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MALIDOR, Pierre (1743-1824)
État civil
NOM : MALIDOR     Prénom(s) : Pierre     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : MALIDORT
MALIDORD
MALYDOR
Date(s) : 1743-7-2  / 1824-9-16 
Notes biographiques

La carrière de Pierre MALIDOR, musicien de la cathédrale de Clermont-Ferrand en 1790, a le double avantage d'être à la fois extrêmement riche et bien documentée. Né à Pithiviers, ce musicien au fort caractère offre l'un des plus beaux exemples d'itinérance de l'enquête en cours. Pendant près de trente ans, il quadrille le centre de la France, d'Orléans à Bourges en passant par Blois, Tours, Chinon, Poitiers, Châtellerault, Vatan et Guéret, effectuant des allers-retours et fréquentant parfois plusieurs églises dans une même ville. L'Auvergne, où il se marie une première fois en 1786, est également sa dernière destination.

• 2 juillet 1743, Pithiviers [Loiret] :  Fils de Pierre Malidor, "marchand tailleur", et de  Françoise Boillet, Pierre MALIDOR naît paroisse Saint-Salomon, et y est baptisé le lendemain. Son parrain est "maître Georges Malidor, notaire royal et greffier du bailliage royal d'Yèvre le Châtel", qui signe avec une ruche bien maîtrisée. Sa marraine est Michelle Lefèvre, femme de Nicolas Boillet, qui sait également signer, quoique avec moins d'aisance.
Ses parents s'étaient mariés à Pithiviers le 10 septembre 1742. Son père, toujours tailleur d'habits en 1759, est dit "marchand" à Pithiviers en 1777.

• [1749-1759], Orléans [Loiret] : Pierre MALIDOR est enfant de chœur à la collégiale royale de Saint-Aignan. Les archives capitulaires de cette dernière ayant disparu, cette étape de sa vie n'est documentée que par ses dossiers de 1790-1791.

• [1759] : Dans l'une de ses suppliques, il précise s'être lancé à la recherche d'un poste de chantre à sa sortie de la maîtrise d'Orléans. Il dit être passé par les deux chapitres de Tours (Saint-Gatien et Saint-Martin), puis par Poitiers et Châtellerault. Voyant les portes se refermer à cause d'une voix trop faible, il retourne à Tours "où le maître de musique de Saint-Martin (Louis MAÎTRE, qui avait été son maître à Saint-Aignan d'Orléans durant quelques années) lui donne une lettre de recommandation pour la cathédrale de Blois."

• 30 mai 1759, Blois [Loir-et-Cher] : Pierre MALIDOR est reçu en qualité d'enfant de chœur à la cathédrale Saint-Louis. Il doit s'agir pour lui d'un complément de formation. Effectivement, il précise dans l'une de ses suppliques que sa voix était trop faible lorsqu'il s'est lancé à la recherche de ses premiers postes, ce qui expliquerait ce retour, plutôt exceptionnel, dans une maîtrise. Selon sa version des faits, il s'agissait d'un poste de dessus récitant et non d'enfant de chœur.

• 1er juillet 1760, Blois : Il est renvoyé par les chanoines. Il est très probable que MALIDOR a été entraîné dans la chute du maître de musique Joseph CHEVALIER, congédié après neuf années de relations conflictuelles avec le chapitre. Parmi les griefs portés à son encontre, le laisser-aller avec lequel il gérait la maîtrise. La compagnie se plaignait d'enfants de chœur livrés à eux-mêmes, turbulents et insolents même envers les chanoines. MALIDOR, étant âgé de 17 ans et déjà aguerri, devait figurer parmi les plus effrontés. Selon MALIDOR, ce départ de Blois est dû au fait que "sa voix est venue en mutation", ce qui l'a obligé à quitter le chapitre et à rentrer chez ses parents à Orléans.

• [1760-1761], Orléans : Revenu chez ses parents à Orléans, ceux-ci lui font apprendre à jouer du basson et du serpent.

• Décembre 1761-mai 1762, Orléans : Faisant de rapides progrès dans le jeu du serpent, il est reçu à l'église paroissiale Saint-Pierre-Ensentelé dans laquelle il reste six mois.

