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BEREUTHER, Joseph (1733-1790 ap.)
État civil
NOM : BEREUTHER     Prénom(s) : Joseph     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : BEREUTHEN
BEREUTH
BARAITH
BERUTER
BARUTHER
BERAITRE
PERAITRE
PERITRE
Date(s) : 1733-7-31   / 1790 ap.
Notes biographiques

En 1790, BEREUTHER figure parmi les musiciens de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. On peut penser qu'il y jouait du violon, instrument dont il donnait des leçons – ainsi que de pardessus de viole. Comme tous les noms d'origine germanique, le sien est sujet à diverses variations qui compliquent les investigations. Néanmoins l'enquête a réussi à faire surgir à son sujet d'abord diverses hypothèses, dont la plus solide est le lien avec la famille des luthiers LUPOT, venus de Lorraine et installés à Orléans peu avant lui. Le titre dont il se pare en arrivant à Orléans, "ci-devant Musicien du Roi de Pologne", a permis de remonter à ses origines et de retrouver sa trace à Lunéville.

• 1er août 1733, Lunéville : Un garçon né la veille de Balthazar Beruther [Bereuther] et d'Anne-Marie Balthazar son épouse, est baptisé Joseph. Il est donc frère de Jean-Henry, né l'année précédente.

• 11 janvier 1759, Lunéville : Son frère Jean-Henry BEREUTHER, dit Balthazar, épouse Catherine Touly.

• 12 août 1760, Lunéville : Le premier enfant Bereuther-Touly a pour parrain François LUPOT. Ce luthier est depuis 1751 l'époux de Marie Touly, une sœur de Catherine. Il est donc beau-frère de Jean-Henry BEREUTHER.

• 24 novembre 1761, Lunéville : Dans l'église Saint-Jacques est célébré le mariage de Joseph "BEREÏTRE" et d'Anne Thouvenin, tous deux de cette paroisse. Aucune précision professionnelle n'est apportée par le rédacteur de l'acte. Du marié il dit seulement qu'il est "fils majeur de Balthazard Beraïtre, dit Balthazard, et d'Anne-Marie Balthazard". De manière assez surprenante, le marié signe "joseph peraitre", tandis que son frère aîné, lui, signe avec plus d'aisance "jean henry Bereüther".

• 1761-1762, Lunéville : René Depoutot indique que selon l’Almanach (fiable) publié ces années-là, Joseph Bereuther n'est pas titulaire d’un pupitre dans la Musique de Stanislas durant les années 1761 et 1762. Les volumes des années suivantes sont perdus.

• 15 avril 1763, 12 juillet 1764, 12 août 1765, 28 mars 1767, Lunéville : Quatre enfants du couple Bereuther-Thouvenin sont baptisés à Saint-Jacques de Lunéville. Leur patronyme est orthographié successivement "Peritre", "Peraitre", "Beruther" et enfin "Bereuther". Le rédacteur des actes n'indique jamais les métiers du père ni des parrains et marraines. Sauf pour le parrain de 1764 qui est "monsieur Jean Pierre Theodore comte de Bela, chambellan et premier maître d’hôtel du Roy de Pologne, duc de Lorraine et de Bar", représenté par un certain Nicolas Malhache. Ce parrainage indique que, au plus tard dès 1764 – et peut-être depuis quelques années –, Joseph BEREUTHER exerce comme musicien du roi de Pologne en exil, Stanislas Lesczynski.

• [1766], Orléans : Le luthier François LUPOT et son épouse Marie Touly s'installent à Orléans.

• [Été ou début automne 1769] : Joseph BEREUTHER quitte Lunéville pour Orléans. Selon Albert Jacquot (Essai de répertoire des artistes lorrains…, 1904), Joseph "BERUTHER", "joueur de violon du duc de Lorraine, habitait encore Lunéville, 9 rue des Trois-Pucelles, en 1769". La même année, son frère habitait au n°25 de la rue du Puits-Content.

• 13 octobre 1769, Orléans : Le sieur BEREUTHER se dit "ci-devant Musicien du Roi de Pologne" lorsqu'il publie pour la première fois une annonce dans les Affiches de l'Orléanois pour informer "qu’il montre à jouer du Violon, & du Par-dessus" [de viole]. Comme la plupart des maîtres, "il donne des leçons en Ville, ou chez lui", c'est-à-dire qu'il se déplace au domicile des clients ou les reçoit à son propre domicile. Or, sans doute parce qu'il est arrivé récemment à Orléans, "sa demeure est chez le Sr. Lupot, Luthier, rue Royale". On voit là à l'œuvre les mécanismes d'aide entre migrants issus de la même région : LUPOT accueille et loge la parentèle arrivant de Lorraine.

• [1770], Orléans : LUPOT quitte la rue royale et part installer son atelier sur la paroisse Saint-Paterne. BEREUTHER reste rue Royale, la toute nouvelle artère tracée dans le prolongement du pont nouveau établi sur la Loire. Cette adresse correspond probablement bien au 'standing' de la clientèle qu'il vise pour ses leçons de violon.

