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BOSSUGÉ, Jean-Baptiste Christophe (ca 1739-1792 ap.)

BOSSUGÉ, Jean-Baptiste Christophe (ca 1739-1792 ap.)

État civil
NOM : BOSSUGÉ     Prénom(s) : Jean-Baptiste Christophe     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : BOSSUGE
BOSSUEGE
BOUSSUGE
BOSSUGUÉ
Date(s) : 1739-7 ca  / 1792-10 ap.
Notes biographiques

Avec ou sans accent à la fin de son nom, on rencontre Jean-Baptiste-Christophe BOSSUGÉ ou BOSSUGE dans plusieurs églises successives, géographiquement éloignées les unes des autres au cours du quart de siècle qui précède la Révolution. S'il s'estimait lui-même "une des plus fortes et une des premières hautes-contres du Royaume", cet avis n'était peut-être pas unanimement partagé puisqu'il semble avoir eu du mal à "se placer".

• [Vers juillet 1739], Paris : Jean-Baptiste Christophe BOSSUGÉ serait né paroisse Saint-Eustache, selon les indications données lors de sa réception à Orléans en 1786. Son origine parisienne est confirmée par plusieurs autres sources.

• Où et auprès de qui a-t-il reçu sa formation musicale ? Où a-t-il commencé sa carrière de chanteur ? Un tableau de 1791 ne lui donne que 25 ans d'ancienneté, ce qui le ferait débuter vers 1766 seulement, soit à l'âge de 27 ans environ. Cette indication est contradictoire avec le fait qu'il apparaisse dans un registre capitulaire chartrain au moins cinq ans plus tôt

• 2 octobre 1760, Chartres : Jean Christophe BOSSUGE est reçu comme haute contre à la cathédrale pour 14 livres par semaine, mais "à condition qu’il apprendra le chant sur le livre, et à Noël on s’informera du progrès qu’il peut avoir fait".
• Mais dès le 10 janvier 1761, il déclare qu'il "ne se sentait pas assez de force pour rester à Chartres" (et qu'il a obtenu de plus une place à Arras), et demande au chapitre de la cathédrale l'autorisation de se retirer.

• 1761, Arras : ?

• 20 septembre 1767, Beaune [Côte-d'Or] : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame reçoit un musicien haute contre, dont le registre capitulaire ne donne pas le nom. La spécificité de sa voix indique qu'il s'agit de BOSSUGÉ, que l'on rencontre très peu après dans les délibérations. Il aura les gages ordinaires de 365 livres.
• Le 3 novembre 1767, le chapitre lui avance 48 l. "qui luy sont nécessaires pour faire venir ses hardes et autres besoins" (le secrétaire capitulaire n'a pas précisé de quelle ville il devait faire venir ses effets). Le chanteur remboursera par une retenue de 3 "francs" [sic] sur ses gages chaque mois.

• 22 janvier 1768, Beaune : Le chapitre de la collégiale Notre-Dame accorde trois jours de congé aux nommés LÉVÊQUE et BOSSUGÉ gagistes.
• 10 février 1768, Beaune : En même temps que Nicolas SAVART, qui part pour Saint-Martin de Tours, le gagiste BOSSUGÉ demande un certificat de vie et mœurs et quitte lui aussi la collégiale Notre-Dame et la Bourgogne.
• 1er mars 1768, Tours : Arrivé avec Nicolas SAVART, ancien maître de musique de la collégiale de Beaune, cette haute-contre, qui était en poste dans le même établissement, est reçue par les chanoines de Saint-Martin mais de façon provisoire, jusqu'à la fête de la saint Martin d'été, le 4 juillet, sur le pied de 700 livres de gages annuels ; BOSSUGÉ ne reçoit en revanche que 72 livres de frais de voyage contre 200 livres versées à SAVART.
• 16 avril 1768, Tours : BOSSUGE [sic] s'en va ce jour et le fabricier est chargé de lui verser 30 livres pour le montant de ses gages perçus depuis le 1er de ce mois.

• Est-il allé directement de Tours à Nantes ?

• 6 février 1770, Nantes : Musicien de la cathédrale Saint-Pierre, BOSSUGÉ signe comme témoin au mariage de son confrère Jean-Baptiste HENRY. Deux autres musiciens de la cathédrale de Nantes sont également présents : Guillaume Siméon DELAVAUX, musicien, et François "LESCAUT" [sic, en fait : LESCOT], le maître de musique.

• Juillet 1780, Nantes : Le sieur BOSSUGUE [sic] reçoit 24 livres du chapitre de la cathédrale, au titre de "mandement de gratification". Le maître de musique de la cathédrale est toujours le sieur LESCOT.

• 23 avril 1786, Nantes : BOSSUGÉ, "haute-contre demeurant rue du cloître de Notre Dame chés les delles Tasset à Nantes", écrit une lettre pour proposer ses services au chapitre de la Cathédrale Notre-Dame de Saint-Lizier [Ariège], dans les archives duquel sa lettre est aujourd'hui conservée. Il y exprime "l'envie extrême [qu'il a] depuis déja bien du tems de [se] placer pour toujours dans une de nos provinces" ainsi qu'une grande fierté de sa voix : "il n'y a pas de musicien qui me connoisse, qui ne me regarde comme une des plus fortes et une des premières hautes-contres du Royaume"...
On ignore si le chanteur avait en même temps écrit à d'autres églises (c'est très probable), on ignore également si le chapitre de Saint-Lizier a répondu. Toujours est-il que "l'envie extrême de se placer" qui animait alors BOSSUGÉ, lequel atteignait bientôt l'âge de 47 ans, l'a finalement mené à Orléans.
• 2 décembre 1786, Orléans : Le chapitre de la cathédrale Sainte-Croix reçoit Jean-Baptiste Christophe BOSSUGÉ musicien haute contre, aux gages de 13 livres par semaine, soit 676 l/an. Il est dit âgé de 46 ans et demi (ce qui le fait naître vers le milieu de l'année 1739), natif de Saint-Eustache de Paris. Le même jour, un certain PARIS est reçu pour jouer du violoncelle.
  Il est frappant de constater que moins de deux mois plus tard un autre chanteur haute-contre aussi natif de Saint-Eustache est reçu à la cathédrale, Charles-François BESNARD. Mais ce dernier a seulement 23 ans (né vers 1763-1764), lui et Bossugé ne peuvent donc pas avoir été condisciples à la psallette de Saint-Eustache, et de plus lorsqu'il arrive à Orléans, Bossugé semble venir de Nantes où il a exercé longuement. On peut ici soupçonner un pur hasard.

