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PRÉVOST, Nicolas (1768-1830)
État civil
NOM : PRÉVOST     Prénom(s) : Nicolas     Sexe : M
Date(s) : 1768-3-3   / 1830-3-3 
Notes biographiques

Formé à la collégiale Saint-Honoré à Paris, Nicolas PRÉVOST s'illustre dans un premier temps dans le serpent, au point de se faire remarquer par le chapitre de Notre-Dame qui se l'attache en 1788. Cependant, la vie cléricale ne lui convient pas : en 1790, il est congédié car à 22 ans, il a décidé de se marier. Avec la Révolution, de nouvelles perspectives s'offrent à lui. Il devient chanteur dans les chœurs du Théâtre Feydeau, avant d'intégrer l'Opéra en 1809. Son talent et son zèle infatigable, signalés par le compositeur Spontini, lui ouvrent également les portes de la Chapelle impériale. Lors de la Restauration, il conserve ses places et devient même chef de plain-chant à la Chapelle.

• 3 mars 1768, Paris : Nicolas PRÉVOST vient au monde et reçoit le baptême. Il est le fils de Jean Nicolas Prévost, bourgeois de Paris, et de Geneviève Bureau son épouse, qui demeurent en 1790 à Paris, rue et porte Saint-Honoré, paroisse de la Madeleine-de-la-Ville-l’Évêque. Son père porte au moins depuis janvier 1773 ce titre de "bourgeois de Paris" mais entre octobre 1769 et juin 1775 au moins, il est employé comme cocher au service de madame Dumesnil, à Viroflay [Yvelines].

• 22 juillet 1776, Paris : Sur concours, Nicolas PRÉVOST est reçu enfant de chœur à la collégiale Saint-Honoré. Il est formé par Antoine François CHARRIÈRE, également premier serpent.

• 3 septembre 1782, Paris : L'enfant de chœur PRÉVOST quitte la maîtrise de la collégiale Saint-Honoré.

• 25 mars 1783, Paris : Nicolas PRÉVOST se présente pour la place de serpent en la collégiale Saint-Benoît. Il est entré en fonctions dès le 1er mars.

• 14 mars 1785, Paris : Le chapitre de Saint-Honoré verse 30 livres de gratification "au sr Prévost, ancien enfant de chœur, qui a copié et remis en ordre le livre qui sert à l'orgue". 
• 28 avril 1785, Paris : En raison du départ en retraite de MASSON, second serpent, Nicolas PRÉVOST, ancien enfant de chœur, est reçu à la collégiale Saint-Honoré avec les mêmes gages que le précédent. Il quitte Saint-Benoît le 3 mai.

• 9 décembre 1788, Paris : Nicolas PRÉVOST, second serpent à la collégiale Saint-Honoré, bientôt reçu à la cathédrale Notre-Dame en la même qualité, "reçoit une gratification de 60 livres, s'étant comporté avec décence et honnêteté et ayant été élevé à la maîtrise".
• 12 décembre 1788, Paris : Il est reçu à Notre-Dame comme serpent en remplacement de Joseph Barthélémy BOREL-ROGAT.

• 2 août 1790, Paris : Nicolas PRÉVOST, "professeur de musique de Notre-Dame" s'allie par contrat de mariage à Thérèse Julie Pinsard, fille mineure de Vincent Antoine Pinsard, employé aux fermes du roi, et de demoiselle Edmée Madeleine Rachequesne son épouse, qui demeurent avec leur fille à Paris, rue du Bouloy, paroisse Saint-Eustache. Il apporte 1 000 livres en habits, linge, hardes et bijoux à son usage "provenant de ses gains et épargnes", elle une dot de 1 500 livres constituée par ses parents, en meubles, habits et autres effets.
• 11 août 1790, Paris : Le chapitre métropolitain annonce que Nicolas PRÉVOST s'est marié, en contradiction avec les règles de l'église. De ce fait, il ne pourra plus être reçu dans le chœur de Notre-Dame. En conséquence, il quitte la communauté des chantres où il était clerc de matines. Très peu de temps après, il entre au Théâtre Feydeau comme chanteur (en 1809, il déclare y avoir travaillé pendant 19 ans).

• 1792, Paris : L'ouvrage Les Spectacles de Paris et de toute la France signale sa présence dans les chœurs du Théâtre Feydeau.

• 16 mai 1804, Paris : Succession de son père Jean Nicolas, âgé de 66 ans, "vivant de son revenu" qui demeurait 412, rue Bleue.

