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GOOSSENS, Lazare (1734-1811)
État civil
NOM : GOOSSENS     Prénom(s) : Lazare     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : GEOSSENS
GOSSENS
GOOSENS
GOUSSENS
GOUSSENCE
GOUSSANS
GOUESSE
Date(s) : 1734-12-13   / 1811-2-12 
Notes biographiques

Malgré son patronyme flamand – qui déconcerte les scripteurs –, Lazare GOOSSENS est né en Bourgogne, et il y accomplit la presque totalité de sa carrière musicale, à l'exception d'un premier poste de maître de musique à Saint-Omer. La particularité de sa carrière à la collégiale de Beaune est qu'il a longtemps tenu le rôle de maître de musique, composant de nouvelles pièces et battant la mesure lors de leur exécution, sans en avoir le titre officiellement, à cause de son statut d'homme marié. Et lorsqu'il est enfin reconnu comme tel, une mauvaise fièvre récurrente l'affaiblit : si en 1790 GOOSSENS est toujours présent et actif au chœur de la collégiale, où il joue de la basse, il a cependant dû se démettre en juillet 1788 de ce titre de Maître de Musique qu'il avait tant attendu...

• 13 décembre 1734, Seurre [Côte-d'Or] : Lazare, fils de François-Xavier "Gouesse", maître menuisier, et de Marguerite Roy, est baptisé en l'église paroissiale Saint-Martin. Sa marraine sait signer son nom. Les parents du nouveau-né s'étaient mariés presque neuf ans plus tôt, le 3 février 1726, à Seurre également. Son père était alors dit "marchand à Mairothe", et était muni du consentement de M. Eude Merthens, son curé.
    Plus tard, Lazare Goossens obtiendra des congés pour aller en Flandre régler des affaires familiales. Toutefois, ce n'est pas lui qui a accompli la migration depuis la Flandre, mais sans doute son propre père. Le patronyme du curé de celui-ci, en effet, semble aussi flamand que Goossens.

• [1741] Lazare GOOSSENS est reçu enfant de chœur de la collégiale Notre-Dame de Beaune, vraisemblablement à la place de Dominique ESCARD qui quitte la maîtrise entre avril et septembre 1741.
Durant ses dix années de maîtrisien, GOOSSENS est formé à la musique par le maître Isaac CARILLON. À la maîtrise de Beaune, il a côtoyé plus ou moins longuement de futurs musiciens comme Guy-Modeste BRIET, Jean-Baptiste GRATPANCHE, Jean BIDERMAN, … et d'autres.

• 12 août 1745, Beaune : Cette date figurait sur le manuscrit d'un psaume In exitu Israel à cinq voix avec solo et chœur encore conservé en 1878, selon Ch. Bigarne, et portant la mention "à Beaune, ce 12 août 1745, signé Goossens." Il est difficile de dire s'il s'agit d'une composition de Lazare GOOSSENS (qui n'avait pas encore onze ans) ou si en tant qu'enfant de chœur il avait été chargé de recopier une musique composée par quelqu'un d'autre (maître ou grand enfant de chœur).

• De mai 1751 à 1752, Beaune : Les chanoines de Notre-Dame usent de pédagogie – et d'une grande patience – pour faire comprendre au jeune homme de 17 ans qu'il ne peut pas rester éternellement à la maîtrise. En mai, ils constatent que sa voix a mué et qu'il a cessé d'étudier le latin. Il doit donc quitter la maîtrise, mais ils lui laissent jusqu'au 1er septembre pour choisir un métier. Le 24 novembre, il est toujours à la maîtrise et les chanoines notent sa "grande répugnance à apprendre une profession". Inversement il a incontestablement "de l’aptitude pour la composition". Un arrangement est trouvé avec le nouveau maître de musique, Joseph GARNIER, qui fin janvier 1751 a remplacé Isaac CARILLON. Jusqu’à Pâques 1752 il enseignera la composition au jeune homme, en recevant pour cela "la somme qu’on luy auroit accordée pour apprendre une profession". Il se peut toutefois que cet arrangement n'ait pas eu de suite puisque le 4 décembre 1751 Lazare GOOSSENS reçoit l'argent qui lui est dû.
Entre avril et juillet 1752, le sort de l'ancien enfant de chœur occupe trois délibérations capitulaires. Trois métiers sont envisagés en moins de quatre mois : chirurgien, pâtissier traiteur, "ferblanquier"... Les chanoines à chaque fois cherchent un maître d'apprentissage et négocient avec lui. Ultérieurement GOOSSENS sera dit "marchand", et le chapitre fera de fréquentes allusions à "son commerce", dont on découvre à travers diverses pièces conservées qu'il s'agit d'un commerce de tissu ("marchand de draps").
• 3 août 1752, Beaune : Le chapitre collégial licencie GARNIER, à cause de "ses absences fréquentes de l’office divin, son peu d’assiduité à la maîtrise, et de vigilance sur la conduitte et l’éducation des enfants de chœur". On ignore quels avaient été finalement les rapports de ce maître avec Lazare GOOSSENS et s'il avait eu le temps de lui transmettre une partie de son savoir.

