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DEMAR, Jacques Ignace Sébastien, à Orléans (1763-1832)

DEMAR, Jacques Ignace Sébastien, à Orléans (1763-1832)

État civil
NOM : DEMAR     Prénom(s) : Jacques Ignace Sébastien     Sexe : M
Complément de nom : à Orléans
Autre(s) forme(s) du nom : DÉMAR
DÉMARS
DÉMARD
Ignaz Jacob Sebastian (en allemand)
Date(s) : 1763-6-29   / 1832-7-25
Notes biographiques

Arrivé à Orléans comme musicien militaire au début de la Révolution, l'Allemand Ignaz Jacob Sebastian DEMAR s'y implante durablement. Au début du XIXe siècle, il joue un rôle important dans la vie musicale locale, compose, organise des concerts, dirige la musique de la Garde Nationale, tient l’orgue de Saint-Paterne, donne de nombreux cours et tente de créer une institution semi-officielle d'enseignement musical. L'organiste Brosset écrit de lui en 1909 : “habile musicien, il dirigeait la Société des Concerts par abonnement.…"

• 29 juin 1763, en Allemagne : Selon ses biographes, il serait né le 29 juin 1763. Son acte de décès (en 1832) le dit âgé de 69 ans, "né à Altbenisgesang, en Franconie (Allemagne)" [Altbessingen, village situé à 5 km de Gauaschach, entre Francfort-sur-le-Main et Nuremberg, dont la forme ancienne du nom était Altbeinsgesang]. Ses trois prénoms initiaux, Jakob Ignaz Sebastian, seront ultérieurement francisés.
Son acte de décès ajoute qu'il était fils de Sébastien DEMAR, professeur de musique, et de Dorothée Zugis, son épouse. Hervé Audéon indique que son frère, Joseph, est violoniste à la chapelle du duc Ferdinand de Toscane, à Würzbourg en Franconie. Le jeune garçon grandit donc incontestablement dans un milieu fortement imprégné de musique.

• [1770-1780 environ], Strasbourg : Si l'on peut supposer que son premier initiateur à la musique a été son père, il aurait été ensuite enfant de chœur à la cathédrale de Strasbourg, où il aurait donc été formé par RICHTER. Ce point reste à documenter, d'autant que la cathédrale de Strasbourg se trouve à quelque 260 km du lieu de naissance de l'enfant, ce qui interroge sur les modalités de sa réception (éventuelle).
Il aurait été ensuite élève de Joseph HAYDN à Vienne, ce qui reste à démontrer, et Hervé Audéon ajoute qu'il a également étudié avec son oncle Pfeiffer en Italie.

• [date (avant octobre 1786) et lieu à découvrir] : Jakob Ignaz Sebastian DEMAR se marie avec Elisabeth Riesam avec laquelle il vit toujours au moment de son décès.

• 30 octobre 1786, Gernsbach (Duché de Bade) : Leur fille Theresia Élisabeth Françoise vient au monde dans cette ville de la vallée du Rhin, au sud de Karlsruhe.

• 20 septembre 1790, Landau : Un fils, Joseph-Pierre, naît à son tour dans cette ville de Rhénanie-Palatinat, alors française, située à 60 km au nord du lieu de naissance de sa sœur. Le couple DEMAR - Riesam est manifestement marqué par la mobilité. Jakob Ignaz Sebastian DEMAR est-il alors musicien militaire ? C'est probable.

• 23 décembre 1791, Orléans : Le Journal général du département du Loiret annonce que le sieur DEMAR maître de musique du 88e régiment, donnera un second concert le jour de Noël, à cinq heures,  à la salle de M. Gougy, rue de l’Écrevisse. Il en a donc déjà donné un antérieurement, dont aucune trace n'a été perçue dans la presse locale. Cette annonce du 23 décembre évoque "les plus pressantes sollicitations" pour obtenir qu'il donne un second concert. Le prix des places est de 36 sols par personne, ce qui est relativement cher, mais, précise l'hebdomadaire, "il ne s’exécutera que de la musique nouvelle". Dans ce même 88e régiment joue aussi le sieur BONNEAU, premier basson. Celui-ci, le 16 février suivant, exécute à la salle de spectacle "un concerto de la composition du sieur OZI, musicien de la chapelle du Roi". La juxtaposition de ces notations permet d'évaluer le contexte dans lequel évolue alors DEMAR.

