Login
Menu et informations
BOYER, Michel (1768-1858)
Portrait
Portrait

Michel BOYER (1768-1858), organiste au Mans en 1790, ici représenté vers 1830 (lithographie de Pelletier et Duperray, "Ml Boyer, ancien professeur de rhétorique, Doyen des organistes de France, dessiné à l'âge de 62 ans", Médiathèque, Le Mans)

État civil
NOM : BOYER     Prénom(s) : Michel     Sexe : M
Date(s) : 1768-2-5   / 1858-9-16 
Notes biographiques

Sa carrière personnelle d'organiste fut relativement brève : elle s'interrompit à la Révolution et ne reprit pas ensuite. Pourtant, Michel BOYER, né à Tours, mort au Mans, a une réelle importance pour l'histoire de l'orgue dans ces deux villes, et plus largement : sa longévité, et la dextérité de sa plume, en ont fait en effet un témoin majeur de la vie organistique de la première moitié du XIXe siècle, auteur d'un grand nombre de notices sur le sujet.

• 5 février 1768, Tours : Fils de François Boyer et de Charlotte Chandereau, Michel BOYER "né d'aujourd'hui" est baptisé paroisse St-Pierre-des-Corps. Son père était dit boulanger lors de son mariage, en 1752, mais il est ensuite devenu maçon, métier d'ailleurs exercé par le parrain de l'enfant. Ni ce parrain, ni la marraine ne savent signer.

• [Dates incertaines, vers 1775-vers 1778 environ], Tours : Dès l'âge de 7 ans, Michel BOYER est formé à la musique, puis à l'orgue par son frère Étienne BOYER, organiste à l'abbaye mauriste de Marmoutier, sur la rive droite de la Loire, près de Tours. Michel ne semble pas avoir été enfant de choeur dans une maîtrise tourangelle.
• [Vers 1778-1779], Tours : Très jeune, à l'âge de dix ans, écrit-il, Michel BOYER aurait été reçu comme organiste à Saint-Saturnin de Tours.

• Novembre 1784, Le Mans : Reçu organiste à la Collégiale Saint-Pierre-la-Cour du Mans, aux gages de 400 livres / an, Michel BOYER quitte Tours pour s'installer au Mans.

• Entre fin 1784 (son arrivée au Mans) et fin 1785 : Il forme la jeune Françoise Adélaïde VEIMRINGER à toucher l'orgue.

• Décembre 1785, Le Mans : Après un bref passage aux claviers de la cathédrale, de fin juin à mi-décembre 1785, pour prendre le relais de Louis Jacques MALLET devenu trop âgé, Michel BOYER revient au bel orgue Parizot de la collégiale (contrat de 6 ans renouvelable, à 700 livres / an).
Il racontera plus tard pourquoi et comment s'opéra ce transfert : d'une part il avait été très déçu du refus du chapitre cathédral d'investir la somme nécessaire pour faire réparer ses orgues, alors en mauvais état ; d'autre part le chapitre collégial lui envoya nuitamment un émissaire, le Marquis de FLERS, pour lui proposer "de recouvrer notre cher orgue avec un traitement supérieur, garanti par un traité à vie", ce qu'il accepta immédiatement. Le chapitre de St-Julien, furieux de ce départ, lui interdit l'accès à l'orgue lors de la fête de St-Julien suivante (27 janvier 1786) alors que selon l'usage c'est l'organiste de chacune des compagnies chantant successivement matines qui doit toucher l'orgue. Le chapitre collégial, s'estimant outragé à travers son organiste, quitte la cathédrale en corps et va chanter matines "avec exaltation" dans sa propre église. Cela provoque un incident diplomatique de plus entre les deux chapitres rivaux, que "la sagesse du prélat", Mgr Jouffroy-Gonssans, apaise.
À la cathédrale, Michel Boyer est remplacé par René COINDON, qui arrive de Poitiers.