• 17 juillet 1753 : Lazare GOOSSENS est toujours à Beaune. Ce jour-là il réclame et obtient du chapitre un certificat de vie et mœurs et une gratification – 12 livres – pour avoir fait chanter au chœur de la collégiale "il y a quelques jours un psaume de sa composition". On peut penser que ce certificat est lié à la préparation de son départ. C'est probablement à ce moment-là que le jeune homme est parti pour Saint-Omer.

• [À une date qui reste à découvrir] GOOSSENS devient maître de musique à Saint-Omer [Pas-de-Calais].

• 13 mars 1756, Beaune : Le chapitre "fait ouverture d’un paquet arrivé par la poste". Il contient la partition d’une messe en musique qu’a composée "GOESSENS cy devant enfant de chœur" et qu’il a dédiée au chapitre suivant ce qu'explique la lettre jointe. Le chapitre se déclare "sensible à son attention", lui attribue deux louis d’or de gratification et décide "que la partition de la ditte messe sera remise à la maîtrise pour chaque partie de musique être tirée et la ditte messe exécutée le jour de l’Annonciation". C'est l'un des gagistes de la collégiale, vraisemblablement BRIET, qui va diriger l'exécution de cette œuvre le jour de l’Annonciation puisque la maîtrise est alors vacante depuis le départ de Jean-Marie ROUSSEAU en janvier. Le poste sera pourvu à la mi-août avec la réception de François-Nicolas HOMET. On ignore si GOOSSENS a fait acte de candidature plus ferme que l'envoi de sa messe.

• Juin 1757 : Le poste de Beaune est à nouveau vacant par le départ d'HOMET pour Metz. C'est MICHEL, maître à Autun, qui l'obtient. Le registre capitulaire ne semble pas faire mention d'une candidature de GOOSSENS.

• Le 6 juin 1762, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame prend connaissance d’une lettre de candidature du sieur GOOSSENS "maître de musique à St-Omer et cy devant enfant de chœur en cette église, qui offre ses services pour occuper la maîtrise", dont le maître précédent, MICHEL, a obtenu son congé le 14 mai précédent.
Malgré les courriers déjà expédiés à Paris pour tenter de recruter un nouveau maître, le chapitre estime qu'il y aurait "de l’avantage à luy donner la préférence en égard à ce qu’il a été enfant de chœur" à la collégiale, et lui envoie des précisions sur les rémunérations. Il les accepte, tout en réclamant par une nouvelle lettre une aide "pour le défrayer du long voyage qu’il a à faire" : le chapitre lui promet 90 livres.
• 31 juillet 1762 : Lazare GOOSSENS est reçu maître de musique à la collégiale Notre-Dame de Beaune. Parmi les enfants de chœur qu'il contribuera à former durant cette période, plusieurs deviendront musiciens, comme Jacques DROUHIN ou Joseph JOLY.

• Au début de décembre 1766, sans doute à la suite d'une négociation menée en coulisses, le chapitre de Beaune lui accorde le droit de se marier et lui promet désormais 300 livres de gages + les distributions. Mais il perd son statut de maître de musique, qui doit dans cette collégiale être clerc. Lazare GOOSSENS en se mariant est rétrogradé au rang de gagiste, tout en restant chargé d'importants rôles musicaux : il "chantera la partie de basse taille, jouera de la basse aux musiques lorsqu’il sera nécessaire, remplacera pour l’instruction des enfants de chœur le Maître de Musique qui seroit malade ou absent, enseignera la composition à tel habitué qu’il plaira au chapitre choisir pour [que Goossens soit son] maître de musique".... Fin mars 1767, il est remplacé à la tête de la maîtrise par Nicolas SAVART.

