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DESALONS, Joseph (1736-1800)
État civil
NOM : DESALONS     Prénom(s) : Joseph     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DESSALONS
DÉSALON
DÉZALON
DESSALLONS
DESALLON
DESALLONS
DESALLONG
DESANON
Date(s) : 1736-2-6   / 1800-6-14 
Notes biographiques

A l'issue d'une formation pluridisciplinaire, qui surpasse celle dispensée dans une simple psallette, Joseph DESALONS conduit sa carrière de musicien tout en multipliant en parallèle plusieurs postes d'enseignant. Pour ce Condomois, docteur en médecine, diplômé en pédagogie et poète à ses heures perdues, la musique n'aura sans doute été qu'une activité secondaire, assez éloignée de ses ambitions initiales. Le poste de musicien choriste qu'il occupa à Saint-Émilion [Gironde] devait toutefois constituer un complément de revenus nécessaire puisqu'il y resta pendant vingt ans jusqu'à la Révolution, avant de s'engager politiquement, dans la ville voisine de Libourne, où il joua un certain rôle au début de la Terreur.

• 6 février 1736, Condom [Gers] : Joseph DESALONS naît dans une famille dont le père et le grand-père sont meuniers et qui habite au moulin de Gauge sur la Baïse, dans la paroisse du Goalard. Sa mère est quant à elle issue d'une famille de laboureurs. Joseph est le cadet d'une fratrie, dont la sœur aînée a pour parrain un docteur en médecine.

• Vers 1755, Condom : Joseph DESALONS fréquente le collège de l'Oratoire où il est probablement étudiant en théologie.

• 15 décembre 1760, Bordeaux : Il est recruté par le chapitre de la collégiale Saint-Seurin en qualité de choriste. Le terme de "choristes" dans cette église semble désigner les basses-contre.

• 30 septembre 1761, Bordeaux : Il touche 342 livres pour neuf mois de service.

• 9 février 1762, Bordeaux [Gironde] : Alors qu'il est clerc tonsuré, il obtient en compagnie de ses collègues Louis VARIN et du fils de celui-ci François VARIN la permission d'établir une école dans la sauveté de Saint-André. Ils apprendront aux enfants "à lire, à écrire, l'arithmétique par une nouvelle méthode, l'orthographe par règles, la musique et les principes du latin".
• 15 (ou 25) juin 1762, Bordeaux :  Joseph DESALONS est congédié par le chapitre de la collégiale Saint-Seurin et 306 livres lui sont versées au moment de son départ.

• 7 février 1767, Saint-Émilion [Gironde] : Joseph DESALONS contracte mariage avec Anne Henriette Bourgouin, fille de Michel Abel BOURGOUIN, maître de musique à la collégiale Notre-Dame, en présence d'un chanoine et docteur en théologie de cette église. Son père désormais veuf et fermier à Grazimis, un hameau de Condom, a donné sa procuration à un bourgeois et ancien jurat de la ville de Saint-Émilion. Le mariage entre les futurs époux est célébré le 17 février suivant. Tout comme le contrat, l'acte rédigé par le curé de la paroisse précise que Joseph DESALONS réside depuis "longtemps dans cette ville" et qu'il est "docteur en médecine". Mais il y est peut-être déjà musicien et choriste.

• 15 avril 1768, Saint-Émilion : Joseph DESALONS devient père d'une petite fille dont les parrain et marraine sont ses beaux-parents. Sur l'acte de baptême, on relève apposée à côté de sa signature la mention "doct. med.". Il en sera ainsi pour les trois enfants suivants.
• [Vers 1768], Gensac [Gironde] : On le retrouve à Gensac, à une trentaine de kilomètres de Saint-Émilion et au nord du diocèse de Bazas, où il exerce comme régent latiniste. L'acte de la jurade qui le recrute mentionne qu'il possède "des lettres de maître ès arts, pédagogie, certificats, de plus des lettres de baccalauréat, licence et doctorat en médecine, le tout émané de l'Université de Bordeaux." Ses gages s'élèvent à 300 livres payables quartier par quartier auxquels s'ajoute la somme de 40 livres pour le loyer de son logement. Il est chargé en outre de trouver un maître à écrire pour le seconder.