• Vers juin 1786, Michel Boyer commence à desservir aussi l'orgue des Cordeliers. L'horaire des cérémonies de l'octave de la Fête-Dieu de 1786 chez les Cordeliers l'empêchant de pouvoir être présent, car il doit bien sûr donner la priorité à son employeur principal, le chapitre de Saint-Pierre-la-Cour, il se fait remplacer par un de ses élèves débutants en clavecin, qui ne sait jouer que "J'ai du bon tabac", ce qui cause un petit scandale. Il explique que tous ses autres élèves sont "des jeunes personnes".

• En 1790, Le Mans : Le poste principal de Michel BOYER est toujours l'orgue de la collégiale St-Pierre, mais il tient toujours aussi l'orgue du couvent des Cordeliers qui lui rapporte 100 livres / an. Vers la fin de 1790, il adresse une demande aux administrateurs du district du Mans afin de toucher ses appointements de trois mois de service comme organiste de la Collégiale Saint-Pierre-la-Cour et ceux de 6 mois et 6 semaines à l'église des Cordeliers.

• Janvier 1791, Le Mans : Les administrateurs du département de la Sarthe accordent à Michel Boyer 237 livres 10 sols (soit 175 livres pour les trois derniers mois de son traitement de 1790 comme organiste de Saint-Pierre, et 62 livres 10 sols pour 7 mois et demi de ses appointements d'organiste des Cordeliers).
• Les administrateurs prennent une série de décisions contradictoires à son sujet (1er mars, 5 mars, 26 mars 1791)...
• Mai 1791, Le Mans : Michel BOYER est engagé comme organiste de la nouvelle paroisse agrandie de Notre-Dame du Pré.

• 4 frimaire an II (24 novembre 1793), Le Mans : Michel "Regulus" Boyer, "professeur au collège national du Mans", épouse "Vérité" (Anne)-Victoire Biou, 18 ans, fille d'un chirurgien ou officier de santé, en présence de plusieurs de ses amis engagés dans la Révolution, qui sont alors aux commandes de la ville.

• Germinal-Floréal an II (mars-avril 1794), Le Mans : Impliqué dans un conflit dit "affaire du Mans", Michel BOYER est arrêté, emprisonné et emmené à Paris. Accusé avec d'autres membres de la Société populaire, dont Rigomer Bazin, "d'une conspiration contre la liberté et la sûreté du peuple français, tendante à dissoudre la représentation nationale, à anéantir le gouvernement républicain, et à exciter la guerre civile", Boyer comparaît devant le tribunal révolutionnaire et y subit un interrogatoire le 10 floréal an II. Il est acquitté le 11 floréal (30 avril 1794), ainsi que les autres prévenus manceaux. Toutefois, les dix Manceaux, dont Michel Boyer, restent en prison à la demande de Garnier de Saintes, et ils ne semblent avoir été réellement libérés qu'après le 9 Thermidor.

Michel BOYER s'installe ensuite à Paris et se consacre à l'enseignement. Il y reste semble-t-il près de dix ans.
• Le 17 thermidor an IV (4 août 1796), au n°210 de la rue Bellefond, à Paris, naît sa fille Victorine. L'acte de naissance, dressé le lendemain, qualifie Michel Boyer d'"artiste".

• Fin 1796, Paris : La presse parisienne publie des annonces pour des œuvres du citoyen BOYER. L'un de ces recueils de sonates est dédié à Philippe Delamain, son élève, jeune aveugle de 7 ans. On peut acheter ce recueil "chez l'auteur, rue Bellefond, n°210, Faubourg Montmartre" [annonce parue en décembre 1796 (frimaire an V) dans les Affiches et Avis divers de Paris et dans Le Journal de Paris].

