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DROCOURT, Jean-Baptiste Robert (1767-1844)

DROCOURT, Jean-Baptiste Robert (1767-1844)

État civil
NOM : DROCOURT     Prénom(s) : Jean-Baptiste Robert     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : DEROCOURT
DRAUCOURT
Date(s) : 1767-2-10   / 1844-5-18 
Notes biographiques

Originaire de Corbie, en Picardie, Jean-Baptiste DROCOURT est le dernier maître de musique d'Ancien Régime de la cathédrale de Poitiers. Il reprend son poste après la Révolution et meurt à Poitiers en 1844. Sa musique était appréciée et il semble avoir été un pionnier en matière de pratique orchestrale à Poitiers.

• 10 février 1767, Corbie [Somme] : Jean-Baptiste Robert DROCOURT, fils de Jean-Baptiste Drocourt et d'Anne Charlotte Angélique Hennequin, naît en la paroisse Saint-Étienne. Il est baptisé le lendemain.

• [1773]-[fin 1785/début 1786] : Noyon [Oise] : Il est enfant de chœur à la cathédrale Notre-Dame de cette ville. Comme il l'explique dans sa supplique de 1790, Jean-Baptiste DROCOURT fut "élevé depuis l'âge de six ans à l'école de l'harmonie". Il apparaît régulièrement dans les actes capitulaires de la cathédrale entre 1783 et 1785, toujours comme enfant de chœur.
• 31 octobre 1783, Noyon : Le chapitre cathédral achète une basse pour former DROCOURT à la pratique de cet instrument.
• 21 novembre 1784, Noyon : Jean-Baptiste DROCOURT reçoit 9 livres de gratification du chapitre cathédral "pour la musique qu'il a fait chanter aujourd'hui". Par la suite, le chapitre indique que DROCOURT pourra "porter [ses] cheveux". Cela indique qu'on prépare sa sortie de la maîtrise.
• 8 décembre 1785, Noyon : Le chapitre cathédral demande au receveur "de donner 15 livres de gratification à DROCOURT, enfant de chœur, pour la musique qu’il a faite le jour de la fête de saint Éloi, premier de ce mois". Jean-Baptiste DROCOURT fait donc une année supplémentaire à la maîtrise, travaillant particulièrement la composition. Ce que confirme sa requête de 1790 : "dès que l’on ma connu quelques dispositions, j’ai fait mon étude principale de la Composition qui, vous le savez Messieurs, ne souffre point de médiocrité. Il m’a fallu y employer une application et de veilles presque continuelles, toute autre occupation étant interdite à ceux qui veulent réussir dans cet art difficile...".

• Où passe-t-il les années 1786 et 1787 ? Sur le chemin entre Noyon et Poitiers (plus de 400 km), a-t-il fait halte à Paris, à Orléans ?

• [Vers le milieu de l'année 1788], Poitiers : Jean-Baptiste DROCOURT est reçu maître de musique de la cathédrale Saint-Pierre. Dans sa supplique de fin 1790/début 1791, il indique être en poste depuis 30 mois.
D'après Louis François Marie Bellin de La Liborlière (Vieux souvenirs de Poitiers avant 1789, 1846), Jean-Baptiste DROCOURT était à la pointe des pratiques orchestrales du temps et semble avoir été un pionnier à Poitiers : "On ne connaissait point les contre-basses à Poitiers avant l'arrivée du dernier maître de psalette de Saint-Pierre qui en apporta une dont il jouait lui-même. Cet instrument, trouvé alors gigantesque, fut pendant quelque temps l'objet de l'attention générale. Aux grandes solennités extraordinaires, on réunissait dans le chœur des chapitres un orchestre complet composé d'artistes et d'amateurs". Il est difficile de se rendre compte de l'ampleur exacte des orchestres déployés à la cathédrale de Poitiers lors des grandes célébrations. L'usage des contrebasses pour les exécutions de musiques d'église à grand orchestre commence à se répandre à la fin de l'Ancien Régime. Cette pratique devient finalement très courante sous l'Empire, tout du moins dans les églises parisiennes qui bénéficient de l'apport non négligeable du personnel de l'Opéra et de l'Opéra-Comique.

1790, Poitiers : Jean-Baptiste DROCOURT est toujours maître de musique de la cathédrale. À Saint-Pierre, il côtoie les chantres et musiciens : Félix Thadée JOLLYFrançois LECANDHenri PISCADORJean Joseph Clovis CAUSSINNicolas DUBOISJean-Baptiste LEMOINELouis LEROUX et Nicolas VIOLETTE, ainsi que l'organiste François VÉRON.
Il forme six enfants de chœur à la psallette : Pierre-Hilaire BONNINAntoine BATTREAUHenri et Joseph HOUDRYBenjamin JOUBERT et Jean LAMBERTON. Le jeune maître de musique de 23 ans dit avoir consacré sa vie à la composition et à l'enseignement des jeunes élèves.
• 3 mars 1790, Poitiers : DROCOURT co-signe une pétition avec plusieurs musiciens de différents chapitres de la ville.
• 23 octobre 1790, Poitiers : Le chapitre cathédral de Poitiers lui remet un certificat validant sa déclaration de revenus pour la constitution de sa demande de secours. Il déclare un total de 1 049 livres et 5 sols de revenus en argent, auxquels s'ajoutent des revenus en nature (céréales et vin). À noter qu'il avait la charge  d'un domestique et des six enfants de chœur sur ces mêmes revenus.

