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LUPOT, François, fils (1725-1805)
État civil
NOM : LUPOT     Prénom(s) : François     Sexe : M
Complément de nom : fils
Autre(s) forme(s) du nom : LUPOT père (par rapport à ses fils)
LUPAULT
LUPPOT
Date(s) : 1725-7-15  / 1805-8-25 
Notes biographiques

Originaire de Lorraine, fils et père de luthiers, François LUPOT est luthier à Orléans durant les vingt années qui précèdent la Révolution.

• 15 juillet 1725, Plombières [aujourd'hui Plombières-les-Bains, Vosges] : Du mariage de Laurent LUPOT et de Catherine Gilson naît un fils baptisé François.

• 29 octobre 1751, Lunéville : Dans l'église paroissiale Saint-Jacques, François LUPOT, fils mineur de Laurent LUPOT et de Catherine Gilson, épouse Marie Touly, elle aussi mineure, fille de Claude Touly et de Catherine Baudot. Les deux époux sont dits "de cette paroisse". Aucun métier n'est indiqué. Les signataires sont assez nombreux. En dehors de la famille, on note les noms de Loyseau Du Boulay, Pierre Simon Gallet dit Dumeny et Philippe Gallet qui restent à identifier.

• De 1755 à 1757, Lunéville : Les baptêmes de trois enfants Lupot ont été repérés dans les registres de la paroisse Saint-Jacques. Le mariage ayant eu lieu en 1751, on pourrait craindre que les tout premiers enfants manquent ici à l'appel. Pourtant Laurent, né le 22 juillet 1755, a pour parrain son grand-père paternel, François-Laurent LUPOT, et pour marraine sa grand-mère maternelle, pratique qui fait penser qu'il s'agit de l'aîné.
Le 8 décembre 1756, Marie-Catherine est présentée sur les fonts baptismaux par Jean-Baptiste Calais et Catherine "Thouly". Celle-ci, sœur de la mère de l'enfant, est encore célibataire. Deux ans plus tard, le 11 janvier 1759, elle épousera un musicien, Jean-Henry BEREUTHER, dit Balthazar.
Le 25 novembre 1757, Alexis a pour parrain Alexis Henry et pour marraine Catherine Cachet.

• Au même moment, sans doute durant la seconde moitié des années 1750, ses parents, François-Laurent LUPOT et Catherine Gilson, sont partis s'installer à Orléans, avec les plus jeunes de leurs enfants, dont vraisemblablement cette Melle LUPOT qui chante à l'Académie de musique d'Orléans en 1762 (voire plus tôt).

• 4 décembre 1758, Stuttgart : Un autre fils, Nicolas, naît en décembre 1758 à Stuttgart en Allemagne, où la famille Lupot/Touly s'est installée. Il deviendra un luthier de renom (au point d'être – dit-on – surnommé "le Stradivarius français").

• 12 août 1760, Lunéville : François LUPOT est présent (temporairement ?) à Lunéville, où il tient sur les fonts baptismaux le premier enfant de sa belle-sœur Catherine Touly, qui a épousé le musicien Jean-Henry BEREUTHER le 11 janvier 1759.

• [1765], Luxembourg : La famille LUPOT/Touly réside alors à Luxembourg. Un fils, au moins, y naît, André-Barthélémy (voir à l'extrême fin de la présente notice biographique).

• Septembre 1766, Orléans : Un dentiste sans doute ambulant, le sieur Guigues, met une annonce dans Les Affiches de l'Orléanois pour promouvoir son activité. Il donne comme adresse "demeurant chez le sieur LUPOT luthier rue Royale à Orléans". S'agit-il de l'adresse du couple François-Laurent LUPOT / Catherine Gilson, ou de celle des Lupot/Touly ? Rien ne permet de trancher. Cette adresse se situe dans cette rue Royale toute nouvelle, représentative de l'urbanisme des Lumières : rectiligne, bordée d'arcades, elle monte de la Loire vers le Martroi dans le prolongement du nouveau pont.

