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BERTHOT, Antoine (1741-1795)
État civil
NOM : BERTHOT     Prénom(s) : Antoine     Sexe : M
Autre(s) forme(s) du nom : BERTAULT
BERTAUD
BERTEAU
BERTAUD
BERTHAUD
BERTHOD
Date(s) : 1741-5-3   / 1795-10-15 
Notes biographiques

Né dans un village champenois, Antoine BERTHOT commence sa vie d'adulte comme maître d'école – et chantre – dans un autre village situé à une vingtaine de km de Dijon. Mais c'est dans cette ville qu'il vient chanter ensuite, à la Sainte-Chapelle, où il occupe en 1790 le poste de "basse contre récitante". Il constitue un bel exemple de lien entre le chant des paroisses rurales et celui des grandes églises urbaines.
Les variations orthographiques sur son patronyme sont innombrables. Lui-même a adopté pour sa signature la graphie "Berthot", qui a donc été choisie ici pour autorité, même si les autres formes ne sont pas ignorées.

• 3 mai 1741, Isômes [Haute-Marne] : Fils de Gilles Berthot, marchand, et de Nicolle Blancard (ou Blancquard), Antoine BERTHOT naît dans ce village situé à 45 km au nord-est de Dijon, dans le diocèse de Langres. Il est baptisé le jour même de sa naissance par un prêtre qui remplace "le sieur curé" (lequel est inhumé trois jours plus tard). À son baptême signe le recteur d'école du village, "Berthiot" [sic, avec un "i" qui le différencie de la famille de l'enfant].

• 12 avril 1751, Isômes : Le jeune garçon est choisi comme parrain et signe "A:Berthot", en compagnie de Gilles Voillaut le recteur d'école du village.

• 25 mars 1754, Isômes : Son père, Gilles Berthod, décède à l'âge de 43 ans.
• 6 juin 1754, Isômes : Antoine BERTHOT est à nouveau requis pour un parrainage, cette fois d'une enfant née de père inconnu.
Quatre jours plus tard est célébré le mariage de Thomas Jacquelinet, fils d'un laboureur, avec Nicole Blancquard, veuve de feu Gilles Berthot, marchand. Antoine BERTHOT, "fils de la dite Blancquard", est présent et signe, toujours en compagnie de Gilles Voillaut, recteur d'école à Isômes. Toutes ces notations semblent confirmer que le jeune garçon vit à Isômes, et n'est pas enfant de chœur dans une maîtrise à Dijon ou à Langres. Il a, selon toute vraisemblance – mais cela reste à documenter – été éduqué à l'école et au lutrin du village par Gilles Voillaut.
 
• Juin 1759, Pichanges [Côte-d'Or] : À partir de la fin du mois de juin, Antoine BERTHOT est attesté comme recteur d'école de ce village situé à une vingtaine de km au nord-est de Dijon (en fait presque à mi-chemin entre Isômes et Dijon, quoique légèrement plus près  de Dijon). Il y est aussi, nécessairement, chantre. Il a pris la suite d'Antoine Andriot présent jusqu'à la mi-mai.

• 1er septembre 1761, Pichanges : Antoine BERTHOT est le recteur d'école du village lorsqu'il épouse Anne Moitoiret, fille mineure d'un vigneron décédé. Les bans ont été publiés à Pichanges, mais aussi à Perrigny [aujourd'hui Perrigny-lès-Dijon, au sud de Dijon] car c'est là que réside la mère du marié, Nicole Blancard, et son second mari, Thomas Jacquelinet, manouvrier à Perrigny.

• Mai 1762, Pichanges : Antoine BERTHOT est toujours attesté comme recteur d'école de la paroisse, où il signe ses derniers actes. Or, selon son dossier de carrière au début de la Révolution, c'est vers 1760 environ qu'Antoine BERTHOT serait devenu musicien à la Sainte-Chapelle de Dijon. On a là un bel exemple des extensions auxquelles pouvaient donner lieu les démarches administratives des musiciens cherchant à atteindre tel ou tel palier (dans son cas il importait d'afficher trente ans de carrière).

• [Juin 1762], Dijon : Lorsque sa signature cesse de figurer dans le registre paroissial de Pichanges, Antoine BERTHOT est sans doute parti directement pour Dijon. À Pichanges, il est remplacé au poste de recteur d'école d'abord par Nicolas Pittolet puis par Denis Jemain [ou Jamain].