• Mai 1762-octobre 1764, Vatan [Indre] : Pierre MALIDOR est serpent à la collégiale Saint-Laurian.

• Octobre 1764-mai 1765, Bourges [Cher] : Pierre MALIDOR est musicien bénéficier à la collégiale Saint-Ursin.

• Mai 1765-mai 1766, Vatan [Indre]: Pierre MALIDOR est de nouveau serpent à la collégiale Saint-Laurian.

• Mai 1766-mars 1770, Guéret [Creuse] : Pierre MALIDOR est musicien [serpent] à la collégiale Notre-Dame.

• 1766 : Le Mercure de France publie une ariette de sa composition. Les paroles (sentimentales) sont de "M. D.", la musique de "M. Malidor, à Gueret".

• 2 octobre 1768, Guéret : Pierre MALIDOR, "maître de musique compositeur de cette ville" est parrain de Marguerite Radegonde Vacher.

• 2 avril 1770, Bourges : Pierre MALIDOR est reçu serpent à la cathédrale Saint-Étienne. De Guéret à Bourges, on peut compter environ 120 km par l'itinéraire pédestre le plus direct, par La Châtre, Châteauneuf-sur-Cher…

• 12 juin 1770 : Le secrétaire capitulaire note dans son registre "que les Srs CLIVIERS, FAUQUEUX, BARATON, vicaires de résidence, et MALIDOR, gagiste, se sont pareillement absentés ledit jour 12 de ce mois pour aller en campagne, avec le maître de musique pareillement [Michel Étienne DELAPLACE], sans aucune permission, sur quoi ayant délibéré et voulant remédier à ces abus aussi considérables et aussi dignes de répréhention, avons prié M. le doyen de vouloir bien le faire venir chez lui et luy faire une réprimande proportionnée aux observations qui viennent d'être faites et qui lui enjoindra d'être plus exact à l'avenir et exécuter le règlement de la maîtrise et de luy recommander spécialement d'être plus docile aux avis que lui donneront M. les administrateurs de la maîtrise de plus luy dire qu'à faute pour luy de ne pas suivre exactement ce qu'il lui prescript de notre part, nous nous pourvoirons contre luy ainsi que vouloir bien faire venir lesd. Srs SAINT-CLIVIER, FAUQUEUX et BARANTON et MALIDOR et leurs faire la réprimande qu'ils méritent pour s'être absentés led. jour sans aucune permission".

• 14 juin 1771, Bourges : Pierre MALIDOR, "musicien de la cathédrale", signe comme témoin lors d'un mariage célébré paroisse Saint-Pierre le Puellier.

• Lundi 23 mars 1772, Bourges : Le relevé de conclusions du chapitre cathédral souligne que "Le Sr MALIDOR, gagistre [sic] en notre église [...] est resté absent plus longtemps que son congé".
• 17 juillet 1772 : "Pierre MALYDOR" figure dans la liste des "vicaires accordati" du chapitre général de la cathédrale. Idem en janvier 1773.
• 7 septembre 1772 : Le chapitre cathédral accorde un congé de huit jours à "MALYDOR, diacre".

• 23 février 1773, Bourges : Pierre MALIDOR assiste au mariage de Louis PÉRIGORD, en compagnie de Denis PILORGET. Tous les trois sont musiciens à la cathédrale Saint-Étienne.
• 23 août 1773 : Pierre MALIDOR figure dans la liste des "vicaires accordati" du chapitre général. Il en est de même les 7 janvier et 1er août 1774, 9 janvier et 31 juillet 1775, 16 janvier et 2 août 1776, 8 janvier et 1er août 1777, 9 janvier et 31 juillet 1778, 8 janvier et 2 août 1779, 11 janvier et 31 juillet 1780, 8 janvier et 1er août 1781, 4 janvier et 8 août 1782, et [8] janvier 1783.

• 9 février 1776, Bourges : "Payé 170 lt au Sr MALIDOR vicaire en notre église, qu’il nous a prié luy prêter pour parfaire le paiement d’une maison. Il remboursera 10 livres (une pistolle dit la marge) par semaine".

