Login
Menu et informations
LELIÈVRE, Vincent (1763-1793 ap.)
État civil
NOM : LELIÈVRE     Prénom(s) : Vincent     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : LE LIÈVRE
LIÈVRE
Date(s) : 1763-10-22  / 1793 ap.
Notes biographiques

Issu d'un milieu d'artisans du textile peu alphabétisés installés dans une paroisse périphérique du Mans, Vincent LELIÈVRE s'est obstiné à devenir musicien, refusant le destin d'artisan ferblantier que les chanoines lui ouvraient à sa sortie de la maîtrise. Il est probable que la Révolution l'aura contraint de renouer avec un métier artisanal.

• 22 octobre 1763, Le Mans : Fils d'Olivier Lelièvre et de Marie Bellanger, Vincent LELIÈVRE naît le 22 octobre 1763 et est baptisé le lendemain dans l'église paroissiale Saint-Germain. Cette paroisse, située rive droite de la Sarthe, dans une zone d'habitat dispersé, a une population encore largement rurale. Son père, son parrain et le mari de sa marraine sont tous maîtres sergers, aucun ne sait signer.

• Toussaint 1771, Le Mans : Vincent LELIÈVRE est reçu enfant de chœur à la collégiale Saint-Pierre-la-Cour.

• 17 novembre 1780 : LELIÈVRE est maintenant 1er enfant de chœur à la collégiale. Le chapitre observe que "la voix du nommé Lelièvre, 1er enfant de chœur, commençoit à se former… conséquemment il pouvoit être de quelque utilité pour le chant…". Aussi décide-t-il de "prolonger sa sortie jusqu'à Pâques 1782".

• [Vers 1781 / début 1782], Le Mans : Les chanoines décident de lui donner à leurs frais "un maître d'instrument afin de lui procurer un état plus avantageux". Vincent LELIÈVRE, grand enfant de chœur, apprend à jouer du serpent d'abord avec François LETERTRE puis surtout avec René LEMERCIER qui donne "beaucoup de soins" pour ce faire.

• Avril-mai 1782, Le Mans : Les chanoines de la collégiale Saint-Pierre organisent la sortie de la maîtrise de Vincent LELIÈVRE, programmée pour la Pentecôte. Ils lui font confectionner "un habit veste et culotte de drap", lui achètent un chapeau, mais surtout ils concluent devant notaire un marché d'apprentissage pour le métier de ferblantier (au prix de 150 livres, dont 100 payées d'avance).
• 31 mai 1782, Le Mans : LELIÈVRE ayant bien profité de ses leçons de musique et de serpent, le chapitre l'autorise à venir les fêtes et dimanches jouer du serpent au chœur, aux gages de 60 livres par an, tout en suivant son apprentissage de ferblantier.

• 4 mars 1785, Le Mans : Ayant pris lecture d'un "mémoire du nommé Lelièvre, un de nos anciens enfants de choeur, par lequel il implore le secours de notre Compagnie", le chapitre lui accorde 10 sols par jour jusqu'au chapitre général du mois de juillet
• 13 juillet 1785 : Le chapitre général décide la prolongation de six mois du sieur Lelièvre "reçu en qualité de chantre et serpent à 10 sols"… "et pour lui donner la facilité de travailler audit serpent avec plus d'ardeur nous ordonnons qu'à partir de ce jour il lui sera donné 15 sols par jour". À compter de là, il est régulièrement qualifié de "psalteur et serpent" et on peut considérer qu'il appartient pleinement au corps de musique de la collégiale.

• D'avril à août 1786, Le Mans : Vincent LELIÈVRE, qualifié de "l'un de nos psalteurs et serpent de notre église", prend pendant quatre mois des leçons d'écriture, aux frais du chapitre, avec le sieur Portais, maître d'écriture, en compagnie du grand enfant de choeur Pierre GUINOISEAU. C'est le jeune serpent qui en mars en avait fait la demande au chapitre "ayant représenté qu'il désiroit apprendre à écrire"... Ce qui indique qu'il n'avait pas acquis l'écriture durant ses pourtant longues années de psallette, ou qu'il ne l'avait pas acquise complètement.
• 24 novembre 1786 : Le chapitre accorde une augmentation "au nommé Lelièvre, un de nos serpents". Il passera de 5 lt 5 sols à 6 lt (par semaine) à partir du 1er février 1787, soit 312 livres / an. Les autres serpents de la collégiale sont Pierre Antoine LEMEUNIER et Jacques CHAUFFIER.

• 17 août 1789, Le Mans : Vincent LELIÈVRE "musicien demeurant paroisse de Saint-Germain de cette ville" est le parrain du premier fils de Jacques Armelin et Françoise Blanchard, les aubergistes du Chapeau Rouge, paroisse St-Jean-de-la-Chevrie. La marraine est Marie Chesneau, fille, qui habite paroisse de Notre-Dame du Pré. Toutes ces paroisses se situent sur la rive droite de la rivière Sarthe. Le jeune homme est  retourné habiter sur sa paroisse natale, sans doute chez ses parents. Une telle localisation paraît mal en adéquation avec un emploi à temps plein à la collégiale, située rive gauche, à environ une vingtaine de minutes de marche à pied. Pourtant son identité de "musicien" est clairement affirmée, quoique sans précision de lieu d'exercice. Il signe "Lièvre", de la même écriture dont il signera "Lelièvre" ultérieurement ses démarches des années 1790.

1790, Le Mans : Vincent LELIÈVRE est serpent à 400 livres de gages annuels à la Collégiale Saint-Pierre-la-Cour. Il y côtoie Julien Marin LETOURNEAU, qui fait office de maître de musique, le vieux serpent peut-être partiellement retraité Jacques CHAUFFIER, et les chantres François Charles BOISNÉ, Jean Louis Charles DUVAL, Antoine Joseph FLAMAND et Pierre SOUCHET, ainsi que quelques "chantres de remplacement" comme René LEMARCHAND ou le  sieur ROCHER, et bien sûr l'organiste Michel BOYER.
 
• 16 janvier 1791, Le Mans : Le Directoire du District émet un 1er avis, proposant d'attribuer à Vincent LELIÈVRE une gratification de 500 livres.
• 3 novembre 1792, Le Mans : Un arrêté départemental fixe sa gratification à 400 livres.
• 18 décembre 1792, Le Mans : L'ancien grand-chantre du chapitre collégial lui délivre un certificat faisant état d'un service de dix ans et trois mois en qualité de joueur de serpent au service de la collégiale, donc avant fin 1790. Ce qui est évidemment impossible au sens strict, sauf en faisant compter largement ses années d'enfant de chœur.
• 15 janvier et 7 février 1793, Le Mans : Vincent Lelièvre obtient deux autres certificats équivalents, et il dépose une nouvelle requête.
• 5 mars 1793, Le Mans : Le directoire remplace son arrêté du 3 novembre précédent par un autre accordant à Lelièvre une gratification de 600 livres.

• Que devient-il ensuite ?

Mise à jour : 20 juillet 2017

Sources
F-Ad72/ BMS St-Germain du Mans ; F-Ad72/ BMS St-Jean-de-la-Chevrie ; F-Ad72/ G 510 ; F-Ad72/ G 511 ; F-Ad72/ G 512 ; F-Ad72/ G 513 ; F-Ad72/ L 568 et L 39
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1785-3   / 1790-11
Lieux :  Collégiale Saint-Pierre-la-Cour (LE MANS)  
Fonction :  serpent (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : laïc    
Situation maritale : célibataire    

<<<< retour <<<<