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ESCARD, Dominique (ca 1722-1789)
État civil
NOM : ESCARD     Prénom(s) : Dominique     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : ÉCARD
ECARD
ÉCAR
Date(s) : 1722 ca  / 1789-5-5 
Notes biographiques

Mort en mai 1789, à la veille des débuts de la Révolution, Dominique ÉCARD / ESCARD ne fait donc pas partie des effectifs musicaux en activité en 1790 sensu stricto. Son cas n'en est pas moins très intéressant : il présente en effet un itinéraire d'enfant de chœur devenu chanteur haute-contre mais n'exerçant pas son art à temps plein puisqu'il est en même temps maître perruquier dans la ville de Beaune.

• [1722] : Selon l'âge indiqué à son décès, Dominique ÉCARD / ESCARD serait né vers 1722, probablement à ou près de Beaune, les recrutements d'enfants de chœur de la collégiale étant habituellement opérés dans la ville même ou les villages proches.

• [Pâques 1731], Beaune : Dominique ESCARD est reçu comme enfant de chœur à la collégiale Notre-Dame. Le maître de musique est alors Isaac CARILLON. Durant ses années à la maîtrise, le jeune garçon côtoie, plus ou moins longuement, Guy-Modeste BRIET, Jean-Baptiste GRATPANCHE, François DURAND

• 12 avril 1741, Beaune : Dominique ESCARD l’aîné des enfants de chœur est "à présent inutil à la maîtrise", à cause de la mutation de sa voix. Il supplie les chanoines "de vouloir bien permettre qu’il en sortit". Les chanoines acceptent de le "licencier" et de faire les comptes de ce qu'ils lui doivent pour ses services. Toutefois une semaine plus tard il est décidé de le "proroger" quelque temps en la maîtrise. À la maîtrise de Notre-Dame, ESCARD précède immédiatement Lazare GOOSSENS, qui doit y être reçu justement à la suite de son départ. Tous deux resteront liés ensuite, et même amis, alors qu'ils ne se sont pas côtoyés – ou vraiment très peu longtemps, quelques semaines, au plus quelques mois... – à la maîtrise.
• À la rentrée scolaire suivante, Dominique ESCARD est au collège, mais il montre "peu d’aptitude pour la latinité". Les chanoines décident "qu’au cas que son père luy fasse quitter le collège, le chapitre contribuera pour luy faire apprendre une profession".

• Avril 1742 : Dominique ESCARD commence son apprentissage de perruquier. Il s'est d'abord placé chez un maître qui ne plaît pas au chapitre. Celui-ci promet au jeune homme que, en "en choisissant un qui agrée à la Cie, on comptera audit maître à deux fois pendant le temps de l’apprentissage la somme de 100 livres".

• [date et lieu à trouver] : Dominique ESCARD et Philiberte Pernot se marient.

• 19 mars 1767, Beaune : Le sieur Dominique ESCARD "maître perruquier audit lieu" est témoin au mariage, paroisse Saint-Pierre, de Lazare GOOSSENS, précédemment maître de musique de la collégiale, que ce mariage fait rétrograder au rang de simple gagiste. Il est dit "son amy".

• 24 janvier 1772, Beaune : Le sieur ESCARD offre ses services au chapitre de la collégiale Notre-Dame pour "faire la partie d’haute contre à toutes les musiques et assister aux offices, matines cependant exceptées". Le chapitre l'engage "seulement pour les dimanches et fêtes et certains jours de processions, stabat &c".
• 12 et 14 février 1772, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame délibère sur les exigences financières d'ESCARD, qui demande 200 livres en argent et un bichet de froment. Le chapitre lui accorde 150 livres par an, et le bichet demandé à la Saint-Martin. Son engagement prend effet au 1er janvier précédent.

• 30 juin 1778 : Dominique ESCARD "maître perruquier à Beaune" est témoin aux noces de François BERNIER, "tapissier en cette ville et musicien à la collégialle", avec Edmée Lombard, veuve de Jean-Baptiste GRATTEPANCHE, "qui était aussy musicien à la même collégialle". On voit que le perruquier entretient des liens intensifs avec les musiciens de la collégiale.

• 12 mai 1780, Beaune : Lors du chapitre général, ESCARD, ainsi que MANDREY et  PERRIER, sont tancés pour deux fautes entremêlées : "sous divers prétextes ils se dispensoient de porter l’habit du chœur et s’absentoient des offices où il n’y a point de musique". Le chapitre décide de leur faire faire des surplis, et leur impose "de ne paroitre au chœur… qu’en habit du chœur", et d'assister aux petites heures et à tous les offices dont ils n'ont pas été dispensés. À ce moment-là, l'implication de Dominique ESCARD au chœur de Notre-Dame semble être devenue beaucoup plus large que lors de son engagement en 1772 – et même sans doute quotidienne.

• 30 avril 1781, Beaune : Avec plusieurs autres musiciens, ESCARD signe un avis concernant les trois cloches de la collégiale qui sont discordantes entre elles. Les autres experts consultés sont GUILLERMIER l'organiste, DURAND, FAVIER, CHAUFFETET, GOOSSENS, PERRIER, JOROT, DESFORGES, GAUTHEY et Amable BAS.

• 22 avril 1785, Beaune [Côte-d'Or] : Le chapitre engage un jeune musicien haute contre, ÉVRARD, d'abord à l'essai puis durablement.

• 7 mai 1788, Beaune : Le chapitre prend lecture d'une requête présentée par le sieur ÉCARD, "musicien de cette église", dans laquelle "il supplie messieurs de vouloir bien le rétablir dans la prérogative d’enfant d’aube dont il avoit été revêtu dans sa jeunesse", ce que les chanoines acceptent. Ils ordonnent qu'à compter du 1er juillet suivant, "le dit sieur participeroit aux méreaux", c'est-à-dire à une partie des "distributions". À la même période, son ami Lazare GOOSSENS attaqué d'une sévère fièvre quarte est contraint d'abandonner peu à peu le poste de maître de musique, qui est confié à l'autre haute-contre, ÉVRARD.

• 5 mai 1789, Beaune : Dominique ESCARD meurt à l'âge d'environ 67 ans. Il est inhumé le lendemain, en présence de son gendre, Claude-Augustin Chabert, maître perruquier à Beaune, et de Charles Rigollot "grammairien". L'acte de sépulture donne très peu de renseignements, occultant totalement filiation et statut conjugal, mais il dit le défunt "musicien en cette église".
Son statut de musicien de la collégiale Notre-Dame l'a finalement emporté sur son métier de perruquier.

• 15 juin 1790, Beaune : Sa fille Marie-Catherine épouse un garçon perruquier, peut-être employé par son père avant son décès ? De ce dernier il est dit : "qui étoit perruquier". La mère, Philiberte Pernot, est présente et consentante. Parmi les signataires, on remarque la présence de l'ami GOOSSENS.

 Mise à jour : 9 mars 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Beaune ; F-Ad21/ BMS St-Pierre de Beaune ; F-Ad21/ G 2548 ; F-Ad21/ G 2552 ; F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ G 2554

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