• 1er février 1806, Paris : Nicolas PRÉVOST est admis à la Musique de la Chapelle impériale comme basse-taille ou basse chantante, probablement comme surnuméraire ou pour des interventions exceptionnelles, sans être payé. 

• 1808-1813, Paris : PRÉVOST, qualifié indifféremment de basse, basse-chantante ou basse-taille, participe à plusieurs cérémonies en actions de grâces à la cathédrale Notre-Dame : les 4 (anniversaire du sacre de Napoléon) et 25 décembre 1808 (victoires en d'Espinosa, Burgos, Tudela, Somo-Sierra la prise de Madrid), 28 mai (prise de Vienne), 23 juillet (victoires d'Enzersdorf et de Wagram) et 15 août 1809 (saint Napoléon), 1er décembre 1811 (anniversaire de la bataille d'Austerlitz), 15 août (saint Napoléon) et 4 octobre 1812 (victoire de la Moskowa), 15 août (saint Napoléon) et 19 septembre 1813 (victoire de Dresde). Il touche 18 francs pour chaque prestation.

• 1809, Paris : Il est toujours chanteur au Théâtre Feydeau. Ses appointements annuels s'élèvent à 2 000 livres.

• 28 août 1809, Paris : Sur ordre du surintendant des spectacles, Nicolas PRÉVOST est admis à l’Académie impériale de Musique en qualité d’artiste du chœur ; ses appointements, qui lui seront payés à dater du 1er septembre prochain, sont fixés à 1 200 francs par an par arrêté de Picard, directeur. Dans la lettre qu’il écrit à PRÉVOST le même jour, Picard évoque le témoignage positif qui lui a été rendu sur son talent par les chefs du chant et l’informe qu’en considération du sacrifice financier auquel il a consenti, il touchera en outre une gratification annuelle de 300 francs. Dans une requête de 1822, PRÉVOST rapporte qu'il a été engagé sur proposition du compositeur Spontini : "Lors de la Première mise de votre bel opéra de Fernand Cortez, il vous fut accordé par le gouvernement carte blanche, pour porter les chœurs de l’opéra au complet. Alors vous me fites appeler chez Vous pour m’engager à renoncer au théâtre Faydeau et venir à l’Opéra". Il obtient la promesse, pour compenser l'écart de salaire substantiel entre son ancienne et sa nouvelle place, qu'on lui tienne compte de cinq années passées à Feydeau (sur 19) lorsque le temps sera venu de fixer le montant de sa retraite.
• 23 septembre 1809, Paris : PRÉVOST demande à Picard une avance de 100 écus, à prendre sur sa gratification. Il invoque une somme qu’il doit au caissier du Théâtre Feydeau, "une maladie de mon épouse qui m’a coûté beaucoup" et l’admission de son fils au pensionnat du Conservatoire de Musique (il s'agit d'Antoine Nicolas Thérèse Prévost), qui a également entraîné une forte dépense. 
• 28 septembre 1809, Paris : Picard lui répond qu’il lui est impossible de lui accorder l’avance de 300 francs qu’il demande, l’ordre établi dans la comptabilité de l’Académie ne permettant pas d’anticiper sur un exercice. 

• Janvier 1810, Paris : Nicolas PRÉVOST est titularisé à la Chapelle impériale, avec 1 000 francs d'appointements. En 1814, il est "première basse-taille de droite tutti". Il reste en poste lors de la Restauration et jusqu'à son décès. En 1825, on indique qu'il est "chef du service divin qui comprend matin et soir".
• 24 mars 1810, Paris : PRÉVOST, basse-taille de l’Opéra et de la Chapelle impériale, écrit au comptable de l’Académie impériale de Musique pour lui rappeler qu’une gratification annuelle de 100 écus lui est accordée par son acte d’engagement ; elle lui est payée tous les quatre mois. Il lui demande une avance de 200 francs à cause d’un billet de 100 écus qu’il doit payer le 28 du mois.
• 28 avril 1810, Paris : un arrêté du directeur Picard accorde à PRÉVOST, artiste du chœur de l’Académie, une gratification annuelle de 300 francs, conformément à la disposition prise lors de son engagement. 

• [juillet 1811], Paris : PRÉVOST demande au directeur de lui faire donner une ordonnance de 100 francs de gratification, pour compléter ses 1 500 francs, "dont il y a déjà sept mois d’échu". La somme lui serait d’un grand secours, son épouse étant malade.
• 30 juillet 1811, Paris : un arrêté du directeur Picard accorde à PRÉVOST, artiste des chœurs, à titre d’appointements extraordinaires, une somme de 100 francs, faisant le complément de ses appointements annuels.