• 11 avril 1777, Bourges : Pierre MALIDOR signe au mariage de sa sœur Geneviève-Marie-Anne avec Pierre Jean Bonaventure AUBIN, sans doute déjà musicien dans un établissement de la ville, peut-être la cathédrale. Louis FAUQUEUX est témoin.

• 18 décembre 1780, Bourges : Le chapitre accorde une gratification exceptionnelle de 15 livres au sieur MALIDOR "vicaire et serpent de notre église".

• 2 août 1782, Bourges : "Payé 100 lt au Sr MALIDOR l’un des vicaires de notre église pour l’entier paiement de la copie qu’il a faite des livres des terres de Lurcy et Chery".

• 24 janvier 1783, Bourges : "Payé 24 lt au Sr MALIDOR pour la copie qu’il a faite de la terre de Chevilly". Le musicien semble donc avoir des compétences en écriture et il les fait valoir.
• 26 mai 1783  : Après un incident dont la nature nous échappe, le secrétaire capitulaire relève dans son registre que "le sieur MALIDOR vicaire et serpent en notre église est entré et s’est humblement excusé". Le chapitre rétablit la gratification hebdomadaire de 20 sols qu'il ajoutait antérieurement à son salaire "tant qu’il nous plaira".
Les problèmes financiers du musicien ne sont pas réglés pour autant. Le 19 septembre 1783, le chapitre débat au sujet d'un serpent acheté par MALIDOR (80 livres), que celui-ci est incapable de payer. Le chapitre prend l'achat à sa charge mais récupère l'instrument, "pour ensuite estre remis audit sr Malidor lorsqu’il le réclamera et le paiera de la manière qui sera alors convenue".
• 19 décembre 1783 : Le secrétaire capitulaire enregistre le versement d'une gratification de 24 livres "au serpent", sans que l'on sache s'il s'agit de Pierre MALIDOR ou de Lazare DELANGRE, qui a été reçu le 17 mars de la même année.

• 21 février 1785 : Le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges prend deux décisions complémentaires. D'une part il licencie MALIDOR, dont il est mécontent, "s’étant absenté depuis quelque tems et ne faisant point son service, le bien de l’église et du chœur exigeoit de le révoquer pour en pourvoir un autre". Cet "autre", c'est Denis CHENAULT "troisiesme enfant de chœur" qui est "mis hors des aubes", c'est-à-dire parvenu au terme de son temps à la maîtrise et tout aussitôt "reçu pour serpent en notre église à raison de neuf livres par semaine et vingt sols de gratification".

• [Fin 1784 ou début 1785], Riom [Puy-de-Dôme]: Pierre MALIDOR parcourt 160 km vers le sud et devient maître de musique à la collégiale Saint-Amable. Il dira ensuite n'être "venu dans cette église qu’après de longues et vives sollicitations du chapitre". Durant les deux ans de ce premier séjour riomois, il travaille notamment avec le sous-chantre d'origine parisienne Jean-François BRASSEUX et enseigne aux enfants de chœur Pierre DUCHEIX, Léger BOURZAY ou Pierre GUYOT.

• 9 janvier 1786, Saint-Gervais d'Auvergne [Puy-de-Dôme], au nord-ouest de Riom, au cœur des Combrailles : "Musicien au chapitre St-Amable de Riom", Pierre MALIDOR se marie avec Amable Charvilhat, fille d'un notaire royal. Un contrat est passé devant le notaire Viallette. L'acte indique qu'il demeure à Riom depuis deux ans, soit théoriquement depuis début 1784. Comme en réalité il n'a été licencié de Bourges qu'en février 1785…, et même s'il avait été absent "depuis quelque tems" avant son licenciement, sa durée de résidence à Riom a manifestement été largement arrondie (de près d'une année).

• 31 janvier 1787, Riom : Face à la décision des chanoines de Saint-Amable de supprimer leur musique, "ne pouvant plus en supporter le prix face à l'augmentation des portions congrues", MALIDOR adresse une supplique à l'évêque de Clermont. Il y explique les conditions de son engagement à Saint-Amable, les frais de son déménagement de Bourges à Riom (qui lui a couté "plus de cent pistoles", dit-il, "par la perte que j’ai faite dans la vente d’une maison que j’y avais, de mes meuble et mes denrées"), et sa situation familiale ("une mère agée de 74 ans et infirme"). Il précise que la suppression de la musique est effective depuis fin décembre ("mercredy d’avant Noel que je fut remercié"). Il réclame à l'évêque le versement d'une pension de retraite pour faire face à cette injustice. Ce courrier a-t-il un lien avec son engagement, peu de temps après, comme serpent de la cathédrale de Clermont, chapitre de l'évêque ?