• 13 octobre 1769, Orléans : Une annonce dans les Affiches de l'Orléanois montre à l'œuvre les mécanismes d'aide entre migrants issus de la même région. Le sieur BEREUTHER "ci-devant Musicien du Roi de Pologne" (Stanislas Lesczynski en exil à Lunéville et Nancy) propose aux Orléanais des leçons de violon et de pardessus [de viole] et indique : "sa demeure est chez le Sr. Lupot, Luthier, rue Royale". LUPOT (père ? fils ?) loge donc (provisoirement) la parentèle arrivant de Lorraine.
Plus largement, la maison Lupot sert assez fréquemment de premier accueil pour des musiciens (pas forcément Lorrains…) arrivant à Orléans, lesquels au bout d'un mois environ passent une autre annonce faisant état de leur changement d'adresse (FLEURY en octobre 1776, SALOMON en juin 1787, LIX en janvier 1788…)

• 18 avril 1770, Orléans : Fille de François LUPOT, "luthier", et de Marie Touly, la petite Louise, âgée d'un an, est inhumée au cimetière de la paroisse Saint-Paul. Il n'y a plus ici d'ambiguïté : il s'agit bien de LUPOT 'fils' (par rapport à François-Laurent). La naissance de cette enfant n'a pas été retrouvée à Orléans, ce qui pourrait indiquer que les Lupot/Touly viennent seulement d'arriver à Orléans depuis moins d'une année.
• 1er octobre 1770, Orléans : La famille Lupot/Touly est maintenant installée rue Bannier, paroisse Saint-Paterne. C'est dans l'église de cette paroisse qu'est baptisée Marie-Catherine, née la veille. Elle a pour parrain et marraine son grand-père et sa grand-mère paternels, Laurent LUPOT et Catherine "Gillesent" [sic, pour Gilson / Gilleson]. Moins de trois semaines plus tard, le 17 octobre, l'enfant est inhumée en présence de sa mère, qui signe l'acte.
Peut-être cette implantation paroisse Saint-Paterne offrait-elle plus de place qu'à Saint-Paul pour développer l'atelier de lutherie de François LUPOT. Selon S. Milliot, "ses instruments, de bonne qualité, sont signés 'Lupot d'Orléans'".

• 22 août 1771, Orléans : Son père, Laurent LUPOT, décédé la veille à l'âge de 76 ans sur la paroisse Saint-Victor, est inhumé au cimetière commun de la ville. François LUPOT assiste à la sépulture et signe l'acte en compagnie de deux de ses fils, Laurent et Nicolas.

• 31 janvier 1774, Orléans : Dans l'église paroissiale de Saint-Paterne est baptisé un nouveau fils de François LUPOT et de Marie Touly. Cet enfant, né la veille, s'appellera lui aussi François. Il a pour parrain son frère Nicolas et pour marraine Jeanne "Beraitre" (déformation de Bereuther, famille venue elle aussi de Lunéville).
• Fin 1774, Orléans : Pour la première fois, un almanach, en l'occurrence les Étrennes Orléanoises, curieuses et utiles… pour 1775, donnent la liste des maîtres d'agrément de la ville. Le sieur BARAITH [autre déformation du patronyme BEREUTHER] est dit “Maître de musique pour le violon", rue royale. Dans la rubrique "Facteurs d'orgues et luthiers" figure un seul nom, celui du facteur d'orgues "Mr ISNARD, rue d’Illiers, près les Minimes".

• Fin 1775 : Dès l'année suivante, "M. LUPOT, luttier, rue Bannier" vient compléter la rubrique ad-hoc du  Calendrier historique de l'Orléanois, curieux et nécessaire pour toute la province... BARAITH, quant à lui, enseigne toujours le violon rue royale. Les deux Lorrains sont ensuite régulièrement mentionnés dans les almanachs et annuaires qui se succèdent.

• 14 juin 1776, Orléans : Les Affiches de l'Orléanois annoncent que mademoiselle BEREUTHER chantera deux ariettes, ainsi que Pierre CROISY, durant "un grand concert vocal & instrumental" donné par le violoniste VIGNETI, ordinaire de la Musique du Roi. Quel lien cette chanteuse a-t-elle au juste avec la famille LUPOT ? S'agit-il de Jeanne Bereuther, la marraine de janvier 1774 ?