• Vers 1805-1806 environ, Michel BOYER revient au Mans où il devient professeur au Collège, d'abord alternativement en seconde et en rhétorique, puis titulaire de la chaire de rhétorique, jusqu'à sa retraite en 1836. Par ailleurs, il achète terres et bordages aux alentours du Mans (Brains-sur-Gée, Saint-Georges-du-Bois) et les gère avec attention.
Durant un demi-siècle, et surtout à partir de 1836, Michel Boyer écrit et publie abondamment. Il est membre de la Société royale des Arts, aux réunions de laquelle il est assidu et pour laquelle il rédige de nombreux textes, orientés vers deux thèmes essentiels : la musique et l'éducation.
Jusque dans son grand âge il fait fonction d'expert régional pour les orgues et écrit à leur propos de précieux souvenirs au sujet des instruments et des musiciens du passé, ainsi que des récits d'inauguration d'orgues contemporaines. Il joue un rôle déterminant dans la décision de Gabrielle de Sainte-Gemme Dudevant de faire don de son orgue de salon au collège du Mans. Cet orgue se trouve toujours aujourd'hui dans la chapelle de l'Oratoire et a été restauré à la fin de la première décennie du XXIe siècle. Michel Boyer s'implique au service de la paroisse de Saint-Benoît, dont il préside la fabrique avant de lui faire don d'un orgue en 1839 puis, en 1849, de former la pianiste Mélanie LIONNET pour le toucher.
Après le décès d'Albin Claude François NOCQ, en septembre 1837, présenté à cette occasion comme le doyen des organistes de France, c'est Michel BOYER qui, dans les années suivantes, se pare de ce titre.

• Michel BOYER perd son épouse en 1844 et rédige des "poèmes élégiaques" en son honneur. Leur fille Victorine avait épousé le 3 octobre 1825 Charles Louis Auguste de Condren de Suzanne, professeur de seconde au collège royal d'Angers, qui deviendra ensuite inspecteur de l'académie d'Angers.

• 16 septembre 1858, Le Mans : Michel BOYER, devenu nonagénaire, s'éteint dans sa maison rue "de la Truie qui File", dans la ville ancienne. Il avait rédigé son testament le 26 décembre 1856. 
18 septembre 1858 : Michel BOYER est inhumé au Grand cimetière de la ville. Il y repose aux côtés de son épouse, de sa fille et du petite-fils de celle-ci.
Un inventaire est dressé quelques jours après son décès, il permet de bien connaître le cadre confortable dans lequel le vieil organiste avait vécu la fin de son existence.

Mise à jour : 29 mars 2017

Sources
Boyer, "Notice historique sur les orgues existant dans les églises de Tours..." ; Courrier de l'égalité, n° 621 ; F- AmLe Mans/ 4N 3  ; F-Ad37/ BMS Tours-St-Pierre-des-Corps ; F-Ad72/ 4 E 36 / 306 ; F-Ad72/ G 512 ; F-Ad72/ G 513 ; F-Ad72/ L 31/2 ; F-Ad72/ L 530 ; F-Ad72/ NMD Le Mans ; F-Ad72/ état civil Le Mans ; F-Ad72/ état-civil en ligne ; F-Adio Le Mans/ fonds Boyer ; F-An/ W 356/dossier 744 ; F-BM Le Mans/ Affiches du Maine ; F-Bib.dio Le Mans, sans cote ; F-Méd Le Mans/ Maine 2423 ; F-SASAS/ ms XIII, D, 41 ; F-SASAS/ms XIII, D, 41 ; Gallica : Plaidoirie 1872 ; M. BOYER, Notice historique sur les orgues... ; M. Boyer, "Notice historique sur les orgues… Tours avant 1789" ; M. Boyer, "Notice historique sur les orgues… Tours avant 1789"  ; M. Boyer, Notice historique sur les orgues […] de Tours avant 1789..., 1848. ; S.Granger, Les Métiers de la musique…, thèse, 1997
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1785-12-18  / 1790-11 ca
Lieux :  Collégiale Saint-Pierre-la-Cour (LE MANS)  
Fonction :  organiste (Église)  
Formation ? :  Non
Période :   ?  / 1790-12 ca
Lieux :  Couvent des Cordeliers (LE MANS)  
Fonction :  organiste (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : non    
Ecclesiastique ? : clerc    
Situation maritale : célibataire    

<<<< retour <<<<