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TOURNEUR, François (ca 1705-1772)
État civil
NOM : TOURNEUR     Prénom(s) : François     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LETOURNEUR
Date(s) : 1705 ca  / 1772-8-1
Notes biographiques

Issu d'une dynastie d'organistes – son grand-père, son père, l'un de ses oncles et un cousin germain, au moins, l'étaient –, François TOURNEUR est organiste de l'église paroissiale Saint-Martin de Seurre, dans le diocèse de Besançon (aujourd'hui dans le département de la Côte-d'Or) jusqu'à son décès en 1772.

• [1705] : Si l'on en croit l'âge indiqué à son décès, François TOURNEUR serait né en 1705. Ses parents sont Joseph TOURNEUR et Marie Robert, qui se sont mariés le 2 avril 1704. Quoique souvent dit "marchand", son père est organiste à Seurre, et son grand-père Étienne, l'était également, à Sézanne [Marne]. Quant à son oncle Jean, et au fils de celui-ci, Joseph, ils sont successivement organistes de la cathédrale de Chalon-sur-Saône [Saône-et-Loire].

Il est vraisemblable que François a appris à toucher l'orgue avec son père.
Dans une supplique de 1760, il explique que "Joseph TOURNEUR son père prit, il y a plus de soixante ans [donc avant 1700], ses premiers engagements […] pour la desserte de l’orgue qui a été entretenue de toute ancienneté dans l’église St-Martin, notre unique paroisse, ainsy que le démontre un buffet de plus de trois cents ans". Il ajoute qu'il "a été élevé et s’est attaché luy même à cette desserte dès ses jeunes ans", mais sans être plus précis sur ce point. On peut faire l'hypothèse qu'il n'est réellement devenu organiste de l'église de Seurre qu'une fois son père devenu trop âgé, voire même après son décès, mais sans certitude.

• 8 janvier 1726, Dijon : François TOURNEUR et Marguerite Canquoin se marient en l'église paroissiale Notre-Dame de Dijon. Il s'agit d'un mariage aux apparences endogamiques puisque les deux pères sont dits "marchands", l'un à Seurre, l'autre à Dijon. Le père du marié, Joseph TOURNEUR, a fait le déplacement depuis Seurre (40 km séparent les deux villes). Aucun métier n'est indiqué pour le jeune homme, qui aurait alors environ 21 ans.

• 1726 à 1735, Seurre : Huit naissances sont issues de ce mariage, entre le 16 novembre 1726 et le 4 mars 1735. Le père est à chaque baptême qualifié de "marchand" et une fois même de "marchand épicier" (en 1735). Pour honorer le grand-père paternel, on le prie d'être parrain du premier fils, Joseph, le 6 janvier 1730. L'acte de baptême indique que ce parrain, le sieur Joseph TOURNEUR, est organiste.

• 21 mai 1736, Seurre : Rose-Marguerite "Cancoin", femme du sieur François TOURNEUR, "marchand à Seurre", décède à l'âge de 26 ans. Si cet âge est exact, cela signifie qu'elle s'était mariée à 16 ans. Elle est inhumée "dans la nef de l'église qui regarde la chapelle de St-Nicolas".

• 18 juillet 1740, Seurre : Son père, le sieur Joseph TOURNEUR, "marchand à Seurre" décède, "muni des sacrements de viatique et d'extrême onction". Le lendemain François assiste à son inhumation dans l'église Saint-Martin de Seurre dont il avait longtemps tenu l'orgue. C'est au plus tard à ce moment que François TOURNEUR est devenu organiste, mais il est probable qu'il avait pris le relais plus tôt.

L'orgue de l'église Saint-Martin de Seurre était alors "un instrument très ancien, déjà réparé en 1664 par Noël GRANTIN", écrit P. M. Guéritey, "que Karl Joseph RIEPP, appelé en 1743 pour une éventuelle reconstruction, estime être "un ouvrage de trois siècles"".