• Tout au long des années 1770, LUPOT fait insérer de nombreuses annonces dans Les Affiches de l'Orléanois pour promouvoir son activité, notamment dans ses aspects commerciaux et annexes à la lutherie : vente de toutes sortes de cordes pour les instruments reçues de Naples, vente de serinettes qui lui sont arrivées "depuis peu"… Tout se passe comme s'il n'avait pas besoin de faire de la publicité pour les instruments qu'il fabrique et que cet aspect-là de son activité allait de soi. On en devine quelques retombées lorsque un instrument par lui fabriqué est remis en vente sur le marché de l'occasion. Son nom sert alors de garantie ("Contrebasse du Sr LUPOT, garnie d’un étui bien conditionné, à vendre", le 16 février 1781). L'annonce du sieur FLEURY en 1776 précise la localisation de son atelier : "rue Bannier, près celle du Pot de Fer", c'est-à-dire environ aux deux tiers de la longue rue Bannier à partir du Martroi.

• 24 juillet 1777, Orléans : Décédée la veille à 84 ans, la mère de François LUPOT, Catherine Gilson, est inhumée au cimetière de la paroisse Saint-Paterne, en sa présence ainsi qu'en celle de Nicolas et André, ses fils. Tous les trois signent l'acte de sépulture.

• 1778, Orléans : LUPOT père est dit, dans le Calendrier historique de l'Orléanois, “Luthier” travaillant rue Bannier. Immédiatement avant, l'almanach cite "ISNARD rue d'Illiers, près la porte St-Jean" et immédiatement après "M. Le Roi, facteur d'instruments de musique & de clavessin, rue de l'Huis de fer". Son fils, Nicolas, qui a alors vingt ans, travaille sans doute avec lui.

• 1780, Orléans : LUPOT est toujours mentionné comme "luttier, rue Bannier", dans le Calendrier historique de l'Orléanois pour 1780. Il en va de même dans les deux éditions suivantes de l'almanach, établies fin 1780 et fin 1781. C'est durant le premier semestre de 1782 que LUPOT père déménage sa boutique et son atelier de la rue Bannier vers la rue Sainte-Catherine, aussi appelée plus officiellement rue de la Barillerie. Ce faisant, il s'est nettement rapproché de la place du Martroi, la place principale de la ville, où se traitent de nombreuses affaires commerciales et vers laquelle convergent les diligences. Il donnera peu après comme adresse "rue de la Barillerie, autrement Ste Catherine, près le Martroi".

• 1781-1782, Orléans : François LUPPOT, luthier, rue Bannier, est capité à 3 livres 10 sols. À titre de comparaison, CARRÉ, l'organiste de la cathédrale, doit acquitter une capitation de 5 livres et  Jean-Adrien MÉNARD, maître de danse, doit 6 livres. La plupart des musiciens relevés dans le rôle de capitation de 1782 doivent entre 1 et 4 livres. Le luthier est donc au même niveau qu'eux.

• 30 avril 1782, Orléans : François LUPOT et Marie Touly sont présents et signent au mariage de leur fils Nicolas LUPOT avec Marie-Catherine Devreau, célébré en l'église Saint-Paterne, au bout de la rue Bannier. On retrouve également BEREUTHER parmi les signataires.
• 19 juillet 1782 : Le père et le fils publient ensemble une annonce dans Les Affiches de l'Orléanois, qui permet de bien distinguer leurs adresses et leurs activités respectives. "Le Sr LUPOT père, luthier, ci devant rue Bannier, donne avis à MM. les Amateurs qu’il demeure actuellement rue de la Barillerie, autrement Ste Catherine, près le Martroi, qu’il tient toujours les serinettes & les raccomode ; il fait aussi des guitares, violons, harpes à pédales, tout ce qui concerne son art ; & vend des cordes pour toutes sortes d’instruments". Son fils Nicolas, quant à lui, est  alors installé "rue d’Illiers vis à vis le bureau des carosses". Le Calendrier historique de l'Orléanois pour 1783 confirme ces deux adresses.