• 3 avril 1763 et 1er mai 1765, Dijon: Deux premiers enfants Berthot sont baptisés paroisse Saint-Pierre, Jean-Baptiste et Anne. Les parrains sont pour l'un domestique, pour l'autre un confrère musicien, Jean BRULARD. Les marraines sont mal définies : leurs noms seuls sont indiqués, sans autres précisions. Aucune des deux ne sait signer. Antoine BERTHOT est dit en 1763 "chantre à la Sainte Chapelle" et en 1765 "musicien".

• [Entre mai 1765 et février 1768] : La famille Berthod quitte la paroisse Saint-Pierre pour s'installer paroisse Notre-Dame.

• 18 février 1768, 27 avril 1771, 23 décembre 1776 : Sur la paroisse Notre-Dame naissent et sont baptisés trois autres enfants Berthod, Anne à nouveau, Jeanne et Nicolas. Antoine BERTHOT est dit "musicien de la Ste Chapelle du roi de cette ville". Les parrains et marraines choisis appartiennent aux milieux de l'artisanat et du commerce urbain (maîtres cordonniers, chapelier, marchand de vin, grainetier). On ne rencontre parmi eux aucun musicien, alors que l'on voit par ailleurs Antoine BERTHOD bien inséré dans la sociabilité des musiciens dijonnais (voir ci-après).

• 31 janvier 1769, Dijon : En l'église  Saint-Michel, Antoine BERTHOT, Charles MATHIEU, Joseph BORGET et François TURPIN "tous quatre musiciens domiciliés en cette ville", sont témoins du remariage de leur ami Marie Michel FLUTTE, "musicien à la St Chapelle du Roy à Dijon", veuf d'Élisabeth Gaulon (qui était fille du musicien Jean-Bernard GAULON), avec Jeanne Seroin. Il signe "Berthot".
• 27 août 1769 : Sur les fonts baptismaux de l'église Saint-Michel est baptisé Antoine-Anne-Louis fils du sieur Charles MATHIEU musicien de la Ste-Chapelle. Il tire ses deux premiers prénoms de son parrain Antoine BERTHOT "musicien de la dite église" (il signe "a.Berthot") et de sa marraine Anne Décler, épouse du sieur Claude DOUDEY, qui, lui, est musicien à la cathédrale, indice des liens entre les deux grandes églises dijonnaises.

• 22 février 1770, Dijon : CERÈS et Antoine BERTHOT signent l'acte de décès de Marie-Michel FLUTTE "musicien, âgé de 43 ans", décédé deux jours auparavant, et inhumé le 22 au cimetière de la paroisse Saint-Jean.

• 6 novembre 1782, Dijon : Dans l'église Notre-Dame est baptisé un fils de Louis Brevière, marchand [potier] à Dijon, et d'Anne Mugnier, dont le parrain est le "sieur Antoine BERTHOT musicien à la Ste-Chapelle du Roy à Dijon" et la marraine Marguerite Mégnié, "ouvrière en la même ville".

• 7 août 1789, Dijon : Antoine BERTHOT, "musicien à la Ste-Chapelle, et commis au bureau des ponts et chaussées de la province de Bourgogne", est le parrain d'un fils de Pierre Alexandre FEUVRIER, musicien à la Ste-Chapelle du Roy à Dijon, et de Florentine Guillemin, baptisé paroisse Notre-Dame. La marraine est Jeanne-Claude Laurent, épouse du sieur FAIVRE, "aussi musicien à Dijon".

