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PAINGAULT, René (1697-1769)
État civil
NOM : PAINGAULT     Prénom(s) : René     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : PAINGAUT
PINGAULT
Date(s) : 1697-12-21   / 1769-12-18 
Notes biographiques

Quoiqu'il semble avoir été un organiste de second rang, les dépouillements complémentaires de l'équipe Muséfrem permettent de suivre René PAINGAULT dans plusieurs de ses postes successifs. Ainsi se dessine l'itinéraire d'un organiste et psalteur allant du Maine au Berry, de petits établissements réguliers à de petites collégiales qui étaient à la recherche d'un profil polyvalent. Renvoyé de son dernier poste de Saint-Aignan-sur-Cher, il meurt peu après, en 1769.

• 21 décembre 1697, Juigné-sur-Sarthe, village limitrophe de la petite ville de Sablé-sur-Sarthe [Sarthe] : René PAINGAULT vient au monde et il est baptisé le jour même. Il est le fils de René et de Françoise Perdrix. La profession paternelle n'est jamais mentionnée mais on sait que René ne sait pas signer.

• 5 octobre 1700, Juigné-sur-Sarthe : Son père meurt. Un frère posthume est baptisé le 19 avril 1701. Le 14 février 1716, sa mère, qui demeure au village de Port, se remarie avec Hilaire Métaireau.

Quelle formation a reçu le jeune PAINGAULT? En face de son village, sur l'autre rive de la Sarthe se dresse à deux kilomètres le prieuré bénédictin de Solesmes dépendant de l'abbaye mancelle de La Couture (50 kilomètres plus au nord). A-t-il été amené par ce biais à entrer dans une psallette mancelle? Peut-être aussi a-t-il été formé à Angers (50 kilomètres plus au sud), ce qui expliquerait l'orientation géographique de son début de carrière.

• Début 1729, Chemillé-en-Anjou [Maine-et-Loire] : Il demeure dans cette petite ville des Mauges, paroisse Notre-Dame comme le mentionne l'acte qu'il signe en juin 1729. Il est possible qu'il soit en poste à la collégiale Saint-Léonard. Il se trouve alors à 88 kilomètres au sud-ouest de son village natal.

• 8 juin 1729, Seiches-sur-le-Loir, localité située à mi-chemin entre La Flèche et Angers [Maine-et-Loire], à 50 kilomètres au sud-ouest de Chemillé : René PAINGAULT, organiste, signe un marché pour "pour toucher l'orgue du couvent et apprendre le plain-chant aux jeunes religieux" du prieuré de Sainte-Croix-du-Verger située sur cette paroisse, à proximité du château du Verger. L'établissement est composé de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin. Il était accolé au château du Verger, construit par la maréchal Pierre de Rohan-Gié dans la première moitié du XVIe siècle [et démoli à partir de 1776]. L'organiste se trouve depuis un mois au couvent où il est logé dans la maison des hôtes, sans doute le temps de convaincre la communauté de son talent. L'acte notarié récapitule l'ensemble de ses obligations : "[...] toucher l'orgue dudit couvent à la grande messe et aux vespres toutes festes et dimanches pendant trois années entières parfaittes et consécutives, qui ont commencé le quinze may dernier et finiront à pareil jour de l'an 1732, de leur ayder au chœur à chanter la première messe de fondation tous les jours sur semaine, et à psalmodier les petittes heures, et d'enseigner autant qu'il sera en son pouvoir le plain chant aux jeunes Religieux dudit couvent qui voudront l'apprendre, d'entretenir pendant lesdits trois années ledit orgue en bon état, (à l'effet de quoy luy sera par lesdits sieurs Chanoines fourny de masures, lorsqu'il en sera besoin), et de le rendre à la fin dudit temps bien jouable au jugement de connoisseur que lesdits sieurs Chanoines feront venir lors de l'expiration desdites trois années, dont luy sera par eux donné décharge au pied des présentes". En contrepartie, René PAINGAULT aura "son logement audit couvent du Verger, sera noury au Réfectoire et à la table desdits sieurs Chanoines, et reblanchy à leurs dépens pendant lesdites trois années, au bout desquelles ils consentent qu'il se retire ou bon lui semblera, si autre convention n'est faitte entr'eux à la suite". Ses revenus annuels sont fixés à 60 livres payables en deux versements égaux dont le premier sera acquitté le 15 novembre à venir.