• 1788, 1789, 1790, Orléans : Alors que LUPOT père [François], luthier, est chaque année indiqué comme installé "rue Sainte-Catherine", LUPOT fils [Nicolas], lui, est donné par l'almanach de 1788 comme "luttier rue d’Illiers", puis, en 1789 et 1790, "rue des Minimes". L'un et l'autre sont donc installés très près de la Place du Martroi : le père à l'est et le fils à l'ouest.
En mai 1790, parmi les hommes qui signent la requête collective des musiciens de la cathédrale Sainte-Croix et de la collégiale Saint-Aignan figure le dénommé BEREUTHER, celui qui est lié à la famille LUPOT.
• [Vers juin 1790] : "LUPOT, luthier, rue Sainte-Catherine" figure à la page 48 du "Tableau par ordre alphabétique des habitans de la municipalité d’Orléans Qui, en exécution du Décret de l’Assemblée Nationale du 12 juin 1790, se sont inscrits sur le registre ouvert à l’hôtel-de-ville pour le Service des Gardes-Nationales", conservé à la Médiathèque d'Orléans.

• 17 janvier 1792, Orléans : Son fils André – dont le métier n'est pas indiqué – se marie avec Marguerite Pellé, une jeune orpheline qui ne sait pas signer. Son autre fils, Nicolas, est l'un des deux témoins du marié.
• 13 avril 1792 : À Sainte-Croix, son fils Nicolas est le parrain de sa petite-fille Anne-Marguerite-Julie, née de son fils André-Barthélémy Lupot (qui signe "andré Lupot" d'une petite écriture discrète) et de Marguerite Pelé, moins de trois mois après leur mariage. Cette présence à ce baptême est, en l'état actuel des recherches, la dernière trace tangible de la présence de Nicolas LUPOT à Orléans.

• 29 mars 1798 (9 germinal an VI), Orléans : À une heure de l'après midi, au n°27 de la rue de la Barillerie, décède Marie Touly, âgé de 63 ans, native de Lunéville, épouse de François LUPOT, luthier.
• 18 décembre 1798 (28 frimaire an VII), Orléans : Une voisine et la fille de confiance de la défunte déclarent le décès survenu deux jours plus tôt dans son domicile de Catherine Lupot, "âgée de 70 ans, ex religieuse, native de Plombières-les-Bains, département des Voges [sic], fille des défunts François LUPOT et Catherine Gilson, demeurante à Orléans, rue de la Liberté n° 105". Il s'agit d'une sœur de François LUPOT, plus jeune que lui de quatre ans.

• [Fin 1798 ou début 1799] : À une date qui reste à préciser, François LUPOT quitte Orléans pour Paris, où il rejoint son fils Nicolas. Selon François Lesure, cette migration aurait eu lieu en 1794. Il paraît peu vraisemblable que le vieux luthier ait quitté Orléans avant le décès de sa femme. Il est plus probablement parti durant la seconde moitié de l'année 1798, voire début 1799, après la mort de sa sœur.

• 25 août 1805 (7 fructidor an XIII), Paris : François LUPOT, luthier, décède rue de Grammont n°24, veuf, âgé de 80 ans. Les tables de successions indiquent comme héritier son fils Nicolas LUPOT, lui aussi luthier à Paris.

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• 2 décembre 1840, Orléans : L'acte du décès, survenu la veille, d'André Barthélémy Lupot, serrurier, âgé de 75 ans, époux de Louise-Marguerite Pellé, domicilié faubourg St-Marceau, révèle que le défunt, "fils de François LUPOT, luthier et de Marie Touly, son épouse décédés", était né "à Luxembourg (Allemagne)".
Ainsi se trouve documentée une autre étape, jusqu'alors semble-t-il ignorée, de l'itinérance passée de François Lupot...

Mise à jour : 23 janvier 2020

Sources
Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1776 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1778. ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1780 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1783 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1785 ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1788. ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1789. ; Calendrier historique de l'Orléanois… pour 1790. ; F-Ad45/ 2Mi149 ; F-Ad45/ BMS Orléans, St-Paul ; F-Ad45/ BMS St-Paterne ; F-Ad45/ BMS St-Paterne, Orléans ; F-Ad45/ BMS St-Victor ; F-Ad45/ D Orléans 1840 ; F-Ad45/ D Orléans an VI ; F-Ad54/ BMS Lunéville ; F-Ad54/ BMS St-Jacques ; F-Ad75/ DQ8 ; F-Ad88/ BMS Plombières ; F-Bm Orléans/ H5932.31 ; F-BmOrléans/ Affiches de l'Orléanois ; S.Milliot, Lupot (les), Dictionnaire de la musique en France…, 1992

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