• 5 mars 1769, Gensac  : Un subdélégué de l'Intendant constate qu'il s'acquitte de "ses fonctions et engagements au gré du public".
• 9 décembre 1769, Gensac : Une petite fille voit le jour.

• Vers 1770, Castillon [Castillon-La-Bataille, Gironde] : Joseph DESALONS s'installe dans cette paroisse à mi-chemin entre Gensac et Saint-Émilion avec le projet de monter une école secondaire. Toutefois, le manque d'élèves et la concurrence d'autres maîtres et maîtresses ne semblent pas lui permettre pas de vivre confortablement. Sa correspondance révèle notamment qu'il doit régler à cette époque une dette de 75 livres à un marchand modiste et bijoutier de Libourne

• 21 janvier 1771, Castillon : Henriette Bourgouin met au monde un petit garçon, prénommé Léonard.

• 16 mars 1772, Castillon : Il entreprend d'adresser aux officiers municipaux une requête afin d'obtenir un état plus solide. Le conseil municipal accepte de lui verser pour ses fonctions d'enseignant une pension de 200 livres, mais l'intendant revient sur cette décision car cette pension serait imposée sur les contribuables.
• 23 avril 1772, Castillon : Une nouvelle fille naît. Son parrain est un étudiant.

• 7 août 1773, Castillon : Son dernier enfant est enterré. L'acte de sépulture précise que Joseph DESALON est "accademicien"

• 20 novembre 1776, Saint-Émilion :  Son épouse donne à nouveau naissance à une fille. L'acte de baptême qualifie cette fois-ci Joseph DESALONS de "principal du collège de cette ville". Le parrain de cette enfant est le fils de Michel MOREL, maître de musique et organiste à la cathédrale, et la marraine est l'épouse de ce dernier.

• Vers juin 1777 : Joseph DESALONS écrit une ode en l'honneur de l'empereur Joseph II, à l'occasion de son passage à Bordeaux.

• 6 août 1780, Saint-Émilion : Une dernière enfant voit le jour. Son parrain est Jean-Baptiste Guadet, frère du futur député girondin Élie Guadet.

• 25 août 1782, Saint-Émilion : Cette fille décède.

• 8 mai 1785, Saint-Émilion : Son collègue à la collégiale Esprit Benjamin MASSOT le sollicite pour être le parrain de son dernier fils.

• 7 mars 1789, Saint-Émilion : Il figure parmi les électeurs qui choisissent leurs représentants pour la réunion des États Généraux et prend part à la rédaction des cahiers de doléances.

1790Saint-Émilion : Joseph DESALONS est toujours musicien choriste à la collégiale Notre-Dame, aux gages de 550 livres par an. Il officie aussi en tant que chapier. Il exerce en outre comme principal du collège de la ville.
• 12 février 1790 : Saint-Émilion : Il est élu parmi les notables qui composent le conseil général de la commune.
• 29 mars 1790, Saint-Émilion : Il adresse au district de Libourne une demande de secours, dans laquelle ils se déclare chargé de trois enfants, de leur mère et de leur grand-mère. Il précise également qu'il exerce à la collégiale depuis plus de 20 ans et qu'il a préféré rester attaché au chapitre plutôt que de se placer dans d'autres églises où "on lui offrait des plus grands avantages". Ses revenus sont de 500 livres, garantis par un titre à vie par le chapitre.
• 31 octobre 1790, Saint-Émilion : Il démissionne de sa fonction de notable.
• 23 novembre 1790, Saint-Émilion : Il réunit à nouveau suffisamment de suffrages pour siéger parmi les notables du conseil général de la commune. Ses collègues Esprit Benjamin MASSOT et Michel MOREL se joignent à lui.

• 26 août 1791, Saint-Émilion : Les musiciens du chapitre de Saint-Émilion adressent une pétition à l'Assemblée nationale. Elle est signée par Michel MOREL "Maître de musique et organiste", DESALONS "musicien choriste" et Esprit Benjamin MASSOT "serpent et basson". Pour une raison non explicitée, Jean SAJAS et  Pierre TIRAGOT ne signent pas.  Le directoire décide d'accorder à DESALONS une pension à vie de 300 livres.
• 30 septembre 1791, Saint-Émilion : Le nom de DESALONS apparaît une dernière fois dans les registres paroissiaux, lors de la célébration d'une sépulture à laquelle il assiste comme témoin.
• 6 Novembre 1791, Saint-Émilion : Il figure parmi les notables sortants du conseil général de la commune.
• 10 novembre 1791, Libourne [Gironde] : Il intègre la société des amis de la Convention. Son fils Léonard le rejoint peu de jours après.