• 3 août 1729, Le Mans : Le Sieur René PAINGAUT est engagé par les chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin de l'abbaye Notre-Dame de Beaulieu (sur la rive droite de la rivière Sarthe) "en qualité d'organiste à condition qu'il fera la barbe, les commissions et la crédence". Il sera nourri et touchera en sus 21 livres par an. Il est donc très faiblement rémunéré. À ce fixe de 21 livres, s'ajoutent cependant la nourriture, poste important de dépense au quotidien (mais il ne semble pas logé à l'abbaye), et d'autres petites sommes occasionnelles, comme les 6 livres qu'il touche en prenant son poste "pour avoir racomodé l'orgue".

• 3 octobre 1730, Le Mans : René PAINGAULT quitte l'abbaye de Beaulieu. Ce jour-là, il reçoit 40 livres 12 sols, "au moyen de quoy quitte avec luy jusqu'à ce jour". Quelques jours plus tard, le 1er novembre 1730, est engagé Julien BROUSSIN.

• 13 octobre 1731, Chemillé-en-Anjou : Après que toutes les oppositions aient été levées par sentence rendue par l'officialité de l'évêché d'Angers le 6 octobre précédent, il est procédé à la réhabilitation du mariage célébré dans la paroisse de Bourgneuf [-en-Mauges] le 6 août précédent "et depuis déclaré nul et invalide" entre René PAINGAULT, organiste, âgé de 32 ans et Marie Christine Jurois, âgée de 22 ans, en présence de René Antoine Binet, sieur de la Houssaye, écuyer, gendarme du Roi, d’Étienne Rivière et Michel Rivière, sacristains de cette Église, de Jean Joseph Bouletreau, cordonnier, tous paroissiens qui tous signent dont "Paingault". La distance entre les deux postes s'élève à 124 kilomètres en parcours pédestre. Il est u quatre paroisses à Chémillé mais PAINGAULT doit être en fonction à la collégiale Saint-Léonard où un organiste est attesté en 1790. La paroisse de Bourgneuf-en-Mauges est située à 16 kilomètres environ au nord-est de Chemillé.

• 10 août 1747, La Ferté-Bernard [Sarthe] : Il y a déjà plus d'un an que le bel orgue en nid d'hirondelle de l'église Notre-Dame des Marais est vacant, par le décès de son précédent titulaire, Louis-Gervais PRÉVOST. Ce jour-là, le "général des habitants", après l'avoir auditionné, engage René PAINGAULT comme organiste pour six ans. Son contrat est détaillé avec précision. Il touchera 250 livres de gages fixes, auxquels s'ajoute un casuel non chiffré. Pour ce prix, il doit non seulement toucher l'orgue, mais également le mettre en bon état et l'entretenir, et aussi "assister au chœur" (pour y chanter très probablement comme le laisser supposer la convention signée avec les religieux du Verger en 1729). L'organiste a obtenu d'être exempté d'impôts "nonobstant que luy ou sa femme fassent quelque commerce".

• 1749, La Ferté-Bernard : Un jeune prêtre né à Laval, François JARDIN, figure comme organiste parmi les exemptés dans le rôle de taille pour l'année 1749. René PAINGAULT a donc quitté La Ferté bien avant d'avoir terminé les six années prévues par son contrat.

• [avant 1761], Saint-Aignan-sur-Cher [Loir-et-Cher] : On ignore à quelle date René PAINGAULT prend possession de la tribune de la petite collégiale et paroissiale Saint-Aignan dans le Berry. Le dernier registre capitulaire conservé ne démarre qu'en octobre 1761.

• 2 février 1761, Saint-Aignan-sur-Cher : Son épouse d'éteint à l'âge de 50 ans. Il signe au bas de son acte d'inhumation.

• 8 janvier 1762, Saint-Aignan-sur-Cher : Les chanoines lui accordent la somme de 76 livres 10 sols pour son quartier de gages "et 30 sols pour reparation qu’il a faitte a son orgue ». Le 26 février suivant, la compagnie décide à l'unanimité de se passer de ses services et décide d'écrire à Paris afin de trouver au plus vite un organiste prêtre. Il lui est accordé une somme de 50 livres afin de clôturer le compte mais il semble que les recherches dans la capitale aient été infructueuses.
• 11 mai 1762, Saint-Aignan-sur-Cher : "Organiste et facteur", il se remarie avec Marguerite Rouinjard en présence de deux amis cordonniers, de la mère de la future et de l'épouse d'un huissier. Le couple reconnaître une petite fille, prénommé Louise Marguerite, née et baptisée dans la même paroisse au mois d'avril précédent; il a signé l'acte de baptême en reconnaissant sa paternité.