• 19 mars 1767 : À Saint-Pierre de Beaune est célébré le mariage du sieur Lazare GOOSSENS, "marchand à Beaune", avec delle Marie Catherine Parigot, fille majeure du sieur Philibert Parigot, marchand à Beaune. Parmi les présents cités, on remarque "sieur Dominique ESCARD maître perruquier audit lieu, son amy".
• Un premier enfant naît dix mois plus tard, le 10 janvier 1768. D'autres enfants suivront ( 3 janvier 1770, 19 septembre 1771…, 8 septembre 1774…) Lors des baptêmes, le père est dit "marchand à Beaune". Les parrains et marraines appartiennent à la bourgeoisie commerçante de la ville (marchand épicier, veuve d'un marchand orfèvre, épouse d'un potier d'étain…), sauf ceux de 1771 et 1774 qui sont de jeunes enfants issus de deux familles de la noblesse (les David de Beaufort, les Perraut de Montrevault, les Jordan) dont les pères sont dits "écuyers". Il pourrait s'agir d'écoliers et d'écolières apprenant la musique avec Lazare GOOSSENS. Tous signent.

• 12 août 1768, Beaune : Des affaires l’appelant en Flandres, Lazare GOOSSENS, gagiste, demande un congé au chapitre, qui le lui accorde généreusement jusqu'à la fin de septembre "eu égard à ce qu’il a été fort assidu pendant le courant de l’année". Entre temps, depuis février 1768, SAVART parti pour Tours a été remplacé par Nicolas ROZE, lui aussi ancien enfant de chœur de la collégiale beaunoise.

• De mi août à ni novembre 1769, Nicolas ROZE est autorisé par le chapitre à aller se perfectionner à Paris. Si c'est François DURAND qui est nommé pour avoir soin des enfants de chœur pendant ces trois mois, c'est Lazare GOOSSENS qui dirige la musique, notamment pour les célébrations mariales du 8 septembre 1769.

• Mai 1770 : ROZE à son tour démissionne et part pour Angers. Gérard LARBALÉTRIER est désigné pour prendre soin des enfants de chœur et le chapitre tente de recruter un maître de musique "qui soit prêtre et de bonnes mœurs". ALOTTE, d'Annecy, est choisi et arrive début septembre 1770. Entre temps, pour le 15 août 1770, Lazare GOOSSENS a fait exécuter quelques pièces de musique de sa composition dans lesquelles il s'est "proportionné au petit nombre de musiciens". Le chapitre lui verse 9 livres à cette occasion, ce qui est peu.

• 29 juillet 1771, Beaune : En la collégiale Notre-Dame est célébré le mariage de Jacques HOCQUARD, "musicien en l'église collégiale Notre-Dame de Beaune", et de Magdelaine Poussard, fille d'un maître tonnelier de la paroisse Saint-Pierre. De nombreux musiciens sont présents : Lazare GOOSSENS, Jean-Baptiste GRATPANCHE et Jean-Louis LEVESQUE, tous trois "musiciens à la collégialle de Beaune et amis de l'époux", ainsi que Nicolas SAUVEZ "organiste de Maizieres aussi ami de l'époux".

• 7 août 1772, Beaune : Le sieur ALOTTE, maître de musique, demande son congé au chapitre, et semble partir aussitôt. Il n'assurera pas les célébrations du 15 août, et c'est Lazare GOOSSENS qui est commis pour "pour préparer les musiques qui seront à exécuter aux offices les veille et jour de la fête de l’Assomption et battre la mesure lors de l’exécution des dittes musiques". On note que ce jour-là le secrétaire capitulaire ne le qualifie plus de "gagiste" comme c'était régulièrement le cas depuis 1767, mais de "cy devant maître de musique"... Quant aux enfants de la maîtrise, c'est JOROT qui est chargé d'y veiller.
La répartition des tâches s'organise ainsi jusqu'au 18 décembre, où Laurent DUPUIS arrive de Coutances pour occuper le poste de maître de musique de Notre-Dame de Beaune.

• Au milieu de l'été 1774, Lazare GOOSSENS, qualifié de gagiste, demande l'autorisation de prendre un congé, parce que "des affaires de son commerce le forcent à s’absenter pendant quinze jours". Le chapitre lui accorde les quinze jours demandés, mais "à prendre à deux fois".

• Le 23 avril 1775, à la suite du refus du chapitre de lui accorder un bail à vie, Laurent DUPUIS démissionne. Le chapitre semble alors renoncer à chercher un nouveau maître de musique et organise un partage des tâches pérenne entre un prêtre (dans un premier temps Pierre FAVIER) qui gèrera la maîtrise et enseignera la grammaire aux enfants, et Lazare GOOSSENS, qui leur enseignera la musique et remplira toutes les fonctions de maître de musique (sans toutefois en recevoir le titre dans un premier temps). Il est notamment spécifié qu'il "battra la mesure à toutes les musiques soit en cette église soit ailleurs, fournira les musiques nécessaires"... Il touchera pour cela 200 livres (en plus de ses gages antérieurs). L'arrangement est officialisé le 2 mai 1775.