• [1791], Poitiers : Le directoire du district de Poitiers estime qu'il y a lieu d'accorder au sieur DROCOURT une gratification de 200 livres.
• [1791-1792 ?], Poitiers : Toujours maître de musique de la cathédrale constitutionnelle, DROCOURT reçoit 15 versements de montants très variables, de 60 à 301 livres et irrégulièrement espacés dans le temps.

• Octobre 1791, Poitiers : Le récit du sacre de l'évêque constitutionnel, dans le numéro du 27 octobre 1791 du Journal du Département de la Vienne, exprime des éloges sur la musique composée par Jean-Baptiste DROCOURT : "La musique de la messe a été bien exécutée & sa composition est une preuve non équivoque des talens du Maître de Musique de la Cathédrale. Les amateurs ont surtout été touchés de l’expression de ces mots du Gloria : In terra pax hominibus bonae voluntatis, & au Credo on a admiré le pathétique avec lequel ont été rendus ces mots : Crucifixus etiam pro nobis, passus & sepultus est. Le Chant a bien secondé les instrumens, & les chœurs ont fait beaucoup de plaisir". L’après midi, lors des vêpres : "Le Dixit & le Magnificat ont été chantés en musique. Nouveaux éloges dus au compositeur. Nous ne pouvons cependant pas nous taire sur la manière heureuse avec laquelle on a rendu dans le Dixit le verset : Juravit Dominus, & non poenitebit eum. Le chœur du Conquassabit capita in terra multorum, est un morceau achevé. Dans le Magnificat, le verset entier : Et misericordia ejus &c est d’une douceur, d’un moelleux finis".

• 14 Brumaire an II [4 novembre 1793], Poitiers : Sa présence en compagnie de Jean HOURTICOLOU au mariage de Jean-Baptiste DOLLÉ, indique que des liens d'amitié et de sociabilité continuaient à unir les musiciens de la ville. Il dit avoir 26 ans et résider à Poitiers.

• 2 messidor an X [21 juin 1802], Poitiers : Jean-Baptiste Robert DROCOURT épouse Victoire Dassier, en présence de Jean-Baptiste DOLLÉ. 

• 1808, Poitiers : Jean-Baptiste DROCOURT apparaît parmi les souscripteurs d'un traité d'Alexandre CHORON (Principes de composition des écoles d'Italie, adoptés par le gouvernement français, pour servir à l'instruction des Élèves des maîtrises de Cathédrales...). Il est dit "maître de chapelle de la cathédrale de Poitiers". Malgré le changement d'intitulé, c'est donc l'équivalent de son ancien poste à la cathédrale, qu'il a retrouvé, peut-être depuis la reprise du culte ou le Concordat. L'organiste de la cathédrale François VÉRON et Jean-Baptiste DOLLÉ, également qualifié de "maître de chapelle à Poitiers", sont aussi souscripteurs de ce traité.

• Juillet 1810, Poitiers : L'épouse de Philippe René GIRAULT écrit à son mari, alors qu'il est en garnison sur les frontières de l'est, "que la place à la cathédrale de Poitiers, pour laquelle [il] avai[t] postulé autrefois, était libre et [lui] était accordée". Il demande aussitôt son congé.
Cela signifie-t-il que DROCOURT a renoncé à son poste de maître de chapelle à la cathédrale, dès le printemps 1810, pour se consacrer à l'enseignement de la musique comme professeur particulier (il est dit "professeur de musique" sur son acte de décès) ?
De retour à Poitiers en septembre 1810, GIRAULT est "reçu comme maître de chorale à la cathédrale de Poitiers". Il n'emploie pas le terme de "maître de chapelle" pour qualifier son poste. Un partage des tâches entre les deux hommes a-t-il été organisé ? Ou entre GIRAULT et un autre maître de musique ?

• 18 mai 1844, Poitiers : Jean-Baptiste Robert DROCOURT décède dans sa maison, rue Saint-Porchaire, à l'âge de 77 ans. Le décès est déclaré par un neveu par alliance et par Édouard Alexis LAVRILLARD D'AUBIGNY, professeur de musique, âgé de 50 ans, demeurant à Poitiers, qui se dit "ami du défunt". L'acte indique que DROCOURT était "professeur de musique" et qu'il était toujours marié à Victoire Dassier.

Mise à jour : 20 avril 2016

Sources
F-Ad60/ G 2620 ; F-Ad80/ BMS Corbie, St-Étienne ; F-Ad86/ L 226 ; F-Ad86/ L 233 ; F-Ad86/ L 278 ; F-Ad86/ NMD Poitiers ; F-An/ DXIX/090/749/01 ; F-Pn/ Vm8.156 ; F-Poitiers méd François-Mitterrand/ CP 743/1 Journal du département de la Vienne
Module MUSEFREM : situation en 1790
Période :  1788 av.  / 1808 ap.
Lieux :  Cathédrale Saint-Pierre (POITIERS)  
Fonction :  maître de chapelle / maître de musique (Église)  
Formation ? :  Non
Formation maîtrisienne attestée : oui    
Ecclesiastique ? : non renseigné    
Situation maritale : célibataire    

Il avait très probablement été tonsuré durant ses années de psallette.


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