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NICOLON, Claude Edme Emmanuel, dit LENOIR (1759-1785)

NICOLON, Claude Edme Emmanuel, dit LENOIR (1759-1785)

État civil
NOM : NICOLON     Prénom(s) : Claude Edme Emmanuel     Sexe : M
Complément de nom : dit LENOIR
Autre(s) forme(s) du nom : LE NOIR
Date(s) : 1759-12-24   / 1785-9-7 
Notes biographiques

L'itinéraire professionnel de LENOIR suit un cursus assez classique qui le mène de l'habit rouge d'enfant de chœur à la soutane noire du maître de musique, de la Sainte-Chapelle de Paris à la Sainte-Chapelle de Dijon. Toutefois plusieurs étrangetés jalonnent sa vie. Son nom tout d'abord, qui n'est pas réellement son patronyme de naissance. Son renvoi brutal du poste de maître à Senlis où il semblait antérieurement donner toute satisfaction. Enfin son décès précoce, à moins de 26 ans, peu de temps après avoir obtenu le poste de Dijon, où ses talents, en particulier de compositeur, semblaient lui promettre un bel avenir.

• 24 décembre 1759, Conflans-Sainte-Honorine : Claude-Edme-Emmanuel NICOLON, fils de Claude Nicolon, "architecte en cette paroisse" (Saint-Maclou), et de Marie-Françoise Baudouin son épouse, voit le jour ; il est porté le lendemain, jour de Noël, sur les fonts baptismaux de Saint-Maclou. Son parrain est Edme Dufour, bourgeois de Paris, sa marraine Claude-Françoise Henry, femme de Hugues-Jean-Baptiste Crêpin, marchand à Conflans-Sainte-Honorine.

• 6 juin 1767, Paris : Succédant à DEFER, "ancien des enfants de chœur", sorti le 3 juin, Claude-Edme-Emmanuel LENOIR est reçu enfant de chœur à la maîtrise de la Sainte-Chapelle. LENOIR est donc un surnom dont l'origine est pour l'heure inexpliquée, qu'il a pris – ou que l'on a pris pour lui – très tôt. Le maître de musique de la Sainte-Chapelle de Paris est alors, depuis 1758, François-Robert DORIOT.

• 4 juin 1777, Paris : L'enfant de chœur Claude-Edme-Emmanuel LENOIR sort de la maîtrise avec récompense. Il a été entièrement formé par François-Robert DORIOT, qui l'aidera ensuite à trouver un poste.

• Septembre-octobre 1781, Senlis [Oise actuelle] : Après la démission de son maître de musique, Louis Marcel BAYART, fin septembre, le chapitre de la cathédrale a écrit à "M. DORIAU [sic] Maître de musique de la Sainte Chapelle". La réponse de DORIOT "par laquelle il offre un de ses élèves âgé de 23 ans, clerc tonsuré, pour être notre maître de musique" arrive à Senlis le 8 octobre. Le 15 octobre, les chanoines demandent à leur Grand Chantre de donner "des paroles" (sur lesquelles composer de la musique) "au jeune homme qui se présente pour être maître de musique afin que l’on puisse juger de ses talents". Un autre candidat au "concours" (terme employé par le registre capitulaire) au moins est connu : le sieur VAN HECKE.
Le 27 octobre le chapitre engage LENOIR comme maître de musique de la cathédrale Notre-Dame. Le haute-contre HAVARD a assuré l'intérim et tenu la maîtrise avec son épouse, par ailleurs, c'est le grand enfant de chœur qui a composé et dirigé la musique lors du Te Deum célébré quelques jours avant l'installation de LENOIR.
Celui-ci revient à Senlis le 5 novembre et le chapitre lui verse 30 livres "pour ses voyages". La décision est prise de lui faire faire systématiquement "double partition", c'est-à-dire une copie de chacune de ses compositions qui sera archivée par le chapitre. Du papier à musique est commandé à Paris. Quelques jours plus tard, on rembourse 18 livres au jeune maître pour un solfège d'Italie.

• 13 mai 1782, Senlis : Un premier incident – dont on ignore la nature exacte – oppose un chanoine, M. Coderelle, au maître de musique. Celui-ci est mandé en chapitre : "Il lui a été enjoint d’être plus circonspect à l’avenir et d’aller faire ses excuses à mondit Sr Coderelle chez lui".
• 16 juillet 1782, Senlis : À l'inverse, lors du premier examen approfondi que les chanoines font passer aux huit enfants de chœur après un semestre de travail sous l'autorité du jeune homme, le chapitre affiche sa satisfaction "tant en faveur desdits enfants qu’en faveur du maître qui les a si bien instruits". Les deux aînés, BRETEUIL et Jean-Louis CHRISTOPHE, ont présenté des morceaux de leur composition qu’on leur a permis de faire exécuter, puis ont "chanté sur le livre". Les six autres ont été testés sur des morceaux choisis au hasard par les chanoines dans le solfège d'Italie.

