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JOSSON, Pierre Olivier, dit l'Aîné (ca 1720-1773 ap.)

JOSSON, Pierre Olivier, dit l'Aîné (ca 1720-1773 ap.)

État civil
NOM : JOSSON     Prénom(s) : Pierre Olivier     Sexe : M
Complément de nom : dit l'Aîné
Autre(s) forme(s) du nom : Ollivier
Date(s) : 1720 ca  / 1773 ap.
Notes biographiques

Pierre-Olivier JOSSON est maître de danse essentiellement à Angers durant les années 1750-1770, avec une brève incursion à Château-Gontier, dans le haut-Anjou, au milieu des années 1750. Ses frères l’étaient à Laval, à Angers et au Mans, après que leur père l’ait été à Brest, La Flèche et Ancenis. Même si beaucoup d'éléments de sa biographie nous manquent encore, on a là un bel exemple de dynastie provinciale, constituée de praticiens actifs des bals dans les villes de l’ouest. JOSSON trouve place dans la base Muséfrem grâce aux liens manifestement noués avec certains musiciens d'Église.

• [Vers 1720 environ], [Bretagne] : Pierre-Olivier JOSSON est probablement né vers 1720, mais son acte de baptême reste à découvrir. Il est fils de Jean-François JOSSON, maître à danser, et de Marie-Françoise Poullain / Poulain de Pontlaud. Il est l'aîné d'une fratrie comportant René, né en 1726, et Guillaume, né en 1730, tous les deux à Brest, où, néanmoins, Pierre-Olivier ne semble pas être né lui-même. Un autre frère, Philippe, naît ultérieurement à La Flèche en 1733. Un cinquième frère, Jean-Pierre, né vers 1725, meurt en 1739 à Ancenis où s'est installé la famille et où le père décède le 24 octobre 1744.

• [Vers 1740] : Pierre-Olivier JOSSON commence à exercer comme maître à danser au début des années 1740. En 1763, il écrit "depuis plus de vingt ans que je l'exerce" [ce métier de maître à danser]. Dans quel lieu ? Cela reste à découvrir...

• 25 mai 1753, Angers : Dans l'église paroissiale Saint-Pierre, Pierre JOSSON présente sur les fonts baptismaux son neveu Guillaume-Pierre-Urbain Josson, né l'avant-veille, fils de son frère "h.h. Guillaume JOSSON, maître à danser de cette paroisse, et de delle Marthe Touchet, sa femme". Son métier à lui n'est pas précisé, non plus que son domicile. Il est seulement mentionné comme "le sieur Pierre JOSSON, oncle de l’enfant". Il signe "P.Josson".
• 6 septembre 1753, Laval : À l’occasion de la distribution des prix (financée par le chapitre de Saint-Tugal), une représentation théâtrale a lieu comme chaque année au sein du collège lavallois, avec des intermèdes dansés. Quelques jours plus tôt, le 29 août, le procureur fiscal de la ville a demandé au juge de police de prendre des mesures de maintien de l'ordre particulières. En effet, il craint que la représentation qui se prépare, "laquelle devait être plus brillante que celles des années précédentes, en raison du concours prêté à cette fête par M. JOSSON aîné" (E. Queruau-Lamérie, 1890), ne soit troublée par "le peuple peu raisonnable".
Le programme de cette fête a été conservé. Les danses "sont de la composition de M. Josson le cadet, maître à danser du Collège et de la Ville de Laval", c'est-à-dire René. Et le programme annonce : "Dansera Monsieur JOSSON, Maître à Danser de l'Académie d'Angers". Les deux frères dansent deux duos (La Sabotière et La Jardinière), et l’aîné, peut-être masqué, est sans doute le "M*** d’Angers" qui danse en solo le Pierrot de la dernière entrée. La musique entendue lors de cette représentation "est de la composition de M. Frary" : Louis-Joachim FRARY est alors, depuis 1742, le maître de musique de la collégiale Saint-Tugal (il meurt en 1776).
Pierre-Olivier JOSSON semble donc clairement à cette date-là attesté comme maître à danser de l'académie d'Angers (encore appelée académie d'équitation, ou académie royale… et dédiée à l'éducation des jeunes gens de la noblesse). De Laval à Angers, il faut compter 75 km par l'itinéraire pédestre le plus direct, soit une bonne quinzaine d'heures de marche.

