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BALBASTRE, Claude, l'aîné (1713-1780)
État civil
NOM : BALBASTRE     Prénom(s) : Claude     Sexe : M
Complément de nom : l'aîné
Autre(s) forme(s) du nom : BALBÂTRE
Date(s) : 1713-6-5  / 1780-11-4
Notes biographiques

Fils de l'organiste Bénigne BALBASTRE, Claude BALBASTRE est un frère aîné du célèbre organiste Claude BALBASTRE. Il devint lui aussi musicien, exerçant pour l'essentiel dans la petite ville de Saint-Jean-de-Losne, située sur la Saône, à la frontière entre Bourgogne et Franche-Comté. Sur un livre de musique qui lui appartient, il se dit "Monsieur Balbastre de Saint-Jean-de-Losne".

• 6 juin 1713, Dijon : Né la veille sur la paroisse Saint-Médard, Claude, premier des enfants du second mariage de Bénigne BALBASTRE, avec Marie Millot, est baptisé "dans l’église de St-Étienne". Son père est dit "organiste de la dite église". Il a pour parrain un maître carrossier de la ville et pour marraine "Philippe Mugnien, fille majeure". Tous deux signent l'acte, de même que le père ("BBalbastre").

• 23 juin 1727, Dijon : À 14 ans, Claude (aîné) est le parrain de son petit frère Claude-Bénigne.

• Décembre 1730, Saint-Jean-de-Losne [Côte-d'Or] : Claude BALBASTRE l'aîné, qui a alors 17 ans et demi, est présenté par son père aux échevins. Selon Pierre-Marie Guéritey, le jeune homme reste à Saint-Jean comme organiste de l'église paroissiale pendant le semestre suivant.
• 16 juin 1731 : Les échevins de la ville lui proposent un marché "pour toucher l’orgue pendant trois années consécutives commençant au jour de la Saint-Jean-Baptiste prochaine…" pour 200 livres annuelles. Il a alors 18 ans. Pour des raisons inconnues, il ne donne pas suite et s’enrôle dans l’armée.

• De 1736 à 1739, P.-M. Guéritey indique que c'est REGNAUDOT, l'organiste de l'abbaye de Citeaux, située à 16 km en itinéraire pédestre direct à l'ouest de la ville, qui joue l'orgue de Saint-Jean-de-Losne, pendant que les frères RIEPP reconstruisent l'orgue de l'abbaye. Claude BALBASTRE l'aîné est alors retourné à Dijon, sans que l'on sache au juste l'activité qu'il y exerce.

• 1737, Dijon: À la mort de son père, Bénigne BALBASTRE, titulaire de l’orgue de Saint-Étienne (église nouvellement promue cathédrale, en 1731, lors de la création du diocèse de Dijon), Claude l'aîné a 24 ans. Il aurait probablement souhaité succéder à son père, mais c’est Claude RAMEAU qui obtient le poste. Au départ de celui-ci en 1743, il est trop tard pour lui : Claude l'aîné sera solidement installé à Saint-Jean-de-Losne. C'est son jeune frère Claude qui recueillera alors la succession indirecte de leur père à la tribune de la cathédrale de Dijon…
En 1737, le 28 mai, Claude l'aîné postule à la tribune de l’église Notre-Dame de Dijon laissée libre par le départ de Claude RAMEAU à la cathédrale, mais on lui préfère "le sieur LORIN procureur au Parlement". Claude BALBASTRE l'aîné retourne alors à Saint-Jean-de-Losne.

• 22 septembre 1739, Saint-Jean-de-Losne : Claude BALBASTRE l'aîné devient organiste de l'église paroissiale. Il y touche l’ancien orgue construit en 1610 et restauré par DEVEAUX en 1731. P. M. Guéritey estime que "le vieil orgue n’était pas très glorieux", mais que l'organiste en était bien payé puisqu'il recevait 200 livres annuelles de gages, alors qu’à Notre-Dame de Dijon, LORIN avait été engagé pour seulement 110 l. / an.

• 11 novembre 1741, Losne : Dans cette paroisse située en face de St-Jean-de-Losne, sur la rive gauche de la Saône, est célébré le mariage de l'organiste avec Suzanne Gauthier. Le curé a pris connaissance d'une autorisation donnée par son confrère de Saint-Jean aux futurs époux "de recevoir la bénédiction nuptiale de tout prêtre qu'ils jugeront à propos et où bon leur semblera". La veille un huissier lui a signifié "la sentence de la mairie de cette ville du 10 novembre 1741 qui lève les oppositions du sieur Baillard". On devine que la conclusion de ce mariage a été compliquée... L'acte en lui-même est peu informatif, mais les recherches de P. M. Guéritey ont montré que la mariée était une marchande de tissu, âgée de 45 ans, veuve de François Baillard, marchand drapier, et déjà veuve une première fois auparavant de Jean Majeste également marchand drapier… Ce sont les enfant de son deuxième mariage qui avaient mis opposition au remariage de leur mère. Cette délocalisation du mariage serait-elle motivée par le souci d'éviter un charivari ? Elle relève à tout le moins d'un souci de discrétion.

