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MAGNY, Claude (1731-1803)
État civil
NOM : MAGNY     Prénom(s) : Claude     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : MAGNI
Date(s) : 1731-1-27   / 1803-11-22 
Notes biographiques

Pur Dijonnais, Claude MAGNY semble avoir vécu toute sa vie dans sa ville natale, Dijon, sauf durant les quelques mois où il s'est expatrié pour aller jouer du serpent … à Beaune !

• 27 janvier 1731, Dijon : Claude MAGNY naît et est baptisé paroisse Saint-Jean. Sa mère se nomme Marguerite Luchot, son père, François Magny, est tailleur de pierre et sait signer (plus tard, il sera dit "entrepreneur", parfois "maître entrepreneur"). Il place son fils sous la protection d'un parrain et d'une marraine manifestement situés plus haut que lui dans la hiérarchie sociale ("inspecteur de la ville" et épouse de "syndic des États de Bourgogne"). 

• [1737], Dijon : Claude MAGNY devient enfant de chœur. Un dossier administratif de 1791 dit qu'il est depuis 54 ans au service de l'Église, et depuis 37 ans à la cathédrale. Ce qui signifie clairement que son temps d'enfant de chœur se situe ailleurs qu'à la cathédrale. Sa reconstitution de carrière début 1792 révèle l'originalité de son parcours : il a été "17 ans enfant de chœur à St-Jean et à la Sainte-Chapelle", durée de formation exceptionnelle. Les enfants de chœur sélectionnés pour servir l'église paroissiale et collégiale de Saint-Jean n'y restaient que sept ans. On peut supposer que ces années se placent approximativement entre 1737 et 1744.

• [1744] : Sans doute repéré en amont pour ses compétences, le jeune garçon, qui a alors entre treize et quatorze ans, entame un second apprentissage musical, plus approfondi, en intégrant la maîtrise de la Sainte-Chapelle. Il va rapidement développer la pratique du serpent et du basson ce qui permet de pallier son âge avancé qui lui fait très vite perdre sa voix d'enfant. À la Sainte-Chapelle, ses maîtres successifs ont été DORIOT très brièvement, puis BREUVART à partir de janvier 1745, et enfin Pierre Louis POLLIO à partir de mars 1751. À la maîtrise le jeune homme fait la connaissance de Sébastien MALLOGÉ, avec lequel il restera lié.

• Jusqu'en avril 1753, Dijon : Avec un statut prolongé de grand enfant de chœur, Claude MAGNY rend mille services au chœur de la Sainte-Chapelle, où il est manifestement connu et apprécié.

• 21 avril 1753, Beaune : Quatre jours après la brusque annonce de son départ par le serpent FLUTTE, engagé dans une église dijonnaise, le chapitre de la collégiale Notre-Dame reçoit une lettre "par laquelle les parents d’un jeune homme nommé MAGNY qui sçait jouer du serpent offrent ses services au chapitre". La lettre est accompagnée d’un certificat du maître de musique de la Sainte-Chapelle de Dijon "qui atteste la capacité du dit jeune homme". Cette candidature n'est évidemment pas le fruit du hasard : elle résulte d'un chassé-croisé entre FLUTTE et MAGNY, certainement orchestré par le maître de la Sainte-Chapelle, qui est alors Pierre Louis POLLIO.
• 25 mai 1753, Beaune : Après avoir joué de son instrument à la grand'messe, Claude MAGNY est officiellement engagé par le chapitre collégial, aux appointements ordinaires c'est-à-dire 20 sols par jour, un bichet de froment et un poinçon de vin gamay annuellement.
• 4 juin 1753 : Il lui est "ordonné de se fournir d’habits de chœur". Par ailleurs, les chanoines, qui ont toujours sur le cœur le brutal départ de FLUTTE, font insérer dans sa convention l'obligation d'un préavis d'un mois, sous peine de perdre tous ses gages du dernier mois.
• 20 juin 1753 : Le chapitre de la collégiale passe un accord avec Claude MAGNY "pour donner à J.-B GRATEPANCHE des leçons de serpent pendant six mois". On lui promet "8 francs par mois".
Mais dès le mois de septembre, MAGNY quitte Beaune, peut-être parce que début août  on lui a reproché son absentéisme à matines ? Le 5 septembre il informe le chapitre "qu’il quitteroit dans un mois le service de cette église". Deux jours plus tard, les chanoines lui font grâce du mois de préavis prévu et déclarent "que dès aujourd’huy ledit MAGNY peut se pourvoir ainsy qu’il jugera à propos". Cette souplesse inattendue est peut-être due au maître de musique, Jean-Marie ROUSSEAU, qui a dans sa manche un candidat dont il se porte garant : Louis PUSSENOT.
• 7 septembre 1753, Dijon : Claude MAGNY est reçu comme serpent à la cathédrale de Dijon. Début 1791, il déclarera 37 ans 4 mois de service.