• Août 1776, Beaune : Pour l'Assomption 1776, Nicolas ROZE, de passage à Beaune, "a fourni de sa composition et fait exécuter presque toutes les musiques aux Vespres et messe de la grande fête comme aussy à la station de la procession". Quelques jours plus tard, Lazare GOOSSENS demande, et obtient, un congé de deux mois "pour se rendre en Flandre et y vacquer à des affaires de famille qui demandent sa présence".

• [1777 ou années suivantes] : Lazare GOOSSENS est intronisé à la loge maçonnique qui a été fondée en 1777 à Beaune.

• Le 10 mars 1779, le chapitre de la collégiale se plaint de ce que le Sieur GOOSSENS s’absente trop souvent "pendant des trois à quatre jours", sans en avoir obtenu permission du chapitre "sous prétexte des affaires de son commerce"...

• Le 6 septembre 1780, son fils Gabriel, six ans, est reçu enfant de chœur à la collégiale, mais dès le 30 octobre 1780, il sort de la psallette, réclamé par son oncle, le sieur Colas puiné, épicier, "avec le consentement du père". L'enfant deviendra en effet épicier.

• 30 avril 1781, Beaune : Avec plusieurs autres musiciens, Lazare GOOSSENS signe un avis concernant les trois cloches de la collégiale qui sont discordantes entre elles. Les autres experts consultés sont GUILLERMIER l'organiste, DURAND, FAVIER, CHAUFFETET, PERRIER, ESCARD, JOROT, DESFORGES, GAUTHEY et Amable BAS.
• 20 juillet 1781, Beaune : Lazare GOOSSENS vient solliciter du chapitre l'autorisation de ne pas être assidu aux offices car il a "des pièces de musique à composer pour la fête prochaine de l’assomption". On l'autorise à "prendre le tems nécessaire pour lesdites compositions".

• 25 juin 1784 : Le chapitre prête 150 livres à Lazare GOOSSENS, somme "qui lui était utile pour l’arrangement de ses affaires". Il remboursera 10 livres par mois. On peut penser qu'il s'agit des affaires de son commerce, qui nécessite de temps en temps une mise de fonds.

• 22 février 1786 : Les chanoines accordent quelques jours d'absence à GOOSSENS, "ayant des affaires qui l’appelloient à Dijon". Il est clairement qualifié dans cette délibération de "Maître de Musique de cette église".
• 20 décembre 1786 : Il en est de même en décembre lorsque le maître de musique, "attaqué depuis trois ou quatre mois d’une fièvre quarte", doit être temporairement remplacé par GAUTHEY auprès des enfants de chœur. Son épouse apporte alors au chanoine responsable de la maîtrise "six livres de musique dont trois de motet et trois autres de symphonies, lesquels pourroient être utiles aux enfants de chœur". En remerciement, le chapitre fait livrer une pièce de vin au sieur Goossens.
• Cette fièvre quarte dure longtemps : commencée à l'automne 1786, elle se manifeste toujours au printemps 1787. Plusieurs fois, Marie-Catherine Parigot, l'épouse du maître de musique, vient supplier le chapitre de lui accorder des secours (7 février et 3 mars 1787). Le  27 avril 1787 c'est un chanoine qui s'en charge. Chaque fois, le chapitre se déclare "touché de l’état malheureux où est réduit le dit sieur GOOSSENS" et ajoute un louis (24 livres), 48, 50 livres… aux gages du malade qui continuent à courir.