• 1745, Saint-Jean-de-Losne : Le contrat de Claude BALBASTRE à l'orgue paroissial est renouvelé par les échevins, toujours pour des gages de 200 livres par an.

• Durant les années suivantes, tout en étant organiste de l'église paroissiale de Saint-Jean-de-Losne, Claude BALBASTRE exerce diverses activités commerciales (marchand de bois et de fourrage), et administratives (greffier de la mairie de Saint-Jean, de 1754 à 1772). Ces activités l'empêchaient sans doute d'être totalement assidu à sa tribune... Il lui arrive de s'absenter plus longuement pour aller à Paris où son frère cadet, le célèbre organiste, est installé depuis fin 1750.

• 26 juin 1760, Saint-Jean-de-Losne : Claude BALBASTRE fait constater par notaire et devant témoins que l’on a changé la serrure de la porte de l’orgue et que Pierre BOILLAUD se trouve à la tribune avec un de ses frères, pour accompagner à sa place la bénédiction du Saint-Sacrement. Le matin même, constatant que BALBASTRE n’était pas régulier à sa tribune et parlait encore d’effectuer un voyage à Paris, la municipalité a en effet décidé, sans préavis, de confier la charge d’organiste au jeune Pierre BOILLAUD.

• 2 janvier 1763, Paris : À l'étude du notaire Silvestre, Claude BALBASTRE, "greffier en chef de la ville de Saint-Jean-de-Losne", est témoin de son frère lors de la signature du contrat de mariage entre Claude BALBASTRE et Marie-Geneviève Hotteterre, fille de Jacques-Martin HOTTETERRE, officier flûte de la Musique de la Chambre du roi et grand hautbois de la Chambre et Grande Écurie de Sa Majesté. De grands noms de l'aristocratie et des milieux financiers sont présents et signent, ainsi que plusieurs musiciens de renom : l'ancien Dijonnais RAMEAU, le compositeur CASSANÉA DE MONDONVILLE, CLÉRAMBAULT, organiste du roi.

• Malgré son éviction de l'orgue paroissial, BALBASTRE reste cependant à Saint-Jean-de-Losne où il est greffier de la mairie jusqu’en 1772, également greffier du Marquisat de Laperrière, et de la Châtellenie royale de Brazey, charge qu’il conserve jusqu’à sa mort.
Il reste un personnage important de la vie musicale de St-Jean-de-Losne. De cette vie musicale témoignent deux livres de musique conservés aujourd'hui, tous deux datés de 1770. L'un d'eux porte la mention "ce livre appartient à M. Balbastre de St-Jean-de-Losne, 1770". 'Appartenir' ne veut pas dire 'avoir été composé par' : selon P. M. Guéritey, les quelques pièces d'orgues que l'on trouve dans l'un de ces livres sont des compositions de Claude BALBASTRE le jeune. Le second cahier est titré "recueil d’ariettes arrangées pour le clavecin et le piano-forte par M. Balbastre MDCCLXX" et rassemble des ariettes extraites des opéras à la mode de Mondonville, Favart, Duni, Glück, Rameau …

• 4 novembre 1780, Saint-Jean-de-Losne : Lorsque Claude BALBASTRE décède, il est dit "greffier à la châtellenie royale de Brazey". Il est inhumé le lendemain, 5 novembre, en présence de deux témoins sans doute représentatifs de ce qu'avait été son cercle relationnel : Nicolas Rossigneux, "marchand" et le sieur Antoine Morron, "bourgeois", tous deux de la ville.
Son inventaire après décès ne révèle ni clavecin ni pianoforte, seulement une flûte traversière, un vieux violon et plusieurs cahiers de musique manuscrits, qui sont rachetés par Pierre BOILLAUD, ainsi qu’un cahier des Noëls de son frère.

Laissons la conclusion à P. M. Guéritey :
     "Ces deux livres [retrouvés] présentent un tableau assez complet de la musique à St-Jean-de-Losne dans la 2ème moitié du XVIIIe siècle : musique d’église d’inspiration très peu religieuse, et musique de salon, avec le clavecin, des chanteurs, quelques instruments et déjà le piano-forte. Il revient à Claude BALBASTRE le mérite d’avoir animé cette vie musicale et d’avoir fait profiter le cercle de ses amis des dernières innovations parisiennes, grâce aux relations qu’il entretenait avec son frère."

• • • Bibliographie :
        Pierre-Marie Guéritey, "Une vieille connaissance… souhaite un bon anniversaire à Karl Joseph Riepp aujourd'hui 24 janvier", http://karljosefriepp.blogspot.fr/, janvier 2013.

Mise à jour : 26 mars 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Losne en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Jean-de-Losne en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Médard de Dijon en ligne ; F-An/ ET/XLVI/392 ; P. M. Guéritey, http://karljosefriepp.blogspot.fr/, 2013 ; P.-M. Guéritey, Orgues en Bourgogne, 2003. ; P.-M. Guéritey, Saint-Jean-de-Losne..., 1990 ; P.-M. Guéritey, courriel mars 2018

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