• 17 avril 1792, Orléans : C'est dans la salle de l’Évêché que DEMAR, cette fois associé au sieur ARMAND et à sa fille, donne un concert. Le programme annonce que "Melle ARMAND & M. DEMAR y exécuteront un duo sur l’armandi & sur le forte-piano" et que "Melle ARMAND chantera plusieurs airs nouveaux". Le prix d'entrée est encore un peu plus élevé que lors du concert de Noël (40 sols).
H. Audéon évoque un concerto de DEMAR conservé sous forme manuscrite qui porte en titre Concerto pour Harmandi ou piano-forte et il pose la question : s'agit-il de l'Armandine, instrument réalisé par Pascal TASKIN pour la chanteuse Mlle ARMAND, avec lequel elle se produit dans un quatuor de PLEYEL au cours d'un concert spirituel donné le 25 décembre 1791 au Théâtre Italien à Paris ? L'annonce orléanaise d'avril 1792 apporte une réponse positive à cette question.

• 30 mars 1799, Orléans : À l'orgue de l'église Saint-Paul – ou plus exactement "de l’édifice ci-devant St-Paul, maintenant temple de la Jeunesse", DEMAR évince le titulaire Martin NIOCHE de la tribune, lors de la Fête civique de la Jeunesse. Jules Brosset analyse l'incident comme résultant d'un rapport de force politique : "Le républicanisme de Nioche ne valait pas, sans doute, celui de Demar". Mais il pourrait aussi s'agir d'un niveau de compétence jugé supérieur (ou d'une question d'âge ?).
• 8 juin 1799, Orléans : Dans le Temple décadaire de la commune d'Orléans, les hymnes mis en musique par le citoyen Démar sont chantés par les artistes lyriques du théâtre d'Orléans, et accompagnés par la musique de la garde nationale d'Orléans, à l'occasion de l'assassinat des ministres français à Rastadt. Les paroles ont été imprimées chez Rouzeau-Montaut à Orléans, imprimeur de la municipalité.

• 28 nivôse VIII (18 janvier 1800), Orléans : Jean-François MOUTHON, exerçant au Temple de Ste-Croix, et Sébastien DEMAR au Temple de St-Aignan, font partie des "ministres du culte catholique, exerçant dans les divers temples de cette commune" qui "se sont présentés ce jour pour prêter le nouveau serment relatif à l'acceptation de la Constitution de l'an VIII". Dans le cas de DEMAR la dénomination de "ministre du culte" est évidemment erronée, sauf si on l'élargit à la notion de serviteur du culte.

• [Vers 1803-1804], Orléans : Un prospectus pour la maison d’éducation de Mme Robillard, située rue des Minimes, "ci-devant hôtel de la Monnoie, n° 100", informe le public que les "jeunes personnes" qui y sont éduquées à partir de l'âge de six ans y apprennent "à lire la musique, à toucher du piano, & à danser". Après le maître de danse, Luigi PALADINI, après les deux maîtres de piano-forté, Sébastien DEMAR et Louis-François MENONVILLE, est aussi mentionné un "Maître de musique & de harpe, M. CONSCIENCE".

• Automne 1806, Orléans : DEMAR est à l'origine de la Société des Concerts par Abonnement. La lettre pour l’abonnement au concert est publiée le 31 octobre 1806. Selon Brosset, elle aurait perduré "jusqu’en 1840”, c'est-à-dire plusieurs années après la mort de DEMAR. Il précise : "Cette société donna ses auditions dans l’ancienne salle du Chapitre de Ste-Croix, puis dans la Salle d’Appollon, rue Pavée, enfin dans le salon de Flore, rue des Hennequins".

• [Vers 1806-1807], Paris : Sébastien DEMAR publie chez Pollet à Paris une "Grande Méthode en trois parties pour le Forte Piano" de 197 pages. S'appuyant sur son expérience, il explique y avoir "mis par écrit tout ce que je leur [= ses élèves] disais de vive voix et toutes mes observations particulières”.