• 1er octobre 1813, Paris : Sur l’opéra Oreste de Widerker que PRÉVOST a copié, il revient à ce dernier la somme de 516 francs. Dans une lettre à Picard, PRÉVOST, qui regrette ce "sot marché", demande qu’on lui paye cette somme dont il a un besoin urgent ("j'ai ce mois cy cent écus à payer par billet et je ne sais où je les prendrai, je n’ai absolument d’autre ressource que mon mémoire").
• 2 octobre 1813, Paris : Picard répond qu’il ne peut lui régler la somme réclamée car "la copie de la musique d’un ouvrage nouveau ne peut être payée […] qu’après la 1ère représentation de l’ouvrage", or il n’a reçu aucun ordre au sujet de l’opéra Oreste (qui ne sera jamais joué). 

• 13 mars 1816, Paris : Thérèse Julie Pinsard décède. Le couple n'a qu'un enfant en vie : Antoine Nicolas Thérèse PRÉVOST, musicien.

• 1816, Paris : Avec trois de ses collègues de la Chapelle du roi, PRÉVOST demande au grand aumônier de France l'embauche de deux basses-contre sachant le plain-chant et la psalmodie afin de soulager l'équipe actuelle passer de six à huit chanteurs, comme au temps de Louis XVI. Il demeure alors au n° 2, rue Rochechouart.

• 12 octobre 1818, Paris : Nicolas PRÉVOST demande une augmentation de salaire à l'intendant des Menus Plaisirs. Il souhaite obtenir, en tant que chef de plain-chant à la Chapelle, 2 000 francs d'appointements (il ne perçoit que 1 200 francs).
• 12 novembre 1818, Paris : Nicolas PRÉVOST se remarie avec Marie Louise Agathe Robillard, couturière, âgée de 40 ans sous le régime de la séparation de biens, d'après le contrat passé le 9. PRÉVOST habite au n° 9, rue Traversière Saint-Honoré. L'acte est signé par ses amis musiciens Antoine FORMAGEOT et François Charlemagne LEFEBVRE.

• 7 octobre 1822, Paris : Dans une requête au marquis de Lauriston, ministre de la Maison du Roi, PRÉVOST père, musicien du roi et de l’Académie royale de musique, demande, attestation de Spontini à l’appui, que l’on fasse consigner sur les registres de l’Opéra ses cinq années passées au Théâtre Feydeau, antérieurement à son entrée à l’Opéra (il y a en réalité passé 19 années).

• 30 juin 1829, Paris : Il prend sa retraite de choriste à l'Opéra.

• 3 mars 1830, Paris : Nicolas PRÉVOST, artiste musicien de la Chapelle du roi, meurt de maladie en sa demeure au n° 1, rue Mandar. Le décès est déclaré par son fils unique Antoine Nicolas Thérèse PRÉVOST, alors à l'Opéra, qui succède à son père à la Chapelle royale.
• 10 mai 1830, Paris : La valeur des effets mobiliers trouvés chez lui, qui se limitent à sa garde-robe, n'est que de 155 francs d'après l'inventaire après décès. Le reste des meubles appartient à la veuve. Le service, le convoi et les frais d'enterrement ont coûté 430,70 francs.

Dernière mise à jour : 2 avril 2016

Sources
Almanach de 25000 adresses de Paris ; Annuaire dramatique, 1806 ; F-Ad75/ 5 Mi 1 1217 ; F-Ad75/ 5 Mi 1 2028 ; F-Ad78/ 5MIEC/ 140 ; F-An/ AJ/13/176 ; F-An/ AJ/13/85 ; F-An/ ET/LXXXI/750 ; F-An/ ET/XCIII/389 ; F-An/ ET/XLIV/619 ; F-An/ F19 7048 ; F-An/ F19 7049 ; F-An/ LL 232/ 41 ; F-An/ LL 232/ 42 ; F-An/ LL 461 ; F-An/ LL 516 ; F-An/ LL 517 ; F-An/ O/2/62 ; F-An/ O/3/1613 ; F-An/ O/3/1661 ; F-An/ O/3/1756 ; F-An/ O/3/290 ; F-An/ O/3/354 ; F-Pan/ F19 7049 ; F-Pan/ F19/7049 ; Les Spectacles de Paris et de toute la France, 1792 ; Tables de successions ; genealogie.com
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1788-12-12  / 1790-8-11
Lieux :  Cathédrale Notre-Dame (PARIS [ville])  
Fonction :  serpent (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : célibataire    

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