• 25 juin 1754, Laval : Pierre-Olivier JOSSON est, curieusement, dit maître à danser à Château-Gontier, active petite ville du haut Anjou, implantée sur la rive droite de la Mayenne autour de son château, lorsqu'il est présent à Laval pour le mariage de son frère René, lui aussi maître à danser. On peut s'étonner de cette localisation à Château-Gontier, alors qu'il était peu avant et qu'il sera ensuite, attaché à l'académie d'Angers (voir ci-après en 1763). Peut-être n'y a-t-il fait qu'un séjour de courte durée ? D'autres maîtres à danser ont été attestés à Château-Gontier, tels Pierre ALLAIN-DUPRÉ (c'est là que son fils Jean-Baptiste vient au monde en 1739) ou Théodore LAROCHE à partir de 1762 ou 1763 et jusqu'au début du siècle suivant.
Sont également présents à ce mariage un troisième frère Josson, Guillaume, alors maître de danse à Angers (il l'a été un peu avant au Mans), leur mère, ainsi que deux sœurs, Marie-Louise et Marie-Anne, toutes trois demeurant aussi à Angers. Il faut signaler la présence parmi les témoins extérieurs à la famille de Louis-René GIRAULT, dit ce jour-là "maître de musique", mais que l'on connaît aussi comme "psalteur" de la collégiale Saint-Tugal, ainsi que celles de Thibault Dugas, maître écrivain, et de Nicolas Duchesne, "demeurant tous dans cette ville" [de Laval] et "amis des époux".

• 27 janvier 1761, Angers : Dans l'église paroissiale Saint-Maurille, Pierre-Olivier JOSSON se marie avec demoiselle Marguerite Blin (ou Blain, voire Belain), veuve d'un Lieutenant dans les fermes du Roi. Il signe "P.O. Josson". Sa mère, demoiselle Marie-Françoise Poullain de Pontlau, est présente, de même que sa sœur Marie-Anne Thomase et sa nièce Marie-Marthe (fille de son frère Guillaume). Sont aussi témoins Pierre Claude Léon LAUBERTY et Gabriel POCHARD "tous les deux officiers à la cathédrale de cette ville".
Le maître à danser fréquente donc des musiciens d'Église, et réciproquement, ce qui n'est pas rare (on observe la même chose à Orléans autour de Jean ROBERT et de Jacques-Regnault DARNAULT).

• 1763, Angers : Pierre-Olivier JOSSON, dit "Josson l'Aîné", publie chez Jahyer, à Angers, un petit traité de danse de 93 pages, intitulé "Traité abrégé de la Danse, qui contient les premiers principes de l’Art, la manière de marcher, se présenter & saluer avec grâce, la façon de danser le Menuet comme il se danse aujourd’hui, les différents Pas & Figures des Contre-danses en usage", et conservé à la BnF. Sur la page de couverture de son traité, il se dit "Maître à danser de l'Académie Royale établie à Angers pour les exercices du corps". Il a donc un statut bien établi dans la ville et y est reconnu.
Josson consacre au total sept chapitres au menuet et deux seulement à la contredanse. La plume volontiers acerbe, il fustige ceux qui croient savoir danser le menuet alors qu’ils en ignorent "jusqu’aux moindres principes", et il esquisse l’image pitoyable de ce pauvre danseur "qui fait le tour d’une Salle en figurant quelques pas mal formés". Il critique aussi indirectement ses collègues, leur reprochant de ne "pas exactement" observer les bons principes de départ. C'est le cas, déplore-t-il "de la plupart des Maîtres de Province, & ce qui occasionne le peu de progrès que font les personnes qui sont confiées à leurs soins. Dès qu'on sera sûr des principes, avec un peu d'attention aux leçons d'un bon Maître…" (comme lui, bien sûr...), l'écolier progressera. 
• Mai 1763, Paris : Les Affiches et Avis divers de Paris annoncent la publication du traité de danse du sieur JOSSON.
• 6 octobre 1763, Angers : Pierre JOSSON et Jean-Antoine FINELLY, tous deux dit "musiciens de cette ville", ainsi que Pierre POITEVIN (lui aussi connu comme musicien) et l'épouse de FINELLY, la musicienne Victoire DEVERT, assistent au mariage du chef de musique des Carabiniers de La Flèche, Jean-Joseph KROUK, et de Françoise-Élisabeth Mousseron, en l'église paroissiale Saint-Pierre d'Angers.