• Les années suivantes, la même satisfaction capitulaire est de mise. En août 1784 encore, lorsque se présentent devant lui les enfants de chœur, ayant à leur tête leur maître, LENOIR, "le chapitre après les avoir entendus leur a témoigné sa satisfaction et les a encouragés à travailler de mieux en mieux et de mériter de plus en plus les bontés du chapitre". Ce jour-là, un enfant prometteur, PROUTEAU, est particulièrement récompensé.

• 18 octobre 1784, Senlis : LENOIR, maître de musique de la cathédrale, est brutalement renvoyé, sans que les raisons de cette décision soient explicitées dans le registre capitulaire. En même temps, le chapitre licencie la domestique de la maîtrise et deux enfants de chœur, PROUTEAU et LEBLOND. S'il revient quelques jours plus tard sur cette décision concernant la servante et les enfants, il la maintient concernant le maître, dont le départ est orchestré dans les jours qui suivent. Le chapitre décide que "la musique du sieur LENOIR lui sera remise", ce qui n'est pas courant, ajoutant cependant "à l’exception des parties". Ses honoraires lui sont payés jusqu'au 1er novembre. Un certificat lui est délivré, attestant "que ledit sieur LENOIR a du talent pour la musique et est exact aux offices".
C'est le musicien haute-contre Jean Antoine HAVARD qui est chargé des enfants de chœur jusqu'au recrutement d'un nouveau maître, à la veille de Noël, Nicolas LALLIER.

• [Vers la Toussaint 1784], Dijon : Le sieur LENOIR est reçu maître de musique à la Sainte-Chapelle de Dijon. La période étant mal documentée, on peut toutefois penser qu'il succède à Laurent DUPUY, qui avait été reçu en août 1780 et avait alors signé un contrat pour une durée de... 29 ans ! Parmi ses plus ou moins lointains prédécesseurs encore vivants en 1790, on peut citer François Robert DORIOT, qui avait été son maître à la Sainte-Chapelle de Paris, Pierre POLLIO et Jean-Claude-Augustin GUIGNET.

• 7 septembre 1785, Dijon : Est "décédé à la maîtrise de la Sainte Chapelle du Roy à Dijon le sieur Claude le Noir, clerc tonsuré du diocèze de Paris et maître de musique en ladite Sainte-Chapelle, et le même jour il a été inhumé dans le préau du cloître de ladite Eglise en présence des sieurs Bouché et Rigaud Prêtres soûchantres de lad. Eglise soussignez". Il n'avait pas encore 26 ans. Il convient de préciser que depuis 1753 les inhumations sont très rares à la Sainte-Chapelle : en étant inhumé dans le préau du cloître et en étant inscrit sur le registre spécifique des décès de la Sainte-Chapelle, LENOIR a bénéficié d'un privilège exceptionnel. Il était pourtant resté moins d'un an en poste.
Le jour même, le procureur de la Sainte-Chapelle du Roy à Dijon fait apposer un scellé sur tous les meubles et effets du défunt par l’huissier Airchin, greffier commis en la justice de la Sainte-Chapelle, qui en dresse procès verbal. Puis le procureur "écrit dans le pays pour connoitre les noms qualités et demeures des héritiers présomptifs dudit deffunt".
 • 21 septembre 1785, Conflans-Sainte-Honorine : En présence de  Louis CARBONNIER, clerc laïc, la mère du défunt, sa seule héritière, établit devant notaire une procuration pour recueillir la succession de son fils à Dijon. Elle demande que la succession à elle échue soit "remise à Monsieur l’abbé Boriot, bénéficier de la Ste-Chapelle".
• 3 octobre 1785, Dijon : Le représentant de la veuve Lenoir, Mr Philippe Legras, procureur au Parlement de Dijon, demande et obtient main levée des scellés apposés sur les meubles et effets de la succession et promet de payer les frais de justice.

Selon J.-E. Doussot, a été conservé un manuscrit de LENOIR contenant sept psaumes, un Ave Maria Stella, un Kyrie, Gloria et Credo à quatre voix, un Domine salvum, le cantique Cantemus Domino. Il porte la date de 1785.
À la Sainte-Chapelle lui succède le sieur François COLIN, clerc tonsuré, qui restera en poste jusqu'à la suppression du chapitre, fin 1790.

Mise à jour : 27 décembre 2018

Sources
F-Ad21/ B2 1003/7 ; F-Ad21/ BMS Dijon ; F-Ad60/ 1MI/ECA612R17 ; F-Ad60/ G 2338 ; F-Ad78/ 5MI879 ; J.-E. Doussot, Musique et Société à Dijon..., 1999 ; M. Brenet, Les Musiciens de la Sainte-Chapelle..., 1910 ; M. Brenet, Les musiciens de la Ste-Chapelle du Palais

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