• 7 octobre 1793, Libourne : Partisan montagnard, Joseph DESALONS est choisi par Tallien pour devenir l'un des douze responsables du comité de surveillance de la ville et intégrer le tribunal du district. Il se fait alors surnommer Caton, en référence au censeur romain. Il exerce à cette époque le métier d'instituteur tout comme son fils Léonard, qui est quant à lui président de la société des sans-culottes.

• 6 thermidor an II, Libourne : Joseph DESALONS est soupçonné de corruption. Le citoyen Bouchereau, détenu en prison, lui aurait versé 1 200 livres en trois assignats de 400 livres pour les sans-culottes afin d'obtenir sa libération. Toutefois, DESALONS en aurait disposé pour son compte personnel.
• 21 et 22 fructidor an II, Libourne : Il est jugé par la Société populaire de Libourne et le certificat de civisme lui est refusé.

• Le juge Jean-Baptiste-Alexandre Souffrain qui l'a côtoyé sur les bancs du tribunal du district en brosse un portrait peu flatteur. Tout acquis aux idées du comité révolutionnaire, il affirme cependant qu'en raison de son gros appétit, Joseph DESALONS était un juge facile à amadouer, avec des repas généreux. Il prétend qu'il s'éteint à Condom, dans sa ville natale, où il serait mort de faim. L'enquête n'a pu confirmer ce décès par inanition mais a permis de retrouver sa trace dans la petite ville gersoise de Gondrin, où il s'installe à la fin de sa vie.

• 5 floréal an VI, Gondrin [Gers] : Il perd une de ses filles qui décède à l'âge de dix-huit ans. La famille DESALONS réside à cette époque dans la section St-Martin.

• 25 prairial an VIII, Gondrin : Joseph DESALONS, devenu greffier de justice de paix s'éteint. Son décès est déclaré par un tisserand et un armurier.

• 9 décembre 1812, Gondrin  : Sa veuve décède.

• 11 octobre 1816, Gondrin : Une deuxième fille décède à son tour, elle était couturière et célibataire.

Dernière mise à jour : 20 septembre 2017

Sources
Allain Ernest, Contribution à l'histoire de l'instruction primaire dans la Gironde avant la Révolution  ; Aurélien Vivie, Histoire de la Terreur à Bordeaux ; Bertin-Roulleau Pierre, La Révolution à St-Émilion ; F-AD33/ 13 L 33 ; F-Ad32/ NMD Gondrin ; F-Ad33/ 1 Q 1385 ; F-Ad33/ 1 Q 1424 ; F-Ad33/ 3 E 19097 ; F-Ad33/ 8 J 476 ; F-Ad33/ 8 J 574 ; F-Ad33/ BMS Castillon-la-Bataille ; F-Ad33/ BMS Gensac ; F-Ad33/ BMS Saint-Emilion ; F-Ad33/ BMS Saint-Emilion  ; F-Ad33/ BMS Saint-Émilion ; F-Ad33/ BMS Saint-Émilion  ; F-Ad33/ BMS St-Émilion ; F-Ad33/ G 1017 ; F-Ad33/ G 1470 ; F-Ad33/ G 1471 ; F-Ad33/ G 306 ; F-Ad62/ NMD Gondrin ; F-Am Condom/ BMS St-Jacques ; F-An/ DXIX/054/161/12 - F-An/ DXIX/099/161/11 ; F-An/ DXIX/091/777/02 ; F-Mairie de Gondrin/ NMD ; J-B Souffrain, Essais, variétés historiques... ; J. Desalons, Ode à l'empereur voyageant en France... ; Jules Lépicier, Archives historiques du département de la Gironde - Tome 45 ; Manuscrits de la médiathèque Condorcet de Libourne ; Raymond Guinodie, Histoire de Libourne... ; Revue Historique et Archéologique du Libournais
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1770 ca  / 1791-9-30 ap.
Lieux :  Collégiale Notre-Dame (SAINT-ÉMILION)  
Fonction :  choriste (Église)  ;  musicien (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non renseigné    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : marié    

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