1790, Clermont-Ferrand [Puy-de-Dôme] : Pierre MALIDOR est serpent à la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption. Il est arrivé dans le courant de l'année 1787 en provenance de Riom et suite à ses déboires avec le chapitre. Ses revenus montent à 500 livres annuellement et il faut ajouter à cette somme l'augmentation de 72 livres qu'il a perçue à partir de 1789, ce qui porte le total à 572 livres. Dans cette église, MALIDOR côtoie notamment le maître de musique Louis Marcel BAYART, le basson Michel LIÉBAULT, l'organiste Jean DHOMME et les musiciens Jean GAYET, Antoine BOUCHERON, Jean-Baptiste MOREL et Léger BOUTAL.
• 29 mai 1790 : Les musiciens de la cathédrale de Clermont, cités précédemment, adressent une pétition au Comité ecclésiastique pour toucher une pension. Le maître de musique Louis Marcel BAYART signe pour tous. Le directoire du département du Puy-de-Dôme adresse une question au Comité ecclésiastique en mentionnant qu'il a accordé un secours provisoire de 120 livres à chacun des demandeurs.

• [1791], Clermont-Ferrand : Dans un tableau du directoire du district il est précisé que "le sieur Malidor a une mère infirme âgée de 78 ans qui depuis peu s'est cassé le bras droit et une femme infirme de la poitrine ce qui le force à tenir une domestique pour leur soulagement indispensable". Il observe également "qu'il a la poitrine fatiguée par le jeu du serpent pendant tant d'années".

• 2 juillet 1797, Clermont-Ferrand : Son épouse, Amable Charvilhat, meurt.
• 5 décembre 1797 : Il est dit "propriétaire" au moment de son remariage avec Marie Ducroizet. L'acte de mariage précise qu'il demeure dans la commune depuis douze années. Soit, théoriquement, depuis 1785, ce qui apparaît encore une fois comme une durée largement exagérée.

• 3 avril 1805, Montluçon [Allier] : MALIDOR reçoit une lettre de réponse du maire, favorable à l'établissement d'une école de musique dans sa ville. Est-il à Montluçon à ce moment-là ?

• 15 septembre 1824, Riom : Pierre MALIDOR, "rentier", devenu veuf, s'éteint à son domicile de la rue des Étuves.

• • • Œuvres

- Musique d'une ariette, paroles de "M. D.", Guéret, le Mercure de France, 1766
     Si vous voulez de la vie
     Faire un éternel printems,
     D'amour la douce folie
     Doit remplir tous vos momens,
     L'indifférence dans mon âme
     Versoit du triste hyver les rigueurs :
     Tendre amour! J’ai senti ta flâme ;
     Mes jours sont couronnés de plaisirs & de fleurs.
     Si vous voulez de la vie, &c.

Mise à jour : 4 juin 2020

Sources
F-Ad18/ 8 G 207 ; F-Ad18/ 8 G 208 ; F-Ad18/ 8 G 208  ; F-Ad18/ BMS Bourges, St-Bonnet ; F-Ad18/ Frac187033CG/ 0067 ; F-Ad23/ BMS Guéret, St-Pierre-St-Paul ; F-Ad41/ G 212 ; F-Ad45/ BMS Pithiviers, St-Salomon ; F-Ad63/ 1 G 1497 ; F-Ad63/ 6E113114 ; F-Ad63/ 6E298 72 ; F-Ad63/ 6E3743 ; F-Ad63/ L 2608 ; F-Am Montluçon/ 2 D 2-4 ; F-An/ DXIX/091/782/01-04 ; M.-R. Renon, La Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne..., 1982 ; M.-R. Renon, La maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges…, 1982 ; Mercure de France, novembre 1766, p.54 ; N. Da Silva, Le chapitre cathédral de Clermont…, 1993

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