• 3 septembre 1754, Dijon : "Musicien de la Cathédrale", âgé de 23 ans, Claude MAGNY épouse Catherine Faure, 25 ans, en l'église Saint-Philibert. Parmi les témoins, on note la présence de Jacques François DUPLUS et Sébastien MALLOGÉ, eux aussi musiciens de la Cathédrale.
• Deux enfants (au moins) naissent de ce mariage : Bernard, le 13 janvier 1756, et Jeanne, le 14 mai 1757. Le parrain du premier est Bernard BUZENNET, musicien à la cathédrale.

• 22 septembre 1765 : Âgée de 36 ans, son épouse Catherine Faure décède paroisse Saint-Philibert et elle est inhumée dans l'église paroissiale le lendemain, "en présence de Messieurs les Prêtres Mépartistes".

• 1er mai 1768 : Un contrat de mariage est signé en l'étude de maître Mollé, notaire à Dijon, entre le sieur Claude MAGNY musicien de la cathédrale, et demoiselle Marie-Catherine-Laurence Lefort, fille majeure, ouvrière pour femmes, fille d'un maitre cordonnier qui est aussi pompier à Dijon, en présence des parents et frères des deux partis, et d'amis comme François Brunet portier du Palais. Le futur marié apporte la somme de 1000 livres "consistant en meubles, effets, instruments de sa profession et argent comptant",  tandis que la future mariée apporte non seulement "ses biens paternel et maternel à écheoir" mais aussi un pécule montant à 2400 livres "consistant en meubles, effets, troussel et argent". La mise en communauté se limite à 100 livres.
• Le mariage est célébré le lendemain, en l'église Notre-Dame.
• 19 août 1768 : Parrain d'une nièce, Barbe Jacqueline, Claude MAGNY est toujours donné comme musicien de la cathédrale

• 9 janvier 1769, Dijon : Claude MAGNY, serpent de la cathédrale, est témoin au remariage de Bernard BUZENNET, lui aussi musicien de la Cathédrale, avec Anne Myot, à la cathédrale Saint-Étienne. Deux autres musiciens sont présents à la cérémonie : François MIELLE, haute contre de la cathédrale, et Charles MATHIEU, musicien haute contre dans une autre église de Dijon.

• 12 mai 1778 : La mise en vente d'un clavecin "fait par le sieur Pigal" (le facteur Nicolas PIGALLE) est annoncée dans les Affiches de Dijon. Il faut s’adresser au sieur MAGNY, Place Notre-Dame.

• Décembre 1781, Dijon : Dans les pièces comptables du chapitre de Saint-Étienne est conservé un "état des gages et gratifications dues aux musiciens de la cathédrale". Chacun d'eux doit recevoir ce mois-là la sommes de 41 livres 13 sols 4 deniers. En ordre alphabétique on trouve BAILLY, BORGET, BRICARD, DELILLEMAGNY, MALLOGÉMANDRAY et SAGOT.

• 1786, Dijon : MAGNY, "musicien à la cathédrale", est recensé rue du Porc Sanglier par les rôles fiscaux. Toutefois en tant que musicien de la cathédrale, il est exempté de taille, comme la plupart des musiciens d'Église dijonnais.