• 31 janvier 1774, Orléans : Jeanne "Beraitre" (déformation de Bereuther) est marraine d'un nouveau fils de François LUPOT et de Marie Touly, baptisé à Saint-Paterne. Il s'agit sans doute de la fille aînée des Bereuther-Thouvenin, prénommée Jeanne et baptisée à Lunéville le 15 avril 1763.
• Fin 1774, Orléans : Le sieur "BARAITH" est dit, dans les Étrennes Orléanoises, curieuses et utiles… pour 1775, “Maître de musique pour le violon", enseignant rue royale. Il faut souligner que les almanachs précédents ne donnaient pas antérieurement la liste des maîtres d'agrément.
Cette compétence (maître de violon) et cette adresse (rue Royale) resteront les mêmes dans tous les almanachs orléanais, jusqu'au Calendrier historique de l'Orléanois pour l'année 1788, inclus. L'imprimeur des almanachs compose avec constance son nom "BARAITH" selon le processus de déformation des patronymes d’origine germanique fréquemment observé, par exemple au Mans pour un musicien qui présente un profil très similaire de maître de violon aussi originaire de Lorraine et enseignant en ville tout en jouant à l’église, François VEIMRINGER, devenu parfois "Vémerin".

• 14 juin 1776, OrléansMademoiselle BEREUTHER chante deux ariettes, ainsi que Pierre CROISY, durant "un grand concert vocal & instrumental" donné par le violoniste VIGNETI, ordinaire de la Musique du Roi. Cette chanteuse est probablement une fille du musicien du même nom (voir ci-après au 23 octobre 1778). S'agit-il de Jeanne, la marraine de janvier 1774 ? Elle a alors 13 ans et deux mois.

• 23 octobre 1778 : Dans une nouvelle annonce, le sieur BEREUTHER proclame encore son ancien titre de "Premier Violon du roi de Pologne", mais ajoute tout aussitôt qu'il est "établi depuis longtemps à Orléans, & connu par les bons élèves qu’il a formés". Il décline trois types de propositions : leçons de violon, réparations sur "clavessins, tympanons, psaltérions, & serinettes", et enfin un "concert", manifestement régulier (hebdomadaire ?) qui ouvrira "dans les premiers jours de novembre prochain".
Il annonce en plus que "Mlle sa fille enseigne pareillement la musique vocale & à toucher le clavessin". Il termine en précisant que "Sa demeure est toujours rue Royale, vis à vis celle de la Triperie", c'est-à-dire à peu près à mi-hauteur de la rue Royale.

• 24 novembre 1780, Orléans : "Le Sr BEREUTHER, a l’honneur de prévenir MM. Les Amateurs qu’il fera l’ouverture de son Concert lundi prochain 27 du présent mois. Sa demeure est toujours rue Royale, au dessus du Sr Jousset, artificier". On peut supposer que "Mlle sa fille" participe au concert organisé par son père, qu'elle y chante et y touche le clavecin. C'est, là encore, une ressemblance forte avec le duo similaire bien documenté au Mans entre François VEIMRINGER et sa fille Françoise-Adélaïde.

• 9 novembre 1781, Orléans : "Le Sr BEREUTHER, premier violon d’Orléans, annonce à MM. les Amateurs que son concert commencera lundi prochain 12 du présent mois. Sa demeure est rue du Coq, vis-à-vis celle des Trois Clefs". Toutefois si sa demeure a changé, il se peut qu'il ait conservé un local rue Royale puisque telle est toujours l'adresse indiquée par les annuaires.

• 30 avril 1782, Orléans : On reconnaît la signature de BEREUTHER au bas de l'acte de mariage du jeune luthier Nicolas LUPOT avec Marie-Catherine Devreau, célébré en l'église Saint-Paterne. Les parents du marié, François LUPOT et Marie Touly, sont également présents et signent.

• 7 janvier 1785, Orléans : "Le Sr BEREUTHER, donne avis à MM. les Amateurs de Musique qu’il recommence ses Concerts le 12 janvier". Cette année, donc, l'ouverture du concert Bereuther n'a lieu qu'après Noël et non à l'automne comme attesté en 1778, 1780 et 1781. Peut-être est-ce pour profiter des talents des sieurs "BERTHIN, PETIT & DÉSICOURT [qui] exécuteront Concerto & Symphonies concertantes". Il n'est pas fait mention de sa fille.

• Jusqu'en 1790Orléans : BEREUTHER est musicien à la cathédrale Sainte-Croix, sans que l'on discerne sa spécialité. Il y joue vraisemblablement du violon, l'instrument qu'il enseigne en ville.
• Vers le 15 mai 1790, les musiciens de la cathédrale Sainte-Croix et de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans signent tous ensemble une pétition pour plaider leur cause, et celle des maîtrises. Pour la cathédrale Sainte-Croix signent HÉRISSÉ, le maître de musique, CARRÉ, l'organiste, puis les musiciens dans l'ordre suivant : CONSCIENCE, COMPERE, CHAILLOU, SILVESTRE, PRESTAT, LEFEVRE, BOSSUGÉ, FOUCART, HILDEN, BEREUTHER, QUÉNEL, ADAM et SIONEST. On remarque l'absence de deux des basse-contre, ÉVIN et FAUQUET. 

• Le 12 juillet 1792, une certaine Anne Bereuther est choisie pour être la marraine d'un fils de Jean-Adrien MÉNARD, qui est maître de danse. Il s'agit très vraisemblablement d'une des filles du couple Bereuther-Thouvenin, sans doute Anne, baptisée à Lunéville le 28 mars 1767 et qui a donc alors 24 ans.

Aucune autre trace n'a été retrouvée ensuite de BEREUTHER à Orléans.

Mise à jour : 15 août 2019
(merci à David Audibert)

Sources
A.Jacquot, Essai de répertoire des artistes lorrains…, 1904 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1776 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1778. ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1780 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1783 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1785 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1788. ; F-Ad45/ BMS St-Paterne, Orléans ; F-Ad54/ BMS Lunéville ; F-An/ DXIX/090/755/15 ; F-BmOrléans/ Affiches de l'Orléanois ; Étrennes Orléanoises, curieuses et utiles… pour 1775

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