• 13 avril 1758 : Un arrêt du Conseil fixe le budget de la Ville, "l’employ des deniers patrimoniaux sans que les gages de l’organiste y soyent compris". François TOURNEUR cesse de recevoir ses gages.
• 9 octobre 1758, Seurre : L'église paroissiale Saint-Martin de Seurre voit la célébration d'un mariage qui a dû faire jaser dans la bourgade. L'organiste François TOURNEUR, après plus de vingt ans de veuvage, épouse Barbe Boillot, "domestique en cette ville", qui ne sait pas signer... et qui trois mois plus tôt, jour pour jour, avait donné naissance à un petit Guillaume issu d'un d'un père prétendûment inconnu.

• Mars 1760, Seurre : L'organiste supplie Mgr l’Intendant de réparer l'omission de ses gages faite par le Conseil en avril 1758. Il rappelle que sa rétribution antérieure était de 200 livres. Il affirme que c'était une des charges "que les habitants supportoient d’autant plus volontiers que l’orgue, placé à l’entrée de la principale église, retrace chez nous l’ancienne manière de loüer le Seigneur avec une décence qui luy a toujours plü et qui convient à une ville qui députe au États de la province et qui y tient un rang considérable". Les échevins confirment la véracité de ses dires et argumentent à leur tour : certes, les appointements de l'organiste "étoient effectivement bien forts", mais "y ayant une orgue en l’église paroissiale de cette ville, ils estimeroient qu’il seroit convenable à la décence du service divin de ne la pas laisser inutile dans une ville qui ne tient pas le dernier rang dans la province, et où il y a beaucoup d’honestes gens"...
L'Intendant tranche : Jolly de Fleury rétablit les gages de l'organiste mais les fixe à "la somme de 100 livres seulement que nous luy avons accordée tant qu’il touchera de l’orgue en l’église paroissiale de la dite ville".

• Janvier 1762 : M. de Villeneuve, nouvel Intendant, prend une ordonnance remontant les gages de l'organiste de Seurre à 150 livres.

• Du 28 juin 1760 au 1er février 1768, à Seurre, s'égrènent six autres baptêmes TOURNEUR / Boillot. Les parrains et marraines appartiennent aux milieux de la petite bourgeoisie instruite : "marchand à Seurre", maître perruquier, procureur, notaire royal… On rencontre également le sieur Claude-Joseph Husson principal du collège de Seurre parrain en 1763. Dans tous ces actes, François TOURNEUR est très régulièrement dit "organiste" et une fois, en 1763, il est même dit "maitre organiste à Seurre". À la même occasion, son patronyme est d'ailleurs modifié en "LETOURNEUR", alors qu'il continue toujours, impavide, à signer "Tourneur".

• 4 février 1768 : Une ordonnance de l'Intendant accorde à l'organiste de Saint-Martin de Seurre une gratification de 50 livres pour son année 1767. Il en va de même les années suivantes. L'organiste reçoit des gages annuels de 150 livres seulement, "sur lequel il doit payer 30# à un souffleur". Les officiers municipaux suggèrent de passer ses gages à 200 livres, mais l'Intendant préfère en rester au système 150 livres de gages + 50 de gratification.

• Janvier 1771 : L'organiste demande à nouveau sa gratification de 50 livres, ainsi que "telle somme qu’il plaira à M. l’Intendant lui fixer relativement au travail que lui a occasionné le changement de la musique de l’église ordonné par M. l’évêque de Besançon". Les officiers municipaux, qui reconnaissent qu'il a eu un "travail extraordinaire occasionné par le changement de la musique de l’église", ne proposent pourtant qu'une gratification de 22 livres, ce qui est faible.

• Janvier 1772, Seurre : L'organiste revient à la charge au sujet du susdit "travail extraordinaire" et précise "qu’il a été occupé pendant sept mois à la transposition des ouvrages de l’orgue pour l’accorder au chant qui a été renouvellé". Il ajoute que "cet ouvrage eut été payé à un ouvrier au moins 120#". La réponse des officiers municipaux, relayée par le subdélégué de l'Intendant, est que les caisses sont vides "et qu’il doit attendre un temps plus heureux".
Il n'attendra pas...
• 1er août 1772, Seurre : François TOURNEUR, "organiste de cette église", meurt à l'âge de 67 ans.

Mise à jour : 24 décembre 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS Seurre en ligne ; F-Ad21/ C 1726

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