• 9 octobre 1787 : À la collégiale Saint-Jean, sa fille Jeanne se marie avec François Derepas, tailleur d'habits. Curieusement, Claude MAGNY, toujours dit "musicien de la cathédrale", ne semble pas présent à la cérémonie de mariage.
• Décembre 1787, Dijon : Un autre état comptable de la cathédrale est conservé. Il donne la liste suivante de musiciens : BAILLY, BORGET, BRICARD, MAGNY, MALLOGÉMANDRAY, SAGOT, et VERPAULT, auxquels s'ajoutent ARNAULD, violoncelle, LECLERC, organiste, et LEFRANC, serpent.

• 3 novembre 1789 :  Catherine-Marie Lefort, "épouse de sieur Claude MAGNY musicien à Dijon", est marraine du fils d'Antoine Mugnier, cabaretier, et de Anne Limbardet. Elle signe "Lefort magny".

1790, Dijon : Claude MAGNY joue toujours du serpent à la cathédrale Saint-Étienne, en compagnie d'un jeune joueur de serpent, Jacques LEFRANC. Outre les deux serpents, sous la direction de François COUET, on entend au chœur de Saint-Étienne quatre basse-contre (André BAILLY, Jean-Baptiste BRICARD, UTINET, Henri VERPAULT), une basse-taille (Joseph BORGET), une haute-taille (Sébastien MALLOGÉ), une haute-contre (MANDRAY), un basson (Louis-François SAGOT), un joueur de basse ou de violoncelle (Nicolas-Joseph ARNAULD) et bien sûr l'organiste, François LECLERC.
Ça en est fini des privilèges fiscaux des musiciens d'Église : M. MAGNY, "musicien", est taillé à 1 livre 17 sols paroisse Saint-Jean, rue Poissonnerie pour l'année 1790.

• 15 février 1791, Dijon : Le directoire du district de Dijon propose de lui accorder une pension de 500 livres. Il est père de famille. Il a 60 ans.
• [Vers 1792], Dijon : Claude MAGNY obtient une pension de 200 livres (avait perçu 300 livres d'avance), qui semble sonner sa mise à la retraite. Peut-être à cause de sonâge, peut-être en raison d'un niveau jugé moindre, il ne fait pas partie des serpents qui ont été sélectionnés pour jouer à la cathédrale constitutionnelle : l'évêque Volfius, sans doute conseillé par COUET, a choisi les deux anciens serpents de la ci-devant Sainte-Chapelle, DELAURIÈRE et MILLOT.

• 10 nivôse an IV [31 décembre 1795], Dijon : Sa fille Jeanne, 38 ans, veuve de François Derepas depuis le 28 brumaire an III [18 novembre 1794], se remarie avec un autre tailleur d’habits, Jean Haize, âgé de 31 ans. Mais celui-ci est natif d’Auclam en Prusse ! Tous deux demeurent rue Vannerie, de même que Claude MAGNY, 65 ans, "citoyen de cette commune, père de la contractante"… (il signe "Magny").

• • •

• 22 novembre 1803 (30 brumaire an XII), Dijon : Le tailleur d'habits Jean Haise, son gendre, déclare le décès de Claude MAGNY, survenu le matin-même, rue Vannerie. Il le dit "musicien", sans plus de précision, et "veuf en premier lieu de Catherine Fort et en second lieu de Catherine Le Fort".

Mise à jour : 20 décembre 2018

Sources
F-Ad21/ 4E 7/ 93 ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame ; F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Jean de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Médard de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Philibert  ; F-Ad21/ BMS St-Philibert de Dijon en ligne ; F-Ad21/ D Dijon an XII ; F-Ad21/ G 192 ; F-Ad21/ G 2549 ; F-Ad21/ G 2550 ; F-Ad21/ G 720 ; F-Ad21/ G 721 ; F-Ad21/ G 723 ; F-Ad21/ G 724 et 725 ; F-Ad21/ G 728 ; F-Ad21/ G 732 ; F-Ad21/ L 1522 ; F-Ad21/ L 1797 ; F-Ad21/ L 1798 ; F-Ad21/ L 85 ; F-Ad21/ NMD Dijon an IV ; F-Am Dijon/ L 329 bis ; F-An/ DXIX/093/820-2/10 ; F-An/ F19/1128 ; F-BmDijon/ Res 1103, Affiches de Bourgogne ; J.-E. Doussot, Musique et Société à Dijon..., 1999

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