• 23 août 1788, Orléans : Le chapitre accorde douze jours de congé au nommé BOSSUGÉ musicien haute contre "pour vacquer à ses affaires".

1790Orléans : BOSSUGÉ est toujours haute-contre à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Il déclare être originaire de Paris. Ses revenus sont de 776 livres.
• Vers le 15 mai 1790, les musiciens de la cathédrale Sainte-Croix et de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans signent tous ensemble une "requête" adressée aux "augustes représentants de la Nation" pour plaider non seulement leur cause, mais plus largement celle des maîtrises et, par voie de conséquence, estiment-ils, celle de la musique en France, dont la société retire "des avantages réels" ("aménité des moeurs" et délassement). Ils soulignent le rôle fondamental joué par les maîtrises dans la formation des "célèbres musiciens qui ont paru jusqu'à présent".
Pour la cathédrale Sainte-Croix signent Charles HÉRISSÉ, le maître de musique, CARRÉ, l'organiste puis les musiciens dans l'ordre suivant : CONSCIENCE, COMPÈRE, CHAILLOU, SILVESTRE, PRESTAT, LEFEVRE, BOSSUGÉ, FOUCART, HILDEN, BEREUTHEN, QUÉNEL, ADAM et SIONEST. On remarque l'absence de deux des basse-contre, ÉVIN et FAUQUET.

• Mai 1791, Orléans : Après la dissolution du chapitre fin 1790, la musique de la cathédrale constitutionnelle est réorganisée et dotée d'un règlement qui, en particulier, règle minutieusement les tarifs de "la pointe" en fonction des types de fêtes ou d'offices. Sont également prévus "les tours pour les enterrements" assurés de semaine en semaine par des binômes fixes. "Dans une assemblée tenue chez M. l'abbé HÉRISSÉ", le règlement est amendé puis adopté et signé par 11 musiciens : QUÉNELLEPRESTAT, CHAILLOU, HILDEN, CONSCIENCEADAM, MAUGARS, BOSSUGÉ, COMPÈRE, LEFEBVRE, SILVESTRE. Cet ordre correspond-il à une hiérarchie ou est-il dû au hasard ?
• En juin 1791, BOSSUGE figure sans prénom dans un tableau des effectifs orléanais envoyé au Comité ecclésiastique créé par la Constituante. Il y est dit "musicien haute contre" originaire de Paris, âgé de "61 ans" et ayant 25 ans d'exercice au total, dans différentes églises ainsi énumérées : "Lisle, Baule, Nantes, Langres, Tours, Orléans". Si on peut faire l'hypothèse d'une confusion entre [La] Baule et Beaune, en revanche pour Lille et Langres, on manque actuellement de toute information.
Dans ce même tableau, le directoire du district d'Orléans propose de lui accorder une pension de 500 livres, avec le commentaire suivant : "On ne peut accorder moins à un vieillard qui d'un moment à l'autre peut perdre la voix, seul moyen de subsistance". L'expression "vieillard" étonne dans la mesure où, en réalité, il avait environ 52 ans (le tableau véhicule une erreur d'environ dix ans le concernant, si l'âge indiqué avec une relative précision lors de sa réception à Orléans est bien le bon).
Le montant de pension proposé est validé par le directoire du département du Loiret. Un acompte de 125 livres lui est versé.

• 4 octobre 1792, Orléans : Jean-Baptiste Christophe BOSSUGÉ, "musicien de la paroisse épiscopale d'Orléans" a prêté serment "d'être fidèle à la nation, de maintenir la liberté et légalité, ou de mourir en les défendant". Sa prestation de serment est remise par procuration, par l'intermédiaire de Claude François LEFÈVRE, lui aussi musicien, qui certifie que Bossugé est malade.
Les autres musiciens de la paroisse épiscopale, Charles François HILDEN, Antoine CONSCIENCE, François CHAILLOU, Jean Claude COMPÈRE, Jacques MAUGARS, avaient prêté le même serment deux jours auparavant, le 2 octobre.
Jean-Baptiste Christophe BOSSUGÉ a donc continué à chanter au service de la cathédrale constitutionnelle, sans doute jusqu'à la suspension du culte (si sa maladie d'octobre 1792 n'a pas été fatale).

Après quoi on perd sa trace. BOSSUGÉ ne semble pas être décédé à Orléans.

Mise à jour : 7 février 2020

Sources
F-Ad09/ G 315 ; F-Ad21/ G 2551 ; F-Ad28/ G 326 ; F-Ad28/ G 329 ; F-Ad44/ 36 J 26 ; F-Ad44/ BMS St-Denis, Nantes ; F-Ad45/ 2 J 1979 ; F-Ad45/ 51 J 5 ; F-Adio.Tours/ registre capitulaire St-Martin n°16 ; F-AmOrléans/ 2 J 16 ; F-An/ DXIX/090/755/01 ; F-An/ DXIX/090/755/15 ; F-An/ F19/1128

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