• [1815] : DEMAR serait alors devenu organiste de Saint-Paterne. Cette date de 1815, avancée par Brosset (dans son article sur les orgues de Saint-Paul), ne peut être vérifiée, les procès-verbaux de délibération de la fabrique de la paroisse Saint-Paterne conservés aux archives départementales du Loiret (52 J 67) ne commençant qu'en 1817.

• Octobre 1819, Orléans : Se présentant comme "Compositeur et Professeur de musique à Orléans", Sébastien DEMAR ouvre, au 40 rue de la Bretonnerie, une "école de musique d’après la méthode du célèbre Massimino", destinée aux "élèves des deux sexes". Si le premier prospectus, imprimé chez la Veuve Huet-Perdoux avant l'ouverture (laquelle est annoncée au futur pour le 20 octobre prochain), mentionne DEMAR seul, les suivants parlent de l'"Établissement musical de MM. DEMAR, VAILLANT et BOISSARD, professeurs de musique et de chant". Les trois hommes se sont donc manifestement associés pour gérer l'établissement, dont on ignore combien de temps il a fonctionné.

• [Entre fin 1819 et 1821], Sébastien DEMAR compose pour les élèves de cette école "Trois chœurs d’Esther à 2, 3 ou 4 voix, très faciles avec accompag.t de forte piano ou harpe exécutés à Orléans en séances publiques du nouvel enseignement de musique dirigé par M.M. Demar, Vaillant et Boissard. Composés et dédiés pour prix d’encouragement aux élèves du pensionat de S.t Cyr à Orléans". Cette partition est conservée à la BnF ainsi qu'à la Médiathèque de Carcassonne.

La BnF (Gallica) recense 59 compositions de Sébastien DEMAR : https://data.bnf.fr/14757487/sebastien_demar/
La plupart de ces pièces sont composées pour le violon ou le forte piano, mais il est à noter qu'il s'intéressait à toutes sortes d'instruments moins dominants comme par exemple le flageolet, pour lequel il a publié une méthode (Petite méthode pour le flageolet suivi de vingt-quatre petits airs en duos mêlés de pot-pourry et variations), trois recueils d'airs pour deux flageolets, et un Recueil de morceaux extraits des ouvrages [de] Pleyel, arrangés pour deux flageolets.
Certaines de ses pièces sont transcrites pour la harpe, instrument dont joue sa fille Theresia. Harpiste, celle-ci est aussi chanteuse, compositrice et professeure de musique. Brosset rapporte qu'elle était “excellente pianiste, professeur [sic] à Orléans”. Madame GANNAL (elle avait épousé un pharmacien / chimiste nommé Nicolas Gannal) enseigne la harpe à l’institut musical d’Orléans fondé en 1834.

• 25 juillet 1832, Orléans : À quatre heures du matin, dans son domicile situé rue du Sanitas, n°6, meurt le sieur Jacques-Ignace-Sébastien DEMAR, "professeur de musique, âgé de 69 ans, né à Altbenisgesang [sic], en Franconie (Allemagne)". Il était toujours l'époux de "dame" Elisabeth Riesam. C'est son gendre, "chimiste", demeurant à Paris, qui déclare le décès quelques heures plus tard, assisté d'un "voisin" demeurant au n°3 de la rue du Sanitas, le concierge de la Société des Belles-Lettres, Jean-Baptiste Hippolyte Taragon.
Selon H. Audéon, DEMAR aurait été membre de cette Société des Belles-Lettres ainsi que de la loge Saint-Jean.

Mise à jour : 15 août 2019

Sources
Courriel F.Turellier, 5 janvier 2018 ; Courriel Fr. Turellier, mars 2017 ; D. Lottin, Recherches historiques sur la ville d’Orléans…, t.3, 1840 ; F-Ad45/ 2 J 2106 ; F-Ad45/ 2J 1899/collection Jarry ; F-Ad45/ NMD Orléans ; F-BmOrléans/ Annuaire département Loiret pour 1807 et 1808 ; F-BmOrléans/ Journal général du département du Loiret ; F-BmOrléans/ Rés. E 18148.10. ; F-BnF/ Vm7-48372 et Vm7-48373 ; H.Audéon, notice DEMAR, Dictionnaire de la Musique en France au XIXe siècle, 2003 ; J.Brosset, L’orgue et les organistes de St-Paul d’Orléans, 1909

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