des diatribes hypocrites, le prônant partout jusque dans les campagnes ; ennemi et calomnieur de la montagne ; grand artisan du marais : provocateur de la force départementale et du fédéralisme". Libéré, Lakairie loue le Directoire et célèbre le retour en grâce de ses compagnons politiques girondins.

• Juin 1794 [prairial an II], Aurillac : Il est chargé d'organiser la fête de l'Être suprême. La grande fête a lieu place de la Révolution (Foirail, auj. place du Square). Il s'agit d'un spectacle à l'antique organisé par LAKAIRIE, Cahouet ingénieur, Fau dessinateur-géographe et CRÉMONT musicien [aîné ou cadet ?]. Les autorités lui demandent aussi d'installer une salle de spectacle pour y jouer les pièces révolutionnaires en vogue à Paris.

• En l'an III, il fonde un journal, Décadaire du Cantal, qu'il publiera de ventôse an III à vendémiaire an IV. Il compose 3 chansons contre la Montagne et s'investit dans les cérémonies républicaines.

• Novembre 1794 : La venue du thermidorien Musset à Aurillac suscite la composition par Lakairie de quelques vers chantés, Français le signal est donné.

• Novembre 1795 [Brumaire an IV]-an X, Aurillac : Il exerce les fonctions de commis principal de l'administration départementale puis de la préfecture, tout en continuant à composer des chansons pour les fêtes, les victoires, les pompes funèbres des généraux (Hoche en l'an IV, Joubert en l'an VIII), puis pour Napoléon (1807).

• En 1795 la commission des finances de la Convention demanda que les orgues fussent vendues "pour en faire des balles", écrit LAKAIRIE. Le 13 thermidor, la même commission décida de suspendre cette vente.

• Couplets chantés le 12 brumaire an VI (2 novembre 1797) au théâtre de la rue de Lacoste à Aurillac A la paix, Dans le coeur d'une cruelle.

• Sous l'Empire, il ouvre un salon littéraire.

• En l'an XIII [1804-1805] : Lors d'un voyage à Paris, il réside au 368 rue Jean-Jacques-Rousseau, à proximité de la demeure où avait habité le philosophe. Le 11 frimaire an XIII [2 décembre 1804], il participe à la fête des époux, rémunéré par l'administration d'Aurillac.

• 26 décembre 1804 [5 nivôse an XIII], Aurillac : Il est un des membres fondateurs d'une société d'une soixantaine d'instrumentistes constituée pour donner une dizaine de bals annuels dont [Antoine] Crémont semble être le principal animateur. L'entreprise assoie sa réputation par la distribution d'une partie de ses bénéfices aux pauvres (300 livres en l'an XIII) et par ses interventions au profit des entrepreneurs de spectacles de passage (le maître de musique de la troupe de M. Thomire, de son fils et de Mlle Jaume, jeune cantatrice). Professionnels et amateurs se mêlent pour animer les bals.

• 1806 : Il crée un 2nd journal, le Bulletin du département du Cantal, feuille officielle dont la direction et l'impression lui furent rapidement retirées.

• Début 1806, Aurillac : "CRÉMONT père" [Antoine ?], "CRÉMONT fils" [Pierre ?] et Jean-Baptiste LAKAIRIE organisent un bal masqué dans la salle de bal de la société.

• 1806-1807 : LAKAIRIE interrompt ses notes personnelles.

• 1807-1808 : Il participe, au château de Comblat [Vic-sur-Cère, Cantal], à la fondation d'une société littéraire.

Lakairie répond à des commandes de travaux savants : une lettre du sous-préfet de Mauriac sur les antiquités de son arrondissement en 1810, une autre du maire d'Aurillac sur l'histoire de la ville en février 1815, des notices sur l'histoire ou la géographie des différents lieux du Cantal, un Mémoire sur le monastère de Montsalvy (1816) avec un intérêt permanent pour les choses de l'Église.
Sa bibliothèque révèle ses goûts pour les sciences humaines. Il admire Chateaubriand.

• Son fils aîné, jeune orfèvre, meurt devant Moscou après s'être engagé dans les Chasseurs à cheval.

• 1814 : Lakairie devient archiviste de la municipalité d'Aurillac.

• 1816 : Il publie chez Viallanes, à Aurillac, Détails sur la tentative faite par les calvinistes pour surprendre la ville d'Aurillac, le 15 août 1581, puis, en 1819, un petit manuel pratique pour connaître l'histoire et les administrations de son département arrondissement par arrondissement : Tableau chorographique et historique du département du Cantal. Il entretient à cette occasion un réseau de correspondants (Gaultier de Biauzat, Jean-Baptiste Tailhand et Dulaure).

• Mai 1820 : Il sollicite le comte de Gouy pour obtenir une place dans l'administration.

• 19 avril 1822, Aurillac : Jean-Baptiste LAKAIRIE décède à Aurillac, rue Mandon, chez le sieur Tible, à l'âge de 57 ans. Il est dit "sans profession".

••• Bibliographie :
Philippe Bourdin, "Confessions d'un enfant de chœur : Jean-Baptiste Lakairie (1765-1829)", dans Bernard Dompnier (dir.), Les Bas choeurs d'Auvergne et du Velay. Le métier de musicien d'Église aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2010, p. 205-254.

Mise à jour : 16 décembre 2016

Sources
F-Ad15/ 2 E 14 / 275-278, vue 121/389 ; F-Ad15/ 5 Mi 32/2, vue 235/382 ; F-Ad15/ 5 Mi 516/2, vue 155/388 ; F-Ad15/ L 20
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1785 ca  / 1790-12 ?
Lieux :  Collégiale Saint-Géraud (AURILLAC)  
Fonction :  choriste (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : marié    

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