• 1769, Angers : Lors de l'opération de numérotage des maisons, entre mars et juillet 1769, qui a donné lieu à un recensement de la population, on relève au n°1628, rue Saint-Aubin, dans une maison appartenant à Mrs du Chatellier, le sieur JOSSON, "maître à danser", comme "principal locataire", vivant en compagnie de sa sœur et de sa nièce. Il n'est pas fait mention de son épouse, sans doute décédée rapidement après leur mariage.

• 17 et 23 décembre 1771, Paris : Un acte officiel devant notaire institue quatre "lieutenants particuliers" chargés de représenter le sieur Étienne-Henry Barbotin d’Ayrault-Bajet, "Lieutenant général du Roi des violons", dans l’ouest et le centre-ouest du royaume, afin de faire respecter en son nom les règles corporatives et de collecter les redevances, droits d'entrée et amendes qui leur sont liées. Ces quatre lieutenants particuliers sont musiciens et/ou maîtres de danse : Charles CHAMPION à Chartres, Louis VENDIMÈNE à Tours, Pierre-Olivier JOSSON à Angers et François-Charles LEMAIRE à Bourges. Peu avant, le 28 septembre 1771, Jean-Baptiste SAUVAGEAU, maître à danser et musicien à Blois, avait conclu le même type d'accord. Il faut signaler ici que d'autres lieutenants particuliers sont des musiciens d'Église : Bertrand ROCAGEL, organiste de la cathédrale de Langres, ou André ROUEN, musicien de la cathédrale de Nevers, ont également acheté des lieutenances particulières à Barbotin.
• Février-avril 1773 : Après l'indignation soulevée par les prétentions (notamment financières) des lieutenants particuliers chez les organistes craignant de ne plus pouvoir dispenser librement des leçons de clavecin, après diverses passes d’armes et procès retentissants, un arrêt royal puis un édit annulent toutes les ventes et concessions de délégation par la communauté des ménétriers de Paris, interdisent aux lieutenants particuliers de poursuivre leurs entreprises et suppriment le titre de "roi des violons" ou"roi des ménétriers". Cela vient mettre un terme à l’agitation au sein des milieux musicaux et signe la mort de la vieille ménestrandise.
On perd alors la piste de Pierre-Olivier JOSSON qui aurait – peut-être – quitté la ville d'Angers.

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• 7 août 1788, Angers : Annonçant son installation comme maître à danser dans Les Affiches d’Angers, un certain Gautier se dit "élève du sieur Josson, ancien Maître de l’Académie de Danse de Paris". C'est la preuve que la réputation de Pierre-Olivier Josson avait perduré à Angers malgré le piteux échec de 1773.

Mise à jour : 8 octobre 2019

Sources
C. Port, Les artistes angevins, 1881 ; F-Ad49/ BMS Angers, St-Pierre ; F-Ad49/ BMS St-Maurille d'Angers ; F-Ad49/ BMS St-Pierre d'Angers ; F-Ad53/ 1Mi 144/8 ; F-Ad53/ BMS La Trinité de Laval ; F-AmAngers/ II 13 ; S.Granger, Danser dans la France des Lumières, 2019

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