• 1790, Dijon : Antoine BERTHOT est basse-contre récitante à la Sainte-Chapelle de Dijon, aux appointements de 600 livres en 1790. Il dit l'être depuis 30 ans. "BERTHAUX" musicien est taillé à 4 livres 16 sols paroisse Notre-Dame, "Coin des Cinq Rues". En tant que  musicien d'Église, il est classé parmi les "ci-devant privilégiés", qui avaient été précédemment exemptés de taille.
Sous la direction de COLIN, les musiciens de la Sainte-Chapelle sont alors Antoine BERTHOT, Nicolas BORNE, André CAILLOT, François DELAURIÈRE, Jean FAIVRE, Pierre-Alexandre FEUVRIER, Pierre JARLOT, Jean-Baptiste MILLOT, François PARISOT, ainsi que l'organiste Pierre-Philibert LAUSSEROIS. On trouve aussi mention de SIRJEAN et de REGNAUD... sur lesquels on est moins bien renseignés. Quatre chapelains étoffent le chant, MICHELIN, Pierre BOUCHÉ, Pierre-François GIGAUD et le "sous-chantre" LEBRUN. Longtemps musicien en titre à la Sainte-Chapelle, Jacques PAILLOT semble en 1790 n'y intervenir que ponctuellement en renfort, de même que le violoniste François BARY.
• 8 mars 1790, Dijon : Décédée la veille, âgée de 22 ans, Anne Berthot, fille du sieur Antoine BERTHOT, "musicien à la Ste-Chapelle du Roy à Dijon", est inhumée au grand cimetière de la paroisse Notre-Dame. Son ami FEUVRIER est présent à la cérémonie. Son épouse n'est pas mentionnée.

• 23 janvier 1791, Dijon : Le jeune "BERTHAUX", son fils, a fini son temps d'enfant de chœur à l'église Notre-Dame et reçoit 60 livres.
• 1791 : Antoine BERTHOT fait une demande de secours au Département, qui la fait suivre sur le Comité ecclésiastique. Il est âgé de 50 ans. Le district de Dijon propose de lui accorder une pension de 500 livres.
• 8 mai 1791 : Le plan de réorganisation de sa musique présenté par Volfius, Évêque de la Côte-d'Or, sans aucun doute inspiré par François COUET, prévoit quatre basse contre, deux venant de la ci-devant Sainte-Chapelle (BERTHOT et FAIVRE), deux étant déjà précédemment à la cathédrale (BRICARD et VERPAULT), une basse taille, BORGET, de la cathédrale, une taille, JARLOT, de la Sainte-Chapelle, et la haute contre de la Sainte-Chapelle, Nicolas BORNE. À ces voix s’ajoutent trois instrumentistes, DELAURIÈRE et MILLOT de la Ste-Chapelle et le violoncelliste MICHAUD, sans oublier bien sûr l’organiste de la cathédrale, François LECLERC.

• 1794, Dijon : En compagnie de nombreux autres ci-devant musiciens d'Église tels BORNE, DELAURIÈRE, FREYHAMER, LEFRANC, MILLOT ou SAGOT, le citoyen "BERTHAUT" est engagé comme instituteur de musique à l'Institut de Musique nouvellement créé par la Municipalité. Avec FAIVRE et SAGOT, il sera chargé du "dépôt ou classe élémentaire". Ses spécialités ne sont pas précisées.

• [Jusqu'en septembre 1795], Dijon : Antoine BERTHOT demeure rue de la chaudronnerie.
• 21 septembre 1795 : Malade, il entre à l'hôpital civil de Dijon le 5ème jour complémentaire de l'an III.
•  23 vendémiaire an IV (15 octobre 1795) : Antoine BERTHOT meurt à l'hôpital. L'acte de décès, établi en présence du sous-économe et du  portier au dit hôpital le dit "âgé de 55 ans, natif de Isômes, demeurant à Dijon rue de la chaudronnerie". Aucune précision n'est apportée sur son activité professionnelle ni sur son environnement familial.

• 13 germinal an X (3 avril 1802), Dijon : Anne Moitoiret, "veuve d’Antoine BERTHAUX, qui étoit commis audit Dijon", décède à Dijon, rue du Vieux Collège.

Mise à jour : 23 avril 2018

Sources
F-Ad21/ BMS Notre-Dame de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS Pichanges en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Jean de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Michel de Dijon en ligne ; F-Ad21/ BMS St-Pierre de Dijon en ligne ; F-Ad21/ G 2066 ; F-Ad21/ L 1797 ; F-Ad21/ L 1798 ; F-Ad21/ NMD Dijon en ligne ; F-Ad52/ BMS Isômes en ligne ; F-AmDijon/ 2 R1/1 ; F-AmDijon/ L 329 bis ; F-An/ DXIX/093/820-2/14,15,17,18 ; F-An/ DXIX/093/820-2/50

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