Le musicien se remet toutefois mais il ne parvient pas à reprendre une activité normale. Peut-être même doit-il cesser de composer : on voit Jacques DROUHIN, le maître des enfants de chœur, correspondre assidûment avec Nicolas ROZE à Paris et lui demander d'envoyer des pièces à faire jouer à Beaune. Peut-être piqué au vif, le maître de musique offre le 5 mars 1788 six messes de sa composition "qu’il dédie au chapitre". Celui-ci lui verse 120 livres.
Pour Pâques 1788, Nicolas ROZE vient en personne diriger la musique des festivités pascales.
• 11 juillet 1788,  Lazare GOOSSENS admet "que ses infirmités ne lui permettoient plus de donner des leçons de musique aux enfants de chœur et de faire les fonctions de maître de musique comme il le dézireroit" et le 16 juillet 1788, ÉVRARD, précédemment haute contre, est reçu Maitre de Musique de la collégiale Notre-Dame. Le chapitre maintient ses appointements antérieurs à GOOSSENS, à condition qu'il continue à venir jouer de la basse au chœur. Fin juillet, le chapitre s'efforce de récupérer la musique composée par le maître sortant, musique qui ne s'est point trouvé à la maîtrise "ledit sieur l’ayant emporté chez lui". Lors des délibérations qui le concernent ultérieurement (demandes de courts congés…), le secrétaire capitulaire le qualifie toujours de "cy devant maître de musique".

• 25 mai 1789, Beaune : Le sieur GOOSSENS, qualifié par le secrétaire capitulaire de "cy-devant maître de musique de cette église", demande au chapitre de lui avancer 96 livres "pour l’arrangement de ses affaires". Le chapitre accepte de mauvaise grâce en lui demandant "de s’abstenir dans la suite de former pareille demande". Le remboursement se fera par une retenue de 6 livres par mois sur ses gages "et un louis sur ses méreaux", indications qui prouvent que GOOSSENS participe toujours au chœur.

• Vers le mois de mai 1790, les chantres et musiciens de la collégiale Notre-Dame de Beaune co-signent une pétition adressée à "Nos Seigneurs" de l'Assemblée nationale, dans laquelle ils se disent "justement allarmés sur le sort qui [les] menace". Ils expliquent que si leur métier était pénible, ils étaient dédommagés de leurs fatigues par "l'assurance d'une subsistance honnête et d'une retraite qui [les] mettait a l'abri du besoin, soit dans la vieillesse, soit dans l'infirmité"... Cette perspective rassurante d'une retraite "à l'abri du besoin" est en quelque sorte illustrée par la présence à leurs côtés de Lazare GOOSSENS qui signe "GOOSSENS ancien maître de musique pensionné du chapitre". Suivent ensuite les signatures du maître de musique ÉVRARD, puis de Léonard BALONCHARD, Jean-Baptiste FOURCHOTTE, Philibert JOROTJean-Louis LEVÊQUE, MÉRANDON et Gaspard SAUSSET, auquel s'ajoute l'organiste Jean-Nicolas MORISSET.

• 15 juin 1790, Beaune : GOOSSENS est présent et signataire au mariage de Marie-Catherine Escard avec un garçon perruquier. C'est la fille de son vieil ami le chanteur haute-contre Dominique ESCARD décédé l'année précédente (le 5 mai 1789).

• • •

Lazare GOOSSENS vit encore vingt ans après 1790, sans que l'on sache précisément quelle activité il exerce. On peut supposer qu'il vit en partie de sa pension, et en partie de la poursuite de ses activités commerciales antérieures. Mais il est toujours dit "musicien" à son décès...

• 12 février 1811, Beaune : Lazare GOOSSENS décède à neuf heures du soir en son domicile, rue Pierre. Le lendemain, l'acte de décès le qualifie de musicien et de "pensionnaire dit ecclésiastique". Il est toujours époux de Marie-Catherine Périgot.

Selon Charles Bigarne, ("La Musique à Notre-Dame de Beaune", Mémoires de la Société d'Histoire, d'Archéologie et de Littérature de l'Arrondissement de Beaune, 1878), deux partitions de Lazare GOOSSENS étaient encore conservées dans la musique du chapitre au moment où il écrit [avant 1878] : une messe en si Bémol et le psaume In exitu Israel à cinq voix avec solo et chœur daté de 1745 [voir plus haut à cette date].

Mise à jour : 13 août 2018

Sources
Ad21/ G 2554/2 ; Ch. Aubertin, Quelques renseignements sur la musique à Beaune..., 1891 ; Ch. Bigarne, La Musique à Notre-Dame de Beaune..., 1878 ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Beaune en ligne ; F-Ad21/ BMS Seurre ; F-Ad21/ BMS St-Pierre de Beaune ; F-Ad21/ BMS St-Pierre de Beaune en ligne ; F-Ad21/ G 2549 ; F-Ad21/ G 2550 ; F-Ad21/ G 2551 ; F-Ad21/ G 2552 ; F-Ad21/ G 2553 ; F-Ad21/ G 2554 ; F-Ad21/ L 1381 ; F-Ad21/ NMD Beaune en ligne ; F-An/ DXIX/091/773/21

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