• 18 mars 1763, Saint-Aignan-sur-Cher : « Mr paingault cy devant nostre organiste s’est présenté pour nous prier d’excuser ses faultes quy ont engagé le chapitre à luy donner son congé, et de luy vouloir de nouveau confier nostre orgue sous la promesse qu’il nous fait d’estre plus sage et plus prudent a l’avenir, sur quoy apres en avoir delibéré et eu esgard aux protestations qu’il nous a cy devant faittes, de vivre plus sagement que cy devant et de l’obligation qu’il contractée d’entretenir nostre orgue de tout ce qui concerne la fonction de facteur en luy fournissant par le chapitre les choses necessaires pour la facture dud. Orgue, nous avons consenty de luy continuer le soin de nostre orgue et ce pour autant de tems qu’il tiendra ses engagements. Sans quoy le present acte deviendra nul et de nul effet. Et en outre s’est obligé le sr Paingault d’assister aux offices de nostre chœur hors les tems ou il sera tenu d’estre a l’orgue. Et le Chapitre s’est obligé de luy payer  la somme de trois cents livres et font soixante quinze livres par chacque quartier » lit-on dans le registre capitulaire. Une fois de plus, on se rend compte de l'importance des fonctions cantorales que doit assurer notre orghanistre dans tous les engagements qu'il obtient.
• 18 novembre 1763, Saint-Aignan-sur-Cher : Il est dispensé jusqu'aux fêtes de Pâques d'assistance à matines en raison de "son infirmité".

• 16 novembre 1764, Saint-Aignan-sur-Cher : On lui interdit de toucher l'orgue hors des offices sauf à recevoir la permission du chapitre.

• 30 décembre 1767, Saint-Aignan-sur-Cher : « Mr le doyen nous a representé qu’ayant apris que dans nostre orgue il se passoit certains abus et derengements et cela parce qu’on y faisoit entrer certaines personnes  qui ne convenoient pas et que l’orgue n’etoit pas touchée regulierement a requis le chapitre d’y mettre bon ordre incessament […] a esté arrêté qu’à l’egard de l’organiste on lui donneroit son congé et qu’avant de le congédier on metteroit un cadenas a la porte de l’orgue » expliquent les chanoines dans leur registre capitulaire. Que se passe-t-il exactement à la tribune? Qui sont ces hôtes non désirés par la compagnie ?

• 26 août 1768, Saint-Aignan-sur-Cher : La situation se trouvant toujours aussi tendue entre le chapitre et son organiste, pour les mêmes raisons, ce dernier est congédié avec uniquement ce qu'on lui doit encore de son ultime quartier de gages. Le 23 septembre suivant, les chanoines lui accordent toutefois une somme de 75 livres correspondant au dernier quartier théorique de ses appointements "en remerciement de ses services d'organiste", puis à trois reprises, les 25 novembre 1768, le 13 janvier et 1er juillet 1769, le chapitre, ému de la triste situation de son ancien organiste lui fera porter la somme de six livres « par charité ». Quant à la tribune d'orgues, elle n'est pas restée vacante longtemps cette fois-ci. Le 11 novembre 1768, Ours Joseph MICHAU, maître d'école, est engagé par les chanoines. Est-ce après son renvoi qu'il sollicite des chanoines de la petite collégiale du Puy-Notre-Dame, dans le Saumurois, la place d'organiste dans leur église. La correspondance du chapitre reste à étudier.

• 19 décembre 1769, Saint-Aignan-sur-Cher : Il est inhumé en présence de deux cardeurs qui ne savent signer. On ignore le jour exact de sa mort, sans doute la veille. Il est présenté dans l'acte comme organiste. Leur fille, restée célibataire et devenue lingère, meurt à l'hospice de la ville en septembre 1826.

Mise à jour : 20 janvier 2021

Sources
F-Ad41/ 4E 198/ 41 ; F-Ad41/ 4E 198/ 43 ; F-Ad41/ 4E 198/ 53 ; F-Ad49/ 6E92/ 4 bis ; F-Ad72/ 1MI 1281 R1 ; Revue de l'Anjou, 1889 ; S.Granger, Les Métiers de la musique…, thèse, 1997.

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